LES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE SOLS
Moyens de les distinguer
Dans le cours de cet ouvrage, nous avons vu très souvent qu’une céréale réussissait dans tel ou tel sol, et qu’une légumineuse ne donnait ses meilleurs produits que dans tel ou tel autre sol. Il y a donc plusieurs espèces de sols. Nous allons dire un mot de la composition de ces différents tertains, en empruntant nos renseignements dans un traité
d'agriculture enseigné en France, et nous donnerons ensuite les moyens de les distinguer les uns des autres.
1. Les sols argileux. — Les sols argileux ou glaiseux sont ceux dans lesquels l'argile ou la glaise prédomine. Ces sols offrent les propriétés suivantes : 1° Ils sont plus ou moins colorés en brun, en jaune ou en rouge. 2° Ils ont l’odeur et la saveur des argiles ; ils happent à la langne. 3° Ils ont beaucoup de compacité et de ténacité, 4° Ils présentent de très larges crevasses durant les sécheresses. Ils se couvrent d’eau pendant les pluies, et adhèrent fortement aux pieds, ainsi qu’à tous les instruments aratoires. 5° Après le labour, ils restent en mottes consistantes, 66 Secs, ils absorbent l’eau en assez grande quantité, souvent deux fois leur poids, pour former une pâte liante et ductile.
2. Les sols sableux. — Tes sols sableux ou siliceux sont ceux dans lesquels, comme l'indique leur nom, le sable prédomine. Ils ont des caractères absolument opposés à ceux des sols argileux. 1° Leur couleur et leur aspect varient suivant la nature du sable qui les constitue essentiellement. Is sont le plus souvent jaunâtres ou brunâtres, parfois d’un blanc plus ou moins pur qui leur donne, au premier abord, l'apparence de terres calcaires. 2° Ils n’ont aucune consistance, et presque aucune ténacité dans leurs parties ; aussi, lorsqu'on en presse une certaine quantité dans la main, la masse s’aggiomère mal, reste pulvérulente ex facilement divisible, 3° Ils sont rudes au toucher, et n’adhèrent point à la langue ; 4° Ils sont très perméables et ne peuvent retenir l’eau ; ils sont donc toujours très secs, comparativement à tous les autres terrains, à moins que la couche cultivable ne soit peu épaisse, et ne repose sur une couche d'argile. 5° [ls s’'échauffent facilement au soleil, et sont toujours arides et brûlants en été. 6° Ils ne contractent
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3. Les sols calcairei. — Ts sols calcaires sont ceux dans lesquels la proportion du carbonate de chaux l'emporte de beaucoup sur celle des autres éléments terreux. Voici leurs principaux caractè:es distinctifs : 1° Ils ont, en général, une couleur b'anchâtre. On les désigne sus le nom de ferres blanches. 20 Ils offrent peu de ténacité, et sont assez friables ; aussi, quand on en presse une certaine quantité dans la main, la masse forme une pelote qui ne tarde pas à se désagréger et à tomber en petits fragments. 30 Ils sont généralement secs et arides, parce que, peu profonds, ils reposent sur une couche de tuf ou un banc calcaire qui absorbe très rapidement l'humidité des couches supérieures. Les pluies les rendent plus ou moins boueux ; et, lorsqu'ils sèchent, la masse s'agglomère à la surface en une croûte plus ou moins éprisse, qui, bien que très faible, réunit au désavantage de se fendiller cc mme les argiles, celui de ne se laisser traverser ni par l'air ni par les pluies peu durables. 4” Humides, ils s’attachent aux pieds et aux instruments ; mais cette adhérence est de courte durée, 5° Après le labour, ils se comportent d'une manière qui tient le milieu entre les sols argileux et les sols sab'eux. 6° Ils se délayent facilement dans l’eau, et forment une pâte courte et peu ductile, 7° La “hai ur les dessèche sans les durcir. Par une forte calcination, ils acquièrent de la causticité ; et,
quand on les arrose ensuite d’eau, ils s’échauffent plus ou moins et se déliient.
