LIVRE I. CIIAP. XII
vertenient la même chose aux Israélites , lorsqii'arrivés près de la terre de promission , il leur dit : [Deut. 1. V. 3i ) : «Le Seigneur vous a portés dans M tout le chemin que vous avez fait , comme un père » porte son enfant entre ses bras, jusqu'à ce que vous ï> soyez arrivés au lieu qu'il vous avait promis-. » Comme Dieu ne dédaigne pas de prendre le nom de Père , il nous fait aussi l'honneur de nous donner celui d'enfans. Il le témoigne dans le prophète Jérémie, lorsqu'il dit (Jerem. 3i. î;. 20 ) : « Epliraïm est mon fds » que je tiens en honneur, et mon petit enfant très- > cher : depuis que j'ai commencé à parler de lui , » je Tai toujours eu en ma mémoire ; aussi mes en - » trailles se sont attendries envers lui, et je suis ému » de pitié pour lui. » Chacune de ces paroles étant de Dieu , doit être infiniment considérée , et attendrir nos cœurs envers lui , puisque le sien est si tendre envers nous.
Au nom de Père , Jésus-Christ a ajouté celui de Pasteur. Pour montrer jusques à quel point s'étendait le soin de cette Providence pastorale , il a dit ces paroles [Joan. 10. v. 16) : «Je suis le bon Pasteur » qui connais mes brebis, et qui suis connu d'elles. »
Si vous voulez savoir quelle est la sollicitude de ce bon Pasteur, écoutez le prophète Ezéchiel [Ezech. 34. V. 11) : «Je chercherai mes brebis, dit le Seij) gneur , et les visiterai. Et de même que le pasteur » cherche son troupeau lorsqu'il est égaré , ainsi je D visiterai mes brebis , et les retirerai de tous les lieux » où elles s'étaient égarées au jour de la pluie et de » Tobscurité. Je les retirerai d'entre les peuples, et » les assemblerai de divers pays pour les conduire au
jGa Lt GUIDB DES PÊCHEURS.
» leur , afin de les faire paître sur les montagnes d'Is- » raël , le long des ruisseaux , et en tous les autres » endroits de cette heureuse terre. C'est là qu'elles se » délasseront sur les herbes verdoyantes ; elles paî- » Iront dans des pâturages très - abondans. Je ferai !» paître mes brebis, et leur donnerai un sommeil I) tranquille, dit le Seigneur; je chercherai ce qui » est perdu , et je retrouverai ce qui a été dérobé ; je » remettrai ce qui a été rompu, et fortifierai ce qui » est faible; je maintiendrai ce qui est fort, et je les » conduirai avec sagesse , » c'est-à-dire , avec un grand soin et une grande providence. Un peu plus bas, il ajoute encore ces paroles {Ibid. 25 ) : « Je fe- » rai avec elles un contrat de paix , et chasserai tou- » tes les mauvaises bêtes de la terre; et quoiqu'elles » habitent dans les déserts, elles seront en assurance- » dans les bois; et après les avoir établies sur ma col- » line , je ferai pleuvoir sur elles mes bénédictions ^ » et leur enverrai des pluies abondantes et salutaij> res. » Dieu pouvait-il promettre davantage , et nous représenter plus puissamment son amour? Car il est certain que le Seigneur ne parie pas ici d'un troupeau matériel , mais d'un spirituel, comme le texte même le dit expressément. Il est certain qu'il ne promet pas des herbages , ni l'abondance des biens temporels , qui sont communs aux bons et aux médians ; mais une abondance de faveurs et de soins particuliers , dont Dieu , comme un bon pasteur assiste les siens. C'est ce qu'il a lui-même expliqué de cette sorte dans ïsaïe , où il a dit [ Is. t^o.v. ii ) : « Qu'il fera paî- » tre son troupeau comme un bon pasteur , qu'il as- » semblera ses agneaux entre ses bras, et les mettra