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LA CAROTTE

La carotte est aussi nourrissante que la patate et la betterave ; elle contient de plus un principe aromatique tout À fait particulier dont les animaux sont très friands. Elle constitue aussi une excellente nourriture pour les chevaux, surtout pour les poulains. Les vaches laitières qui se nourrissent de carottes, donnent un lait plus riche en crème, et le beurre que l’on fabrique avec cette crême, a une couleur jaune très recherchée. Les brebis nourries aux carottes donnent un lait plus abondant, et les animaux en élève se développent avec plus de rapidité. Cuite, écrasée et mélangée à du grain moulu, la carotte favorise activement l’engraissement des porcs. Les feuilles elles-mêmes sont un excellent fourrage pour les bêtes à cornes, les porcs et les moutons, Comme aliment, c’est la meilleure racine fourragère que l’on puisse servir au bétail. Malheureusement la délicatesse de cette plante, pendant sa végétation et les nombreux sarclages à la main qu’elle exige, rendent sa culture dispendieuse et l'empêchent de prendie une grande extension,

ESPÈCES ET VARIÉTÉS. — Nous ne cultivons en plein Champ qu’une seule espèce de carotte, c’est la carotte commune, Elle comprend plusieurs variétés : 1° /a carotte rouge

d'Altringham ; très allongée et formée d’anneaux dans toute sa longueur ; 2° /a carotte rouge pâle de Flandre; % l« carotte jaune, à collet vert ; très longue ; 4° la carotte blanche des Vosges ; courte et s’enfonçant peu dans le sol ; 5° Z carotte blanche de Bréteurl ; longue, grosse et croissant à moitié hors du sol.

SOL. — L’abondance du produit et la valeur nutritive de la carotte varient suivant la nature du terrain sur lequel on la cultive. Sur les terres qui ont une couche végétale très épaisse, on cultivera les variétés de carottes dont les racines s'enfoncent profondément dans le sol ; sur celles dont la couche végétale est mince, il n’y a que les variétés qui croissent à fleur de terre qui puissent réussir, comme la carotte des Vosges et la blanche de Bréteuil.

Quant à la nature du sol, l’expérience a démontré qu'il faut à la carotte un terrain meuble, de consistance moyenne, ou même sableux, pourvu qu'i conserve une petite quantité d'humidité pendant toute la saison de végétation. Les sols argileux, compactes, absortient trop d'humidité pendant les pluies et se durcissent trou pendant les sécheresses, Dans le premier cas, la racine pourrit, et, dans le second, elle est étouffée, Les terrains caillouteux, pierreux et graveleux s'opposent à l'accroissement de la racine et la font bifurquer. Généralement les meilleurs terrains pour la carotte sont : premièrement, le sable d’alluvion ; deuxièmement, le sol argi'eux ; troisièmement, le sable humifère, et, quatrièmement, le sol calcaire.

CLimatr.—La carotte n’est pas difficile sur le choix du climat, mais, dans les sols convenables, elle préfère l’humidité à la sécheresse. Cependant la sécheresse ne détruit pas la carotte ; elle ne fait que l'arrêter dans sa végétation et diminuer par conséquent son p'oduit.

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PLACE DANS LA ROTATION, —La carotte occupe la même place dans la rotation que les racines précédentes ; elle reçoit de la fumure et de nombreux sarclages qui préparent très bien le terrain pour les céréales. Cependant, comme cette plante redoute beaucoup les mauvaises herbes, qui menacent de l’étouffer pendant sa première végétation, on ne doit la cultiver qu'après un végétal qui a contribué à détruire entièremenr les mauvaises herbes au moyen d'un bon déchaumage, ou qui a reçu des sarclages pendant sa végétation, Aussi on la fait précéder très souvent d’une culture de patates ou de betteraves, et alors les engrais d’étables qu’on lui donne doivent avoir subi un commence: ment de décomposition avant d’être appliqués.

Toutes les espèces de cultures viennent après la carotte. Cette plante possède elle-même la faculté de croitre plusieurs années de suite sur le mêine champ, sans que son produit paraisse en souffrir.

