‹ Le guide du voyageur à PoitiersChapitre 13 sur 32 · MOTEL BB LA ROSE · texte numérisé non relu

MOTEL BB LA ROSE

Toas past aD«de88osd*an portail de vastes dimensions, on écusson motHé dont les insignes annoneent les armoiries de l'ordre de

MalLc' C'éUit ia en effet l'hôlel où se tenait le grand prieur d'Aquitaine, l'un des dignitaires les plus éuàinents de l'ordre, chaiLi- i\r l'adminislration el de la direction des nombreuses commandcrics placées dans la vaste étendue de son ressort. Les bâtiments de cet hôtel existent encore nu milieu des Jardins; ils sont aniourd'hui maison particulière, lis renfermaient autrefois de ridies archives dont tes trésors sont déposés aux archives départementales , et forment à elles seules la sixième subdivision de la deuxième série des archives ecclésiastiques.

li'hdtol de la Ro^e. — Nous somint s an ivés enliri à l'extrémité de celte rue justement appelée la (:rn}}de. Hecueillonsnousun instant. A gauche voici la rue du Petit-Maure. Au 13 novembre 1398» elle s'appelait de la Jahruelhe (plus tard de la Jabrouille), sans doute du nom de Jean de la Jabrouille, abbé de St*Cyprien en Eile prit son nom moderne de l'enseigne de Faubergedu Petit* Maure, située dans son parcours, et où mourut, en 1609 , le poète Rapin , enfant de Fontenay, et dont l'honorable illustration rejaillit sur notre cité , car il lui devait sa science et son goùl pour l'élude des IcUrcs.

Une maison neuve, habitée Fiiaintenant par un tapissîor, forme l'aniîle de cette rue du Petit-Maure et de Cv'lle de St-Etienne. C'était là (^ue se trouvait l'hôtel de la Rose, hôtel qui fut habité par Jeaone-d'Arc, lorsqu'elle vint à Poitiers» en 1428. La jeune fille était placée sous la garde de Joan Rabasteau , conseiller au parlement de Poitiers , qui avait mission de veiller sur elle et de l'ao-* compagner partout où besoin serait* « Tay ouy dire en ma Jeunesse, et des Fan mil quatre cent quatre vingt et quinze , à feu Chrislotle de Peyrat, lors demeurant a Polctiers , et près nia maison , qui auoit i>i es de cent ans, qu'en madittc maison y auoit eu hoslellcrie, ou pendoit renseigne de la Uose, ou ladite Jeanne e^toit logée, et qu'il la veit niouter h cheval, toute armée à blanc, pour aller audit lieu d'Orléans , et me montra vue petite pierre , qui est au coing de la rue S. ËstiennCt ou elle print auantage pottc monter sur son chenal* •

Cette pierre , que la tradition protégea depiiis , ne put Irouver grâce en 1825 devant la pioche des paveurs qui réparaient le pavé des rues Si^-Etienne et du Petit-Maure, Elle fui alors brisée, maia ses fragments, réunis par one main pieuse» furent patriotique-» ment conservés et déposés au musée des antiquités de l'Ouest » où vous les aves vus«

Après avoir donné un souvenir à la vie glorieuse de la pueelle qui sauva la I iauce , coiUinuons notre roule pai la rue à droite , dite rue des Tr ois-Cheminées,

A rexlrémilé sur In main droite , m n« 27, une petite porte bien modeste semble annoncer à peine rentrée d'une ciiapelle; cVst la chapelle des Dames du Calvaitê. On y pénètre de la rue même , mais autrefois 11 fallait traverser un porche et une cour sur le côté.

Les Dames du Calvaire autrefois riJiiloii*€hrélleMae«p«

C'est en efTct dans la maison habitée avant la révolution par les Dames de YVnionfChTéiieme que les religieuses du Cahsairt se sont établies après avoir été chassées elles-mêmes de leur couvent situé an Sud de la ville, et dont nous anrons occasion de parler plus tard. Nons avons vu les Damesde VUnion-Chréiienne\ogét% prés de Sle-Radcgonde.

Rne de l'Etade. ~ Anelcn Jetide Paume. — La rue de

VEiude qui aboutit à droite , peu après le couvent du Cahaire , k la rue des Trois-Cheminées , s'appelle ainsi par corruption ; elle devrait se nommer rue de VEsteuf, du nom donné à la balle dont on se sert pour Jouer à la Paume, SI vous voulez que nous justifions cette assertion , veuilles faire quelques pas* A droite, ne.voyes* Toaa pas une porte surmontée d*un bas-relief mutiléP Plusieurs personnages y figurent ; mais grâce aux pierres des gamins auxquels ils ont servi de Lut , ces personnages ne peuvent plus nous dire ce qu'ils faisaient là Au-dessous on lit ces mots a l'estude î592 , mots dérisoires et malins que le maître du jeu de Paume du xvr siècle adressait à ses joyeuses pratiques , bien assuré qu'il était^ que les braves jeunes gens aimeraient mieux venir s'es t«-

106 PaiEUKt DË s. DË»li>. — LES JILLES DË LA CROIX.

éier à pousser cheg loi Yeittuf que d'aller à V$giuâe pàllr sur Cujas et Barthole.

Ce Jeo de Paume fut supprimé quelques années avant 1713. La

ville de Poitiers comptait un grand nombre d'établissements de ce genre, le jeu auquel ils fournissaient des acteurs et des instruments étant alors très en vogue.... Demaniloz donc aujourd'hui à nos eschoiiers ce qu'est devenu le Jeu de Paume de leurs grands . pérra.

Méwé «e0«l«S-D€«l«.— Continuons notre course. Voiel un carrefour: à droite, à l'extrémité de cette rue dite de Saini-DênUt sur le Heu occupé par la maison 31 , s'élevait autrefois l'élise du prieuré de Saint-Dvnis^ dont la rue a pris le nom. Ce prieuré

fiur lequel les^ auteurs ne donnent que peu de notions, fut donné avec ses dépeiidanccs , par (lUiliaume 1", évêque de Poitiers, le 15 mai 1 120 à l'abbaye de Noyers. Il était situé prAs des murs de l'enceinte romaine de la ville, et une des fausses portes de la cité, la porte Maynard , se trouvait dès le xi» siècle à peu de distance , dans la direction du couvent des Carmes ; elle donnait issue probablement vers les moulins de Bajan,

Monastère des Filles de la Croix dites Sœurs de

Halfit-André.— A gauchedc notre carrefour te diricfela rue Sainte- Opportune, dn nom de l'égl ise qu i s'y trouvai t. A qu 1 1 q 1 1 c s pas sur la main gauche , au n" 7 , une maison du \vi* siècle vous montrera sur Fimpostc de la porte un gracieux bas-relief qui provient des ruines du château de Bonnivet. Nous vous avons parlé de ce ciift« teau à l'article du Temple St-Jean.

. Plus loin sur la main droite , au n* 1 2 « une modeste porte donne entrée dans l'humble demeure des Filles de la Croix dites Sceurs de Saint-André. Cet ordre religieux fondé, on 1800, par Madame

Marie-Klisab'.îlh Bichier , à laquelle se joignit plus tard Tabbé Fourncl, se livre à l'instruction dos enfants pauvres, sans négliger dans les campagnes le soin des malades. Cet Ordre approuvé est aujourd'hui llorissant. La clmpelle de la maison établie à Poitiers s'ouvre sur la rue des Gaillards ^ ainsi nommée d'une famille qui y habitait.

SAlMtC OmBTIIN£. — LBS FKlIlLLAflTS. 107

Sainte-Opportune. — Kn face de celte rue des Gaillards , UDe graode porte cache aux yeux les restes de Téglise de Ste-Oppor* tune mentionnée comme paroUi»e dès le 16 août ;^elle comp. tailt au moment de la révolution « 300 communiants. Les abbés de Monlierneuf ayant été investis du titre de conservateurs des privilèges apostoliques de l'université dePoitlers(xtv« siècle)» Etienne, Tun d'eux, patron de l'^ltse de Sainte-Opportune , et doyen de la facullé de théologie, fit décider que celle rglise serviiailpour les actei de la sacrée faculté, et la désignation du lieu inscrite sur les thèses était ainsi libellée, inschoîis opportunicis. Nous avons lu quelque part que c'élait en vertu de cette prérogative que le curé de Sainte-Opportune devait être nécessairement au moins bachelier en théologie. Voici à quelle occasion spéciale fut prise celte décision. C'était en 1462 $ le maire et le conseil de la ville de Poitiers donnèrent mandement par lequel Ils décvélfferent que la cure de Sainte-Opportune ne serait dorénavant donnée qu'à un bâche* lier ou Itoeneié en théologie, « en contemplacion des belles et notables éludes qu'y fait tous les jours M. Pierre Maurice , le curé actuel. » Ceci nous porterait à croire qu'à celte époque la paroisse de Sainte-Opportune était le centre d'études tlieoiogiqueâ.ea reaom , d*où la désignation in schoUs opportunicis,

■•M PMllImto aujourd'hui eMSM 4a m m^ r é Ceawr, —

Revenons de la rue Sainte-Opportune. Suivons la rue des Quatre^ Vents (ce nom conviendrait mieux à un carrefour,; il est vrai

qu'elle y aboutit) , tournons à droite; \oici la rue des Feuillants ainsi nommée de l'ordre religieux qui y était établi avant 1 193. Ces religieux ne prêchaient ni ne confessaient, et ils étaient peu nombreux. On en comptait quatre seulement au moment de la révolution ; leur chef se iiommait Prieur. Leur fondation remontait à l'année lOlG. Lorsque la procession des rogations passait devant leur couvent , ils devaient mettre une couronne de fleurs sur la t^te de l'image de la Sahite-Vierge. Quelques-uns des bâtiments de ces religieux ont été conservés tfans l'immense construction édifiée parles Dames du Sacré-Cœur , sur l'unplacemcnl de l'ancien couvent dei Feuillants -, et, malgré le titre tout différent que

lOS LE BON PilSTEUB. — .L£$ FILLES DE S. FfiANÇOiS.

portent ses oonveaui bdles, ^eit eiieore le nom des Penlilants qui

domine dans les désignations ordinaires.

