EXPLICATION DU PLAN DU CHATEAU DE
AVIS. Les lignes marquées de guillemets sont la traduction des
farticles désignés par les mêmes lettres sur le plan allemand. Elles coni tiennent l’historique de chacun des bâtimens auxquels se rapportent ces I lettres. On y apprend les noms de leurs fondateurs , l’époque de leur construction, de leur ruine, par qui ils ont été restaurés, détruits de nouveau , en quelle année , etc. Ces articles sont Je sommaire du disj cours beaucoup plus étendu, dont nous les avons fréquemment accom- ; pagnés en nous aidant pour cela du guide de Mr. le professeur Leger.
„ A JUa partie la plus ancienne du château de Heidel- -»berg , entreprise selon toutes les apparences par le „ comte palatin Rodolphe I. vers l’année 1300. Continuée ,,par son fils et successeur Adolphe, année 1325. Amélioré sous les autres règnes et détruite par les François ,,dans la guerre d’Orléans en 1693.“
Cette partie du château se distingue aisément dans l’mterieur de la cour a une gloriette d’architecture gothique et de pierre très-rouge saillante de sa surface. Le charme inhérent à la plupart des constructions de ce genre, charme qui plait doublement parcequ’il nait à la fois des yeux et de la mémoire, n'a pas manqué de se répandre sur ce
monument (6)* Il etoit autrefois éclairé par des vitraux de iicouleur.
f6) C’est sous la voûte de celte petite guérite, que l'électeur Louis III. un des ayeux dont s'honorent le plus les princes palatins (1410 et 1436)
Outre cette gracieuse décoration , l’édifice avoit deux galeries couvertes sur le même pignou. Celle de bas ne servoit que pour le bâtiment et aura date de sa fondation. Les supports en étaient de pierre et si solides quhis sont encore tous à leur place. Il n’en reste aucun de la seconde galerie qui se divisoit en arcades à colonnes quarrées, et qui communiquoit avec le bâtiment de droite , pour lequel probablement elle aura été établie plus tard. On doit supposer aussi qu’un mur à plusieurs angles qui couvre le coin des deux constructions, y étoit moins une tour, malgré sa forme, qu’un pilier de soutien pour la nouvelle galerie. L’escalier des divers étapes commencoit au niveau de ce pilier. Il tournoit dans l’épaisseur de la muraille et correspondoit par un corridor étroit avec un escalier de même genre qui descendoit plus loin aux appartemens inférieurs.
L’autre pignon faisoit la façade du bâtiment et avoit sa direction vers l’Ouest. La salle des chevaliers en prenoit tout le second étage qui recevoit le jour de trois côtés par de grandes ouvertures gothiques. Sa voûte étoit revêtue d’arcs d’arrêté, et portée par une colonne ronde avec un piédestal semblable et un chapiteau octogone taillé à facettes. On arrivoit du vestibule de la guérite au troisième étage dans deux très -petits cabinets voûtés et encore d’une étonnante conservation.
Le haut des pignons du bâtiment pouvoit passer pour des frontispices. Ils étoient très-élevés , et se dégradoient en escalier jusqu’à leur sommet. Chaque marche servoit. de piédestal à un ornement , ou formé d’une portion de
se plaisoit à s’asseoir au sein de sa famille. Là, l’heureux père entoure' de maitres habiles, présidoit souvent lui-mème à l'éducation de ses enfans, et préparait ainsi dans la jeunesse du second d’entre eux, depuis si connu sous le nom de Frédéric le victorieux, la gloire et la puissance de sa maison. Le tems a son tour paroît aussi se plaire à respecter le lieu de ces réunions patriarchales.
cercle avec des canelures en éventail sur la lace , se repliant en cou de eigne et terminé par des volutes.
D’une voûte écroulée dans le bâtiment à droite, on appercoit au-dessus de la muraille du fond une large pierre avec quelques moulures. Elle étoit de ce côté la base du pignon ou du frontispice de la construction de Rodolphe.
Aucune partie du château de Heidelberg n’a autant souffert que cette première habitation des comtes palatins sur la colline de Jetta; elle n’a meme plus les quatre murs, ^elui vers lß jardin a été renversé. Cependant leur force it la bonté des voûtes dans tous les étages les auront mis i l’abri des efforts du feu. Il faut donc supposer que la coudre a eu part à leur destruction; ce qui est rendu vraisemblable par des fragmens entiers de murs enfouis ça et à , non loin du bâtiment dans les fossés du château.
