‹ Le guide diplomatique (volume 2)Chapitre 34 sur 79 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

DU CÉBÉMONIAL MARITIME.

Des honneurs maritimes à rendre aux souverains , aux princes et princesses de leur sang , aux amhassadeurs et autres ministres publics.

Nous n'aurions à nous occuper ici du cérémonial maritime qu'en ce qui concerne les souverains, les membres de leur famille et les agents diplomatiques (^), si nous ne jugions à propos de toucher sommairement à quelques autres parties de ce cérémonial que doivent également connaître les ministres publics. Il leur importe en effet de savoir ce que les' règlements prescrivent, dans certaines circonstances, aux commandants des bâtiments de guerre de leur nation lorsqu'ils mouillent dans les rades et ports étrangers , afin d'être à même, le cas échéant, de pouvoir répondre aux plaintes auxquelles l'infraction de ces règlements donnerait lieu.

Les forts saluent les premiers tout bâtiment qui

(^) Pour la partie du cérémonial qui concerne les honneurs maritimes à rendre aux consuls j voy. au chap. xii ci -après.

porte un souverain , un prince ou une princesse de sang royal , ou un ambassadeur.

Le salut est réglé à l'avance entre l'officier envoyé à cet effet par le commandant du bâtiment et le gouverneur du fort ou tout autre fonctionnaire qui, dans la place, représente en première ligne l'autorité du souverain territorial. Il consiste en un certain nombre de coups de canon, ordinairement par chiffre impair; mais le salut fait à un souverain étant un salut extraordinaire , il n'y est pas répondu par le bâtiment qui le porte. Le contre-salut, au contraire, suit immédiatement le salut des forts si le navire a à bord un prince ou une princesse de sang royal, un ambassadeur ou un ministre public de seconde classe ; un second salut s'échange ensuite coup pour coup entre les bâtiments et les forts, en l'honneur du pavillon, et le nombre de coups se règle sur le grade du commandant du navire. Enfin, quand le personnage qui est l'objet de ces honneurs quitte le bord, son débarquement est salué par une dernière salve d'artillerie : les règlements de chaque pays déterminent le nombre de coups à tirer.

Les ambassadeurs et autres ministres publics ne sont ainsi salués par le bâtiment qui les a portés que lorsqu'ils débarquent dans le port où ils prennent pied définitivement sur le territoire du souverain auprès duquel ils sont accrédités : les débarquements qui peuvent avoir lieu à l'occasion de relâches dans des ports intermédiaires ne donnent lieu à aucun salut.

Comme nous ne pourrions donner sans dépasser de beaucoup les bornes de cet ouvrage les règlements en

vigueur chez les diverses nations maritimes, nous nous bornerons à reproduire ici ceux qui se suivent en France, conformément à l'ordonnance royale du 30 octobre 1837.

A r embarquement , soit pour se rendre au port où il doit aborder le territoire du souverain auprès duquel il se rend, soit pour retourner dans sa patrie,

L'ambassadeur est salué de quinze coups de canon : il est reçu au haut de l'escalier par le commandant du navire , la garde porte les armes et le tambour bat aux champs ;

Le ministre plénipotentiaire et le ministre-résident sont salués de onze coups de canon : ils sont reçus au haut de l'escalier parle commandant, la garde porte les armes et le tambour rappelle ;

Les Chargés d'atfaires sont salués de neuf coups de canon : ils sont reçus au haut de l'escalier par le capitaine du bâtiment, la garde porte les armes et le tambour fait un rappel de trois coups de baguettes.

Il n'est du aucun honneur aux autres employés diplomatiques (^).

(1) Une ordonnance royale du X*"^ décembre 1833 a déterminé ainsi qu'il suit la position des fonctionnaires publics et employés diplomatiques et consulaires à bord des bâtiments de la marine militaire française, quant à la table :

Les ambassadeurs, les ministres plénipotentiaires, les ministresrésidents, les Chargés d'affaires, les premiers et les seconds secrétaires d'ambassade, les secrétaires délégation, les consuls généraux, les consuls de première et de seconde classes , le premier droi^man de l'ambassade à Constantinople, le secrétaire inlcrprèle pjur les langues orientales prennent place à la table du conmianJant; les attachés payés, l'élève consul, le chancelier de mission diploma ique, le premier et le second drogmans d'un consulat général, le drogtnan-

Page 1