SI vous pouviez obtenir entrée dans ce sanctuaire voué à l'instruction dos jeunes deiiioiseiles qui y reçoivent une l)r il 1 an te et solide éducation, vous veniez une chapelle moderne dont ie plan B*est pas «saurémeiàt parfait* mata qui a plus de caractère qœ ia ]^upart des cmims de ce genre.

I»e Bon PMtenr. — Au comnnencement de la rue qui forme la prolongation de celle des FeniUants et qui se nomme me ân Filhi de Satni-Franf otf » tous aperceves à droite^ sons le n* 26 » les bâtiments du Bon Patteur. Cet établlssemient , dont le titre seul indique qu'il est destiné à remplacer Fandenne maison des Repenties , a été fondé par Mgr de Bouillé, évéque de Poitiers, pendant les dernières années de &on épiscopat.

I«e0 de 9alMl-FraiiçoU. — Ce couTent qui a donné

&on nom à la rue était aitué aulrcfois sur la main gauche à quelque distance de là. 11 avait peu d'apparence , et forme aujourd'hui des maisons particulières à partirdu n" 2u. C'est au commencement de 1G29 que ces religieuses avaient demandé et obtenu la yerniissio& de s'établir à Poitiers.

Dans l'espace compris aujourd'hui entre la Grand'Rue , la rue àes Filles de Saint-françots et la rue du Pré-VAbbesse^ existait au XV* âiôcle l'endos de l'hôtel des Grands Moulins, lequel hôlol ouvrait dans la rue des Filles de Saint-François. Cet enclos qui contenait ad moins 20 hectares de notre mesure actuelie . ren-* fermait dans son enceinte d'Immenses Jardins, de vastes vergers» des ateliers de teinture , trois moulins à farine, deux moulins à papier , des tanneries , des réservoirs , des pêcheries alimentées parTeau du Clin et destinées à la provision des habitants. Les tanneries el teintureries avaient été fondées par Maurice Claveurier (vivant vers 1420), alors propriétaire de l'Hôtel des Grands Moulina.

îln tournant à l'angle delà faCnidc du couvent, vous descendriez par la rue du Pré-V Abbesse^ ainsi nommée sans doute parée qu'elle conduisait au pré de ce nom ; et lui-même était ainsi ap« pelé» parce qu'il Isisalt partie du domaine particulier de l'abbesse

l'hôtel dieu. 109

de Saiate-Crofi. t% pré actadlement coapé dans sa longueur par leboulevard faisait partie de l'enceinte de la ville, et la courbe qu*il décrit du côté dn Clin était protégée par des tours et murailles dont on voit encore quelques restes. Cétait cependant un des points

les plus faibles de la ville malgré le bras de rivière qui pénétrait dans l'inlérieur pour aller se joindre plus bas au lit du ( lin : aussi fut-il pendant ie siège de 1569 l'objet de plusieurs attaques rendues infructueuses parrinondaiion factice dont nous parlerons bientôt.

li^MétoiUMeii. -^Revenons sur nos pas; nous nims dirigerons vers le Mord dans la me de VHospiee* C'est 14 que se trouve fH&tel^JHeu, hotpiee dvtlêt militairB, C'était, avant la révolution, le GranA-Séminaire» A cette époque, on n'avait plus

besoin de prêtres , mais les progrès de la civilisation et de la liberté n'avaient pu empêcher qu'il y eût encore des malades et des pauvres. Ou les lo^ea donc dans la demeure des lévites du Seigneur qui furent plus tard, à leur tour, mi? à la place des Carmélites, lis obtinrent jusqu'à leur complète dispersion un asile dans une maison particulière qui est habitée par les Dames du BcnPatUur. U Hôtel-Dieu étM% auparavant situé, comme nous le venons, an milien de la ville , près de l'église de Notre-Dame, dans des conditions hygiéniques détestables. Plus anciennement encore , au xvi* siècle et dn temps de rhistorien du siège de Poitiers , ce nom d'Hôtel-ïHeu était attribué à Ynêpital-des- Champs f dont nous parlerons plus tard. AujoliTd'hui il est sous tous les rapports fort convenablement placé, et ses bâtiments, sans être d'une ordonnance digne d'être citée , ont cependant un aspect monumental.

Cet établissement, tenu par les Sœurs grises , assistées d'élèves InCernei, d'infirmleri et de gens de service, le tout an nombre de 42 , peuf recevoir 280 malades.

■Mie prépMmtoIre de mMeelne et de pharmacie. —

Les cours de cette école se font dans l'établissement qui précède. Aimi que nous le verrons plus lard, à l'article de l'Hôtel-de' Tille f Poitiers eut, dès 1431 , une université qui compta quatre

ÉCOLE PRÉPARATOiRE DE Hi^DEClNE.

facultés , parmi lesquelles celle de médecine , mais elle ne fit rien

probablement pour mériter la réputation de sa sœur la faculté de droit, et cela iui porta mnlhcur; aussi , à l'époque de la révolulion, n'enscignait-elle plus , depuis un temps immcmorial, disent nos anciens. Des docteurs étrangers, reçus dans d'autres universités et venus pour pratiquer à Poitiers la médecine , soutenaient une thèse publique dans la salle des Jacobins , ehef-liea de Toniverslté, et composaient ce qu'on appelait pompeusement lu Faculté, Quant aux cours, ils étaient plutôt cultnalm que médieaux. En effet, ils se composaient d'un, diner donné à ses confrères par celui des professeurs qui avait été désigné eu asseniblëe gén«'ralf' pour prononcer le discours d'inauguintion ; et comme ce mode de classes constituait plutôt une charge qu'un émolument, rtionneur de faire les cours de Vantiée , n'était point déféré au plus capable, au plus digne , au plus ancien , mais à celui dont le four de rôle était venu. Le diner oiDciel donné »les professears désignés nodiinalement pour des classes fictives étaient censés avoir sniDsammentremplileursdevoin.... enle digérant.«.»le cours annuel était fini.

La facuUé de médecine tenait le troisième rang danî^ la hicran liie; son grand C4)Stume se composait d'une siiniure nuire sur laquelle était posé un manteau donlilc en bleu céleste, avec bordure d'hermine , et d'une épitoge, La couleur actuelle des revers est aniaranthe. La masse du bedeau de la faculté était autrefois fort remarquable. Elle était d'argent, ornée de ciselure , de bosses , d'émaux et de dorures. Elle a disparu depuis longtemps » mais la représentation coloriée est eonservée aux arcbives de Féoole actuelle.

La révolution balaya la faculté de médecine de Poitiers , et si elle n'eût fait que cela , on pourrait dire qu'elle fut juste. Il fallait, en ciïet, que cette inàliLution, inutile alors , se retrempât dans le malheur, et ce fut ce qui arriva. Demandée par le conseil municipal le 6 mai 1805 et dotée le 4 mars 1806, vivement réclamée par M. Chéron , préfet du département , l'école de médecine de Poitiers fut étal»lie par décret impérial du 19 octobre 1806, datée de Merscburg {Saxe prussienne). Le gouvernement était là où se déployait le drapeau de la France. Un arrêté ministé»

ÉCOLE FRÉPAEATOIRE l>£ MluDECUiB. «— 8AINT-GYBARD. 111

rlél du 90 décembre 1806 nomma f\x profeBseors qui forent

installés le 19 janvier 1807. L'école fut adinmisliLC par un secrétaire désigné par ses confrères jusqu'au 20 décembre 1820, époque h laquelle un directeur nommé par la commission d'inslruction publique (conseil royal) fut établi. EnQu , rordonnancc du 13 octobre 1^0 , en réorganisant les écoles secoodaired de médecine , attribtia à cdle de Poitiers , comme aux antres , le nom é'éeole préparaâoirt de nMicme H de pkarmaciê » mais elle n*a pas le droit de conférer le grade de docteur qui ne peot éire obtenu <ltte devant Tune des trois facultés de médecine de France, Grftce aux sacrilicps dn conseil municipal, au zck ut au désintéressement des prolt sscurs, notre école a reçu de nombreuses améliorations intérieui es. Klh^ possède un musée , un ampliillieàtre d'anatomie, un ial>oratoire de chimie , etc. Et si le nombre des élèves qui reçoivent ses leçons n'est pas aussi grand qu'on pour* tait le désirer, ce résultat nécessaire doit être attribué à la multlpllcUé fâcheuse, à notre ayla» de ces sortes d'étabilssements qûi ne demlent être acoordés ^'anx grande centres d'Instruction publique.

Voici quelles sont les chaires de notre école de médecine Clinique Interne, avec un chef de clinique ; — id. externe et médecine opérât. — i^atiioiogie interne, — id. externe, — accoucliements et maladies des femmes et enfants. — Anatomie et physiologie , avec un chef des travaux anatomiques.— Histoire naturelle médicale. — Chimie et pharmacie.— Matière médicale et thérapeuti^iue. Ces •divers cours sont fluUs pur six proféseeurs tltolairea , trois profes- Mars adjoints et quatre professeurs suppléants,

0t-€^liard.— Après quelques pas, si nous tournions à gauche, par la rue Sous-St^Cybard , nous verrions encore debout l'église de St-Cybard , édifice roman qui , après avoir été l'église d'une paroisse comptant à l'époque de la révolution 500 communiants, devint un magasin à fourrage , et plus tard une école de gymnastique. liC cimetière de cette église , ou plutôt le terrain vague qui l'entourait , et sur lequel ont été construites une partie des maisons qel bordent la me de l'hespice * était, .à l'époque du moyen Age f eoniasré anx « Joyense^ et trionj^ntes monstres des mys-

112 ÉCOLE MUTUELLE. — toâlSK SAlNT-GERlIAUf.

tèrefl de l'Ineiriiatlon , NalMté , Pas^on , Réiamcstilm et Awsen- 8ioD de N.^. I.-C. » Célalt en effet par ces my$Ure$ ou drames

pieux que nos bons aneélres préludaient aux chefs-d'œuTre dramatiques du siècle de Louis XIV.

