‹ Le Guide diplomatiqueChapitre 2 sur 130 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

Pentium était tout autre chose; c'était l'ensemble des institutions et des règles de droit privé qui n'appartenaient pas au droit civil propre du peuple romain, et qui étaient considérées comme applicables aux étrangers, comme communes, en quelque sorte, à tontes les nations: jus qtiod apud onincs génies valet.

Les usages du droit des gens n'ont réellement commencé à être pratiqués comme droit reconnu et à devenir un objet d'étude que depuis le xv^ siècle de notre ère, depuis que le système politique des nations européennes a été formé, depuis qu'il a existé dans cette partie du monde plusieurs États entièrement souverains, indépendants les uns des autres, et en même temps unis et en rapport les uns avec les autres par la communauté de religion, d'intérêts, de civilisation et de besoins.

Quant à la diplomatie cunsidérée comme art, elle n'était certes inconnue ni aux Grès, ni aux Romains, ni aux Carthaginois; mais elle n'était point cultivée et pratiquée chez ces peuples par une classe particulière de fonctionnaires publics, exclusivement employés aux missions extérieures, et revêtus comme tels d'un caractère spécial. C'est au moyen âge et en Italie qu'on trouve poiu- la première fois la diplomatie pratiquée comme art, et enseignée comme science par des diplomates proprement dits.

Florence, Venise et Rome ont produit, dès le xni® siècle, des diplomates très-distingués. Cinq des littérateurs les plus renommés de la Toscane, Dante, Pétrarque, Boccace, Guicciardini et Machiavel, furent chargés par la république de Florence des missions les plus importantes et les plus difficiles. On sait quelle

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PEEFACE.

habileté le dernier surtout déi^loya dans ses missions auprès de Louis XII, de Tempereur Maximilien , du pape Jules II et de César Borgia. Le service diplomatique de la république de Venise a été réglé, dès le commencement de ce même siècle, par une série d'ordonnances qui prouvent l'importance qu'on attachait à ce service, et qui fournissent sur son organisation et sur ridée qu'on s'en faisait des renseignements aussi intéressants qu'authentiques.

Depuis le xiii^ siècle, auquel se rapportent ces premiers développements de la diplomatie, mais surtout depuis le XV* siècle, dans lequel tant d'événements mémorables préparaient les péripéties de la politique européenne, il est évident que la pratique des négociations et la partie du droit des gens qui s'y rattache ont traversé bien des phases diverses et subi de nombreuses transformations. Quelle distance, de Machiavel se rendant seul, à cheval, au lieu de sa mission, s'y logeant a ses frais comme le plus simple voyageur, et sollicitant de son gouvernement quelques secours pécuniaires pour subvenir, comme il le dit lui-même, k ses dépenses les plus nécessaires, à ce comte d'Estrade, ambassadeur de Louis XIV, entrant a la Haye au bruit du canon et des fanfares, écrasant, par ses équipages, son cortège, ses costumes, tout ce que la riche aristocratie flamande pouvait déployer de luxe et de faste, et habitant un hôtel où il était plus indépendant et maître chez lui que s'il n'eût }»a8 quitté la France! Et quelle distance aussi entre cet éclat officiel des ambassades du xvii® siècle et les allures modestes des ambassadeurs de notre temps, quoique la richesse publique et privée des nations qu'ils représentent ait pciit-être décuplé depuis lors!

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