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travaux, le cultivateur les visitera, et s’il constate qu'ils ont besoin de réparations, il les fera faire immédiatement, afin que l’ouvrage, une fois commencé, ne subisse aucun retard par le raccommodage des instruments ou la ferrure des chevaux. En agissant de la sorte, on évitera toutes ces pertes de temps qui arrivent si souvent sur les fermes mal dirigées. Et comme le tableau prévoit tout cela, c’est encore un avantage en sa faveur.
Le maitre, en portant souvent les veux sur ce tableau, trouve moyen d'occuper ses serviteurs, qu’il fasse beau ou mauvais temps; Car il y a toujours des travaux intérieurs pour les mauvais temps et des travaux extérieurs pour les beaux temps. Comme on ne fait pas entrer dans ce tableau les travaux qui se font en temps indéterminé et dont l’exécution ne peut se prévoir facilement, tels que la confection et le creusage des fossés, la construction des clôtures, la réparation des bâtiments, les chaulages, la distribution des amendements, les défoncements, etc., on doit prendre un moyen quelconque d’avoir sans cesse ces opérations à la mémoire. L'un des meilleurs moyens qu’on puisse adopter, c’est de faire une table alphabétique de ces travaux dans un carnet, que le cultivateur porte toujours sur lui et où il inscrit ses observations journalières,
Le carnet dont nous venons de parler, est d’une très grande utilité au cultivateur, et voici comment : le maitre, dans ses allées et venues sur sa propriété, observe que telle chose est négligée ou que telle autre a été oubliée ; aussitôt il prend son carnet et il y inscrit ses observations. Il passe dans un champ qui s'écoule mal ; il étudie le défaut, reconnait le moyen d'y remédier et l’inscrit encore dans son carnet. Il circule sur un chemin en mavais état ; il en prend aussitôt note, En passant près de ses bâtiments, il
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remarque quelques détériorations ; il fait encore une entrée dans son carnet.
On divise ce carnet en deux parties : dans la première, on entre les travaux que l’on fait dans les beaux temps, et parmi ces travaux on marque d’une note particulière ceux qui sont pressés. La deuxième partie reçoit les travaux qu'on exécute dans les mauvais temps, et l’on fait encore une marque spéciale pour les travaux pressés.
Dans la confection des travaux d’une culture, il faut bien se garder de s’abandonner à la superstition et d’adopter pour guide les dates du calendrier. Le cultivateur doit exécuter ses travaux dans le temps et la saison qui lui sont les plus favorables. Ainsi, il serait absurde de croire que tel jour de la semaine ou du mois exerce une influence sur les travaux des semailles. Par exemple, c’est une folie de s'imaginer que les sémis faits un vendredi sont plus mauvais ou meilleurs que ceux exécutés un autre jour, ou que les sémis faits avant ou après la Saint-Pierre ou ia Sainte-Anne sont plus mauvais ou meilleurs que ceux faits en tout autre temps. Le cultivateur sage ne tiendra nul compte de ces dates ; aussitôt que la saison et la température le lui permettront, il fera ses travaux. En attendant les dates que la superstition lui prescrit, il court le risque de semer ou de planter trop tard et de ne pas récolter avant les gelées ; car, il ne faut pas l'oublier, la saison de la végétation est très courte au Canada.
L’œil vigilant du maitre est une source de succès. Un homme actif et soigneux réalise toujours plus de profits que celui qui n'apporte ni soin, ni activité à son exploitation, Le maître doit être partout, voir et examiner tout. Comme nous l'avons déjà dit, dans la moyenne culture la coopération du maitre est absolument nécessaire dans la confection
des travaux. Par conséquent il faut qu’il soit en état d’exécuter tous ses travaux avec habileté et diligence. Mais c'est surtout à l'époque de la fenaison, des récoltes des grains et des semailles que sa présence devient d’une nécessité absolue, et particulièrement lorsqu'il y a apparence de mauvais temps. On sait qu'il faut déployer une grande activité pour mettre ses produits à l'abri dans un bon état. Eh bien, la présence du maître sera le principal stimulant pour atteindre le but désiré,
Il en sera de même lorsqu'on voudra faire des innovations dans une culture, comme, par exemple, introduire un instrument nouveau. Le cultivateur qui désire voir son projet mis à exécution, sera le premier à faire l'essai du nouvel instrument et à en reconnaître le mérite ; mais pour cela il faudra qu’il soit lui-même habile dans le maniement des instruments ou des machines aratoires. Les faucheuses et les moisonneuses sont devenues aujourd’hui d’un usage général ; autrefois on les regardait avec mépris, pourquoi ? parce qu’on ne savait pas s’en servir. Des cultivateurs intelligents ont compris les avantages immenses qu’ils pouvaient retirer de ces machines ; ils en ont fait l'essai et ils s’en sont très bien trouvés. Leur exemple a été suivi par d’autres, et maintenant chaque cultivateur a sa faucheuse ou sa moissonneuse, ou son rateau, ou sa faneuse, etc.