Dans la rue St-Cyhard , se liouvait il y a peu de jours l'élablissement des Sœurs de la Miséricorde qui donnent leurs soins aux malades* Elles le transfèrent en ce moment même sur la plaee de VEvichét en face de la porte de Tégliae eathédtale j qui a'oam •ar cette place.

Ecole mataelle et salle 4e liesslii. — Reprenons la rae

'de V Hospice eu négligeant la rue de Chassaigjie qui nous conduirait au quartier de cavalerie ; nous l'aborderons d'un autre côté. A i'cxtrémité de la rue de l'Hospice , à Tangle formé par les nies des Buissons (autrefois du Plal-dEtain et de St-Germain) et des Fumiers (nous préférons son andea nom de me des Fauéi) , noaa aperce?oiis un grand bâtiment modenio dont l'aspect et renoeigiio annoncent la destination;, c'est one école prlmalie communale ; on y a Joint pour l'étude dn destin une salle qnl est une amme de î'éeole dont nous avons parlé , me du Peygarreau. C'est dans la saile de cet établissement que se tiennent les séances de la So^ ciéié philanthropique de secours mutuels. Cette association établie entre les ouvriers de la ville et qui compte plus de 1,100 membres , a pour but de venir en aide , au moyen d'une cotisation mensuelle , à ceux que les maladies ou des accidents mettraient dans rimpuissance de suffire aux premleri besoins de la vie. Par* faltement organisée » dirigée par des cheDi intelligenis et bcnnèles, pitionnée par l'autorité municipale et par des bienfaUenra de toutes les classes , cette association utile est dans un état do pruspeiité qui bonore uoLre population el prouve &on bon esprit.

Egllfie de fialnt-Cieriiialii.— Plus loin sur la main droite un clocher carré couvert d'une toiture plate, annonce l'existence d'une ancienne église. C'était celle de St-Germain. Elle était si* tuée dans l'origine» et dès 1 Isa, hors des murs de la viiie« Dépen* dant de l'abbaye de St-Panl , die fnt réunloan muDastèredo Moiitleraeuff, en mémo temps que l'abbaye de Sl-Panl,par iaembert ,

évéque de Poitiers , le 10 juillet 1083. Avant la Révolution, la paroisse de St-Geniiain conipLait 1,800 communiants, elle possédait une école primaire gratuite pour les garçons, li y en avait one semblable dans la paioiase de St Porehaire. Gfétait ee qu'oQ appelait Ui Peltie» EeoUi» EUei étalenl tennes par de jeunei eôelësiastiqaes qui y faisaient lenr tempa de séminaire.

^Mrtler de Cavalerie.— Descendons par la rue de la Bretonnerie^ ainsi nommée dès 1422, peut-être parce que dès lors on y voyait pendue , comme en 1671, l'enseigne du duc de Brelagoe; si nous pouvons en obtenir i'antorisalion , tâchons de péné* trer , à l'extrémité de cette rue , dans le qowtier de cavalerie; Il mérite d'être ? laité. Cciliin fort bd établisaement dana ion genre, n a de Talr » du soleil , de Teapaee. Senlemeni , la ville de Poitiers est bien nn pen auloriiée à regretter de n*ea paa être propriétaire « après y avoir dépensé en capitaux et intérêts, quelque chose comme sept cent mille francs pour le faire construire. Ce chiffre vous étonnera sans doute , cher lecteur , mais ce n'en est pas moins de la plus parfaite exactitude. C'est après avoir entrepris cette œuvre colossale et y avoir alisorbé ses ressources et C'Ompromis réqailibre de ses finances » qoe la ville de Poitiers s'est voe forcée, crainte de pla , de prier le ganvememeoi de vouloir bien l'en déchaiger. Cette remlae a en Heu etfoetlvement par nlted'une déllbéntioo dû ConaeU manleipal du t février 1S39.

■fiiBtleriiear. — Une crande porte d'un style fort modeste se présente à nous , et, dans le lointain , au bout d'une petite place plantée d'arbres alignés, nous apercevons la façade h pignon triangulaire d'une église s c'est l'église de M ontiemeuf. Ce nom vient de mmutier nmf^ numattère neuf (menasterium novum) par opposition au maustier de Saint-Cyprien bàU auparavant, et par corruption on a dit Montiiêr'Ifeuf , et enfin , JTofittsniewf.

Fondée en l'année IU15, par Guillaume-Guy-Geoflfroy, comtede Poitiers ci duc d'Aquitaine , l'abbaye de Monticrneuf fut placée dès l'origine sous la rèi^le de saint fienoit , et la direction de l'abbaye de Cluny, et elle fut richement dotée par son puissant protecleur, qui ordonna, en mourant à Chisé , en 1086 , que ses restes fussent dé-

VONTlSaiISUF*

posés au milieu des bons moines dont il réclamait les prières , après avoir souvent fraternisé avec eux. En effet , il leur avait xoue une amitié toute particulière, et lorsqu'il résidait h Poitiers, il ne laissait point s'écouler de jour sans descendre au mousUer neuf. S'il venait de courses lointaines ou même après one courte absence, il ne me^ tait les pieds dans son palais qu'après «voir visité ses sstgneursm Il se rendait lui-même à la cuisine^ demandait au cellerier quel devait être l'ordinaire du Jour , et 8*ii appreaait qu'il se oompmÉt d'œufs , de fromage ou de maigres poissons, aussitôt il ordonnait au pourvoyeur de préparer des mets plus délicats , et à son trésorier de les payer. Nous devons eroire, makré le silence des historiens à cet égard» que les libéralités culinaires du noble duc savaient au moins respecter les Jours d'abstinence et de Jeûne.

Guillaume fut très regretté, eela se conçoit aisémeati et, suivant ses Intentions, 11 fat enterré dans Tabbaye.

Montiemeuf éprouva le sort de toutes les fondstlons rdlgienses* D'abord, riche et puissante, cette abbaye vit s'accroître, par les donations des comtes de Poitou et même des rois d'Angleterre, devenus ducs d'Aquitaine, ses immenses possessions; puis elle vit baisser peu à peu , avec l'ardeur de la foi, le zèle des donateurs, et, après les guerres de religion qui ensanglantèrent la patrie et firent autant de ruines des beaux monuments qui couvraient le sol firançiUs , elle déclina rapidement. Nous avons vu une portion des bâtiments claustvaux enclavée dans la caserne de cavalerie , former le corps du milieu de cet établissement militaire : il ne fallait rien moins qu'une terrible révolution pour produire uu tel changement de destination.

La liste des abbés de Montierncuf fournit pendant 700 ans 58 noms, parmi lesquels figurent ceux des Coucy,desSaint-Gelais- Lusignan , des La Rochefoucauld et des Gossé. Dès la créatloa de l'Université de Poitiers , au xv« siècle, les abbés de Mentlemenf dirent Investis du titre de conservateurs apostoliques des privilèges de cette université, et ils ne reeulèrent Jamais devant les contestations qu'il leur fallut soutenir pour se faire * maintenir dans les droits et honneurs attribués à ce titre.

Voici quelh étaient, au xv^ sitVle, à Montierncuf, les dignitaires , c'étaient t l'abbé» trois officiers obédienciers, ie prévost, l'au^

MONTIËIINËUF

mônier et le ségrestain , sept officiers doitriers^ le sous- prieur . le chantre , l'infirmier, l'iiôtclier, le flous-ségretalll , le «oowmiliftnier et le sous-chantre , il y avait en outre un prieur qu ou faisait venir de Cluny, et qui était chargé de maintenir la discipline régulière et les pratiques telles qu'elles s'observaient pour les cérémonies en la maison-mère. Les oiUcicrs séculiers étaient : le sénéchal , les sergents du bourg, le crieur puhlic , le frocquier (chargé ^ de confectionner les frocs] , le barbier (chargé de faire les barbes et tonsures t et de saigner les religieux à des époques déterminées]» le baptitan (frunltor » tanneur] , le lavandier , le portier» le cuisinier , le fournier.

L'abbé de Montierneuf était élu par les religieux réunis eu chapitre , conformément aux statuts de l'ordre de Cluny.

Le costume des religieux de Momierneuf consistait avant la ré- Tolutlon en une soutane semblable à celle des prêtres séculiers » ils ne portaient point de rabat. Une bande d'étoffe noire se rattachant au cou avec deux boutons, formait une espèce descapulaire. Au chœur, ils avaient la robe à largfes manches, sorte de coule monastique. À la procession du jour de saint Marc , ils partaient à la main de longues baguettes blanches. Leur égUse offrait une particularité assez raie dans les derniers temps, quoiqu'elle ne fût qu'un reste des traditions qui se sont conservées plus religieu. sèment dans les églises d'Italie. La sainte réserve destinée aux malades n'était point déposée dans le tabernacle » mais dans un appareil suspendu par des chidnes légères à une crosse de grande dimension peinte en noir , qui se trouvait placée dans la chapelle de Tabside (aujourd'hui de la Sainte-Vierge). La coutume de déposer la sainte hostie dans un tabernacle^ sur le grand autel, est moderne; et dans les monastères surtout , elle n'existait point aux temps de ferveur , où la sainte Eufliaristic pouvait être sans crainte placée sous la seule garde de la foi. Aujourd'hui encore, en Italie , dans la plupart des basiliques , il existe une chapelle, celle dite du Saint Sacrevuent^ qui est spécialement affectée au dépôt sacré.

Le contingent scientifique fourni par Tabbaye de Montierneuf au monument élevé par les mains des laborieux enfants de Saint- Benoit , est assez mince. Cependant cette abbaye compte quatre

■onTiBiNSur.

auteurs recommandciblcs , le moine Martin, chroniqueur et premier historien de l'abbaye, dont les travaux ont été recaeilhs et publié? pnr D. Marteniie, puis Hugues et Richard de Poitiers, auteurôdelacbronique de l'abbaye, publiée par d'Achéry (le dernier a composé seul une histoire universelle dont quelques fragments se trouvent dans le rerum galltearum icripiores) ; enfin » Pierre de Poitiers » seerétalre de Pierre-le-Vénérable , abbé dé Ciuny , grand prieur de Cf tte abbaye , et plus tard abbé de Saint-Martial de Limoges , traducteur de TAlcoran. Il le tradulMt à la prière de ton digne chef, dont il était u adrt ment aimé el qui l'appelait son clicr fils. Prosateur et poêle , Pierre de Poitiers composa lepitaplie inscrite sur le tombeau du fameux AbaiUu d , et après avoir célébré les vertiis et la marche triomphale de Picrrc-ie-Vénérable à travers l'Aquitalno, 11 le défendit contre les poignards dont ïl fut menacé deux ans après par ceux auxquels il venait apporter la réforme et l'exemple de ses vertus.

