‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 58 sur 113 · LA BETTERAVE · texte numérisé non relu

LA BETTERAVE

La betterave sert pour la nourriture des animaux et pour les besoins de l’industrie, La culture de cette racine est des plus avantageuses. Etant très rustique, elle n'a qu’un petit nombre d’ennemis et souffre peu de l’envahissement des mauvaises herbes. C’est une plante qui renferme beaucoup de principes nutritifs ; 100 Ibs de betterave valent autant, comme nourriture, que 45 Ibs de foin. Elle possède la faculté de favoriser la secrétion du lait et de hâter l’engraissement des animaux.

L'industrie exploite avantageusement la betterave ; elle s’en sert pour confectionner un sucre qui e-t assez semblable à celui de la canne et qui joue aujourd’hui un rôle important sur les marchés.

ESPÈCES ET VARIÉTÉS, — Les variétés de betteraves les plus importantes sont les suivantes : 19 /@ betterave commune, que l’on reconnaît à ses feuilles longues, rougeûtres, chiffonnées et garnies de grosses côtes; 29 /a betterave champêtre, à écorce rose, chair blanche marquée de rose ; elle croît en grande partie hors de terre; 3° /a betterave longue-rouge, sous-variété de la précédente, à racine plus allongée, un peu moins grosse ; chair offrant des zones blanches et rouges ; 4° /a betterave jaune d'Allemagne, très

n'est infépèse

pour 1e est qu’un ment beauvalent ssède + l'en-

; elle olable mpor-

es les com âtres, lerave rose ; lerave e plus 5 blantrès

grosse, écorce jaune, chair blanche marquée de gris ; elle croit en terre; 5° /a betterave globe rouge, chair a-sez sem-

blable à celle de la betterave longue rouge, mais d: forme presque ronde, elle se développe à la surface du sol; 6° /a betterave globe jaune, de même forme que la précédente, mais dont la chair et semblable à celle de la jaune d'Allemagne ; 7° la betterave blanche de Silésie; peau et chair blanches, collet verdâtre ou rose ; elle se développe presque complètement sous terre ; c’est cette variété qu’on emploie particulièrement pour la fabrication du sucre.

SOL. — Chacune des variétés que nous venons de mentionner, demande un sol de qualité différente. Si nous tenons compte de l’abondance des produits et de leur qualité, nous constatons que la betterave blanche de Silésie est la meilleure dans tous les sols ; que la jaune d'Allemagne occupe la deuxième place dans le sable d’alluvion, le sable humifère et la terre argileuse, et la quatrième dans le sol calcaire ; que la champètre vient la quatrième dans le sable d’alluvion, la troisième dans le sol argileux, la septième dans le sol calcaire et la troisième dans le sable humifère ; que les globes jaunes et rouges occupent la deuxième place dans le sol calcaire, la cinquième dans le sable d’alluvion, la sixième dans le sol argileux et la septième dans le sable humiière ; que la longue rouge occupe la quatrième place dans le sable humifère, la sixième dans le sol calcaire et la huitième dans le sable d’alluvion et la terre argileuse.

Ce qui influe le plus sur l'abondance des produits, c’est la tendance plus ou moins grande de certaines variétés de betteraves à s’enfoncer dans le sl. Ainsi, la blanche de Silésie et la longue rouge ne peuvent croître avec avantage que dans les terrains qui possèdent une couche végétale très profonde, tandis que la champêtre, la jaune d’Alle-

magne et les globes jaunes et rouges se développent presque à la surface du terrain ; elles donnent aussi un bon produit dans les sols peu profonds.

Crimar. — La betterave vient sous plusieurs climats, même dans les pays assez froids ; elle supporte assez bien les sécheresses, mais elle préfère la chaleur et l'humidité.

PLACE DANS LA ROTATION.—Cette plante peut succéder

à toutes soites de récoltes, pourvu que le terrain soit bien

fumé et bien ameubli ; elle exige, pendant la végétation,

des sarclages nombreux. C'est pour ces raisons qu'elle

tient la première place dans la rotation et qu'après elle,

toutes les céréales de printemps réussissent bien, suitout le

. blé, l'orge et l’avoine, de même que le lin. Dans certains

terrains infestés de mauvaises herbes, on cultive quelquefois la betterave deux années de suite sur ie même champ, afin de m'eux nettoyer le soi; mais, à part cette circonstance, il est plus avantageux de ne cultiver la betterave dans le même terrain que tous les huit ou neuf ans ; les produits seront alors plus abondants.

