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LE CÉLERI

La consommation des tiges et des feuilles du céleri est très considérable, soit dans les soupes, soit à l’état frais. On emploie même certaines variétés comme plantes d’assaisonnement, et le céleri bulbeux remplace très souvent le cresson et les radis.

VARIÉTÉS. —On groupe les nambreuses variétés de céleri en trois classes : 1e le grand céleri ou céleri étiolé ; 2e le céleri à couper et 3° le céleri bulbeux. Dans nos potagers, on ne voit qué très rarement les deux dernières variétés ; on s’occupe surtout de la première, parce que c’est elle qui donne les produits les plus recherchés, Dans cette classe, on rencontre des grands céleris longs et minces, gros et courts.

CULTURE.—On sait que les consommateurs de céleri aiment toujours à se procurer le produit de cette plante de bonne heure le printemps. Pour satisfaire à la demande, les jardiniers sèment leur céleri à la fin de l’hiver sur couches chaudes ; il y en a qui font ces semis vers le commencement de mars. Mais les produits obtenus de cette manière coûtent cher au producteur. Généralement,dans nos climats, on ne sème pas avant le commencement d'avril.

Sur la couche chaude préparée comme nous l'avons vu précédemment, on pratique de petits sillons à la distance de 4 à 5 pouces les uns des autres ; on y sème le céleri très clair, car la graine est très fine ; on enterre en remplissant le silon de terreau, et l’on arrose autant pour tasser la surface que pour hâter la germination. Pendant tout le temps que le céleri occupe la couche chaude, on doit le sarcler

fréquemment et même l’éclaircir s’il est trop fort, Les céleris qui croissent serrés les uns près des autres restent maigres et chétifs et ne donnent jamais des plantes vigoureuses.

Lorsque les plantes sont assez développées pour qu’on puisse, sans danger, les arracher à la main, on se prépare à la transplantation. Quand les sem's sont faits au commencement d'avril, et que rien n’a retardé la végétation, les céleris sont bons à planter dans la p'emière quinzaine de juin. Il faut que la terre soit alors prête à les recevoir ; voici comment cette |réparation se fait ordinairement :

Sur le terrain bien ameubli et bien enrichi avec du terreau ou du fumier décomposé, on creuse des fosses de 8 pouces de profondeur environ, éloignées de 21% pieds, de 3, de 4, et même de 6 pieds ; mais, dans ces derniers cas, on utilise l’espace entre les fosses par d’autres caltures. Dans le fond des fo:ses on j2tte environ un pouce de ""onne terre, à laquelle on ajoute un autre pouce de bon terreau; on mélange le tout ensemble, et la fosse est alors prête à recevoir les plants de céléri.

Pour réussir dans la plantation, il faut d’abord bien soigner les plants de la couche chaude. On commence par leur donner de bons arrosages, afin que, lors de l’arrachage, il s'attache à leurs racines le plus de terre possible ; ensuite on les extrait délicatement du sol en prenant garde de n’altérer ni les feuilles, ni les tiges. En même temps, on arrose copieusement le fond des fosses qui doivent les recevoir. Pour faire la plantation, on pratique, dans la terre meuble des fosses, de petits creux dans lesquels on introduit la racine du plant de céleri sans la plier. Il est très important de la mettre dans sa position naturelle. On tasse légèrement la terre autour du plant ; on arrose de nouveau, et l’on recouvre pour faciliter les reprises en préservant les

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plants contre les ardeurs du soleil. Si le temps est sombre, la reprise n’en sera que plus assurée ; mais si le soleil brille, on ne devra planter que vers le soir. On doit arroser le

céleri tous les jours jusqu’à ce que sa reprise soit certaine.:

Pendant le cours de sa végétation, il ne faudra pas lui ménager les sarclages, ni les arrosages fréquents ; c'est une des plantes potagères qui demande le plus d’eau.

En suivant ce mode de culture, on obtient de très beau céleri, même dans les sols secs et brûlants, car la plantation au fond des fosses a pour effet de tenir les plants à l'abri des sécheresses prolongées. Dans les sols argileux et humides, on ne procède pas de cette manière ; car l'humidité que renferment déj} ces terrains serait encore plus abon- «ante au fond des fosses. Pour obtenir de beau céleri dans ces sortes de terres, on se contente de transplanter à plat, c’est-à-dire sans creuser le so!, Toutefois, le céleri reçoit les mêmes soins dans les deux cas, pendant sa végétation. Ces soins, à part des sarclages et des arrosages dont nous connaissons toute l'importance, consistent en rechaussages. Pour les céleris p'antés au fond des fosses, ces rechaussages se font en laissant descendre la terre au pied des plantes ; pour ceux qui sont plantés à plat, on les rechausse en ramenant la terre de manière à former un ados, comme dans tous les rechaussages ordinaires.

Lorsque le céleri a pris son plus grand développement, il s’agit de le préparer pour le livrer à la consommation. Cette opération consiste à le faire blanchir. Or le céleri blanchit, c’est-à-dire qu’il perd sa couleur verte, lorsqu'on le soustrait pendant quelque temps à la lumière solaire. Pour cela, il suffit de le rechausser plus ou moins haut, sans cependant æn arrêter la végétation. On donne ordinairement trois rechausssages : le premier s’élève jusqu’au tiers de la lon-

gueur du céleri; le deuxième jusqu'aux deux tiers, et le troisième jusqu’à la partie supérieure des plantes, en ne laissant hors de terre que les dernières feuilles qui doivent rester à l’air libre. On comprend que les céleris plantés au fond des fosses n'ont pas d’autre premier sarclage que le remplissage de ces fosses. Le céleri met une quinzaine de jours à blanchir; alors 1l faut le consommer immédiatewent ; car, autrement, il est attaqué de la rouille et devient moins bon. Si, au lieu de terre, on emploie du terreau pour rechausser le céleri, le blanchissaige sera plus rapide, et le produit aura une saveur plus recherchée. Pour avoir toujours à sa satisfaction du céleri de première qualité, on échelonne les rechaussages de 8 en 8 jours, en enterrant à chaque fois une petite partie des plants. On conserve aussi le céleri dans les caves ; mais on ne le rechausse pas avant la rentrée. On transplante le céleri dans les caves avant les fortes gelées de l'automne. Le blanchissage se fait au fur et à mesure des besoins.

…. Quant au céleri bulbeux ou céleri rave, sa culture est à peu près inconnue dans notre pays. Cependant, s’il faut en croire les jardiniers européens, il donne un produit de beaucoup supérieur à celui du céleri commun. Sa culture, du reste, se fait à peu près comme celle des navets.

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