‹ Le guide diplomatique (volume 2)Chapitre 36 sur 79 · î CHAP. XJ. D( CÉRÏ^IMONIAL MARlTlViE · texte numérisé non relu

î CHAP. XJ. D( CÉRÏ^IMONIAL MARlTlViE

réglée de manière à prévenir tout ce qui pourrait blesser la susceptibilité des gouvernenaents étrangers, et à respecter en toute occasion les convenances et les coutumes dont l'observation est d'une haute gravité lorsqu'il s'agit de relations de peuple à peuple.

La disposition des pavillons dans les pavois usités en ces occasions à bord des bâtiments a souvent donné lieu à des démêlés fâcheux entre officiers de deux nations. Pour prévenir toutes discussions, une ordonnance ministérielle, en France, a sagement prescrit de n'employer dans les pavois que les pavillons de signaux ou le pavillon français. Mais, comme dans la série de ces pavillons de signaux il en est quelquesuns d'entièrement semblables à des pavillons de nation, il faut avoir la plus grande attention à les placer convenablement, si, pour mieux faire encore, on ne les supprime tout à fait dans la distribution des pavois.

Toutefois, si les pavillons de nation doivent être employés, voici dans quel ordre les postes d' honneur doivent être établis :

l '^ A la grande vergue à tribord ; — 2" à la grande vergue à bâbord; — 3" à la vergue de misaine à tribord ; — ^ 4" à la vergue de misaine à bâbord ; — 5" à la vergue barrée à tribord ; — 6"* à la vergue barrée à bâbord.

S'il y avait un plus grand nombre de pavillons étrangers à arborer ils pourraient être placés sur les vergues de hune , en observant l'ordre prescrit pour les basses vergues.

11 est défendu de placer aucun pavillon de nation sous le beaupré.

En pays étranger, les bâtiments de guerre français arborent au premier poste cVlionneur le pavillon de la nation chez laquelle ils se trouvent; ensuite les pavillons de guerre étrangers qui sont au même mouillage, selon le grade de l'officier commandant étranger, et , à grade égal , selon la date d'arrivée des divers officiers commandants étrangers.

Est-il besoin d'ajouter qu'il est des cas où les bâtiments de guerre doivent s'abstenir rigoureusement de prendre part aux fêtes nationales de TËtat dans les eaux duquel ils se trouvent, de même qu'à celles des navires étrangers qui sont dans le même lieu? Si ces solennités, dans leur principe, dans leur forme, dans leur but, renferment quelque chose de douloureux ou de blessant pour le pays auquel le bâtiment appartient, pour ses institutions, pour ses croyances , ou quelque chose d'inconciliable avec l'impartialité qui est due à toute puissance amie, les commandants doivent rester spectateurs silencieux de pareilles solennités, ou même s'en éloigner, selon le cas. Nous pourrions citer en exemple celui où des réjouissances publiques auraient pour motif une victoire remportée sur une nation en paix avec la leur ; à plus forte raison une victoire sur leur propre nation. Mais de pareilles indications nous paraissent superflues : le bon sens, le point d'honneur militaire, le sentiment de la dignité nationale feront toujours discerner ces cas et la conduite qu'ils réclament.

En somme, le cérémonial ne soulève plus des questions de suprématie et n'est plus une occasion de choc entie des prétentions rivales : c'est un échange de

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courtoisie et de bons procédés, qui, dans ses nriille et mille cas d'application, demande du tact, du discernement, et souvent un sentiment élevé des convenances (').

Du salut des bâtiments de commerce.

Nous avons dit que la pratique de saluer en amenant ou pliant le pavillon est aujourd'hui entièrement abandonnée entre navires de guerre. On ne ferle plus le pavillon, si ce n'est en signe de deuil. Cependant, par marque de déférence, les bâtiments de la marine marchande saluent souvent les bâtiments de guerre de leur nation en amenant et hissant trois fois leur pavillon. Un salut leur est rendu.

Bien que cet usage ne soit observé qu'à l'égard des vaisseaux de guerre de la nation , cette pratique peut paraître vicieuse : les couleurs nationales sont un emblème sacré; on ne saurait entourer cet emblème de trop de respect , et il ne devrait jamais être abaissé en signe de soumission ou comme marque de politesse. Le salut en amenant les voiles hautes est plus convenable. Quelquefois les bâtiments de la marine commerciale saluent en larguant la bouline j lorsqu'ils sont sous l'allure du plus près.

Les navires du commerce saluent aussi par le canon, quand ils en ont à bord, ou par trois salves de mousqueterie.

Depuis le commencement du siècle actuel , fort peu

(') Voy. Annales maritimes et coloniales, Paris, 1814 : Cérémonial

de traités renferment des stipulations relatives au salut; le dernier qui en fasse mention est de l'année 1 839 , et a été conclu entre la Belgique et la régence de Tunis. L'usage traditionnel suffit désormais. Les anciens traités seraient consultés et serviraient à régler le cérémonial s'il y était porté atteinte.

maritime j par M. Ortolan, lieutenant de vaisseau de la marine

militaire.

236 CHAI». XII. Di:S CONSULS.

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