ASPERGES
Les jeunes pousses d’asperge ou /#rions, sont d'excellents légumes, très recherchés sur les tables les mieux servies.
ESsPÈcEs ET VARIÉTÉS, — L’asperge commune a donné naissance à trois variétés principales : /a rose de Hollande,
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la verte et l'asperge d'Allemagne. C'est la rose de Hollande qui a la préférence de tous les jardiniers ; elle est remarquable par ses #wrions gros et tendres et par sa longue durée, qui atteint jusqu’à 25 ans.
CULTURE — Cette plante demande un terrain d’une très grande richesse, fécondé par de fortes fumures et amélioré longtemps avant la culture de l’asperge. Les fumures récentes et les labours profonds pratiqués expressément pour cette plante lui font plus de mal que de bien.
On doit choisir la graine avec un soin minutieux, et toujours sur les pieds les plus vigoureux. Pour cela, on surveille l’asperge pendant les quatre premières années de production, c'est-à-dire depuis la troisième année après la plantation jusqu’à la 4ième. On donne alors la préférence aux asperges qui ont eu un rendement régulier ; ces plantes ont des tiges d’une grosseur double de celle des tiges voisines.
Pour récolter les semences sur les porte-graine choisis on coupe, avant les grands froids, les tiges mûres et chargées de semences ; on en détache les graines après la dessiccation ; ensuite on brouit les fruits entie les mains pour séparer les graines de leurs enveloppes.
On nettoie les semences en les mettant dans un vase avec de l’eau. Les enveloppes et les graines légères surna gent ; alors on fait écouler lentement l’eau, qui entraine avec elle les substances légères. Si l’on ne réussit pas parfaitement dans cette première opération, on recommence et l’on continue jusqu’à ce que les bonnes graines restent seules au fond du vase. Après avoir effectué la séparation, on étend la graine sur une planche pour la faire sécher à l'ombre et dans un lieu sec et aéré; puis on la met en sac en attendant le moment du semis.
On sème, au printemps, dans les terrains argileux et froids, et, à l’automne, sur les terres sableuses et chaudes. Les semis se font toujours en pépinière sur un terrain bien ameubli, et fortement fumé dès l’année précédente, mais non labour£ prefondément de date récente. On exécute cette opération en ouvrant de petites rigoles à la gratte, distantes de 9 pouces environ les unes des autres. On dépose les graines au fond de ces rigoles, mais très claires, et on les recouvre d'un pouce de terre environ.
Avant la sortie de terre, c’est-à-dire en mai ou en juin, on donne un léger grattage pour détruire les mauvaises herbes, et en même temps pour niveler le terrain. Lorsque les mauvaises herbes sont desséchées, on répand sur toute la surface du terrain une légère couche de terreau bien fin ou de fumier d’étables entièrement décomposé et bien divisé. Pendant le reste de l’été, on ne donne pas d’autres soins aux plantes que des sarclages fréquents. Le printemps suivant, avant le commencement de la végétation, c’est-àdire, pour nos localités, à la fin d’avril ou au commencement de mai, on arrache soigneusement les jeunes pieds d’asperge avec une bonne fourche à bêcher, de manière à n’endommager les racines que le moins possible, et on les prépare à la transplantation à demeure. C'est ici surtout qu’il faut choisir le terrain avec soin. On commencera par mettre de côté tous les sols qui ont porté des asperges - depuis peu d'années. Il doit s’écouler au moins 20 ans entre deux cultures d’asperges. On laissera également de côté les terres sèches, tufacées ou humides.
Sur les terres sèches, les arperges n’ont qu’une courte durée ; sur les terres humides, les produits sont de qualité médiocre. Les meilleurs sols sont ceux qui appartiennent à la classe nommée argilo-sableuse,et qui sont meubles et de
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consistance moyenne. Les terrains nouvellement défrichés, les vieilles prairies, les vieux pâturages, et en général tous ceux qui n'ont pas été fatigués par des cultures répétées de légumes ou de céréales, conviennent parfaitement à l'asperge.
Pour faire la plantation des asperges dans ces terrains choisis, après les travaux d’ameublissement nécessaires à toute culture, on ouvre des fosses de 18 pouces de largeur sur 5 pouces de profondeur, et l’on dépose au fond une couche de bonne terre formée moitié de terre de jardin et moitié de fumier bien pourri, le tout parfaitement mélangé. Cette couche doit avoir au moins 2 pouces d'épaisseur, On donne la préférence au fumier de cheval ou de mouton pour les terres froides, et à celui des bêtes à cornes pour les terres chaudes. On piétine fortement cette couche d’engrais, et on la recouvre d’un pouce de la terre enlevée lors du creusige. Quelquefois les fosses d’asperge sont complètement isolées, à une distance de 10, 20 et 30 pieds ; mais le plus souvent on leur affecte un espace spécial dans le potager ; dans ce cas, les fosses sont éloignées de 372 pieds les unes des autres, et l’on utilise l'intervalle entre les fosses par la culture de quelques plantes qui prennent peu de développement, par exemple, les végétaux qui servent de condiments, comme le cerfeuil, le persil, la sarriette, la ciboule, etc.
