LIVRE I. CIIAP. XIV
» loi dans le cœur des hommes ; moi-même , je la » graverai dans leur cœur. » Et parle prophète Isaïe , le Seigneur, déclarant la prospérité de son Eglise, dit ces paroles ( Isa. 54. v . 11) : «Toi qui as été pauvre j) et délaissée , qui as été renversée par la violence » des tempêtes , je te réédifierai de nouveau , et je ran- » gérai par ordre toutes les pierres de ton édifice ; je » ferai tes fondemens de pierres précieuses ; je ferai » tes remparts de jaspe ; et tous tes enfans seront » instruits par le Seigneur. » Plus haut , il avait déjà dit {^Isaiœ l\%. v. 17): «Je suis le Seigneur votre » Dieu , qui vous ai enseigné ce que vous devez sa- » voir. C'est moi qui vous ai conduits par le chemin » où vous devez marcher. » Ces paroles nous apprennent qu'il y a deux sortes de sciences : l'une des saints, et l'autre des sages ; l'une des justes , et l'autre des savans. Celletdes saints est celle dont Salomon parle en ces termes ( Prov. 9. v. 10 ) : « La science » des saints est prudence ; » parce que la science est seulement pour connaître , mais la prudence est pour agir , , et c'est cette science qui est donnée aux saints.
Combien de fois trouverons-nous que cette même sagesse est promise dans les psaumes de David ! En un endroit il dit : « La bouche du juste méditera la » sagesse, et sa langue parlera du jugement.» Et en un autre , Dieu fait cette promesse au juste {Ps. 36) : « Je vous ferai entendre tout ce que vous devez faire ; » je vous enseignerai le chemin par lequel vous de- )) vez marcher, et j'aurai sans cesse l'œil sur vous » pour vous conduire. » Et un peu auparavant le même prophète demande {Psai 24. V. 12): «Qui est
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celui qui craint Dieu , et à qui le Seigneur fera la » grâce d'être son maître , et de lui enseigner la loi en > laquelle il doit vivre, et le chemin qu'il doit tenir ? » Encore au même psaume , où nous avons coutume de lire {Psai. i^.v. 14) : L& Seigneur est ia force de ceux qui ie craignent , saint Jérôme traduit {Ibid. ) Le secret du Seigneur se découvre à ceux qui ie craignent ; et son testament, qui est se saintes lois , leur est déclaré.
Cette déclaration est une grande lumière de l'entendement , une douce nourriture de la volonté , et la plus grande joie de l'homme. Le n^iême prophète appelle quelquefois cette connaissance ( Psat^ 22 ) « le rassasiement de son ame, dans lequel Dieu l'a- » vait mis. » D'autres fois ( lùid. )une eau de réfection , par laquelle il l'avait rafraîclii. D'autres fois il l'appelle une table de force, dont les mets le soutenaient contre la furie de ses ennemis ; et c'est pour cette raison que le même prophète , dans ce divin psaume qui commence Beali inimacutaii, demande si souvent cette lumière et ces préceptes intérieurs. Aussi, dit-il en un endroit ( Psat. 118) : o Seigneur, >) je suis votre serviteur ; donnez - moi de l'entende- » ment, afin que je connaisse vos commandemens : » Et en un autre ( Ibid. ) : « Eclairez mes yeux , Sei- » gneur , afin que je voie les merveilles de votre loi. » Et dans vin autre encore : « Donnez-moi de l'enten- » dément , et je chercherai avec soin votre loi pour » l'observer de tout mon cœur. » David n'aurait pas si souvent réitéré cette prière en cet excellent psaume, s'il n'avait fort bien connu combien cette lu-