PRÉPARATION DU SOL.—1Dans les localités où l’on entend bien la culture de la betterave, on donne, aussitôt que la

récolte précédente est enlevée, un coup de scarificateur en pour commencer la destruction des mauvaises herbes ; à la vé fin de l'automne, on pratique un labour profond de 11 à 72 la pouces, et, au printemps suivant, on exécute un deuxième lu: labour en travers du premier, à la profondeur ordinaire de un 7 à 8 pouces. Ce dernier labour est suivi de hersages et de roulages assez répétés pour bien ameublir la surface. Le D: produit sera d'autant plus abondant, que la terre aura été É se inieux préparée, Cependant on n’exécute ces nombreux n’e travaux que dans les terres argileuses; sur les sols légers, p”

t presn pro-

imats, z bien lité.

ccéder t bien tation, qu'elle s elle, tout le ertains quefois », afin tance, lans le roduits

entend que la icateur s ; à la i à 12 ixième hire de ges et €. Le ra été hbreux légers,

on se contente du déchaumage après que la récolte précé-

dente a été enlevée, et d’un labour profond au printemps.

ENGRAIS ET AMENDEMENTS.—En analysant les cendres de betteraves, on y trouve une forte proportion de potas:e, avec un peu de silice, de phosphate de chaux et d'autres matières moins importantes. De là nous devons conclure que les meilleurs engrais pour la betterave seront ceux qui contiennent beaucoup de potasse, comme les cendres de bois et les fumiers d’étables. On fait un excellent engrais avec un mélange de fumier de vaches, de cendres et d'os broyés ; ce mélange favorise grandement le ‘iéveloppement de la betterave. Dans tous les cas, il faut ue les fumiers d'étables aient subi un commencement de décomposition avant d’être introduits dans le sol.

La meilleure saison pour déposer la fumure, c’est l'automne, mais on doit l’enterrer immédiatement par un labour.

Les feuilles de betteraves sont elles-mêmes un excellent engrais, lorsqu'on les enfouit dans le sol qui les a produites.

L’engrais humain, distribué en arrosement à l’époque des semailles, active beaucoup la végétation. Les urines, employées de la même manière pendant le cours de la végétation, produisent les mêmes effets. Cependant, lorsque la betterave est destinée à la fabrication du sucre, on doit lui ménager les engrais animaux, car ces engrais produisent une plante moins riche en sucre.

SEMAILLES. — On sème toujours la betterave en lignes. Dans les pays où la saisin de végétation est longue, les semis se faisaient queiquefois à la volée ; mais ce mode n’est plus usité : ause des nombreux inconvénients qu'il présente,

Les lignes doivent être tracées à la distance de 26 à 28 pouces. Dans les sols très profonds ou légers, on sème à plat, et les lignes sont tracées au rayonneur ; mais, dans les terrains exposés à souffrir de l'humidité ou dont la couche végétale est peu profonde, on pratique les lignes au butoir. On exécute d’abord les sillons de la manière ordinalte ; on y dépose aussitôt la fumure que l’on enterre en faisant de nouveaux sillons ; on passe un rouleau léger sur la crête de ces sillons pour les aplanir, et c’est sur cette surface qu’on répand la semence.

La graine de betterave est renfermée dans un fruit très volumineux et très dur, et chaque fruit er contient trois ou quatre. On hâterait sans aucun doute la germination de la plante en brisant ‘es fruits, mais c’est une opération dangvreuse, parce qu'on s'expose à briser les graines elles-mêres ; de sorte que l’on sème ordinairement les fruits entiers.

On sème généralement les betteraves dans la premiere quinzaine de mai. Si la culture est considérable, on recourt au semoir à brouette ; sinon, on sème à la main. Dans les deux cas, lorsque la graine est de bonne qualité, on laisse tomber un fruit par chaque po'ce et demi ; ce qui donne 2 lbs de semence par arpent. Sur les terres légères, on enterre la semence à une profondeur d’un quart de pouce, et sur les terres argileuses, à une profondeur de trois quarts de pouce. Après les semi:, on pratique toujours un roulage d'autant plus énergique que le sol est plus léger. Ce roulage a pour résultat de mettre la graine plus en contact immédiat avec la terre et de hâter ainsi la germination.

SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION.—Dans des circonstances favorables, les betteraves lèvent dix ou douze jours après les semailles. On doit commencer à leur donner des soins presque aussitôt qu’elles sortent de teire, en exécutant de

6 à 28 sème à s, dans la counes au e ordierre en zer sur r cette

ait très rois ou n de la dangrnêres ; rs,

‘emiere recourt ans les n laisse donne ‘es, on pouce, quarts roulage Ce roucontact on.

stances près les $ soins ant de

nombreux sarclages suivis quelquefois de rechaussages. Le premicr sarclage se fait lorsque les feuilles ont atteint une longueur de deux pouces environ ; pour cette opération on se sert de la gratte. Trois semaines plus tard, on ,.atique un second sarclage, mais cette fois ci on a recours à la houe à cheval ; les plantes sont alors mieux enracinées et n'ont pas à souffiir du passage des instruments. {mmédiatement après le passage de la houe à cheval, on saïcle sur les lignes à la gratte, et en même temps l’on éclaircit en laissant un espace de cinq à six pouces entre chaque betterave. Plus tard on répète les sarclages suivant que la croissance des mauvaises herbes l’exigent ; et lorsque les plantes sont profondément enracinées, on fait un dernier éclaircissage, en laissant douze à treize pouces entre chaque racine.

On ne rechausse que les betteraves destinées à la fabrication du sucre, afin qu'aucune partie de la racine ne soit exposée à l’action de la lumière ; car, dans ce dernier êas, le collet de la racine subit certaines transformations intimes et se chargent de certains principes nuisibles À l'extraction du sucre.

Giuelques cultivateurs ont l’habitude d'enlever de temps à autre une pets quantité de feuilles de betteraves, pendant la végétation, pour les donner en nourriture À leurs animaux, C’est une mauvaise habitude, car cette soustraction de feuilles empêche les racines de grossir, et en diminue les produits.

Comme nons l’avons déjà dit, la betterave est une plante très rustique ; aussi elle a peu à redouter les ravages des insectes et des maladies. Cependant, lorsqu'elle est encore jeune, sa racine est souvent coupée par un petit ver gris qui est très vorace. Il n’y a qu’un moyen de diminuer les dégâts causés par cet insecte, c’est de donner aux betteraves

une végétation vigoureuse au moyen des engrais les plus convenables.

RÉCOLTE.—Pendant sa première année, la plante ne forme que sa racine et ses feuilles ; elle tire du sol les principes alimentaires dont elle a besoin et les accumule dans sa racine aussi longtemps que les froids ne viennent pas arrêter sa végétation. Donc, le moment :e plus favorable à la récolte de la betterave, c’est lorsque la racine a pris son plus grand développement, c’est à-dire quelques jours avant l’arrivée des froids de l’hiver, ce qui a lieu vers la fin d’octobre, Cependant, dans les terrains compactes et humides, la récolte se fait plus tard que dans les sols légers et secs, afin que le travail n’ait pas à souffrir de l'humidité du sol et que les racines puissent se débarrasser de leurs eaux surabondantes avant qu’elles soient entrées.

L'arrachage se fait ordinairement à la main, en tirart les racines par les feuilles. Si la plante est trop enracinée, on la dégage un peu et on la soulève au moven de la fourche à bèche. Après l’arrachage, on supprime toutes les feuilles, ainsi que les petites racines ; on enlève la terre qui est inhérente à la racine principale ; on laisse ensuite le produit étendu sur la terre aussi longtemps que possible, afin que les betteraves puissent sécher extérieurement. De cette manière on permet aux racines de betteraves de se conserver plus longtemps dans les caves.

Il peut arriver que, pendant la nuit, le temps se refroidisse beaucoup ; alors, pour empêcher les atteintes de la gelée, on recouvre les racines d’une légère couche de feuilles.

Dans toutes les manipulations que l’on fait subir aux betteraves, pendant la récolte, on doit éviter de heurter violemment les racines les unes contre les autres, car les contusions qu’elles reçoivent alors, occasionnent la pourriture,

s plus

e ne prindans t pas ble à son avant d'ocdes, secs, a sol Caux

't les e, on irche ulles, 1 est proafin cette nser-

efroide la illes,

aux urter conture,

RENDEMENT,—De toutes les racines fourragères, la betterave est celle dont Je produit varie le moins. On peut compter sur un rendement moyen de 250 minots à l’arpent,

Dans les circonstances les plus favorables, on obtient même 350 minots à l’arpent.

Page 1