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LES POIS

Les pois constituent une nourriture très riche et pour l’homme et pour les animaux. Avec le grain on prépare des soupes très recherchées ; et, réduit en farine grossière, on en fait des boëtes pour l’engraissement des moutons et surtout des porcs ; les chevaux en mangent aussi. Les tiges et les feuilles forment d’excellents fourrages pour les moutons.

On dit cependant que les vaches nourries aux fanes de pois tarissent beaucoup.

ESPÈCES ET VARIÉTÉS.—On distingue deux espèces de pois : le pois cultivé ou pois blanc, et le pois des champs, ou pois gris. Le pois gris ne sert qu’à la nourriture des animaux ; le pois cultivé sert et pour l’homme et pour Îles animaux ; dans le premier, les fleurs sont d’un rose violet ; dans le second, elles sont blanches.

Le pois cultivé produit un grand nombre de variétés, parmi lesquelles on distingue le petit pois rond hâtif, c'est le plus commun ; le pois Bishop, renommé par son produit ; le nain vert gros, moins hâtif, et le nain gros sucré plus tardif.

Crimar.— La sécheresse arrête le pois dans sa végétation les longues pluies le font jaunir et diminuent beaucoup so produit, Il supporte assez bien les abaissements de température ; les gelées tardives du printemps ne le font pas souffrir,

SoL. -— Le pois donne ses meilleurs produits dans les terres de consistance moyenne, par exemple, dans celles connues sous le nom de terres argilo-calcaires et sablo-argilocalcaires. Dans les terres trop sableuses, il manque d’humidité et reste chétif, Dans les terres trop argileuses, il reçoit trop d'humidité, pousse beaucoup de tiges et fait peu de cosses. Dans les terres trop calcaires, la chaleur l’affaiblit.

PLACE DANS LA ROTATION — Dans les cultures bien dirigées, on sème généralement les pois après une céréale et on les fait suivre d’une autre céréale. On ne doit jamai cultiver les pois plusieurs années de suite sur le même champ; car, dans la plupart des terrains, cette culture a pour effet de causer une forte diminution dans les produits. On ne doit semer les pois à la même place que tous les six ans, et, mieux encore, tous les dix ans.

ENGRAIS ET AMENDEMENTS. — Le pois est une des moins épuisantes de nos plantes culrivées, aussi ne le fume-t-on que très rarement. D'ailleurs on a remarqué que les pois qui reçoivent une fumure, donnent beaucoup de tiges et peu de grain, et que quelquefois même la végétation se prolonge si longtemps, que l'automne arrive avant leur maturité,

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Il n’y a que sur les terrains légers où les pois peuvent être fumés, La fumure s'applique alors en couverture, L'eau de pluie fait pénétrer le jus du fumier dans la terre, et le fumier conserve la fraicheur du sol. Dans ces circonstances, le produit des pois est abondant. Les cendres, la poudre d'os et, mieux que tout cela, des terres rapportées sont les engrais les plus convenables aux pois. Quand on emploie du fumier d’étables, il faut que ce fumier ait subi un commencement de décomposition,

SEMAILLES, — On doit choisir la semence de pois avec soin, Il arrive quelquefois que les pois sont attaqués par un petit ver blanc, qui est la larve d’un insecte appartenant au genre ruche. Cette larve dévore l’intérieur du grain et détruit le germe. Quand on fait le choix de ses semences, il faut mettre de côté les grains attaqués par ces petits vers, parce que les tiges qu'ils produiraient seraient moins vigoureuses que celles provenant d’un grain sain.

Il est très avantageux de conserver la semence de; pois dans les cosses jusqu'au moment des semailles ; on les bat immédiatement avant de semer, On ne fera tremper les semences de pois que dans le cas où l’on sème tard et dans un sol sec, où la germination s'opère lentement, Si l'on fait tremper les pois, on les assèche avec de la cendre,

Les semis se font au printemps, lorsque la terre est réchauffée. On sèine les pois gris dans la proportion d’un minot et quart par arpent, et les pois cultivés, dans la proportion de 1 à 1% minot par arpent. Ces proportions peuvent nous paraître trop élevées ; mais il est si difficile d’enterrer les pois et ils sont attaqués par un si grand nombre d’ennemis, volailles, pige »ns, insectes, qu’on doit toujours semer plus fort qu'il est nécessaire, afin de faire la

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part de ces ennemis et avoir assez de semence pour couvrir tout le champ.

Les pois se sèment à la main et on les enterre à la herse ; mais, comme il est difficile d’enterrer les pois à la herse, on remplace cet instrument par le scarificateur dans les cultures les plus avancées. Pour cette opération, le scarificateur est aussi rapide que la herse et enterre bien mieux les graines. Il est aussi très recommandable de semer les pois blancs en lignes, espacées de 9 à 12 pouces. Cette méthode est surtout applicable dans le cas où l’on se sert d’un semoir mécanique. Alors on peut sarcler les pois et leur donner par là beaucoup de vigueur. Dans les terres fortes, les pois doivent être enterrés à la profondeur d’environ 1} pouce, et dans les terres légères, de 2 pouces.

PRÉPARATION DU SOL. — Les pois ne sont pas difficiles sur la préparation du terrain, ils aiment mieux un labour profond qu’une surface complètement ameublie. Pour obtenir ce résultat dans les terres de consistance moyenne, où l’on cultive les pois, et dans tous les terrains dont la composition se rapproche de celle des précédents, on se contente de faire un labour profond au printemps ; puis on sème et on herse pour enterrer, ou bien on donne un coup de scarificateur, Dans les terres argileuses on pratique un labour profond à l'automne, et, le printemps suivant, on donne un hersage énergique, après lequel on sème.

SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION, — Très souvent il se

forme à la surface du terrain une croûte qui arrête presque totalement la végétation de la plante. Pour faire disparaître cet obstacle, on donne un léger hersage. Il est vrai que, dans ce cas, quelques pieds sont arrachés par la herse, mais le développement rapide que prennent les pieds qui restent compense amplement cette petite perte.

ouvrir Lorsqu'on sème les pois en lignes, on fait un sarclage à la gratte lorsque la plante a environ 2 pouces de long, et

herse ; un second avant que les tizes commencent à se tordre. rse, on On rechausse aussi quelque pe. :e long des rangs.

cultu- RÉCOLTE.—On fait la récolte des pois lorsque la plupart icateur des cosses sont mûres, ce que l’on reconnait à la teinte es grai- jaunâtre que ces dernières prennent alors. On doit prévenir les pois : l'égrenage des premières cosses formées, car ce sont ces

Cette cosses qui donnent les meilleurs grains de la récolte. On se sert se sert de la faux ou même de la faucille à long manche, pois et On laisse les pois sécher pendant environ une semaine ; s terres ensuite on choisit un matin qui annonce une belle journée d’envi- pour les ramasser en petits tas, tout en prenant bien garde es. de ne pas les égrener, et on les entre.

lifficiles Dans les pays où la culture des pois se fait sur une grande our pro- échelle, on garnit de toile tout l’intérieur des voitures destiobtenir nées à charroyer ce grain, afin d'empêcher les pertes proveoù l’on nant de l’égrenage qui s’opère pendant le transport. compo- Lorsqu'on a des machines à battre améliorées, on s’en sert -ontente pour battre les pois. Cependant on préfère battre les pois sème et au fléau, car ce mode de battage brise moins le grain.

oup de Le produit est d'environ 12 minots par arpent pour les ique un pois gris, et de 15 à 16 minots pour les pois cultivés.

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