LE BLÉ D'INDE
Le blé d'inde est très répandu ; c’est même la production la plus importante de certains pays où l’on fait des exportations considérables. Cette plante est une excellente nourriture pour l’homme et les animaux. On le consomme soit en soupe ou bouillie épaisse qu’on appelle gaudes, soit en petits pains, qui sont très estimés. Les chevaux, les porcs. et les volailles le mangent avec avidité. Sa paille peut servir de litière, car elle est très spongieuse et absorbe bien les liquides; mais elle est dure et forme une mauvaise couche. On recueille assez souvent les enveloppes de l’épi pour en fabriquer des matelas et des coussins. Avec le grain de blé d'inde on fait aussi une espèce de bière qui n’est pas à dédaigner.
ESPÈCES ET VARIÉTÉS. — De toutes les espèces de blé d'inde, la seule qui doive nous occuper ici, c’est le blé d'inde commun ou blé de Turquie. Ce blé d'inde a donné naissance à une foule de variétés.
1. Le blé d'inde d'été : grain jaune orangé ; épi de 12 à 14 rangées de 30 à 35 grains ; la tige s'élève à 312 pieds pendant qnatre mois ; cette variété est assez productive.
2. Le blé d'inde quarantain : sa végétation s’opère en 8o jours dans les ciconstances les plus favorables, et en trois mois dans les circonstances ordinaires ; grain jaune pâle ; épi de 8 à ro rangées de 24 à 28 grains; sa tige atteint la hauteur de 214 pieds environ.
. Le blé d'inde naïn : il en existe deux sous-variétés LA
l’une à grains blancs, l’autre à grains rouges. Il est précoce, mais moins que le quarantain. Grain jaune clair ; épi de 8 à 16 rangées de 20 grains ; sa tige s'élève à 112 pied.
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4. Le blé d'inde à épis renflés : sa tige s'élève À 3 ou 3! pieds ; sa végétation dure quatre mois ; très productif.
5. Le blé d'inde cinquantain : mème hauteur que le précédent, mais encore plus productif ; il mûrit 15 jours avant le blé d'inde d'été.
6. Le blé d'inde de Virginie : sa tige s'élève à la hauteur de 3% à 4 pieds; c'est un des blés d’inde le plus productif que l’on connaisse ; sa végétation s'opère en 4 mois.
Il existe encore beaucoup d’autres variétés dont la végétation se prolonge au delà de 4 mois; il y en a même qui restent dans la terre pendant six longs mois. Ces variétés ne pourraient pas réussir sons le climat du Canada; il est donc inutile d’en parler.
Parmi les variétés que nous avons mentionnées, il y en a qui sont très précoces et d’autres assez tardives. Règle générale, le produit des variétés précoces, quoique moins abondant, est toujours plus assuré que celui des variétés tardives. Par conséquent, dans les endroits où les gelées tardives du printemps et les gelées hâtives de l’automne sont fréquentes, et si l’on est obligé de semer du blé d’inde, il faudra choisir les variétés précoces, quoique leurs produits soient moins abondants ; dans les régions où l’on n’a pas à redouter ces accidents, on pourra semer les
variétés tardives, qui donneront de meilleures récoltes.
CLimarT.—C'est un fait connu qu’il faut plus de chaleur au blé d’inde qu’au blé pour mâûrir. De sorte que le blé d'inde réussit mieux dans les climats chauds ; cependant on peut le cultiver avec avantage et compter sur ur produit certain jusqu’au 47° de latitude. Passé cette limite, le blé d’inde pourra encore réussir quelquefois, mais ce n’est que dans des années exceptionnelles, et sur lesquelles le cultiva-
teur ne peut pas compter pour faire de cette récolte une des
bases de sa culture. D'ailleurs, les facilités des transports nous permettent de nous procurer du blé d'inde à meilieur marché que nous pouvons l'obtenir en le cuitivant nousmêmes.
La végétation du blé d'inde se prolonge pendant quatre à cinq mois et demande une température élevée et soutenue.
Le blé d'inde est très répandu dans les pays chauds, mais dans les pays froids sa culture est fort restreinte.