4. Les sols humifères. — Sous ce nom générique, nous comp:enons les terres qui renferment une forte proportion de débris organiques, mais sous une autre forme que celle d'humus ou de terreau proprement dit ; car, dans leur état naturel, elles sont peu propres à la culture, et ce n’est qu’à l’aide d'amendements et de travaux de toutes sortes qu’on parvient à les convertir en terres de rapport. Ce sont les terres de bruyère, les terres tuurbeuses et les marais.
Mais les quatre espèces principales de sols que nous venons de voir n’ont pas tous la même composition, et voilà pourquoi il y a des variétés dans chaque espèce.
Dans les sols argileux, on distingue 1° les terres argiloferrugineuses, qui renferment une forte proportion d'oxyde de fer; 2° les terres argilo-calcaires, qui renferment une proportion notable de carbonate de chaux; 39 les terces argilo sableuses, qui contiennent une proportion notable de silice ou de sable mélange à l’argile. Dans la pratique, on distingue les terres argilo-sableuses en ferres fortes et en terres franches. Les terres franches sont moins lourdes et moins froides que les terres fortes.
Les sols sableux comprennent les variétés suivantes : 19 Terres saiblo-argileuses qui ne diffèrent des terres fra: ches ou argilo-sableuses que parce que la proportion du sable l'emporte sur celle de l'argile ; 20 Terres sablo-argilocalcaires, qui renferment ces trois éléments en proportion presque égale ; 3° Terres sablo-calcaires, qui contiennent du sable et du calcaire ; 4° sols de sable pur, couiposés presque entièrement de sable; telles sont les dunes où monticules qui brdent les rivages de la mer; 5° Terres quartzeuses, qui sont composées, en majeure partie de fragments
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plus ou moins volumineux de quartz ou de silice ; 6° Terres caillouteuses, qui sont formées par des cailloux ; 7° Terres graveleuses, formées de cailloux ne dépassant pas la grosseu d'une noisette ; 8° Terres granitiques, formées par un sible argileux très aride ; 9° Terres volcaniques, qui sont les débris d'anciens volcans, ou le produit des éruptions de laves modernes ; 10° Terres sablo-argilo ferrugineuses, composées de sible, d'argile et de péroxide de fer; 11° Terres sablohumifères qui renferment du sable et de l’humus ou terreau.
Dans les sols calcaires, on remarque les variétés suivantes : 1° les sables calcaires, 2° les sols graveleux, 3° les sols tufacés, 4° les terres marneuses. On saisit tout de suite la composition de ces différents terrains.
Les sols humifères comprennent: 1° Les terres de bruyère, qui consistent en sable fin, plus ou moins ferrugineux, associé à une proportion assez notable de terreau ou d’humus qui provient de la destruction des bruyères, des genèêts, des fougères et d’autres plantes contenant beaucoup de tannin et de fer; 2° les terrains tourbeux, formés par la décomposition des plantes sous l’eau ; 30 les terrains marécageux, qui sont recouverts d’eau stagnante, au moins une partie de l’année.
La connaissance de ces différentes espèces de terrains est indispensable 2u cultivateur qui veut réellement progresser en agriculture, car, avant de cultiver une plante quelconque, il doit se demander dans quel sol elle réussira le mieux. S’il n’a pas assez d'expérience pour dire immédiatement dans quelle espèce de terrain il obtiendra les meilleurs résultats, il aura recours aux auteurs qui traitent des différentes cultures, et il apprendra bientôt ce qu’il ignorait. Mais il ne suffit pas, d’avoir appris qu’il doit semer dans un sol argileux, ou siliceux, ou sableux, il faudra encore qu’il sache
distinguer les espèces de terrains qu’il a à cultiver. Autrement, il s’exposera à commettre des erreurs qui lui causeront par fois des pertes énormes. Il importe donc au cultivateur de connaître parfaitement la nature des différents sols à cuiviver. Voici un moyen bien simple de se rendre compte de la nature du sol, sans recourir à la chimie ; ce moyen, nous le trouvons dans l'ouvrage de M. Chs. T. Côté, en 18817, sous le titre de Coprogène ; nous le citons textuellement :
# Sans procédé chimique, ou sans l’art de décomposer les cor}s, il est difficile d'analyser le sol avec exactitude. Néanmoins, on peut très facilement faire une analyse incomplète, et, dans la plupart des cas, suffisante, tout en ne se servant pas des enseignements de la science.
Ce qu'il importe le plus de savoir est ceci :