‹ Le guide des pécheursChapitre 81 sur 142 · LIVRE I. CIIAP. X . iSb · texte numérisé non relu

LIVRE I. CIIAP. X . iSb

mière nous est nécessaire , et avec quelle abondance N.otre-Seigneur aime à la comniiiniquer.

Quelle gloire d'avoir un tel maître , d'étudier dans cette école , où le Seigneiu- enseigne lui-même à ses élus la sagesse céleste ( S. Hier. ep. 120 ad Paiiiinum. ) S'il est vrai que les hommes allaient autrefois 5 comme rapporte saint Jérôme, des extrémités de la France et de l'Espagne jusqu'à Rome , pour voir Tile-Live, si renommé par son éloquence ; et si Apollonius 5 qui passait faussement pour un des sages de son siècle , ne fit pas difficulté de faire le tour du mont Caucase , et de parcourir une grande partie du monde pour voir Iliarcas assis sur un trône d'or parmi quelques disciples, avec lesquels il discourait du mouvement des cieux et des étoiles; que devraient faire les hommes pour ouïr Dieu , qui , assis, dans le trône de leurs cœurs , leur enseigne , non le mouvement des cieux y mais la voie qui y conduit ? afin que vous appreniez à estimer cette doctrine divine, écoutez ce qu'en dit David : « J'ai été plus savant que tous » ceux qui m'enseignaient , parce que je m'occupais à méditer sur vos commandcmens ; et plus docte que tous les anciens , parce que je m'appliquais à » les observer. » Le Seigneur promet encore davantage aux siens par Isaïe (Isaiœ 58. v. 1 1 ) : a Le Seigneur 5 dit-il , vous mettra dans un parfait repos , et il remplira votre ame de splendeur. Vous serez comme un jardin arrosé , et comme une fontaine qui coule toujours , et qui ne tarit jamais. » Quelles sont ces splendeurs dont Dieu remplit les âmes des siens , sinon les connaissances qu'il leur lonne ; il leur enseigne quelle est la beauté de la

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\eitu, la laideur du vice , la vanité du monde. ladi« gnité de la grâce , la grandeur de la gloire, la dou-l ceur des consolations du Saint-Esprit , la bonté de Dieu , la malice du démon , la brièveté de cette vie, et l'erreur générale de tous ceux qui en jouissent ? Par cette connaissance , comme dit le même prophète 5 Dieu élève souvent tes siens sur tes montagnes j cVoà ils peuvent conte^npler le roi en sa i?eauté , et d'où leurs yeux voient la terre de loin. Alors, ils estiment les biens du Ciel ce qu'ils sont en effet, parce qu'ils les voient comme s'ils en étaient proches ; et ils méprisent ceux de la terre , parce! qu'ils en reconnaissent la misère. Le contraire arrive aux médians, qui ne regardent que de fort loin les cheses du Ciel , et sont enlièremeut attachés à celles de la terre.

Ceux qui participent à celte lumière céleste , n< se glorifient point dans les prospérités, et ne se trou-l blent point dans les adversités , la grâce qui les éclaire , levir apprenant combien tout ce que le monde leur peut donner ou leur peut ôter , est peu de chose en comparaison de ce que Dieu donne. Saint Ambroise-a fort bien dit [Epist. iib. 2 , episl. \ ) : «Lej » sage ne s'étonne point par la ciainte , il ne se chan- » ge point par la puissance j il ne s'élève point par » les prospérités , et il ne s'abat point par les adversités ; » parce que, où est la sagesse, là sont aussi la vertu, la constance et la force ; de sorte que le juste est toujours le même en son ame : il ne devient ni plus grand ni plus petit par les changemcns qui arrivent ; il ne se laisse point emporter aux vents de la doctrine; mais il demeure parfait en Jésus-Christ,,

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