DEVOIRS ENVERS SON PAYS
L'amour de la patrie, qu'il s'applique à un pays vaste ou à un petit pays , est toujours un noble sentiment.
Ne confondez pas l'indifférence avec la modération ; ce sont deux choses qui ne se ressemblent nullement, surtout en politique. N'estce pas par la modération que s'entretient sans
danger le feu patriotique? Et n'est-ce pas, au contraire, par l'indifférence qu'il s'éteint?
Plus on est fidèle et léger, plus on est disposé à l'enthousiasme, mais ce n'est alors qu'un feu de paille.
Un peu de bon sens en politique est plus utile que beaucoup de finesse.
11 serait aussi fou de tout sacrifier à l'opinion qu'il est peu sage de la compter pour
len.
Si le peuple maîtrise ses chefs, cela est aussi absurde et dangereux que si la queue voulait aller devant la tête.
La faiblesse aime les partis mitoyens , qui cependant offrent toujours le plus de péril.
Le génie en politique consiste non à créer, mais à conserver; non à changer, mais à fixer.
Un bon citoyen doit obéir aux lois , respecter le souverain et les magistrats ; lorsqu'ils se trompent, leur dire la vérité avec courage, mais avec convenance ; remplir ses devoirs de garde national, de juré , d'électeur.
11 doit s'opposer à ceux qui veulent troubler la tranquillité publique et qui prétendent obtenir par la force ce qu'on ne doit rechercher que par des moyens légaux.
L'amour de l'humanité est excellent, mais il ne doit pas interdire l'amour du pays natal; l'amour du pays natal est excellent, mais il ne doit pas interdire l'amour de l'humanité.
Un patriotisme qui, loin d'être libéral, serait envieux et féroce , ne serait pas une vertu , mais un vice.
Si un homme méprise la religion, la sainteté du nœud conjugal, la décence, la probité, et qu'il crie : « Patrie , patrie ! » ne le croyez pas ; c'est un hypocrite de patriotisme , c'est un mauvais citoyen.
Celui qui justifie l'injuste et celui qui condamne le juste, sont tous deux abominables devant Dieu.
L'une des plus grandes pestes d'un état , c'est un homme méchant qui sait parler hardiment et calomnier qui il lui plaît avec quelque apparence.
Les souverains deviennent moins puissants dès qu'ils veulent l'être plus que la loi.
Il n'y a jamais eu ni bonne guerre ni mauvaise paix.
Quelquefois la clémence rend les princes aussi coupables que la cruauté.
Sans la digue des lois, la liberté ne serait qu'un torrent dévastateur.
La propriété est la base de toute civilisation et de toute association politique.
Le droit de propriété est le principe créateur et conservateur de toute société.
Dans les révolutions , il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent.
On atteint les petits charlatans par des lois ordinaires ; les grands charlatans ne s'atteignent que par des révolutions.
Il n'y a de bon patriote que l'homme vertueux , que l'homme qui comprend et aime tous ses devoirs et qui s'attache à les remplir.
11 ne fait cause commune ni avec les flatteurs des puissants , ni avec les méchants qui détestent toute autorité. Être servile et être irrespectueux , ce sont également des excès.
S'il tient un emploi civil ou militaire , le but vers lequel il doit tendre , n'est pas d'augmenter sa propre fortune , mais bien l'honneur et la prospérité du prince et du peuple.
11 ne désire pas, il n'excite pas les dissensions civiles; au contraire, il s'applique, tant par son exemple que par ses paroles, à modérer, autant qu'il le peut, les exagérés, à recommander l'indulgence et la paix. Ce n'est que lorsque la patrie en danger a besoin de défenseurs, qu'il cesse d'être agneau; alors, devenu lion, il combat et reste vainqueur ou meurt.
On agit contre la nature toutes les fois que Ton combat contre sa patrie.
Par le degré de liberté se mesure la richesse d'un état.
Usez de clémence envers les ennemis , mais qu'elle ne soit pas aux dépens de cette sévérité sans laquelle un gouvernement ne saurait subsister.
11 n'y a point de vertu qui soit souvent si criminelle que la clémence.
Il y a des gens pour qui l'indulgence n'est qu'un encouragement à s'en rendre indignes.
La clémence enchaîne les cœurs avec des liens qui ne se rompent jamais.
Ce qui rend les hommes hardis à entreprendre les crimes , c'est lorsqu'ils demeurent impunis ou qu'ils ont l'espoir de l'être.
La liberté sans frein est toujours mariée avec le malheur.
L'amour de la liberté est souvent une des plus dangereuses passions du cœur humain , et il arrive de cette passion comme de toutes les autres; elle trompe ceux qui la suivent, et au lieu de la liberté véritable , elle leur fait trouver le plus dur et le plus honteux esclavage.
L'amour de la liberté rend les hommes indomptables et les peuples invincibles.
Sans union, il ne peut exister ni force ni esprit public.
Le glaive fait les rois , agrandit les états , Mais s'il fonde un empire , il ne l'affermit pas.
Nous admirons l'éclat, vains juges que nous sommes ; Le véritable honneur c'est d'être utile aux hommes.
Le bonheur le plus grand , le plus digne d'envie Est celui d'être utile et cher à sa patrie.
L'esprit de modération doit être celui du législateur; le bien politique comme le bien moral se trouve toujours entre deux limites.
Lorsque dans un état il y a plus d'avantage à faire sa cour qu'à faire son devoir, tout est perdu.
Une police bien faite est le chef-d'œuvre de la civilisation; celui de la morale serait de la rendre inutile.
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