‹ Le guide diplomatique (volume 3)Chapitre 26 sur 98 · CHAP. II. EXPOSÉS · texte numérisé non relu

CHAP. II. EXPOSÉS

tré de disposition à la paix qu'autant que le roi abandonnerait les Américains à eux-mêmes.

Après une déclaration aussi tranchante , la continuation de la guerre est devenue inévitable , et dès lors S. M. a dû inviter le roi catholique à se joindre à elle, en vertu de leurs engagements, pour venger leurs griefs respectifs , et pour mettre un ternie à l'empire tyrannique que l'Angleterre a usurpé et prétend conserver sur toutes les mers.

L'exposé succinct qui vient d'être fait des vues politiques, des procédés et des événements successifs qui ont occasionné la rupture entre les cours de Versailles et de Londres , mettra l'Europe en état de faire le parallèle entre la conduite du roi et celle du roi d'Angleterre, de rendre justice à la pureté et à la droiture des intentions qui ont dirigé S. M., et de juger lequel des deux souverains est le véritable auteur de la guerre qui afflige leurs États , et lequel des deux sera responsable des malheurs qu'elle entraînera après elle.

Exposé des motifs publié par la cour de Berlin sur son armement contre ia France. (1792.)

S. M. Prussienne croit pouvoir se flatter que les puissances de l'Europe et le public en général n'auront pas attendu cet exposé pour fixer leur opinion sur la justice de la cause qu'elle va défendre. En effet, à moins de vouloir méconnaître les obligations que les engagements du roi et ses relations politiques lui imposent , dénaturer les faits les mieux constatés et fermer les yeux sur la conduite du gouvernement actuel de France, personne, sans doute, ne pourra disconvenir que les mesures guerrières, auxquelles S. M. se décide à regret, ne soient la suite naturelle des résolutions violentes que la fougue du parti qui domine dans ce royaume lui a fait adopter, et dont il était aisé de prévoir les conséquences funestes.

Non contents d'avoir violé ouvertement, par la suppression notoire des droits et des possessions des princes allemands en Alsace et en Lorraine, les traités qui lient la France et l'empire germa-

nique ; d'avoir donné cours à des principes subversifs de tonte subordination sociale, et, par là même, du repos et de la félicité des nations, et de chercher à répandre en d'autres pays , par la propagation de ces principes, les germes de la licence et de l'anarchie qui ont bouleversé la France ; d'avoir toléré, accueilli , débité même les discours et les écrits les plus outrageants contre la personne sacrée et l'autorité légale des souverains; ceux qui se sont emparés des rênes de l'administration française ont enfin comblé la mesure en faisant déclarer une guerre injuste à S. iM. le roi de Hongrie et de Bohême, et suivre immédiatement cette déclaration des hostilités effectives commises contre les provinces belges de ce monarque.

L'empire germanique, dont les Pays-Bas autrichiens font partie comme cercle de Bourgogne , s'est trouvé nécessairement compris dans cette agression ; mais d'autres faits encore n'ont que trop justifié la crainte des invasions hostiles, que les préparatifs menaçants des Français aux frontières avaient depuis longtemps fait naître en Allemagne. Les terres de l'évêché de Bâle , partie incontestable de l'empire, ont été occupées par un détachement de l'armée française et se trouvent encore en son pouvoir et à sa discrétion.

Des incursions des troupes de la même nation ou des corps des rebelles rassemblés sous leurs auspices ont désolé le pays de Liège. Il est à prévoir avec certitude qu'aussitôt que les comenauces de la guerre paraîtraient le conseiller, les autres provincesde l'Allemagne éprouveraient le même sort, et il suffit de connaître leur position locale pour sentir le danger imminent auquel elles sont exposées.

11 serait superflu d'entrer dans le détail des faits qu'on vient d'alléguer : ils sont notoires, et l'Europe entière en a été et en est encore journellement témoin. On se dispense également de discuter ici l'injustice évidente de l'agression des Français; S'il était possible qu'il restât quelques doutes à ce sujet , ces doutes seront entièrement levés pour quiconque voudra peser avec ioïpartialité les arguments victorieux renfermés sur ce point dans les pièces diplomatiques de Vienne.

S. M. Prussienne s'est plu à conserver pendant longtemps

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