Sor.—-Le sol que le blé d'inde préfère le plus, c'est un sol de consistance moyenne, qu'on pourrait appeler sable gras, Cependant le blé d'inde se cultive avec succès dans beaucoup d’autres terrains ; il donne de bons produits dans les terrains argileux, sab'eux et mè ne dans îes sols de sable blanc. Le blé d'inde réussit partout du moment que le terrain est bien ameubli et engraissé ; ce sont là deux conditions pour obtenir du blé d'in le des produits abondants.
Dans les terrains argileux et compactes cependant, l'humidité s'y maintient en si grande quantité qu'il est bien difficile d’ameublir ces sols, et le soleil les durcit tellement que le blé d'inde, en général, n’y donne que de faibles produits. Les sables secs et les calcaires, de leur côté, se dessèchent À une si grande profondeur que le blé d’inde y périt. On a observé que plus on s’avance vers les pays froids, plus le sol que l’on destine au blé d'inde doit être léger et chaud, afin que la chaleur du terrain compense la diminution de chaleur dans la température. Ainsi, dans les climats chauds, le blé d'inde réussira mieux dans les sols argileux et froids ; et sous les climats froids, il obtiendra plus de succès dans les terrains légers et chauds.
Au Canada, où la saison de végétation est très courte, on préfère cultiver le blé d'inde sur des terrains sablonneux, æt l'on fait bien, pourvu que le terrain soit riche, c’est-à-dire
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qu'il contienne une grande quantité d’humus. Dans ce cas, la culture du blé d'inde réussira parfaitement ; car l’humus a la faculté d'absorber beaucoup d'humidité et beaucoup de chaleur, et c'est justement ce qu'il faut au blé d'inde, Sans humidité, le terrain devient sec et aride et ne convient pas alors au blé d'inde, L’humus, tout en conservant l'humidité, s’échauffe sous les rayons du soleil, et la chaleur humide convient très bien non seulement au blé d'inde, mais encore à toutes les plantes. .
PLACE DANS LA ROTATION.—Le blé d'inde est une véritable récolte sarclée, c’est-à-dire qu'on le sème en rangs, qu'il lui faut une fumure abondante, qu'on le sarcle et qu'on le rechausse, tout comme les patates, les navets et les autre: plantes sarclées. Le blé d'inde peut tenir la première place dans la rotation ; ce qui vient à dire qu’on peut le ci''iver sur les terrains infestés de mauvaises herbes et que coutes les plantes qui « ment un terrain net viennent après cette récolte.
Dans l'intérêt du cultivateur luimême, on ne doit pas semer le blé d'inde trop souvent sur le même champ. Autrement, on verra le produit diminuer sensiblement, même en dépit des plus fortes fumures. IL doit s'écouler au moins quatre ans entre chaque retour de blé d'inde, ou mieux encore six ans.
PRÉPARATION DU SOL.—S$i on sème le blé d'inde dans une terre assez forte, il faudra labourer à l'automne à une bonne profondeur, afin que le sol puisse profiter des gelées de l’hiver et se réduire parfaitement en poudre. Au printemps on répand du fumier sur ce labour. Mais les cultivateurs qui s’y entendent en fait de culture de blé d'inde, font autrement ; ils ont le soin de garder, pendant l'été, une certaine quantité de fumier et de le répandre à la fin de
l'été sur le champ destiné au blé d’inde ; ensuite ils labourent leur terrain ; de cette manière le fumier se trouve parfaitement mélangé avec la terre. C’est ce qui convient le mieux au blé d'inde. Mais dans les terrains légers, c’est une faute de labourer à l’automne. Dans ce cas, on met le fumier au printemps, et on l’enterre par le seul labour du printemps.
Lorsqu'on n’a pas à disposer de beaucoup de fumier, on peut le ménager tout en donnant au blé d'inde une fumure abondante, Pour cela, après que le labour est terminé, on fait des sillons, dans lesquels on dépose le fumier. IL est vrai que, de cette manière, il n’y a que la moitié du champ de fumée ; cependant le blé d’inde trouve un terrain aussi riche que si toute la surface du champ eût reçu la fumure.