A l'abbaye de Hontlemeuf était attachée oae paroisse qui comptait avant la révolution 1 ,300 commitniants. Le service paroissial se faisait à l'auLel de la chapelle du fond, aujouidhui dédiée k la sainte Vierge. Le curé était prêtre séculier.

Bâtie au xi^ siècle par Pons, moîue de l'abbaye, ainsi que l'Indique sa signature aQ4His d'une charte précieuse sous ee rapport, réglise qui existe encore aujourd'hui , fut dédiée le 24 1^ vrier 1006, par le pape Urbain II, lorsque ce Souverain-Pootife revint du concile de Glermont, où II avait prêche la croisade eontia les infidèles. C'est ce que constate l'inscription importante que vous verrez dans rinlérieur de l'église, cl pour la conservation de laquelle la société des Antiquaires de l'Ouest a fait exécuter un châssis vitré qui la protégera désormais contre les mutilations des amateurs et des badi||onneurs , races bien nuisibles aux monuments , que Tune veut restaurer et l'autre immortaliser dans ses albums plus on moins archéologiques.

L'église de Montierneufoinre un beau type de i'architectnre maiie pure, unie à celle du xiii« siècle. On doit admirer surtout la largeur de sa nef et de ses bas-côtés , largeur peu ordinaire au XI' siècle, cl la portion supérieure de l'abbide, appelée vulgairement la lanterne , dont les vastes fenêtres » en ogive primordiale »

■OIITIUmBIIF* 117

laissent pénétrer une vive lumière dans le chœur , tandis que les petites fenêtres en plein cintre des bas-côtés édairent la nef et lei traDMepte^d'ttn demi-Joar qui inspire le recaeiUement et la prière.

Ce niBgDlIlqiieeffel, particulier à ees combinaiBonsarchiteetoni* ques, se reproduit admlral>lenient dans Tœuyre remarquable que

construit en ce moment à Nantes M. Lassus , interprèLe habile de Tart chrétien , œuvre uigaiitesquc aussi en plein xix« siècle, et qui fait tant d'honneur a Tinitiative entraînante de M.4'abbé Fournier , curé de Saint-Nicolas.

L*a nef actuelle n*a point la longueur que ie plan primitif luiaaaiguaiti eUe a'éteodait de trois travées encore sur la place actuelle qttila,précède; mais les ravages des protestants forcèrent Tabbé Rouflseao de la Parisière à faire abattre vers 1640 cestifois travées et la façade qui furent remplacées par le pignon et le portail gree que Ton voit aujourd'hui.— Nous ne savons qu'elle était la façade antique, qui ne pût être achevée par le fondateur , dit Thistoire, mais nous sommes sûrsjiu'eUe valait mieux que celle de M. de la Parisière.

L'écusson qui brille au-dessus de ce portail , appartient à la lestauratlon de 1817 » dont nous parlecons bientèt* il représente les armoiries de M. Du Uamel, alors préfet de la Vienne » allié à rillustre fàmllle poitevine des Chastelgner.

Un clocher flanqué de quatre clochetons surmontait le dème surbaissé qui domine le grand autel ; il s'écrouta après la Révolu* Uon , et endommagea par sa chute l'édifice entier.

Pendant la Terreur , Montierncuf avait servi h des usages ignobles, ses voûtes avaient retenti d'un bruit tout nouveau pour elles ; les hennissements des chevaux frappant du pied ie pavé du parvis» et les blasphèmes avaient été pendant ces jours néfastes la seule prière qui eût fait résonner les édios profanés du saint liea.

Mais après l'orgie » lorsqu'à la voix, puissante de rbomme qui sauva la franco » les exilés revirent le sol de la patrie , le Dieu qui avait été exilé comme eux fût offlelellement rappelé dans ses temples. Muntierneuf sauvé tle la deatruclion par les soins de son curé, M. l'abbe Sabourain, fut restituéi non sans peine, au culte catholique ; car il fallut la persévérante ténacité de M. le préfet

118 MONTIËHNËUF.

Do Hamel pour arradier air miotstère de la guearm le heau mo* gasin à fourrogei qu'il diapnta pied à pied aux Joilea exigeDcei du coite et de la religion. A cette époque Tadministratioa mill*

taire avait fort médiocrement le goût artistique et arcliéologique ; on prétend même que les ii aditions de cette époque sontencoorc assez vivantes dans ce corps si emineut.... Ce doit être une calomnie.

Malheureusement , des mains des démolisseurs, le lemple de Montierneuf dut tomber entre les mains des architectes , et alors, c'était à peu près la même chose. Sons les auspices de Mgr comte d'Artois , depuis Charles X, et de son auguste fils» qui fournirent une somme considérable ( 5Ô,(iOO francs ) , Moniiemeuf restauré , comme on restaurait en 1817 , put oiTHr im temple spacieux à la paroisse la plus pauvre de la ville , mais il ne lui rendit pas sa vieille basilique romane avec ses sculptures sévères mais originales , avec ses chapiteaux variés dont vous avez vn de îjracîeui échantillons joncher le sol qui précède le temple. L'ornementation uniforme des chapiteaux restaurés, les oves et les arcs greea remplaçât les feuillages elles entrelacs du moyen âge, les ouu* yaises fresques qui ont la prétenUon de singer de l'arehitecture en relief là où le sculpteur n'a Jamais porté leciseau , les chapelles à rétables et à frontons grecs , tout cela défigure malheureusement cette belle basilique.

Ajoutez à cet aûront moderne celui qu'a reçu le fondateur de l'abbaye, prAce h la ciselure d'un artiste poitevin qui n'a pas craint de graver son nom sur cette tombe quasi-royale» et vous déplorerez le sort qui , restituant au culte vingt aos trop tôt uh monument défiguré , n'a pas pu le placer sous la sauvegarde du pasteur éclairé qui le gouverne aujourd'hui*

Le 8 Juillet 1829 » là sépulture de Guillaume , fondateur de l'abbaye, a été retrouvée après quelques recherches auxquelles présidaient les autorités religieuses et civiles. Le lieu de cette découverte est indiqué par la dalle et rinj^criplinn qui existent au milieu de In crande nef. Le corps du duc reposait dans nn sarcophage en pierre de deux mètres de long , fort épais et creusé à une profondeur de 76 centimètres; le squelette annonçait une taille de 1 mètre 82 cenUimètres. Les restes de» vêtements» les brodequins.

MGNTIËRNEUF. 1 19

la mix anerée placée sur sa poitrine , tout indiquait qu'il aTait été enseveli avec l'habit monacal par-dessus son costume ducal. Les ossements étaient gros , blancs , sains. Après avoir constaté Tidentité du personnage qu'il s'agissait de retrouver, on replaça sur le sarcophage le lourd couvercle qui l'avait protégé depuis 6i longtemps contre l'indiscrète curiosité des hommes.

Ce fut alors que fût élevé, sur le lieu même où repose le duc, le mausolée qui depuis a été relégué dans le coin obscur où on le volt trop encore* Nous répétons avec intention l'expression de notre regret à cet égard , parce que nous n'acceptons point le reproche qui nous a été adressé quelque part au sujet de ce monument. S'il est la repiuiinclion exacte de celui qui avait été élevé en 1013 , ce dont il est fort permis de douter, et nous en douions beaucoup, il nous autorise à dire que l'on a eu tort de ctioisir un tel modèle , et très grand tort , après l'avoir édifié sur la place où il devait s'élever y de-l'exUer là où il n'est plus qu'un non* sens ridicule.

Le calvaire piîtotesque qui cache la nudité du fond du transsept à droite , a été construit il y a peu d'années par les soins de M.

l'abbé Lacroix et de ses paroissiens; lia été solennellement Inauguré par Mgr l'Archevêque de Boideaux, sur la lin de l'épiicopat de Mgr Guilton, évéque de Poitiers, (iSiG).

L'inscription qui se lit à côté de l'autel de la chapelle absidalô de ce même transsept est celle qui constate la mort de René Caille! de Chizé , abbé de Montiei^uf, arrivée le 10 juin 1629* el dont le corps git devant TauteL

Le trésor de Téglise actuelle possède une relique dite de St^ Mare , mais tout porte à penser que les restes renfermés dans ce reliquaire sont ceux d'un des premiers abbés de Montiemeuf, nommé Marc, et non point les restes vénérés du grand évangéliste protecteur de Venise.

Quelques tableaux , qui ne sont pas sans nirritc , décorent Téglise de Montierneuf. Nous citerons celui qui est suspendu au premier pilier, à gaucbe, e^ qui représente les saintes femmes , saint Jean et Nicodème pleurant sur le corps du Sauveur. Ce tableau , mal restauré , parait être de Técole des Carraches. Dans la ehapdle de la sainte Vierge, se trouve une petite toile avec

fond de paysage; elle est de Técole^de Boucher , et représente U Vierge, assise» tenant sur ses genoux FEnfaninlésas qui sembla Jouer avec saint lean. Ce tableau » fort gracieux , est peut-être Toriginal de celui que nous Terrons à l'église St^Porchairet quoique cette dernière composition soit plus vaste et contienne , de plus , les figures de saint Joseph et de sainte Anne. En face de la sacristie , un tableau de grande dimension représente saint François Régis, prêchant la foi chrétienne; à ses pieds, des hommes déposent un moribond que les prières du saint vont sans doute rendre à la vie. Ce tableau de Heindryck a été horriblement maltraité , et encore plus horriblement restauré.

