‹ Le guide des pécheursChapitre 72 sur 142 · LIVRE I. CIÏAP. XII. lG · texte numérisé non relu

LIVRE I. CIÏAP. XII. lG

I) dans son sein , et qu'il portera sur ses épaules les » brebis qui auront fait leurs agneaux nouvellement , » et celles qui seront encore pleines. » Est -il une tendresse comparable à celle-là? Tout ce divin psaume qui commence {Psal. 22) : « Le Seigneur me con- » duit « , me parle de ces soins charitables de pasteur que Dieu exerce envers les hommes. Cela est encore plus clairement expliqué par la traduction de saint Jérôme , qui dit , au lieu de ces premières paroles , Dieu me conduit : Le Seigneur est mon 'pasteur : ayant ainsi commencé , il expose dans le psaume , tovis les devoirs d'un pasteur , que je ne rappellerai pas ici , parce que ceux qui voudront le voir pourront recourir au livre même.

Si Dieu mérite le nom de Pasteur , parce qu'il nous conduit , on peut aussi l'appeler roi , parce qu'il nous défend; maître, parce qu'il nous enseigne; médecin , parce qu'il nous guérit ; nourricier , parce qu'il nous porte entre ses bras ; et garde , à cause du Foin qu'il prend de veiller sur notre conduite et de nous protéger. Toute l'Ecriture est remplie de ccfr noms : mais entre tous les autres, celui qui a le plus d'amour et de tendresse , et qui découvre le mieux la providence , est le nom d'Epoux , que Dieu prend dans le livre des Cantiques , et en plusieurs autre>i endroits de l'Ecriture. C'est par ce nom amoureux qu'il invite- l'ame du pécheur à s'adresser à lui , lorsqu'il dit [Jerem. 5, v. ^) : « Appelez-moi du moins » à cette heure mon Père, et le guide de ma virgini- » té. « L'Apôtre relève ce nom comme un nom de grand éclat et de grand honneur , parce qu'après ces paroles que le premier homme dit à la première

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femme (Ephes. 5j : « Que pour elle l'homme laissera » son père et sa mère , et s'imira à sa femme , et » qu'ils seront deux en une chair; « l'Apôtre ajoute : « Ce sacrement est grand, je le dis en Jésus-Christ » et en l'Eglise qui est son épouse; » ainsi Notre- Scigneur est en quelque façon l'Epoux de toutes les âmes justifiées. Que n'avons-nous donc point à espérer de celui qui porte un tel nom, puisqu'il ne le porte pas en vain ?

Mais qu 'est-il besoin de parcourir ainsi les Ecritn^ res? Tous les noms qui nous promettent quelque bien, sont propres à ce Seigneur , puisque ceux qui l'aiment trouvent en lui l'accomplissement de tous leurs désirs. C'est pour cela que saint Ambroise a dit en un sermon (S. Ami?r. i. 3, de Virgin, ) : « Nous » avons toutes choses en Jésus-Christ, et Jésus-Christ » nous est toutes choses. Si nous désirons la guéri- » son de nos plaies, il est médecin; si nous sommes » dans l'ardeur d'une fièvre violente , il est une fon- » taine ; si nous sommes accablés sous le fardeau de » nos péchés , il est la justice même ; si nous avons » besoin de secours, il est la force; si nous craignons j) la mort, il est la vie ; si nous voulons quitter les » ténèbres , il est la lumière; et si nous voulons aller » au Ciel, il en est le chemin. » Voyez combien ce Seigneur a de noms ! parce qu'encore qu'il ne soit qu'un en lui-même , il est néanmoins toutes choses à notre égard, pour remédier à toutes nos nécessités. • Je n'achèverais jamais si je voulais rapporter ici toutes les autorités répandues dans l'Ecriture sur cette matière ; mais j'en ai voulu marquer quelques-unes, pour consoler ceux qui servent Dieu, et pour attirer à

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