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manque d'économie peut donc être très funeste à l'agriculteur.
L'économie en agriculture ne consiste pas à faire le moins de dépenses possible, mais à les faire à propos, surtout quand ces dépenses sont destinées à accroître la production. Elle n’exige pas non plus qu’on refuse à la terre les travaux convenables ; au contraire, une culture peut être très riche, très libérale et en même temps fort économe. Voici, par exemple, une opération très avantageuse au drainage sur une terre sourceuse ; cette opération exige de grandes dépenses ; mais on la fait le plus économiquement possible. Une fois terminée, on s’apercevra bientôt que les dépenses qu’elle a nécessitées sont la cause de produits abondants, qui mettent le cultivateur en état de rembourser non seulement ses frais, mais encore de faire de nouvelles améliorations sur une autre partie de sa ferme. Cependant, avant de faire ces dépenses, il est bon de peser ses moyens d’action, afin de ne pas se mettre dans une gêne toujours désastreuse pour le cultivateur. Aussi ne doit-on entreprendre des amé. liorations agricoles qu'avec un capital suffisant pour faire face à toute éventualité,
L'ESPRIT DES AFFAIRES, — Outre les qualités que nous venons d’énumérer, le cultivateur doit posséder encore certaines capacités personnelles, comme, par exemple, savoir vendre et acheter, sans pour cela recourir à la fraude ; connaître l’époque de l’arnée où les produits s’écoulent avec le plus d'avantages; ce qui s’acquiert par l'observation, en suivant le cours des prix des marchés. Cette disposition,
que nôus ar pelons l'esprit des affaires, exerce une grande
influence sur le succès financier des opérations agricoles. Une ferme n’est pas seulement une fabrique de produits
animaux et végétaux ; c'est en même temps une véritable
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maison de commerce. Pour fabriquer, il faut savoir acheter à propos, et, une fois les produits fabriqués, on apprend à les vendre à des prix raisonnables. Malheureusement il n’est pas donné à tout le monde de savoir acheter et vendre. Il faut tenir compte des baisses pour acheter et des hausses pour vendre, et ne pas s’imaginer que de meilleures chances se présenteront plus tard ; car ces changements de prix ne sont pas en général de longue durée. ‘Un article peut se vendre aujourd’hui une piastre, et dans deux mois le prix sera tombé à la moitié de cette valeur, pour ne plus atteindre ce maximun pendant tout le cours de l’année. Le cultivateur doit donc profiter de l’heureuse période de la hausse pour écouler ses produits sur le marché.
On s'avoue assez difficilement à soi-même qu’on manque d’habileté en affaires ; on se croit généralement plus habile qu'on n'est, et l’on ne veut pas reconnaitre son infériorité. Cependant il y a un grand nombre d'hommes qui sont très intelligents, mais qui ne possèdent pas ce genre spécial d’habileté, sans lequel on ne peut débattre ses affaires d’intérêt avec avantage. Souvent on croit remédier à ce défaut par une raideur extrême. Si l’on a des effets à vendre, on les tient à des prix trop élevés, et l’on accumule ses produits faute d’avoir su les vendre au temps voulu. Si l’on a des achats à faire, on offre des prix trop bas, et l’on perd ainsi les meilleures occasions de se procurer de bons animaux. Connaitre la valeur des choses, suivant leurs défauts et leurs qualités, est le point essentiei pour celui qui veut vendre ou acheter. Il ne reste plus alors qu’à bien choisir le moment pour effectuer ses transactions et à conclure le marché le plus avantageux en suivant le cours de l’époque,
L'ART DE COMMANDER. — La fermeté de caractère est une qualité nécessaire à tout homme qui doit commander,
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