‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 56 sur 113 · MALADIES DES PATATES · texte numérisé non relu

MALADIES DES PATATES

La patate est sujette à plusieurs maladies distinctes, dont voici les principales : la rouille et la frisolée, qui attaquent les feuilles et les tiges ; la ga/e, la pourriture sèche, et \a gangrène brune où humide, qui sévissent sur les tubercules.

La rouille et la frisolée sont formées par de petits champignons qui vivent sur les feuilles et les tiges des plantes ; ces champignons se développeï.c généralement sous l’influence des brouillards de l’été. Pour en préserver les patates, on a recommandé de répandre sur le sol des cendres et du sel, et de ne planter que des tubercules entiers. Ce sont là de sages conseils, et on ferait bien de les suivre. Cependant, nous l’avouons, on ne connaît pas de préservatifs bien efficaces et de moyens de guérison.

La gale des patates est une maladie peu redoutable ; elle est aussi produite par un petit champignon qui se nourrit de la sève contenue dans le tubercule et qui empèche les tubercules de grossir et leur Ôôte toute leur saveur. On l’observe surtout dans les terrains calcaires. Comme cette affection est peu redoutable, on ne fait aucun remède pour en débarrasser les tubercules.

La pourriture sèche est encore produite par un champignon, qui envahit toute la plante, lui enlève la plus grande partie de son eau de végétation et fait prendre aux tubercules la dureté de la pierre. On a beau faire bouillir ces

tubercules, ils restent toujours aussi fermes que des cailloux. Quand un tubercule est atteint de cette affection, il ressemble beaucoup à un moiceau de craie.

On a surtout remarqué cette maladie dans les localités où l’on suit le système de ne mettre en terre que des portions de tubercules coupés en tranches, garnies de quelques veux; et dans d’autres lieux, où l’on a la funeste habitude de remplir les caves de tubercules qui viennent d’être arrachés et auxquels on n'a pas donné le temps de s’aérer, ni de se débarrasser de l'humidité qui les recouvre. Il se produit alsrs dans toute la masse une ferinentation active qui engendre la gangrène ou pourriture sèche.

Cette maladie est contagieuse, c’est-à-dire que si une patate se trouve en contact immédiat avec une patate malade, elle contractera elle-même la maladie.

Pour arrêter la propagation du chamjignon parasite et détruire ses graines, M. Martius conseille de garantir les récoltes encore saines, en évitant tout contact avec les patates affectées ; de détruire complètement ces dernières,si elles sont tellement avancées dans leur maladie, qu’on ne puisse plus en tirer parti; de laver à l’eau de chaux le local qui a contenu les tubercules gangrenés, et de laisser écouler plusieurs années avant d'y placer d’autres patates ; car les germes malfaisants se conservent dans les caves ou dans la terre pendant un temps fort long; enfin, de soumettre au chaulage les tubercules destinés à la reproduction, avant de les confier au sol.

La maladie la plus redoutable et celle qui exerce Îles ravages les plus étendus, c’est assurément celle que lon désigne sous le nom de gangrène brune ou humide, Cependant ce fléau n'est pas aussi désastreux aujourd’hui qu'il l'était autrefois, alois que des pays entiers étaient

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