LIVRE I CIIAP. -XIV
Rppiiyé sur ces deux fondemens inébranlables , la foi et la charité.
Personne ne doits étonner que cette sagesse ait une si merveilleuse force, puisque ce n'est pas une doctrine de la terre, mais du Ciel; qui ne remplit pas de vanité, mais qui édifie; qui n'éclaire pas seulement les entendemens, mais qui échauffe aussi les volontés. Saint Augustin écrit [Conf.iib, g, cap. il\), qu'il ne pouvait contenir ses larmes, lorsqu'il entendait chanter les psaumes et les Cantiques de l'Eglise. Ces voix pénétrant jusqu'au fond desoname;Ia vérité qui éclairait son esprit et charmait son cœur était pour lai la source detrès-^grandes consolations. O heureuses larmes! ô heureuse école! ô heureuse sagesse, qui donne de tels fruits! Qu'y a-t-il de comparable à celte sagesse? « Elle ne se donnera point, dit Job [Job. i> 28. r, 25), pour l'or précieux, et elle ne se changera » point pour lout l'argent du monde. Les plus riches » étoffes des Indes, embellies de diverses couleurs, ne » se peuvent égaler à elle; les pierres précieuses de la 9 plus grande valeur, les pins beaux vases d'or et de » cristal richement travaillés, ne sont rien si on les lui » compare. » Après toutes ces louanges , il conclut [ibid. V. 28): » La crainte de Dieu estceite sagesse, » et l'éloignement du péché est la vraie et parfaite inn telligence. »
La vertu. seule nous donnera cette divine sagesse, car c'est elle qui garde les clefs de ce trésor : c'est aussi par elle que Salomon nous la promet en ses Proverbes où il dit [Prov. 2. t;. 3) : « Si l'homme garde la 9 parole de Dien, et conserve dans son cœvu* ses corn- » mandemens, alors il entendra la crainte du Seigneur
l88 LE GUIDE DES PÉCHEURS.
et trouvera la science de Dieu; parce que c'est te » Seigneur qui donne la sagesse, et c'est de sa bouche » que procèdent la prudence et la doctrine.» Cette sa-j gesse ne demeure pas toujours en un même état , chaque jour elle acquiert de nouvelles lumières et de nouvelles connaissances. C'est ce que le même sage a témoigné par ces paroles {Pr^ov. 4- v. 18); « Le M sentier des justes est resplendissant comme la lumiè- » re qui croît et s'élève jusqu'au jour parfait, » c'està-dire jusqu'au jour de notre bienheureuse éternité, où nous ne dirons pas avec les amis de Job [Job. 4), que nous recevons comme à la dérobée les secrètes! inspirations de Dieu; mais où nous le verrons et l'en-l tendrons clairement lui-même.
Voilà la vraie sagesse dont jouissent les enfans dej lumière ; mais les médians au contraire vivent danî ces horribles ténèbres d'Egypte, si épaisses que les] mains peuvent les toucher. Cette dilTérence nous es! représentée par la lumière qui éclairait la terre d« Jessen où habitaient les Israélites [Exod. 10), et les ténèbres qui couvraient l'Egypte, figure de l'aveuglement horrible dans lequel vivent les médians. Ils le confessent eux-mêmes dans Isaïe, lorsqu'ils disent [Is. 599): « Nous avons attendu la lumière, et les té- » nèbres sont venues : nous sommes allés comme des,
0 aveugles, en nous appuyant contre les muiaillesy r et, comme si nous n'avions point d'yeux, nous » allions en tâtonnant avec les mains : nous avonsi i fait des chutes en plein midi, comme s'il eût été nuit;]
1 et nous sommes tombés en des lieux obs^^urs, com-J me si nous eussions été des coi^is morts. » En effet, quel plus grand aveuglement que de ven-J