^ Bèiiltel-CiéBéMl. — En sortant du plan de Montlemeuf, nous

apercevons devant nous un bâtiment asses régulier. Une niche avec une statue de saint décore sa façade sur laquelle on lit encore ces mots; Hôpital des reliqicux de la charité. C'était là eo effet que les religieux de cet ordre recevaient avant la révolution les hommes malades et les aliénés. Réuni à V Hôpital-Général pendant la révolution , cet établissement n'en forme plus qu'un avec lui. Cet hospice immense par l'étendue de ses bfttiments construits péle^méle, sans goût et sans aucun plan arrêté, n'ollire rien qui puisse exciter votre curiosité. Il est desservi par 52 sœurs grises, élèves internes, infirmiers et gens de service. On peut y ad« mettre 550 malades. Les aliénés reçoivent les soins qu'exige leur état , dans un corps de bâtiment séparé.

Dans le principe, l'HApUal-Généra! était ce que l'on pouvait appeler un simple dépôt de mendicité pour les pauvres inUrmes qui fut établi en 1657 à VHôpital-des'ChampSp en attendant qu'on eût nn local suffisant. Les bâtiments derHôpital-Généralne fùrent construits qu'en 1680, 23 ans plustard. Des demoiselles séculières ^ soignaient et surveillaient les pauvres que l'on faisait travailler à des ouvrages de laine. Lesfemmes aliénées y étaient admises, mais dans des bâtiments peu vastes et fort incommodes.

Des «ouvenirs religieux se rattachent à cet établissement. Le père Montfort (Louis Grignon de la Bacbelleraye), fondateur des missionnaires du Saint-Ssprit et des soeurs de la Sagesse, homme d'une piété si vive et d'une vie si exemplaire qu'il est aqlonrd'hui

PONT DE ROCHERECIL.

sur l6 point d'être eanoniaéi en fui l'auiiiAiiier êtt 1701. Ce fut an»! lAqoe Mlle Marie-Looiae Triebel »doDt la famille est eneore ai honorablement représentée dans nos mnrs , se plaça sous la dlreetlon du père Montfort et réunit le noyau de pieuses filles quf

devait enfanter Tordre des sœurs de la Sagesse. La maison-mère transférée à St-Laiircnt-sur-Sèvre a cempté jusqu'à 1,600 religieuses qui se vouent an soin des malades, des aliénés dans les hôpitaux, à rinstructioudeâ enfants pauvres et dessourdes-mettes* On voua montrerait encore dans l'hôpital la chambre des deux saints personnages » la croix qui présida aux premières réunions des premières filles de la Sagesse la statue de la Ste^Vierge qui reçut leurs premiers vœux.

Pont de Roeherenll. — En quittant le carrefour de Montierncuf et suivant la rue de Rochereuil , nous nboutirons an pont qui porte le même nom , et si nous voulons connaître le? premiers bains publics construits A Poitiers , nous les trouverons à quelque distance sur la droite, lis sont dus à Tinitiatlve de Tentrepreneur Galland» dont nous aurons occasion de parler bientôt.

Le pont de Rochereull existait déjà avant le xv* siècle, car à cette époque (i486) Ytos Charlet, maire de Poitiefs» fit reeomtmire nne de ses arches qui était en mauvais état. Les eaux du Clin ayant emporté une partie de ce pont en 1561, lors de Tinondation qui fit tant de ravaçes à Poitiers, et étant revenues à la charge en i582, l'extréinité fut emportée. L'inondation de 1604 acheya l'œuvre des années précédentes, de telle sorte que Jean Goguet, sieur de LaRoche-Graton , trésojcier de France et maire de PoitlerSf fat obligé d'y faire de très grandes réparations.

Ce pont a joué un Me fort Important dans le siège de 1569 1 par ramiral de Goligny , et voici comment : Les assiégants ayant fait de fortes brèches vis-à-vis du Pr^ribbetie, côté faible delà ville , la menaçaient d'autant plus sérieusement qu'ils étaient parvenus à mettre à sec le lit secondaire du Clin derrière les murailles. Ce que voyant, de hardis inventeurs d'expédients s'ima ginèrent dcproliter d'anciennes écluses et pales, qui existaient sous les arches du pont de Rochereuily pour fermer hermétiquement le passage à Teau et la faire refluer en amont „ au risque de voir em-

1Î2 PORT DB ROGHBBBOIL,

porter le pool lui-même. Mais conmie dit niistorlea aatiael noua empruntons ces détails , on agit « nonobstant tontes oes remontrances suivant la raison qai dict, que pour la doubte et crainte d'un inoooYénient advenir , il ne faut différer à faire nn œuvre, duquel on volt à Fceil le profit eslrc présent ; » et de fait les eaux en s'amoncelant débordèrent bientôt si bien qu'elles fui nièrent une petite mer- qui décontenança d'autant plus les assié«geants , qu'à la malice de leur jouer ce mauvais tour^ les poitevins, toujours français d*esprit comme de cœur , ajoutaient la malice de dire que « VamiratUé n'avait point d$ pouvoir sur cette mer^là. » Ce fut en vain en effet que ramiral essaya de briser les pales à eonps de canons ; les trous faits par les boulets étaient aussitôt bouchés par derrière avec des planches , des pierres et de la terre amoncelée ; puis bientôt les assiégés s'étant avisés d'attacher au devant des pales de grosses balles de laine en suspens jusqu'à l'enu , <« les coups donnant contre, n*avoycnl d'autre effet que de faire danser les balles ainsi pendues. Toutcela» » ajoute notre Li berge, « arresta mieux Teau qu'auparavant , et leur osta presque toute Tespéranoe de nous pouvoir priver de noire marée par artillerie. »

En examinant avec attention le pont de Rocherenil, on remarque encore les traces des coulisses dans lesquelles Jouèrent les vaones de 16Ga.

Bientôt après une attaque furmidable fui tentée contrôla porte de ville de ce côté; mais repoussés à trois reprises, mitraillés p.-^r le feu du château qui les prenait en flanc , les huguenots furent forcés de se retirer , et cette brillante Journée influa beaucoup sur la levée du siège.

Du haut de ce glorieux témoin de la couragense défense de nos pères, examinons le paysage qui se déroule sons nos yenx. A droite, se sont les IH/bes ou Dunes , ces roches à pie do haut desquelles les Huguenots jetaient aux fidèles catholiques l'injure et la mitraille. Devant nous, dans l'axe de la rivière , un pont nouvellement (onstiuit pour la voie de fer, étale ses courbes gracieuses et brillantes de jeunesse; sur la gauche , les restes mutilés de deux tours accusent l'existence du château fort que Jean, duc de fienry» comte de Poitou , avait reconstruit en 1375, qui vit dans ses murs le roi Charles VU, leanne-d'Are» Riehemond ,

rOIIT GOILLON. —POETE DE PARIS. 123

DoDois > La Hire , XaintraiUes^ noble pléiade , salai de la patrie; ce ehftteaD , après airoir protégé la eité contre ses erniemfs dans

des jours de péril , fut d«îmantelé en 158G par le peuple de Poitiers, sous les yeux du faible Henri 111 : c'était après l'assassinat de Guise, et pendant que Fraoi^is Palustre, ardent ligueur , était maire.

Aujourd'hni , sur l'osplanade faite avec ses ruines, le bourreau exécute les arrêts de la Justice humaine , qui s'aecompllssaient autrefois sur la place du Pilori. Des souterrains donnaient issue , dlsaitH)n , dans la campagne , sur la rive droite du Clin , et c^est au travail incessant des eaux qui les ont effondrés , que sont dus les gouiïres dans lesquels disparaissent chaque année les imprudents qui fte confient au soi incertain d'un périlleux abreuvoir.

Pmé Ciiillloii.— Poursuivons notre route. Ce pont, sur lequel nous traversons la Boivre , A son confluent avec le Clin , bien qu'il soli très récent , porte , dit-on , le nom d'un bon prêtre qui , sens l'intendance de M« Le Nain , avait amélioré ce passage en recUflant le lit marécageui^ du petit ruisseau.

Devant nous , il y a quelques mois à peine , des débris de fortifications icliaieiU le chàleau ;j la porte de Saint-Laiarc [Porte dê Paris] j ils ont dispani. La tour de la Poudrière, debout encore au moment où nous écrivons ces lianes , exi-îtpra-t-eîle lorsqno vous les lires ?«•• Elle vient d'être condamnée, sans pitié pour les souvenirs qtfelle rappelait , pour la glorieuse défense qui honora, qui sauva noe pères, et , faut-Il le dire , sans utilité réelle pour le liiarme des yeux, sans nécessité pour la sûreté publique. La réflexion , cette bonne conseillère des boomies sérieux la sauvera.

■»0rte de Paris. — Cette porte était établie à peu près là où se trouve la petite entrée qui passe sous le chemin de fer, dans Taxe de la rue de la Chaussée. fc.lle s'appelait autrefois porte do SaifU'Laxare ou de Saint Ladre, du nom d*une maiadrerie ou léproserie, sise près du faubourg, dont les revenus furent réunis à l'Hèpital-^jénéral de la ville de Poitiers , par arrêt du conseil du roi du ai Janvier I69& , et lettres patentes enregistrées au parlement de Paris le 6 Juillet 1696.

134 01 LA MMITS OB PAM8 AU GRAMll-StallAimB.

Les lépreai qui étaient plaoésiouB lemitronage de saint Laïaie, étaleol volgairement désignés sous le nom de Ladru , et leor pt* tioii était aussi nommé indifféremment Saint-Lasare on Saint- Ladjre.

Le faubourg attenant à cette porte a^alt hérité de son nom,

mais il était aussi appelé quelquefois faubourg Bellouard, Il avait été donné en 1210, par Alphonse , comte de Poitiers^ à l'abbaye de Montiernewf.

La principale porte actuelle a été construite sur remplacement de tastes Jardins , derrièie les malsons qui bordaient la route da Paris.

Suivons la nie de la Chaus8é$ dont le nom s'explique fort bleoi Mns qu'elle ait été vole romaine; les moulins nosdbrenx situés

en aval et la masse d'eau qui, venant des étangs de Montierneuf et de Saint-Hilaire, pressait de son poids cette véritable chaussée ^ sufllsent assurément pour contenter un étymologiste pas trop exigeant. Ne tournons point àdroite sur le boulevard (!u Grand-Cerf, à moins que vous ne désiriez aller requérir à la Poste situéeà quel' ques pas de là , un cheval de renfort , qui en vérité ne serait pas de trop pour nous faire gravir les rues à pie qu'il nous faudra par* courir.