ENGRAIS ET AMENDEMENTS. — Les principales substances que l’on trouve dans les cendres du blé d'inde sont la silice, la chaux, la potasse et l'acide phosphorique. Il faut donc que le terrain qu’on lui destine contienne une quantité suffisante de ces substances, Nous avons d’abord pour engraisser ce terrain les fumiers d’étables qui renferment tous ces principes, mais en faible proportion ; ensuite la chaux, et la marne qui donne de la chaux; les cendres qui donnent la potasse, et aussi un peu de chaux, avec de la silice ; le plâtre qui donne la chaux en mêne temps que l’acide sulfurique. On n'obtient de bonnes récoltes de blé-d’inde que dans les terres richement fumées.
On fait quelquefois des mélanges d'engrais qui favorisent la croissance du blé d'inde. On prend du fumier de vache qu’on laisse décomposer pendant tout l'été ; on mélange avec ce fumier un huitième de cendres vives, et au moyen
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de ce mélange, on peut presque doubler la production ordinaire du blé d'inde.
Dans tous les cas, on ne doit jamais fumer le blé d'inde avec des engrais pailleux et frais, parce qu’on ne réussirait pas dans la culture de cette plante. Pour obtenir de ces engrais le meilleur résultat possible, on sème le blé d'inde sur ces engrais mêmes. Après que le terrain a été bien ameubli, on fait des sillons à la distance exigée par la plante ; on dépose ensuite le fumier dans le sillon, ce qui est facile en faisant passer le tombereau dans le sillon même. Après avoir mis la fumure dans les sillons, on passe une herse légère sur le travers du champ ; les sillons se trouvent alors à moitié remplis, et le fumier est légèrement couvert de terre ; c’est dans ces sillons à moitié remplis qu’on dépose la semence. Le semis se fait à la main.
Ce mode de culture présente deux avantages : 1° on économise l’engrais, et 20 il nous permet de donner au blé d’inde un rechaussage plus élevé, ce qui est très utile à cette plante.
Cette plante est une des plus épuisantes que l’on connaisse. Il faut donc lui donner une fumure assez forte, non seulement pour suffire à ses besoins, mais encore pour nourrir toutes les plantes qui viendront après elle. Pour donner une idée de la faculté épuisante du blé d'inde, nous dirons que 100 lbs de grain et de paille récoltés enlèvent au sol 330 lbs de fumier, c’est-à-dire 34 de fois de plus que le blé.
SEMAILLES. — On sème le blé d'inde généralement depuis le 15 de mai jusque pendant la première semaine de juin. On ne peut pas le semer plus tôt, car le blé d’inde est une plante très délicate qui craint beaucoup les gelées tardives du printemps ; il faut donc attendre que ces gelées ne soient pas à redouter. On ne doit pas non plus le semer
plus tard, parce que le blé d'inde aurait trop de difficulté à müûrir, En général, plus on sème tard, plus le produit est faible.
Il faut choisir la semence avec le plus grand soin. Pour cela, on prend les plus beaux épis produits par les tiges les
plus vigoureuses ; on les débarrasse de leurs enve'oppes et on les accroche dans un endroit sec, à l'abri de toute hbumidité. On ne doit égrener le blé d’inde de semence que lorsque le temps des semailles est arrivé. Quelques personnes sont encore plus particulières dans le choix de cette semence ; ainsi, sur les plus beaux épis, elles ne prennent pour semence que les graines du milieu et rejettent celles des deux extrémités, parce que les graines des extrémités sont moins conformées et moins vigoureuses que celles du milieu. Dans tous les cas, après l’égrenage et immédiatement avant le semis, on fait tremper le blé d'inde dans de l’eau, ou mieux dans un peu de lessive très douce, pendant douze heures. ‘Tous les grains qui ne sont pas de bonne qualité, surnagent à la surface de l’eau ; on les enlève, parce qu'ils ne sont d'aucune utilité comme semence. Il serait très bon d’assécher le blé d'inde avec du plâtre réduit en poudre. Ce plâtre fournit au blé d’inde une excellente nourriture.
Les semis se font à la volée ou en lignes. Les semis de blé d'inde à la volée étaient très communs autrefois, mais ils sont assez rares aujourd’hui, car la difficulté du sarclage et les éclaircissages nombreux qu’on est obligé de pratiquer, font abandonner ce mode de semis. On ne sème de cette manière que le blé d'inde destiné à faire du fourrage.
