II
qui , dans le canton de Lucernc , ont tenté d'imposer par la violence leur propre volonté au gouvernement légal? Était-ce un état de choses normal et régulier que la révolution accomplie dans le canton de Vaud par l'insurrection et la force matérielle? Les amis de la Suisse pourraient -ils ne pas voir, dans de pareils faits, un danger imminent, non-seulement pour la paix et la sécurité de ce pays, mais pour l'existence même de la Confédération , si malheureusement atteinte dans l'inviolabilité du pacte et dans l'indépendance de la souveraineté cantonale? Tant que la question des jésuites s'est renfermée dans les proportions d'une affaire à débattre régulièrement et pacifiquement entre les cantons, le gouvernement du roi , fidèle aux principes qui l'ont toujours dirigé , s'est abstenu de toute manifestation. Mais quand la gravité de la situation s'est révélée par des désordres dont l'Europe entière s'est émue , il a jugé que c'était pour lui un devoir sacré d'appeler la plus sérieuse attention de la diète sur des périls aussi évidents que graves. Il l'a conjurée amicalement de prendre des mesures promptes et efficaces pour remédier au mal , pour en prévenir de nouvelles conséquences , pour rassurer , tout à la fois, la Suisse et l'Europe.
Ce sont là les motifs bienveillants et désintéressés qui ont seuls guidé le gouvernement du roi ; c'est là seulement , et non dans des suppositions déimées de toute vraisemblance , qu'il faut chercher l'explication naturelle de la démarche dont l'ambassadeur du roi a été chargé auprès de M. le Président de la diète, et dont il s'est acquitté de la manière la plus conforme à nos intentions. Telle est, en substance, la réponse que j'ai faite à M. le Chargé d'affaires de la Confédération , et c'est dans le même sens que vous devrez vous exprimer avec M. le Président Mousson.