PLANTES FOURRAGÈRES DES PRAIRIES ARTIFICIELLES
Une prairie artificielle est une certaine étendue de terrain où l’on sème, soit is lément, soit plusieurs ensemble, des plantes choisies, qui sont dest nées à être fauchées pendant un petit nombre d'années.
La création des prairies artificielles a de nombreux avantages sur la production des racines alimentaires, Ainsi, les plantes qui forment les prairies, n’épuisent pis le sol; car elles ont la propriété de prendre beaucoup de leurs principes dans l'air et de laisser de nombreux débris dans le terrain. Leurs frais de culture sont moins élevés ; leurs produits s'emmagasinent plus facilement et se conservent plus longtemps sans altération ; enfin, toutes les espèces de récoltes donnent après ces plantes d'excellents produits.
Néanmoins, malgré les nombreux avantages des prairies artificielles, il ne serait pas sage d'abandonner les cultures des racines alimentaires ; car on perdrait alors le moyen de détruire les plantes nuisibles, et il en résulterait une forte diminution dans les produits. Outre cela, les plantes des prairies artificielles sont très antipathiques à elles-mêmes ; si on les fait pousser sur le même champ à de courts intervalles, leur rendement subit une grande diminution.
Maintenant, si l’on compare les prairies artificielles avec les prairies naturelles, on voit que les premières possèdent
les avantages suivants sur les secondes : 1° dès l’année qui suit le semis, on obtient une forte récolte de fourrages, tandis qu'avec les prairies naturelles, il faut attendre trois ou quatre ans avant d’avoir un produit passable ; 2° les prairies artificielles enrichissent le sol par leurs nombreux débris,
tandis que les prairies naturelles le laissent dans le même état qu'auparavant ; 3° les prairies artificielles fournissent un fourrage plus fécond que les prairies naturelles. Cependant ces dernières ont aussi des avantages précieux, entre autres, celui de produire pendant de longues années un fourrage abondant, varié et formant une nourriture plus complète et dont le prix de revient est moins élevé ; ensuite les prai- “ries naturelles réussissent b'en mieux que les prairies artificielles sur certains terrains bas, frais et d’un assainissement difficile.
On groupe en deux c'asses les plantes qui peuvent former des prairies artificielles : les légumineuses et les non légumineuses. La première classe comprend !es différentes espèces de trèfle, la luzerne, la lupuline, les vesces, les lentilles, etc. Dans la deuxième classe, on trouve les choux, quelques graminées, etc.
Toutes les plantes qui appartiennent à la première classe sont remarquables par leurs propriétés améliorantes, dues à ce qu’elles puisent dans l'atmosphère la plus grande partie de leurs éléments nutritifs et laissent, après leur récolte, une foule de débris, des racines, des feuilles et d’autres substances, qui rendent le terrain plus riche qu'auparavant. Cette augmentation de richesse est d'autant plus sensible que les plantes qui forment la prairie artificielle, ont mieux réussi.