Dans le semis en lignes, celles-ci doivent être assez distancées pour que les instruments de culture puissent passer entre ces lignes pour faire le sarclage et le rechaussage, Ces deux opérations sont absolument nécessaires ; car il
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faut détruire les mauvaises herbes et bien enterrer le collet de la tige, si l’on veut que cette plante donne un produit abondant.
On peut exécuter ces travaux à la n'ain, mais seulement lorsqu'on ne cultive qu’une petite étendue de blé d'inde ; sur des étendues considérables, le sarclage et le rechaussage deviennent trop coûteux ; on les fait au moyen d'instruments mus par des chevaux. De plus, le blé d'inde atteint une longueur assez considérable ; il lui faut plus d'air que les plantes qui rasent la terre. Cette seconde raison doit nous engager à mettre les lignes assez éloignées les unes des autres. Plus la variété que l’on cultive sera longue, plus l’espace devra être considérable. Aïnsi le blé d’inde d’été devra être plus espacé que le blé d'inde nain. Ordinairement deux pieds d'espace suffisent pour le premier, et, sur les rangs, les tiges devront être éloignées l’une de l’autre de 1 pied pour le blé d'inde nain, et de 15 à 18 pouces pour le blé d'inde commun, Mais, quand on fait le semis, on dépose les graines à une distance moindre, parce qu’il y en a qui ne lèvent pas; par conséquent, on perdrait alors du terrain, Il vaut mieux semer plus fort et éclaircir ensuite, après que le blé d'inde est levé.
Comme le blé d'inde demande beaucoup de chaleur, on aura toujours le soin de diriger les sillons du nord au sud, afin que le soleil réchauffe les sillons plus longtemps.
Il ne faut pas beaucoup enterrer le blé d’inde ; autrement, il pourrait périr dans la terre avant de germer. Dans les terrains de consistance moyenne, on ne recouvre le blé d'inde que de deux pouces de terre environ ; dans les terrains légers, il faudra recouvrir un peu plus, et dans !es terrains forts, un peu moins.
Le semis en lignes se fait ou à la main ou au semoir.
Toutes les fois que la chose est possible, il vaudra mieux se servir du semoir, car le semis est, dans ce cas, beaucoup plus régulier et beaucoup plus rapide, et l’on économisera une perte notable de la semence. En suivant ce dernier mode de semis, on trace de légers sillons avec une perche sur la terre que recouvre le fumier, et l’on fait passer ensuite le semoir dans ces sillons. Cette précaution n’est pas rigoureusement nécessaire, mais elle permet de faire des lignes plus droites ; c’est ordinairement un semoir à brouette dont on se sert alors. Sur de grandes étendues de terrain, on prend un semoir à cheval. Lorsqu'on fait les semis à la main, on trace les sillons à la gratte sur le fumier.
Quel que soit le moyen adopté pour semer en lignes, il faut laisser tomber 4 à 5 graines dans la longueur d’un pied, et l’on fait les éclaircissages nécessaires après le semis. Généralement on donne un coup de rouleau, afin de tasser la terre sur les graines et, par conséquent, hâter la germination.
La quantité de semence que l’on met par arpent varie de 3 à 4 gallons. Lorsqu'on sème à la volée, on doit aller jusqu’à 5 gallons, et, si l’on veut récolter des fourrages verts, on pourra semer 6 à 7 gallons.
SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION. — Les principaux soins que le blé d’inde reçoit pendant sa végétation, son. le sarclage, le rechaussage, l'éclaircissage et l'enlèvement des repoussons. Comme le sol sur lequel on sème le blé d'inde a reçu une bonne fumure, les mauvaises herbes y poussent assez abondamment, et si on les laissait faire, elles se développeraient et nuiraient beaucoup à la plante cultivée. On doit donc les enlever aussitôt qu’elles ont atteint quelque développement et qu’on peut les saisir avec les instruments.