Evitons aussi de pousser trop loin en ligne droite ; la ligne droift

nous conduirait aux Ti ois-Rois , et comme celle rue n'a pas repris son nom de 1793 {les Trois Tyrans) , elle cboquerail peutêtre nos sympathies; tournons donc brusquement à droite pour nous trouver en compagnie des Trois-Fâtureaux, DesPàtureaux, cela vaut beaucoup mieux» cela est moina compromettant; des Pàtnreaux j ce sont des bergers des cbampa » palasant de blanea moutons ; Ils est vrai qu'ila les tondent , qu'ils lesmangent mènie aussi quelquefois ; mais que voulea-vous , jusqu'à nouvel ordre les moutons seront tondus et mangés à moins quMls ne mangent lespâtureaux.... Kt ce serait assurémenl bien leur tour, diront bientôt les naturalistes, quand il y aura des Daluroliâtes de k nouvelle école.

Suivons la rue de la Latte des Orbaux en 1401, de Tranche pied en 1491 , et enfin de la La^e d'Or ou simplement delalalla). Voici à gauche la rue du MouHt^à-Vwi qui a sans doute pria son

IB «lAIIDrttellAmt.

nom de l'enseigne d'une auberge qui eiistait dès 1681» époque à laquelle Abraham Golniti, auteur d'un livreintilulé Ulysses Bel^ gico-gallictu et publié à Leyde , passa par Poitiera et log^a en cette auberge pendant trois Jour»*

Ce tonriate HoUaodais nous a laissé dans son ouTrage une description de Poitiers et de ses curiosités » qui n*est pu sans Intérêt. II n'est pas toujours exact , mais 11 Test beiiucoup plus que la plupart des voyageurs anciens... et modernes. Il 8*applaudit , comme si c'était chose extraordinaire , de n'avoir point été inquiété par les écoliers, qui alors étaient peu courtois pour les étrangers. Ils avaient , il est vrai , autre chose h faire en ce temp?-là ; ils se tuaient entr'eux, ce qni leur ût interdire l'usage des araies«Aujour'd'hoi les étudiants de Poitiers n'insultent point les étrangers , Ui font bien ; ils ne se tuent point , Ils font encore mieux.

VIs-à-Tis du débouché de la rue qui a donné lien à cette petite digression , se trouTalt une maison partienllère où était logée ÉYant la révolution la maréchaussée. Cette gendarmerie d'alors n'avait point à cette époque de caserne. Nous allons trouver bientôt sur nos pas celle que la révolution lui a faite.

I«e C^rABcMémlnalre autrefois lea tormélitefl. — Ce mo-> nnment fort Important est situé dans la rue det Carmélitei^ qui prit 8on*nom des pieuses filles de l'ordredu Garmel , qui tinrent y habiter en inao. Elles aTaient !Élt demander le 32 avril 16)9» la permission de s'établir à Poitiers $ elles l'obtinrent et en profitèrent pour y construire leur monastère. Elleà furent aidées dans cette Œuvre par la muniftccncc de la reine. C'est ce qui explique le gra nd i ose des c/>n s t ru cl i o n s et notamment de la chapelle que nous vous conseillons de visiter.

Elle est en elfet remarquable en son genre , qui n'est pas assurément celui que nous préférons pour les édifices religieux , mais qui peut être apprécié à un autre point de Tue. Elle a été con-* atmite sur les plans d'un architecte italien nommé LeduCf mali plus connu sous le nom de Toicane ; on y lit l'inscripilon suivante placée par le? soins de 1 ancien supérieur (Mgr Cousseau , aujourd'hui évéque d'Àngouléme).

1)6 LB GaAMO-S^HAlRB.

Noos la reproduisons, parce qu'eUe résaoïe Thlstobre da monu-

ment.

HUJCS TEMPLl SmULQUS MOXASTEUil VIRGINUM DE CARMELO

LAPIDEM PRWARlUif »

A 61LII. GLEEEMBALDO BP* PiGT« BBNBDICTO* »

POSOIT BBX tUDOVlGUS XIV COM HATRB SUA ANNA AQSTRIACA »

GON^UCB MARIA THBRBSIA IT NOltAS ANIfO H]lCf.X.

TF>n'Ll M IPSLM ANTONiCS CIKARD, tHISCOPUS l'ICTAVIEWSIS , III NONAS JVI U AN>0 MDCIC, D* 0« M» Ui HOHOREM B* MARliE VIRGIRIS»

BOLBHKITEE BEDIGAYIT :

00ai> PORTBA , SQB FINBM SEQUBIITIS SCCVLI ,

ORTA TRIBÙlATIONB MAGNA , ^ POtSIS YtRGINlBOS 8AGRI8 »

TASTATim AG DI1I VIOLATUM , THANQUILLIS TANDEM TEMPORIDCS , REGIS LTjnOVICI XVHI MUMFICENTIA RESTAURATIS hTQVE A'«1'L!FICATIS MOKASTERIi ^DIFICUS INDUGTISQOB GLERIGIS SEMINARIl COM S. THEOLOGIiS MAGISTRIS.

ET EBGTORE RBT. B. MIGHJBLE MBSCHAIN , EEGONGILIAVtt SACBISQDE RESTITOIT »

ItL*no« AC REVmii» n. j« b. DE BOOfLLÉ BP. PICT» XVI XAL. DEGEM^RIS ANNO HDCCCWIV.

Dominn tuam Decet sanctitudo. Domine.

Le 5 Juillet 1660 , Louis XIV revenant de la frontière d'Ëspagoe «ree sa mère Anne d'Autriche et son épouse Marie-Thérèse , posa la première pierre de ce monument» laquelle fut hénilepar Gilbert de Clérembauld » évéque de Poitiers et dédiée par Antoine Girard»

LR GaAND-SÉMlHAlRB. 127

évéque de Poitiers , le 5 juillet 1699 , sous Tiovocation de la sainte Vierge. Cette chapelle fut piUée ei profanée pendant la révélation et divisée en plusieurs étages pour servir de salles et de dortoirs aux hôtes du dépôt de mendicité du département de la Vienne , établi dans Tancien monastère des Carmélites. Après la Restauraratiuiî , le concours du loi Louis XVIII et le zèle du clergé lui restituèrent sa splendeur primitive , et elle fut réconciliée par 5tgrde Bouille , évéque de Poitiers , le 16 novembre 1824.

Avant la révolution , le Grand-Séminaire était établi comme nous l'avons vu dans les hàtiments qui forment aujourd'hui VH6^ teî-IKett. 11 était tenu par les Laiaristee.

Avant d'entrer au Grand-Séminaire » les a^iranls au sacerdoce passaient un peu plus d'un an dans le séminaire de St-Charles ou Pelit-5^mtnairc, également tenu par les Lazaristes , et où ils n'étaient admis qu'après doux années d études théologiques. Ils restaient au Grand-Séminaire trois aimées et suivaient, en recevant les ordres sacrés , les cours de théologie aux Jacobins. Le Grand-Séminaire n'admet aujourd'hui que les élèves qui ont fàlt nne année de philosophie , et au )K>ut de trois années Ils peuv^t être ordonnés prétrea. Le Grand-Séminaire possédait pour maison de campagne le PetU-Châuau, aujourd'hui propriété particnlière, situé près deSt*6enoit, à 5 kilomètres de Poitiers. Sa maison de campagne actuelle e^t située à Mauroc, un peu au-delà de ce bourg.

Pendant la terreur, le troupeau fut dispersé, mais il se réunit après la tourmente , et grâce au bon vouloir d'un gouvernement réparateur, les anciens bâtiments des Carmélites furent restaun'B, agrandis, complétés par une aile toute entière , et ils purent recevoir avec honneur les Jeunes lévites , l'espoir du sacerdoce*

Il est à d^irer aujourd'hui que les nouvelles voles d'accession projetées n'altèrent en rien ni le caractère ni la destination de cet établissement. Indépcadamment dos d» penses énormes qu'entraînerait une translation qu'une simple mutilation pourrait rendre nécessaire, il est, à notre avis, des considérations élevées devant lesquelles doivent s'efiacer des intérêts d'un ordre inférieur.

La bibliothèque du Grand-Séminaire n'a pas seulement donné un asile à la Gramf Crueult» dont nous voua avons parlé à la page

128 LE G1IAND'SÉMINA1I1£.

84. Elle pourrait offirir mm à votre examen , dans sa colleetkm de neuf à dix mille Tolomee , on bon nombre d'ouvrages de valeur peur les étades eeelésiastîque». On y admire sortoot deux

superbes mannscrits de la fin da xv* siècle.

-Le premier, très fort vol. in-4®, est un bréviaire selon l'usage de réglise du monastère de la Trinité de Poitiers. Tncipit hrevick^ rium secundiltn usum ecclesiœ monasteni Truntatis pictcbv,

11 a été écrll par les soins de dame Anne de Prie , nommée abbesse de ce monastère en 1484 , morte en I50a. Aussi l'écrivain a*i-ll mis en téte la vie de sainte Anne » mère de la sainte Vierge.

Ce bréviaire eontient en encadrement vlngt^duq mlnlatureo délieleuses» sans oompter les légères et cbarmantes vignettes qoi en ornent presqhe tontes les pages.

Il est mentionné expressément par l'auteur de la Gallia cHmtiana (II, 1308) en ces termes : Es^tat in hoc monasteTw brevia^ rium ejus (Anna de Prie) curd eleganier scripium.

L'autre manuscrit est un missel poitevin in*f(d. dont nous ignorons l'origine.

Les miniatures d'encadrement, qui sont nombreuses» offrent pres^ partout la grotesque satirique que nous trouvons lepnH dnite sur la pierre dans nos églises de la rême époque* Les deux miniatures en pleine page qui précédent le canon de la mesao sont d'une véritable beauté, filles repiésentent , à gauche, Jésus attaché en croix, avec les principales scène de la Passion en encadrement , et, à droite, le triomphe de la lui nouvelle sur la loi ancienne.

