MÉLANGE DES CÉRÉALES
Dans la pratique, on mélange souvent ensemble quelques céréales. Aïnsi on fait un mélange de blé et de seigle, de blé et d'orge, de blé et d'avoine, d’avoine et d'orge, etc. Ces mélanges portent, suivant la localité, les noms de méteil, gaudriole, etc. On les fait dans le but d’obtenir sur un terrain de médiocre qualité une récolte plus abondante. Ainsi, quand on mélange le blé avec du seigle, c’est pour avoir une meilleure récolte de blé sur un terrain léger et sec, qui ne convient pas au blé ; il en est de même pour les autres espèces de céréales.
Comme denrées de marché, les mélanges sont sans valeur, mais comme objet d'utilité, ils conviennent très bien au cultivateur. Le pain de seigle, d'orge ou d’avoine n’est pas bon, mais le pain de seigle dans lequel entre un peu de farine de blé, est très passable,
On reproche à ces mélanges de ne pas mûrir assez régulièrement. Ce reproche porte souvent à faux. Ainsi, lorsqu’on sème du blé précoce avec du seigle ou de l'orge, la maturation se fait à peu près en même temps; de même lorsqu'on sème du blé assez tardif avec de l’avoine.
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On remarque qu'en général, toutes choses'égales d’ailleurs, les mélanges donnent un produit plus abondant que n'aurait pu le donner chaque p'ante semée seule, et cela s'explique facilement : en parcourant les phases de leur végétation à des époques différentes, s’il y a une plante qui manque ou qui est maltraitée par les intempéries, l’autre pourra peutêtre mâûtir. Dans les mélanges, on a donc deux chances au lieu d’une.
Quant à la proportion dans laquelle chaque espèce de plante doit entrer, cela dépend de la nature du terrain. Il faudra toujours mettre en plus grande quantité le grain qui vient le mieux sur le sol que l’on veut ensemencer. Ainsi, sur un terrain léger, lorsqu'on sème un mélange de blé et de seigle, on devra mettre plus de seigle que de blé; mais à mesure que le terrain prend un peu de consistance et qu’il perd de son aridité, la proportion du seigle diminue et celle du blé augmente ; et lorsqu’enfin on a à sa disposition un sol de consistance moyenne, on sème le blé seul ; il en est de même pour les autres mélanges sur le sol qui doit les recevoir.
L'époque des semailles varie avec les plantes qui composent le mélange. On doit toujours suivre les exigences de la plante la plus délicate, c’est-à-dire que, si une des plantes du mélange demande à être semée de bonne heure au printemps et l’autre vers le milieu ou à la fin de mai, il faudra faire les semailles vers la fin de mai. Autrement, en semant de bonne heure, l’une des plantes courrait le risque de périr.
D’après ce que nous venons de voir, les mélanges ne sont pas toujours à dédaigner, et l’on devra y recourir toutes les fois qu’on sera certain d’avoir une récolte plus abondante,