Le premier sarclage se donne lorsque le blé d'inde mesure
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7 à 8 pouces de hauteur ; c’est aussi à cette même époque de la végétation qu’on l'éclaircit ; mais, comme plusieurs tiges peuvent encore périr, on n’éclaircit pas à la distance voulue. Deux ou trois jours après le sarclage, lorsque les mauvaises herbes sont desséchées, on effectue le premier rechaussage, qui doit être très léger. Après ce premier rechaussage, on voit la plante prendre une grande vigueur ; c'est alors qu’on éclaircit à la distance voulue. Ces premières opérations donnent au sol presque une nouvelle croissance de mauvaises herbes. Aussi, lorsque la plante à atteint une hauteur de 15 pouces, on donne un second sarclage, suivi, quelques jours après, d’un second rechaussage, ce dernier doit être fort. Dans tous les cas, il faut terminer tous les sarclages et rechaussages avant que la plante mesure 18 pouces de hauteur ; autrement, on courrait le risque de la briser. Ce sont là des instructions générales ; mais si le terrain était très infesté de mauvaises herbes, deux surclages ne suffiraient pas ; on adoptera pour ligne de conduite de sarcler toutes les fois que le sol l’exigera.
Dans le but de hâter la germination du blé dinde et en même temps de donner à l’épi une nourriture plus abondante, on recommande de couper la partie supérieure de la plante, c’est-à dire de l’étêter. Mais cette opération, pour remplir parfaitement son but, ne doit se faire que lorsque la tête du blé d'inde n’est plus nécessaire, La tête du blé d'inde contient les fleurs mâles, et ces fleurs laissent tomber une poussière appelée pollen, absolument nécessaire à la fécondation de l'épi. Sans ce pollen, les récoltes seraient nulles, parce que les grains ne pourraient pas se former. Le pollen s'attache aux étamines,appelées vulgairement cheveux de l’épi, et féconde les grains. Dès que cette fécondation a eu lieu, le poilen est inutile, et l’on peut retrancher la tête
du blé d'inde. On reconnait que le pollen a terminé son œuvre, lorsque les cheveux de l’épi se dessèchent. On coupe alors la tige au-dessus du nœud qui suit celui sur lequel s’est formé le dernier épi. On obtient ainsi un développement plus complet de l’épi, et les têtes coupées forment un excellent fourrage, surtout lorsqu'il est servi en vert.
Enfin la tige du blé d'inde donne naissance à beaucoup de repoussons qui partent du pied, et cela, surtout dans les terrains riches et bien cultivés. On nomme ces repous: ons des gourmands, et ce sont réellement des gourmands, car si on les laisse végéter, ils s'emparent d’un grande partie de la sève au détriment de la tige principale. Pour donner à la tige principale une nourriture plus abondante, on doit couper tous ces gourmands au fur et à mesure qu’ils se mon-
trent la tête.
RÉCOLTE.—On reconnait que le blé d'inde est mûr, lorsque les enveloppes de l’épi deviennent blanches et qu’elles commencent à s’ertr'ouvrir; mais la maturité complète du blé d'inde ne s’opère que loisque le grain est devenu dur et qu'il présente une cassure vitieuse. Comme le blé d'inde n’est pas exposé à s’égrener, on peut le laisser mûrir sur tige ; mais si le temps est humide, il moisit quelque fois dans l’épi ; de sorte qu'il est toujours bon de hâter un
peu la récolte La récolte du blé d'inde se fait en cassant les épis, et, comme ce travail n’est pas fatigant, il peut être exécuté par des femmes et des enfants. A mesure qu’on casse les épis, on les débarrasse de leurs enveloppes ; il ne faut pas attendre une journée plus tard pour cela, parce que le blé d'inde chaufferait et l’on perdrait sur la qualité du produit, C’est lorsqu'on enlève ces enveloppes qu'on choisit les épis qui devront fournir le grain de semence. Après l’éfeuille-
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\ûr, lorsqu’elles plète du u duret lé d'inde ûrir sur quelque bâter un
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ment, on met le blé d'inde dans un endroit sec et à l'abri des rongeurs.
Les tiges du blé d’inde, même lorsqu'elles sont müres, sont encore très utiles soit comme litière, soit comme fourrage. Dans ce but, aussitôt après la récolte des épis, on coupe les tiges, on les laisse sécher, on les lie ensuite en bottes et on les rentre. Quant aux souches, on les arrache et on les fait brûler.
Dans les pays les plus favorables à la production du blé d'inde et lorsque les procédés culturaux sont bons, on récolte en moyenne 50 minots par arpent ; mais, sous des climats moins favorables, on ne va pas au delà de 20 à 25 minots par arpent, chaque minot pesant environ 56 Ibs.