11 est un autre dépôt auquel le séminaire de Poitiers attache avec raison un grand prix* Nous voulons parler des précieuses reliques du vénérable Comay, ancien élève du séminaire , d'uù il partit pour aller cueillir dans les missions du Tong-KIng la palme du martyre? (1S31) Ces reliques sont conservéesidansla cellule du défenseur de la foi , que l'on réserve religieusement ; et ce sanctuaire, vénéré par les successeurs du généreux apôtre, n'a pas été étranger &anâ doute aux. nobles dévouements [qui ont honoré depuis quelques années notre diocèse.

Au séminaire est annexée depuis 18'»C) , VEcole Cléricale ^ située auparavant sur la place de rfivécbé* C'est un externat do

LA «mAEttRlB. — LA MB Mim. 129

quarante à cinquante enfants qu'on forme à la piété, aux exercices du culte, et à qui on donne IMnslructlon correspondant aux classes de grammaire jusqu'à ce qu'on les envoie au Pelât*» Sémioaire de Montmorillon.

Cteateraserle. — Elle occupe une partie des MUmeuts de randen oHmagtôre desi Fî<l«f-ito-J!rolre-I>ame, que nous avons Tues établies au|ourd*hol sur remplacement de Tantique abbaye

de la Trinité (v. page 1 38). Le reste des constructions a été démoli pendant la révolution. Ces religieuses les habitaient encore en 1792; mais à cette époque, le 9 avril , ayant refusé de se présenter, selon leur coutume , sur leur lerrasst^ au moment du passage de la procession , qui se faisait à l'occasion du miracle des clefs (voir Tarticie de Sotre-Dame-la-Grande) , et d'y cbanter le cantique Regina Cmli; ce refus, justement motivé, du reste, par le désir de ne pas faire acte d'adbésion au clergé eonsUtutioimd qui fUsait la procession , provoqua une émeute violente. Malgré les efforts de la municipalité et Tautorité des magistrats , le eoavent ftit envahi et Témeate ne s'apaisa qu'avec la noit. Il est permis de douter que les braves qui fueiiL cette journée , osassent , s'ilé existaient encore , en tenter une deuxième édition contre les hùles actuels de Fancien monastère,

I.» rue Meave. ^Tournant à gaucbe , en quittant la rue dtt Carvf^litê$ , noas suivrons la rue Neuve.Eile méritait, il y a 46ns siècles, ce nom , qui ne lui sied plus aujourd'hui Elle lut commencée avant 1611 , et elle fut terminée avant 1616. Elle est dé* signée dans quelques titres sous le nom de rue du Minage , sans doute , parce qu'en 1626, sous la mairie de Charles Irlande sieur de Beaumont , lieutcnant-ciimincl, le minage qui se tenait au bout de la rue de la Regratterie fut transféré dans la rue Neuve , vis-à-vis de la mairie , d'où il a été établi plus tard près des Halles , où il est encore.

Tout en vona racontant Thistoire de cette rue , nous sommes anivéa nous-mêmes aux lieux où se réunissaient en 1626 les provisions de la cité.

Si vous n*avtt pas peur d*un nom qui a épouvanté de petit»

1^ LA nos RimnE*

hommes d'Etat et de grands Journalistes ; si vous ne craignez pas les terribles vengeances dont un romancier trop célèbre racontait naguère les excès impossibles; si vous ne croyez pas aux ogres en un mot , permeiUz que uou& vous disions que là , dans cet enfoncement Bur notre gaacshe» àan9 17 » il y a une maiMms de RR. PP. Jésuites..*,

Arrétona-Doae malntenaDt : ne voyei-voas pas iAoorporé avec la maçonnerie d'une maison sltnéeà gaache et qui forme le coin de la rne , nn petit monnment eomposé d'une pyramide avec son dé et

son soubassement? Un bas-relief mutilé décore la base; vous y apercevez , malgré les traces des coups qui l'ont défiguré , un évêqiîc bénissant, un enfant, un baquet.... Laissons ;> notre annaliste Bouchet le soin de vous raconter l'événement miraculeux que la reconnaissance des Poitevins voulut transmettre à la mémoire des générations futures en l'honneur du saint évéque HilairOt le grand docteur de l'église.

« Le lendemain , ou deux tours après , saint Hllaire alla visiter les églises de la Cité , et en allant par les rûes , estott sulvy de tant de peuple, qu'A peine on le ponvoît voir , car il n'alloil sur mullc ne cheual. Kt une femnit' , qui lois dcrneuruil en viic maison , ii présent assi-c douant les grands Escollc8;et maison commune des Seigneurs de la Ville , sç-acbant qu'il passuil douant saditte maison, ainsi qu'elle baignoit vn sien petit enfant de laict» le laissa en la balgnouëre » par l'ardent désir qu'elle auolt de toir S. Hllaire. Et au retour» qui fut incontinent , trouua son enfàttt noyé et mort. Quoy voyant s'escria à haute voix « en disant : Ra I mon Dieu » faut-il que je perde mon enfant , pour auoir falct un bien ! Et en vne rage de deâil print son flis mort entre ses bras , couuerl d'un petit linge, et le porta après S. Ililairc , auquel ainsi qu'il arrinoit à ?on logis, déclara le cas et accident, le priant en grande foy et espérance qu'il priast Dieu que son enfant receust vie. Sainct Hilaire , vt)yant la douleur de la pauure mère , qui n'auoit que cet enfant et sa très-grande foy, et aussi que l^enfent estoit mort pour la grande affection que la mere auolt eu de le voir , se mit en oraison , où il fut assez longuement en pleurs et larmes» prosterné contre terre. Et luy qui estoit d^anclen aage , àete leva lamals que Dieu n*eust» à sa prière , Tenfant ressoaclté»

LA RUE MEUVB. — 1ldTEii*DE-YILLK. 131

lequd il bailla à sa nere tout iFif » et prenant la laict de aa mammelle deuant tout le peuple , dont chaetm par eabahlsscmeot rendit grâces à Dieu « et à saiDot Hilalre. »

pyramide fàt élevée en bant de la rue Meute en fliee de l'é-

clicvinage, eii IGli., suus la mairie de Pierre l'iduux de ^lalaguet, et Ton y plaça le bas-relief qui icprcseTite le sujet du récit de T^onclipt. Ce 'bas-relief était alors protei;!' par un crillage, et un auteur prétend que le tout avait été trouvé dans la maison où s'était fait le miracle. Ce qn'il y a de plus sûr , c'est que cette partie du monument est de beaneonp antérleore à rérecftion de la pyramide » et elle dépendait pibbablement d'un moniunent plus ancien. Nba pères racontaient que le grillage fort serré qui était placé sur le bas-relief y avait été mis depuis qu'un ivrogne avait été puni par la privation de son bras des mutilations dont il s'était rendu coupable contre le monument, objet de la vénération pa- Itlique. Nous ignorons à quelle époque la pyramide , qni gênait sans doute la circulation , fut inc(n:poréeavec la maison où elle se trente* Les vieillards les plus âgés nous ont affirmé qu'ils Tavaient toujours Toe où elle est. Fut-elle déplacée lors de rétablissement du minage ou plus tard » nous ne saTons. Cependant , nous aommes portés à erMre que cette pyramide est bien la eoUmne dont parle Golniti , et qu'il vit en f631 , pre$qu*w milieu de la ville ^ portant cette iiucriptioii en latin:* A saint Hilaire ^ évéque de » Poitiers , le défenseur le plue fidèle ^ le plus assidu, le plus » certain de notre cité. »

£t, puisque l'occasion s'en présente si naturellement, permettez , chers lecteurs, que nous exprimions à nos concitoyens un vœu qui tronyeraderécbodanslearscoBurs, «au moment où leseitésetles

bomrgades de France s'empressent àl'envl d'éleverà des hommes » d'une Tideur sonTcnt fort contestable, des monuments et des » statues , pourquoi la ville de Poitiers ne Jolndralt^élle pas rex- » pression de sa filiale reconnaissance à Tticlatant hommage qui » vient d'être reiulu au plus saint de ses pasteurs, au plus illustre » de ses eufautsi* »

■èSol^e^Hle. ^ En apercevant sur cette façade dépourvue ae style et d'ornement » ces mots BéteU^e-'Ville « wm ne

TOUS douteriez point assuréinciiLque les bâtiments plu s maussades encore qui complètent cette triste c^mtruction aient pu contenir autrefois toutes les choses importantes qu'ils renfermaient. 11 est liien certain que c'est un frontispice peu brillant pour uo grand d beau lim. Nous n'avoiiB Jamais prétendu le ooniraîre , nonoba* tant la destination à laquelle il teH affecté et qui poovalt assurément se prêter à quelque chose de mieux. 11 fut décidé en 1767 queVentréede THMelHle-VlIle serait démolle et remplacée par un nouveau portail, dont les dispositions seraient telles qu'il pût recevoir Tancienne horloge qui menaçait ruine et qui fut en eflfet démolie peu après. Nous verrons bientùt l'histoire de ce monument populaire. Cependant ce ne fut que le 12 thermidor an XII (3 juillet 1804)» que M. Bourgeois, maire de Poitiers, posa la première pierre du nouvau portail qui reçût après, en 1846, T^toge réifuliUriee si nécessaire, a-t-on dit, • pour conjurer Fanarchie constante qui léguait entre toutes les hoitops delà ville* »

Saisissons à la volée cette réfleiion qui constate lo néensité éTun régulateur pour conjurer l'anarchie, et, sans trop nous y arrêter , danb la crainte de quelque mauvaise pensée , pénétrons dans Tenceinte municipale.

C'était là que la commune de Poitiers , et plus tard VUnivenUé et la librairie (bibliothèque), se trouvaient fraternellement léunieSt

Parions d'abord de la commune. L'institution de la commune de PoUiers, l'une dcb plus anciennes de f tance , remonte à Ali^ nor d'Aquitaine. La V charte est de Tannée 1199, confirmée plus tard avec accroissement de privilèges par Pbillppe-Augaste en

1204, 1214 et 1322.