„B. Place d’une fontaine qui couloit au-devant du „ bâtiment de Rodolphe , dans la cour du château de „ Heidelberg.“
La dimension de cette fontaine est encore indiquée par m quarré des pierres de l’ancien bassin. L’eau y tomboit |n plusieurs branches d’une colonne dressée au centre, et qui porîoit; sur son chapiteau le lion et l’écusson du prince.
„C. Le bâtiment de Ruprecht, construit par l’électeur „palatin et roi des Romains de ce nom, dans les an- „ nées 1400 et suivantes. Renouvelé par l’électeur „Louis V". dit le pacifique en 1540. Embelli par son „frère Frédéric If. dit le sage, année 1545, et aussi „dévasté dans la guerre d’Orléans année 1689.
On reconnoit d’abord ce bâtiment, entre tous les autres, sa destruction plus avancée, au grand nombre de ses mètres en ruine , et à plusieurs pièces de sculpture éparses u î long de ses murailles. La première qui a comme mélalisé couleur avec les années, représente dans un assez haut
relief, l’aigle des Césars posé sur les écussons de Bavière et du Palatinat. Il est aussi uni d’ornemens que dans ses moeurs le prince qu’il servit dans le teins à récompenser de ses vertus par la couronne impériale, et d’un dessin ferme et correct.
Autant ce morceau se recommande par la vigueur, autant il règne de paix et d’aménité dans la composition de la clef de voûte de la porte. On imagineroit difficilement une expression plus suave que celle des deux génies ailés qui s’y balancent sur un groupe de nuages. Sûrement il ne seroit pas plus aisé d’expliquer aujourd’hui la pensée du sculpteur dans la couronne de cinq roses et le compas demi ouvert qu’il a fait tenir à ses angéliques ligures. Cependant leur position rapprochée , l’air de recueillement des petites têtes, la modestie du vêtement, sa lorme presque sacerdotale, ainsi que celle de la chevelure; enfin chaque détail jette sur le tout une teinte d’onction qui n’aura pas été l’effet du hazard. Les saisons malheureusement ont beaucoup endommagé la pierre , que l’artiste avoit avec tant de bonheur animée de ses douces ^ et peut-être de ses pieuses sensations. A peine est -il sur sa surface un point qui n’ait déjà payé tribut à l’avidité du tems.
La dernière des trois pièces de sculpture du bâtiment de Ruprecht, s’éloigne considérablement des deux autres, et sans parler du travail , il seroit assez du ton de la pierre (7) à y découvrir un autre âge. Effectivement, c’est
C7j Celte pierre qui se trouve proche de Heilbron , au pays de Wurtemberg, est un grais aussi bien que la pierre rouge de Heidelberg; mais le grain en est plus fin , et par conséquent plus propre aux ouvrages du ciseau. Elle a le même avantage de durcir aux impressions de l'air ; et sa couleur non seulement lui donne pour l’art une grande supériorité sur le grais rouge, mais la met, après le marbre, au nombre des matières les plus convenables pour les productions de la sculpture. Les draperies surtout reçoivent de sa teinte chaude et jaunâtre un caractère de vérité qui ne seroit point à surpasser.
Frédéric IL qui dans l’année 15-15 fit ajouter, près d’un siècle et demi plus tard que l’aigle de Ruprecht, cette décoration sur les murs de son ayeul. Elle rassemble sous une espèce de portique les trois écussons de la famille électorale surmontés d’un casque où siège le lion palatin. Deux colonnes rondes et chargées de ciselure en supportant le gracieux édifice. Sur les colonnes s’élève la voûte de son frontispice cintré, et de chaque côté un pilastre pour le soutien de l’entablement. Ces pilastres sont renforcés de deux dauphins qui, partant extérieurement du chapiteau, descendent jusqu'à leur piédestal , et vont allongeant la tête sur la corniche au-dessus des colonnes.
La base du monument étoit couverte d’un écriteau déroulé et recourbé en volutes, sur lequel on lit encore dans les lignes suivantes une courte histoire du bâtiment:
Mille quatre cens ans l’on comptoit Quand le comte Ruprecht fut élu Roi des Romains. Il a régné dix ans Et construit ce bâtiment Que le comte palatin Louis a réparé Tel qu’il est actuellement.
On étoit dans l’année quinze cens quarante quatre Lorsqu’il a été lui-même enlevé de ce monde.
Que Jésus-Christ donne la paix aux âmes des deux.
Tout-a-fait au pied de l’écusson étoit un petit cartel avec le chiffre de l’électeur et la date des armoiries, comme cidessous :