LES FÉVEROLES
T2 t'veroles sont très employées pour la nourriture des anim u.x: dans quelques pays, elles servent à la nourriture de l’homine. Pour les chevaux, on les fait moudre grossièrement et on les mélange avec de l’avoine. C’est la meil-
leure nourriture que l’on puisse donner à un cheval, qui se conservera alors en bon état, malgré les fatigues qu’il aura à supporter. On devrait surtout faire usage de cet aliment pendant les semences. Les agronomes expérimentés disent que deux gallons de féveroles valent trois gallons/d’avoine, S'il s'agit de porcs, de veaux et de bœutfs à l’engraïs, on fait également moudre les féveroles avec un autre grain et l’on en confectionne des boëtes. Enfin la farine de féveroles mélangée avec le blé dans la proportion de 4 lbs de féveroles pour 100 lbs de farine de blé fait un pain d’un goût excellen‘ *t excessivement nourrissant.
Les ti..; de fveroles fournissent un fourrage supérieur, plus riche : meilleur foin. En automne, lorsqu'on met les vaches en : ‘ “nement, leur lait diminue généralement ; donnez-leur des tiges de féveroles, et leur lait augmentera aussitôt.
ESPÈCES ET VARIÉTÉS.—On reconnaît deux espèces de féveroles : la fève de marais et la gourgane ou fève à cheval. Nous ne cultivons au pays que les gourganes, dont il y a deux variétés : la gourgane commune et la fève d'Hé-
ligoland, très cultivée en Angleterre, plus rustique, plus précoce et plus productive que la précédent >.
Le fruit de la gourgane commune est à peu près rond ; celui de la fève d'Héligoland est large et plat.
CLiMaT.—La féverole craint les longues sécheresses et les longues pluies. Un peu d'ombre ne lui déplait pas. Elle réussit bien dans presque toutes les parties de la province de Québec.
SoL. — La féverole est une plante des terrains argileux et vient même dans les terrains trop compactes pour que la patate puisse donner un produit abondant.
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PLACE DANS LA ROTATION. — La féverole est une plante sarclée, c’est-à-dire qu’on lui donne la furure et les sarclages propres au nettoyage du sol. Elle peut donc commencer la rotation d'une culture avec avantage et précéder les céréales, pour lesquelles elle est une excellente préparation. Elle peut même se succéder à elle-même pendant 6 à 7 ans sans inconvénients, On suit aussi un assolement de deux ans comme suit : première année, féveroles fumées et sarclées ; deuxième année, blé ; mais dans les bonnes cultures, on met au moins quatre ans entre chaque retour de la féverole,
PRÉPARATION DU SOL. — Tous ceux qui entendent bien la culture de la féverole en terre argileuse, préparent le sol de la manière suivante, ou À peu près. Aussitôt que la récolte précédente est enlevée, on gratte la terre avec une forte herse ou mieux avec un scarificateur, afin de mettre les mauvaises graines en état de germer et de les détruire ensuite ; c'est ce qu'on appelle le déchaumage. Quinze jours après, on fait un bon labour d'automne, comme la chose se pratique pour toutes les terres argileuses. Au printemps, on exécute un fort hersage, ou, si la terre n’est pas assez meuble, on donne un deuxième labour ; après ce labour on doit herser, puis on fait des sillons et l’on sème. Si l’on a du fumier à sa disposition, on le met sur la terre en
automne ; si non, on attend au printemps suivant ; on
l’étend et on l’enterre par le labour du printemps.
ENGRAIS ET AMENDEMENTS. — La féverole demande une forte fumure. On commence par lui donner beaucoup de fumier d’étables, et, pour réussir complètement avec cette culture, on y ajoute une bonne quantité de cendres lessivées ou vives. Avec du superphospate, le succès est très certain,
Les cendres vives ne doivent pas dépasser 12à 15 minots
par arpent, les cendres lessivées peuvent aller jusqu’à 25 et 30 minots par arpent.
On fait avec la féverole d’excellents engrais verts qu’on enfouit dans le sol au moment de la floraison.
SEMAILLES. — Il faut bien choisir les semences. La chose ne se pratique pas en plusieurs localités, mais on atoit, De plus, il est très convenable de faire tremper les semences dans de l’eau de fumier faible et de les assécher avec de la cendre.
On sème la féverole au printemps lorsque les fortes gelées ne sont plus à redouter, c’est-à-dire lorsqu'il ne gèle plus à glace, vers le ro ou le 15 de mai. Si on sème à la volée, on met 2 minots par arpent ; on ne sème de cette manière que lorsan’on fait des fourrages ou des engrais verts. Si l’on cultive la féverole pour ses graines, on sème en lignes espacées d'au moins 2 pieds; dans ce cas, on ne met qu’un minot anglais par arpent. On sème au semoir ou à la main dans les sillons préparés d'avance, et chaque grain doit être espacé d'environ 2 pouces. On recouvre la semence de
manière à jeter environ 2 pouces de terre par dessus les graines,
SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION.— Huit à dix jours après l’ensemencement, on herse pour niveler le terrain et briser la croûte qui s’est formée. Ce hersage détruit aussi beaucoup de mauvaises herbes. C'est vers cette même époque qu’on fait les rigoles nécessaires. Quand la féverole a atteint: quatre pouces de hauteur, on la sarcle ; deux ou trois jours après, on donne un petit rechaussage. Lorsqu'elle mesure huit pouces de hauteur, on la sarcle encore, et, dans les sols légers seulement, on donne un second rechaussage,. Enfin, pour hâter la maturation et forcer la sève de se rendre en plus grande quantité dans les grains, on étête la
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féverole ; c'est ce qu’on appelle écémage. Cette opération se pratique lorsque les cosses inférieures commencent À se former. Lorsqu'on n'écime pas la féverole, les pucerons envahissent la tête de la plante en très grand nombre et lui font un dommage considérable,
RÉCOLTE.—On fait la récolte des féveroles lorsque la plus grande partie des cosses commencent à noircir, ce qui arrive vers le milieu de septembre. La récolte s’effectue À la faux ou à la faucille. On laisse sur le champ les féveroles coupées afin de leur permettre de sécher. Pour cela, on les lie en petites gerbes et on les place debout tête à tête. Lorsque la dessication est suffisamment opérée, on les rentre. Le battage se fait généralement au fléau.
RENDEMENT.—Dans les bonnes cultures, les féveroles donnent de 20 à 25 minots par arpent, et les tiges, il ne faut pas l'oublier, constituent un fourrage très recherché.
On doit commencer la préparation du sol immédiatement après la récolte des féveroles, afin d'empêcher les mauvaises herbes de se développer.