On se demande souvent pourquoi il ne se fait pas plus d'améliorations dans notre culture, pourquoi les améliorations rencontrent tant d’adversaires et pourquoi les progrès sont si lents. La réponse à ces trois questions, la voici : c'est parce qu’on n’a pas agi avec tact et jugement dans les essais qui ont été faits pour populariser une innovation quelconque. Quand on désire sérieusement faire une innovation, on se rend sur le terrain et l’on en démontre
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pratiquement tous les avantages. Les hommes expérimentés ont tracé les règles suivantes pour ceux qui veulent faire une innovation quelconque et qui désirent réussir dans leurs idées de progrès et faire disparaitre la répugnance qu'en éprouve pour ces innovations ou ces changements subits.
Un homme a de la répugnance à se servir d’un instrument nouveau, parce qu’il se croit inhabile à le faire fonctionner d’une manière convenable, Faisons disparaitre cette inhabileté, et la répugnance s’en ira d'elle-même. Pour cela, la première chose à faire, c'est de ne pas paraitre trop certain du succès, et ne pas vanter d'avance l'innovation que l'on tente. Si c’est un instrument nouveau, on peut dire qu'il fait bien ailleurs et qu'on veut l'essayer. Si c’est un procédé de culture nouveau, on dira qu'il a eu ailleurs de grands succès, dans les mêmes circonstances .où l’on se trouve et que l'on désire voir s’il y aura moyen d'en tirer parti d’un manière avantageuse, Il n’y a aucun doute que les prophètes de malheur surgiront comme par enchantement ; mais laissez les mauvaises prédictions aller de bouche en bouche, et faites votre essai ; s’il réussit, tout le monde reconnaîtra le mérite de l'instrument ou du procédé nouveau. C'est le meilleur moyen d'empêcher ls routiniers de condamner les améliorations avant qu’elles aient été essayées, et c’est aussi le plus sûr moyen de marcher dans la voie du progrès.
Mais il faut que le maitre soit persévérant. Se laisser arrêter par de fausses prédictions serait le comble de la bêtise humaine, et jamais, avec les meilleures intentions du monde, le cultivateur ne pourra effectuer avec succès les améliorations qu'il désire. C’est avec de jeunes serviteurs intelligents qui n’ont pas encore mis le pied dans le sentier
de la routine, qu’on réussit le mieux, et surtout avec ceux qui ont voyagé un peu, parce que les voyages, tout en grandissant le cercle des connaissances pratiques, font reconnaître l’utilité des améliorations. L’agriculteur manquant de pratique devra de toute nécessité s'assurer les services de cette catégorie de serviteurs; sans cela, il ne ne réussira pas dans ses améliorations, ou du moins il ne réussira que difficilement. Mais si l’agriculteur est un praticien habile, ce sera luimême qui fera l'essai des améliorations projetées, et l’on peut dire immédiatement que sa cause est gagnée d’avance.
Dans toute culture, les instruments forment une partie importante du capital d'exploitation, car bien souvent on dépense des sommes assez rondes pour s’en procurer, Ces instruments s’usent par l'emploi qu’on en fait, mais ils s’usent encore beaucoup plus par le peu de soin qu’on en prend. L'ordre et l'économie veulent que l’on traite tous ses instruments avec soin, On ne doit jamais les laisser exposés aux intempéries, et du moment qu’un instrument, un outil et une voiture ne sont plus utilisés, on les met à l’abri dans un local spécial, pour les préserver contre les ravages du soleil et de la pluie. On peut faire un hangar ou simplement an bas-côté pour les instruments et les voitures. On huilera toutes les parties en fer pour empêcher la rouille, et les parties en bois seront peinturées pour empêcher la pourriture. Par ces soins, on double le temps de service de chaque instrument. Si un instrument dure cinq ans lorsqu'il est mal entretenu, il durera dix ans lorsqu'on lui prodiguera beducoup de soins ; l'expérience est là pour attester ce fait,
Enfin la bonne direction dans une culture demande que l'on tienne ur” comptabilité exacte de toutes les dépenses et de tous les profits. Dans certains pays, l’agriculture est
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