CHAP. IX. DE LA FIN DES MISSIONS
partir sans Tattendre; s'il doit demander une audience de congé, et si elle peut lui être accordée. Mais la lettre de rappel est obligée: P quand l'objet de la mission est accompli ou manqué; 2^* quand le départ du ministre a lieu pour des motifs étrangers au maintien des relations amicales entre les deux pays.
Dans ces deux cas on observe au départ les mêmes formalités qu'à l'arrivée. \j audience potir prendre congé du souverain est demandée par l'entremise du ministre des affaires étrangères, en même temps qu'une copie de la lettre de rappel est délivrée à ce fonctionnaire, et l'original de cette lettre est remis au chef de l'État lui-même. Dans cette dernière réception, qui, selon les circonstances, peut être solennelle, mais qui est le plus ordinairement privée, le discours ou compliment d'usage^), adapté aux circonstances du moment, accompagne la remise de cette lettre.
Si le rappel a lieu pendant l'absence du ministre, ou si une indisposition ou tout autre empêchement ne lui permettent point de prendre personnellement congé du souverain, l'usage l'autorise à s'acquitter de ce devoir par écrit, en joignant la lettre de rappel à sa lettre pour prendre congé'^), laquelle doit être remise au prince par le ministre des affaires étrangères.
La lettre de récréance^), qui est la réponse faite à la lettre de rappel, est adressée au souverain de l'Envoyé rappelé, par Tintermédiaire du ministre accrédité à sa cour.
Si le successeur de l'Envoyé rappelé arrive avant le
') Voy. T. II, cbap. III, Discours de congés
■') Voy. T. U, chap. IV, Lettres pour prendre covfié
^) Voy. T. II, chap. III, Lettres de récréfince.
départ de ce ministre, et qu'il appartienne au second ou au troisième rang diplomatique: celui-ci, s'il y est autorisé, peut le présenter au souverain à l'audience de congé qui lui est accordée; mais lorsque l'P^nvoyé partant n'est remplacé qu'ad intérim par un Chargé d'affaires, cette présentation n'est faite ordinairement qu'au ministre des affaires étrangères.
Du cJiavgentoit dans Je rang diplomatique^ et des
fonctions intérimaires.
Lorsqu'un agent diplomatique accrédité est chargé par son gouvernement de remphr auprès de la cour où il réside une mission spéciale que Ton veut entourer d'un éclat particulier, il arrive assez fréquemment qu'il soit, à cette occasion et temporairement, revêtu d'un caractère public plus élevé que celui qui lui avait été conféré. \) Dans ce cas, il doit remettre de nouvelles lettres de créance qui le constituent dans sa qualité nouvelle. En terminant sa mission momentanée, il reprend ses fonctions et sa position antérieures.
Si le caractère public plus élevé qu'il a reçu l'ordre de déployer lui a été conféré définitivement, c'est encore en remettant de nouvelles lettres de créance que l'agent
') Par exemple, pour assister au couronnement du souverain, pour lui remettre les insignes d'un ordre éminenl, pour lui faire, au nom de l'un des princes de la famille du souverain qu'il représente, la demande solennelle do la main d'une des princesses de la famille régnante, pour le mariage d'une princesse de la famille de son souverain avec le souverain du paj's ou avec l'héritier du trône, etc.