Parmi les griffes d’asperges arrachées on met de côté toutes celles qui sont défectueuses. On reconnait les meilleures à leurs racines moins fortes et à leurs yeux bien développés et bien distincts.
La transplantation se fait de la manière suivante: au commencement de mai dans les terres chaudes, ou à la fin de ce mois dans les terres froides, on fait, au fond des
fosses préparées comme nous l’avons vu plus haut, de petits creux éloignés de 2 pieds les uns des autres. Ces creux doivent pénétrer jusqu'au dessous du fumier qui tapisse le fond de la fosse. On ne met qu’une seule rangée d’asperges dans chaque fosse. On coupe le bout des racines de chaque griffe et l’on enfonce cette dernière dans le creu, en ayant soin de bien étendre les racines; on ramène la terre tout autour de la griffe en la pressant légèrement ; puis on enterre le creu de manière que le sommet de chaque griffe soit recouvert de 174 pouce de terre.
CULTURE PENDANT LA If6 ET LA 2° ANNÉE.— Pendant le premier été qui suit la transplantation, on laisse l’asperge se développer en liberté. La plante n’a besoin que des sarclages nécessaires pour tenir le sol parfaitement net. Cependant, dans sa jeunesse, l’asperge est souvent attaquée par les insectes. Il importe de les détruire avant la ponte; car, autrement, les jeunes plantes se couvriraient d’un si grand nombre de larves qu’elles ne pourraient pas résister à leurs attaques, et le succès de l’asperge serait fort compromis.
A l'automne, on découvre complètement les jeunes asperges, en ne laissant que la terre nécessaire pour bien protéger les racines. On rejette la terre qu’on a ainsi enlevée, sur l'ados qui se trouve à gauche de chaque rang d’asperges ; ensuite on coupe l'extrémité des plantes, en ne laissant que six pouces au-dessus du fond de la fosse ; en même temps on arrache les asperges qui n’ont pas repris, et l’on marque la place avec une baguette sèche. Le printemps suivant, dès que le sol est suffisammeut réchauffé, on remplace les asperges qui ont manqué, et l’on fait tout autour de chaque pied une butte composée moitié de bonne terre et moitié de fumier de cheval et de mouton. On
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prend cette terre sur la butte qui se trouve à droite de chaque rangée d’asperges.
Pendant la deuxième année, l’asperge ne demande encore que des sarciages et, en outre, de bons tuteurs qui la soutiennent contre la violence des vents, parce que cette plante est très cassante,
CULTURE PENDANT LA 30 ET LA 4® ANNÉE.— À l’automne de la deuxième année, on décharge le fond de la fosse, comme nous l'avons dit précédemment, en rejetant la terre sur l’ados de droite. Au printemps, on fait autour de chaque pied d’asperge de nouvelles buttes plus larges et plus hautes que les années précédentes. (On dépose au fond de ces buttes du fumier de cheval ou de mouton, que l'on recouvre d’une épaisse couche de terre prise sur l’ados gauche. Bientôt la végétation fait sentir ses effets salutaires, et les turions commencent à se former. Lorsqu'ils ont pris un bon développement, on en fait la récolte en cassant avec les doigts les turions les plus vigoureux. La récolte dure quinze jours. (Comme cette opération brise un peu les buttes, il faut les remettre dans l’état où elles étaient.
Dans le cours de l'été, on donne à l’asperge les soins d'entretien ordinaires, y compris les tuteurs. Outre cela, on dépose sur l’ados droit une bonne couche de fumier décomposé, et l’on bêche le terrain pour mélanger l’engrais avec la terre. A l'automne on rejette les buttes sur l’ados gauche, Le printemps suivant, on refait les buttes plus hautes encore, avec du fumier de cheval et de mouton dans le fond et de bonne terre par-dessus prise sur l’ados droit, Le développement des turions est considérable, et lorsqu'ils ont atteint leur croissance complète, on en fait la récoite ; celle-ci dure trois semaines.
Tous les ans on renouvelle cette opération en ajoutant du fumier aux ados de gauche et de droite alternativement, et cela pendant toute la durée de l’asperge. La cinquième année, la récolte dure 4 semaines ; la sixième et les suivantes, elle dure de 5 à 6 semaines,