PRÉPARATION DU SOL. — La carotte exigé un terrain ameubli à une assez grande profondeur et craint, comme nous l'avons dit, la présence des mauvaises herbes. Pour satisfaire à ces exigences, on ameublit le sol superficiellement avec le scarificateur, aussitôt que la récolte précédente est enlevée ; cette opération s'appelle le déchaumage. Cette première façon fait germer les graines des mauvaises herbes et, à l'automne, on exécute un labour profond qui à pour effet d’enterrer ces mauvaises herbes et de les détruire, en même temps qu'il procure l’ameublissement désiré. Au printemps, un labour peu profond suffit, et on le fait suivre de hersages et de roulages qui achèvent l’ameublissement complet de la surface.

ENGRAIS ET AMENDEMENTS. — L'analyse des feuilles et des racines des carottes montre qu’elles sont riches en potasse, en phosphate et en chaux. Il faut donc à cette plante des engrais qui contiennent une forte proportion de ces substances, comme les fumiers des animaux, pourvu qu'ils ne soient pas pailleux; ce que l'on obtient en les faisant décomposer avant de les employer. Nous avons encore les cendres vives ou lessivées, la suie, les os broyés, la chaux, les superphesphates, les guanos ou les composts dans lesquels entrent ces diverses substances. |

La faculté épuisante de la carotte tient le milieu entre celle de la patate et celle de la betterave, et l’on calcule que 100 lbs de racines de feuilles récoltées enlèvenr au sol la valeur de 56 1bs de bon fumier.

SEMAILLES.— Les graines de carotte perdent facilement ou rapidement leur faculté germinative ; on ne peut même considérer comme parfaitement bonnes que les graines de l’année précéder te. Pour être plus certain de la qualité de la graine, le cultivateur devra la récolter lui-même. Dans ce cas, à l’époque de la dernière récolte, on met de côté les plus belles racines appartenant à la variété que l’on veut cultiver, et on les place dans une cave sèche et fraiche. Au printemps, dès que la terre est suffisamment réchauffée, on plante ces racines dans un coin du jardin, à 27 plèds de distance les unes des autres. Pendant toute la saison de végétation, on tient le sol en bon état ; lorsque les tiges sont bien développées, on leur donne des supports, et, à l'automne, aussitôt que la maturation est complète, on fait la récolte.

Les graines de carottks sont couvertes de petits poils raides qui empêchent la terre de venir en contact avec elles ; ce qui retarde beaucoup la germination. Pour éviter ce

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La carotte est une plante bisannuelle, c’est à-dire qu'elle ne donne ses graines qu’à la deuxième année. Cependant, dans tous les champs de carottes, on voit des plants produire des graines dès la première année ; mais les racines de ces plants ne sont jamais charnues. On doit rejeter ses graines comme semence, car les sujets qu’elles produiront n'auront pas non plus des racines charnues.

On sème les carottes à peu près à la même époque que les betteraves, et toujours en lignes espacées de 20 à 24 pouces. La graine est distribuée dans la proportion de 2 ou 3 ibs par arpent. Les semis se font à plat ou avec sillons, suivant que le sol est plus ou moins exposé à la sécheresse, Le premier mode s'emploie dans les terres légères, et le second, dans celles de consistance moyenne.

SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION, — La carotte exige des sarclages souvent répétés lorsqu'elle a fait sa deuxième feuille. On lui donne un premier sarclage à la gratte entre les lignes, et à la main, sur les lignes. La plante est alors très délicate ; il faut par conséquent faire ce sarclage avec le plus grand soin ; mais on ne doit pas l’omettre, parce que la plante serait bientôt étouffée par les mauvaises herbes, Une quinzaine de jours plus tard, on pratique un second sarclage à la houe à cheval entre les lignes, et à la gratte sur les lignes ; on renouvelle cette opération toutes les fois que la destruction des mauvaises herbes l'exige.

La carotte ne se transplante pas. Lorsqu'elle fait défaut dans quelques endroits, on comble Is vides en y semant des betteraves ou des navets.

Enfin on éclaircit en laissant entre les racines un espace de 10 à 11 pouces.

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