‹ Le guide des pécheursChapitre 9 sur 142 · LIVRE r. CHAP. I. 1 l · texte numérisé non relu

LIVRE r. CHAP. I. 1 l

saint Augustin ( Conf. tîb. lo. c. 6 ) a fort bien dit : 6 Quand j'aime Dieu , je n'aime pas la beauté du » corps, ni ce qu'il y a d'agréable dans les saisons , » ni l'éclat de la lumière ; je n'aime ni la mélodie des » voix, ni l'odeur des fleurs, ni la douceur des par- » fums; je n'aime pas aussi la délicatesse du goul , » ni quoique ce soit qui puisse tomber sous les sens : » je n'aime rien de tout cela lorsque j'aime Dieu ; » mais j'aime une lumière qui est au-dess\is de tou- » tes les lumières , quoique les yeux ne la puissent » voir ; une voix qui est par-dessus toutes les voix , » qvioiquc les oreilles ne la puissent ouïr ; une odeur » par-dessus toutes les odeurs , quoique le nez ne la » puisse sentir ; une douceur par-dessus toutes le» •» douceurs , quoique le palais ne la puisse goûter : » car cette souveraine lumière éclaire sans avoir de ■ lieu ; cette voix retentit sans frapper l'air ; cette » odeur se sent sans être portée par les vents ; et ce » goût donne du plaisir, où il n'y a point de palais » pour le goûter. »

Si toutes ces raisons ne pevivent encore vous satisfaire , et si vous désirez concevoir quelque petite partie de cette grandeur ineffable , jetez les 3^eux sur l'Univers , ouvrage des mains de Dieu, afin que, parla contemplation d'un si noble effet , vous connaissiez; quelque chose de l'excellence de la cause. Ilfautavant tout supposer ce que nous enseigne saint Denis, qu'en toutes choses on remarque l'être , la puissance et Taction ; ces trois conditions ont une telle proportion entr'elîes , que tel est l'être des choses , telle est la puis-^ sance ; telle est la puissance, telle est raction. Ce

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principe établi, regardez la beauté , l'ordre et la gran deiir de ce monde. H y a dans le ciel des étoiles (jui sont quatre-vingt-dix fois plus grandes que la terre et la mer jointes ensemble. Considérez encore combien ce monde est peuplé de diverses espèces qui vivent sur la terre, dans Teau et dans l'air : vous verrez une telle harmonie entre tous ces êtres, que, hors les monstres, vous ne pouvez rien désirer ni retrancher Or, selon saint Augustin [i. 9. de Gènes, c. 28 ) ce mionde , si grand et si admirable , fut créé de Dieu en un seul moment : il tira l'être du non être ; ce grand ouvrage se fit sans aucune matière , sans aide d'aucun ministre , sansserremenset sans machines, sanmodèle extérieur, sans aucun espace ni intervalle Je temps ! une seule et simple démonstration de sa volonté a produit la terre , et tout ce qu'elle contient icu son étendue.

Considérez encore , que Dieu pouvait aussi facilement produire un million de inondes beaucoup plus grands, plus beaux et plus peuplés que celui-ci^ qu'après les avoir faits , il pouvait , avec la même fa cililé , les réduire au néant, sans y trouver de résis tance : et après cela, si par les effets ou l'action des causes , nous montons, comme nous Tavons supposé , à la connaissance de leur pouvoir, et de la connaissance de leur pouvoir à celle de leur être ; quelle doit être la puissance qui produit de si merveilleux effets ! par conséquent combien sera grand l'être qu la possède ! Sans doule la moindre de ces merveilles surpasse la capacité de tous îes enlendemens humains Il faut aller encore plus avant, et considérer que Sous ces grands çt parûiits ouvrages ; scil ceux fpii

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