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mieux par ce moyen les grandeurs de la gloire , que par tous les autres que l'on saurait imaginer.
Ce qui doit encore faire naître en nous l'estime de ce bien , c'est ce que Dieu veut que l'homme fasse pour y parvenir. Il lui ordonne de prendre sa croix ; de s'arracher l'œil droit , s'il le scandalise ; de n'avoir aucune considération pour son père , pour sa mère , ni pour quoi que ce soît au monde, lorsqu'il s'agira de violer quelqu'un de ses commandemens. Lorsque nous aurons accompli fidèlement tout ce qui nous est prescrit 5 et tout ce qui dépend de nous , il nous dit encore que nous ne devons espérer sa gloire que par une pure grâce , tant sa grandeur surpasse le mérite de nos œuvres ! En effet , il est dit dans saint Jean {Àfoc. 21. v. 6) : « Je suis le commencement » et la fin de toutes choses : je donnerai gratuite- » ment à boire de l'eau qui donne la vie à celui qui » aura soif. »
Quel doit être ce bien, pour l'acquisition duquel Dieu nous demande tant de choses ? et après que nous lui avons tout sacrifié 5 il dit encore qu'il nous le donne gratuitement ; car nos actions ne sauraient par elles-mêmes mériter une récompense éternelle ; mais lorsqu'elles ont pour principe la grâce de Jésus- Christ , alors le Ciel leur est vraiment dû. Or, si Dieu est si libéral à prodiguer des bienfaits qu'il ne devait pas , s'il a donné indifféremment aux justes et aux injustes , aux bons et aux méchans , les créatures du ciel et de la terre , le monde entier , quels trésors aura-t-il réservés pour ceux envers qui il a contracté une véritable dette ! Celui qui est si libéral à faire des grâces , combien plus le sera-t-il à récom-
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penser des services ! Et si sa générosité , lorsqu'il donne , se répand si abondamment , quelle sera sa magnificence quand , en quelque sorte , il fera des restitutions ! Sans doute nous ne saurions exprimer , non pas même concevoir la gloire dont il comblera ses amis , puisqu'il a favorisé même les ingrats de tant de bienfaits.
Nous pouvons encore avoir quelque idée de la gloire du Ciel par les expressions dont l'Ecriture se sert pour le désigner; elle l'appelle {Psai. 26 et i40> ia terre des vivans ; et cela nous doit faire connaître que cette terre dans laquelle nous sommes , est la teiTC des mourans. S'il est vrai que dans cette terre des morts il y ait tant de belles et excellentes choses , qu'y aura-t-il dans la terre de ceux qui vivent éternellement? Jetez les yeux vers toutes les parties de ce monde , et considérez-en la magnificence : regardez la grandeur du ciel , la clarté du soleil , de la lune et des étoiles , la beauté de la terre et des arbres , des oiseaux et des autres animaux ; considérez combien est agréable cette vaste étendue des champs , l'inégalité des montagnes , la verdure des vallées , la fraîcheur des fontaines, la beauté des rivières, divisées comme des veines dans tout le corps de la terre ; considérez encore l'étendue prodigieuse des mers , remplies d'une si grande diversité de merveilles : que dirons-nous des lacs et étangs d'eaux claires et pures ? ne semble-t-il pas que ce soient les yeux de la terre ou les miroirs des cieux? Et les prairies ne semblentelles pas un ciel semé d'étoiles en une belle nuit ?
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Que dirons- nous des mines d^or et d*argent, et des autres riches métaux ; des rubis, des émeraudes , des diamans , et des pierres précieuses, qui semblent dispviter aux astres le prix de la beauté ? de cette variété de couleurs et de peintures des oiseaux , des animaux , des fleurs , et d'une infinité d'autres objets admirables ? Nous avons même joint l'industrie de l'art aux grâces de la nature : ainsi la beauté des choses a reçu nn nouvel éclat. De là sont venus ces ouvrages si admii'ables , éclatans d'or et de pierreries, les beaux dessins et les modèles si accomplis, les Jardins si bien plantés , les superbes édifices , les temples et les palais revêtvis d'or et de marbre , et une infinité d^autrès choses merveilleuses.
Si dans la terre des mourans il y a tant de choses agréables , que doit-il y avoir dans ce lieu si relevé , qui surpasse tous les autres en richesses , en dignité , en beauté , et en toutes sortes de perfections ? Si nous considérons encore que les astres que nous voyons , la lune , le soleil et les étoiles surmontent en clarté , en puissance , en beauté et en durée toutes les choses d'ici-bas, d'une manière si excellente; que serace de ce qui est exposé dans l'autre monde à des yeux immortels ? A peine pouvons-nous y atteindre par nos conjectures.
Si cette terre d'exil est aussi belle et aussi riche , quelle sera l'étendue et la magnificence de la patrie ! Nous pouvons le conjecturer par la différence qui est entre les habitans de ces deux demeures, parce que l'excellence des édifices doit être proportionnée à la condition de ceux qui y habitent. Considérons donc que ce monde est la terre des miourans , l'autre le
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lieu de ceux qui vivent ; que l'iui est la demeure des pécheurs , l'autre celle des justes ; l'un est le séjour des hommes , lautre celui des anges ; l'un est le lieu des pénitens , l'autre celui des justifiés ; l'un est le champ des combattans , l'autre celui des triomphans ; et enfin l'un renferme les amis et les ennemis , et l'autre , les amis et les élus seulement.
Si la différence est si grande entre les habitans de ces deux demeures , quelle sera celle des demeures mêmes que Dieu a créées conformes à la dignité des habitans ! « On a dit de vous des choses vraiment il- » lustres et glorieuses, cité de Dieu [Psai. 86. t;. 5). » Vous êtes très-grande en votre étendue , très-belle en votre structure , très-précieuse en votre matière , tres-noble en la compagnie que vous contenez , trèsagréable en vos exercices , très-riche en toute sorle de biens , très-libre et très-exempte de toute sorte de Btiaux; vous êtes très-grande en tout, parce que celui qui vous a faite est très-gi-and , que la fin à laquelle il vous a destinée est très-haute , et que les citoyens pour qui il vous a créée ^ sont les plus grands de tous les hommes.
Tout ce que nous avons dit jusqu'ici regarde la gloire accidentelle des saints ; mais il y a une autre sorte de gloire infiniment plus relevée, qui est celle qu'on appelle essentielle. Elle consiste en la vision et en la possession de Dieu même ; et c'est d'elle que saint Augustin parle, lorsqu'il dit . o Que le prix de » la vertu sera Dieu même, qui l'a donnée; on le » verra sans fin, on l'aiiucra sans dégoût, et on le