Ou possède la liste complète et sans lacune des maires depuis RobertrRégnault (1213-1216) jusqu'à nos jours. Cette liste cx)mprend 403 maires, savoir : 379 élus et réélus suivant le mode primitif (de 1213 à 1692 et de 1718 à 1769); 3 maires perpétuels (de 1693 à 17 17) , en vertu de l'édit de Louis XIV qui en 1692 ren- , dit ces fonctions liérédltaires et vénalesj 2 nommés par le nil(de 1773 à 1790); 6 élus suivant les formes prescrites parla loi du 14 décembre 1789 ; 8 présidents de radministration municipale, et II nommés par le dief du gouvernement. La noblesse avait été accordée aux mairm etéchevins de la ville de Poitiers dès laîà par le roi Gbarles V. C'était une juste récompense des services

BÔTEL*DE-TILLB»

rendus par les hommes auxquels étaient déléguées ces rudes fonctions , à une époque où il fallait joindre à l'énergie du caractère, rinfluence qui ne s'acquérait que par une supériorité bien justifiée , et où la responsabilité était si lourde que quelques-uns dûreni payer delear iéte le trop dangereux honneur de commander anx autres, fin 1667 Louis XIV révoqua les privilèges ainsi accordés aux maires et écbevins de toutes les villes du royaume; mais il est assez remarquable qu'un arrêt du conseil du 4 janvier 1685 . excepta de cette mesure générale les maires de Poitiers, qui durent néanni.nns être élus 4 années de suile pour avoir droit aux privilégies îKiliilinires ; puis au mois de mars 17G5 une nouvelle mesure, contre laquelle le corps de ville prolesta vivement et qui resta par le fait sans exécution , abolit complètement le privilège de noblesse. La Mairie fut établie en titre d'ofïlçc avec la noblesse après 20 ans d'exercice. Mais Vofàca n'ayant point été levé , un brevet du roi du 16 mars 1173 imrestlt M. Pallu dn Parc des fonetions de maire avec obligation de remplir cette charge pendant 10 ans pour obtenir des lettres de noblesse, qui loi forent du reste accordées en 177 i, en rai?^on de ses services et de ceux de sa famille.

Dans l'origine, le maire, les douze échevins ou ;?air^, et les douze conseiller son;wr('y, étaient réélus chaque année (chartedePhilippe Auguste de 1222). Cette élection avait lieu le i^^^M endredi après la St-Jean-Baptiste , et rinslallation du maire se faisait le jour de St-Cyprien (14 Juillet). Ces 25 élus formaient le conseil de ville qui expédiait daris ses séances hebdomadaires les affaires courantes» Les vingt'icinq réunis aux soixante-quinze bourgeois s'assemblaient tous les mois ; c'était ce qu'on appelait le meii et teni où se traitaient les questions majeures. Le maire ne pouvait étfe choisi que parmi les (^chevins ou les bourgeois, ei le^ échevins à leur tour ne pouvaient être pris que dans les soixanie-quin^ie boun:co!Bl. Comme on le voit, c'était tout un système de représensentation municipale qui doit prouver aux constituttonneî? le? plus purs qulis n'ont rien inventé en ce genre, et que c'est bien avec raison qu'on a dit ces mots profonds : « ce n'est pas la liberté ( la bonne» la sàge) qdi est nouvelle en France» î^Le corps lie vftUe de Poitiers avait ses armoiries particnllères qui différaient de pelles .. de la ville elle-même; les voiel : If argent au liom rampani de '

gueules y à la bordure de sable chargée de seixe hetants (Tor, au chef de France qui est dastut à 3 fleurs de lys (for.

Ce chef de concession aux armes de France rappelait les ioaf6> nirs de fidélité de la Yille à ses rois et à sa nationalité et la reeon- Datosanoe de ses soaTeratns. Les armes de la ville étalent «Tajnir à la vilU émargent » à Irotf fUurt de lye «for en chef poséee en fasee, ( Cest encore le chef de conceséion aux armes de France.)

Autour de la cour de VlIôtel-de-Ville, à droite, se trouve Tancienne chapelle ou aumônerie de l'échevinage construite» ainsi que la librairie ou bibliothèque qui se trouve au-dessus, en 1460.

Aujourd'hui cette chapelle sert de magasins aux châssis et aux toiles sur lesquels la détremj^ ofllcielle célèbre périodiquement par des eoudies sucoessiTes les couches successives des gonvir» nements dont la chère capltale.dote les provinces élwhles. Elle ollire aussi un asUe à la très pacifique artillerie de notre garde nationale et aux paniers à eau , trop souvent guerroyants de nos sapeurs-pompiers.... Ainsi là , sous Tabri tutélaire de ces voûtes bénies , on pourrait dire que Veau et le feu, ces deux ennemis terribles, vivent côte à côte et en paix. Que n'en est-il ainsi de t(Mis les ennemis en ce monde , et pourquoi ne viennent-ils pas , après tant de malhenrsi se donner sous les dûmes élevés au même Dieu » le baiser de la vraie fraternité.

£«f frureaiM de {a fN»liM sont an coin de la cour à gauche » ceux dtff pompes fuMrêe un peu plus loin en retour d'équerre. Noue ne vous souhaitons nullement d'être volé, encore moins d'être malade; mais si cela vous arrivait par hasard... prenez toujours note des renseignements.

HèTEL-DI^TILLI.

La salle de la mairie était placée à l'étage supérieur au-dessus de la chapelle; c'était primiiivement la librairie ou bibliothèque construite eo 1460; on y montait par cet escalier à tïs qui y conduit eacore. Aujourd'hui , le cabinetdu maire» la salledes mariagei et lies réonionado conseille secrétariat et une partie des bureaux oœupeat les ItâUnnents autrefois affectés à raniversité. Le reste 4es bureaux (bureau militaire et bureau de Tétat civil) est au retde-cbaossée, on y arrive en passant sous la vis de l'escalier.

11 est question cirpuis de longues années de la reconstruction de cet Hùtel, qui est en vérité itisuliisant pour les l)esoin8 de l'administration et indigne de t'importance delà ville ; mais toujours des difficultés graves, des besoins plus pressants out fait ajourner ce projet dont la réalisation honorerait un administrateur. 11 est ml que là comme ailleurs règne le provisoire, et pour que tout soit en harmonie parfà'ite » le monument qui le eoune reste aussi*., provisoirement.

■«'niVenilSé, ainsi que nous VaTons dit, vivait en parfait âoeord avec Messieurs du corps de ville. Etablie à Poitiers par une bulle du pape Eugène IV, du 29 mai 1431 , et p«nr lettres patentes du roi Charles du 16 mars suivant , elle se composait des quatre facultés , de théologie , de droit civil et canonique , de médecine et d'arts. Les professeurs étaient à juste titre fort renommés, et c'était auprès d*eux que' des contrées lointaines on venait chercher à grands frais le savoir et rinstrucUon qu'ils donnaient à leurs nombreux élèves. Des hommes éminenis sont sortis de l'université de Poitiers; ses chaires forent briguées parles plus granils maîtres, et dès le règne de Louis XII elle était fiéquentée par plus de 4,000 écoliers venus de France, d'Allemagne , d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande. Lesanciensauteurs ont caractérisé par ce qu'ils appellent leurs impedimenta les écoles du moyen âge. Celles d'Orléans avaient leurs danseurs » celles d'Angers leurs hrayards, celles de Paris leurs crottés^ ce qui, par parenthèse, indique asseï que de tout temps Ui boue a régné en maîtresse dans la capitale de la France, bien digne sous ce rapport de son nom latin lufelta, et de l'une des deux étymologles qu'on loi donne.

Les écoles de Poitiers , mieux pnrlnizccà dès lors et préludant par des Jeux pacifiques aux luttes sociglantes qui plus tard les ml- ^

136 b6tel-de-ville.

reiil en si triste rcnon , avaient alors leurs flûteurs et joueurs de paume. Ce dernier jeu était fort en vogue à Poitiers , et le nombre des etablissemeotâ desUoéâ à le favoriser était réeUcmeot très considérable.

Led premiera exercices de runiversité se firent en 1431 dam le oouveDt det Jacobins (v. à ce mot), qui fut regardé depuis Ion eu quelque »orte comme le chef^lieu univeraitaire. C'était là que se faisaient lescours de théologie ainsi qu'au collège de Ste^lfar* tlie; les actes ponr les grades avalent lieu comme noua TaTHoa^u dans l'église paroissiale de Ste-Opportane,

Les cour» de la Faculté de droit se faisaient dans la salle dont on a fait depuis la grande salle de rHôtel-de-Ville. La chambre du conseil des professeurs se trouvait vis-à-vis. Nous aurons occasion de parler plus loin avec détail de l'Ecole de droit et dea autres Facultés.

Ce fut de 14^7 à 1450 ^ne fut construit le corps de liâtlnent « long de 90 pieds et lai^ de 25 « qui renferme la grande aallo et les bureaux, le long de la rue Rousturière ou rue TerrUrê , qui

prit sans doute bientôt après , àcause des écoles établies dans cette vaste construction, le nom de rue dés Grandes^Ecoles ^ qu'éllQ

porte encore.

L'université de Poitiers avait pour chancelier né l'abbé de St- Hiiairo. C'était lui qui» sous l'autorité du recteur, recevait le serment des gradués et leur délivrait les lettres (diplômes).

Le conservateur des privilèges apostoliques de l'université éUdt Fabbé de Hontierneuf ^ ainsi que nous l'avons dit*

Le recteur était le chef du corps ; 11 était nommé tous les ans, et on le prenait successivement dans chacune des facultés et par raui^ d'ancienneté. Chaque faculté avait sua doyen. Les olliciers de l'université étaient un avocat général, un procureur général et son substitut , un secrétaire général , un receveur général , un avocat et un procureur. Les secrétaires de ces facultés étaient aussi comptés parmi les officiers de l'université, et avaient même le pas sur les deu\ derniers désignés*

La cloche de l'université^ qui annonçait les thèses et les céré- . monies relatives aux études^ était placée dans le clocher de St^ Porchaire , où elle existe encore* C'est là plus grosse. Nous entre-

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