ASCENDET
Les prédictions vont s^accomplir; on ange annonce à Marie qu'elle sera mère et que d'elle sortira le rameau de la tige de Jessé que ron volt luinnèmisaceroupl, la tâle ceinte de racines, d'où s'élève une tige oonronnée d'un lys. Le calice de cetla fleur brillante sert lui-même d'appui à la colombe » emblème de l'Esprit- Salnt. Cette tige , signe du salut , est adorée par les gentils, que représente un chevalier dont le buste a été mutile au xvi* siècle.
N0TIIE-1>AMB-LA-GRAMDR«
A droite du cintre de la porte, la sculpture représente la scène de la Visitation. Nazareth et Jérusalem sont presque sur le même plan, et la cité De se dîsUngae de rbumble village que par ses tours, ses murailles et par son temple, au sommet duquel brille par anticipation la Croire du Fils de THomme.
Plus loin « la Vierge devenue mère est couchée dans son lit, d'où elle tend la main à son fils , rcpo^^iuil dans la crèche et sépaïc de l'ànc et du bœuf par une simple claie. On n'aperçoit que leurs têtes dont le souffle semble réchauffer le nouveau-né.
Aux pieds du lit de la sainte Vierge, deux femmes plongent l'enfant dans un vase en forme de coupe et lavent son corps. Cette scène par trop naive a été reproduite quelquefois dans les vignettes des manuscrits du moyen âge.
Ce personnage assis , la tète appuyée sur sa main droite et der« rière leqael se dresse une petite colonne ornée d'un cordon de perles qui serpimte autour d'elle et lui donne l'aspect d'une colonne torse, ce personnage dans l'attitude du recueillement, est sans contredit S. .îopeph , dont la flgurn se trouve toujours mêlée dans l'iconographie chrétienne à ces scènes des premiers instants de la vie du Sauveur* On remarquera même qu'il y a beaucoup d'analogie entre sa pose et celle qui lui est attribuée par les grands maîtres dans les innombrables Saintes Famillet dues aux pln- .eeaax les plus renommés.
Nons ne citerons pour exemple que l'admirable tableau de Raphaël.
Au-dessous de ce personnage, deux autres s'embrassmt avec elTusion ; c^est sans doute la traduction de ce verset bien connu du p^ume 64 :
Misericordia et veritas obviaverunt sibi, JusUtia et pax osculatœ sunt»
SI Ton objecte que l'un des personnages symboliques porte one figure virile, puisqu'il est incontestablement barbu, nous dirons
avec M. Lec^intre, qu'il n'est pas étonnant qu'un artiste imbu des traditions byzantines ait symbolisé sous les traits d'un homme,
la Miséricorde, dont le nom grec ^'^•f est en effet du genre masculin.
182 llOTaB-1>AIIB-LA.<-6RANDB.
0aii8 nne note manuscrite qu'il nous acummuQiquée , M. Lecointre propose une autre eiplication. Pourquoi ne verrait-on pas fiouB ce personnage assis , le père de l'Enfant prodigue. U attend le retour d'an flls égaré dans les bras duquel il va 8*élancer dèa
que ce fils chéri, malgré ses erreurs, reviendra chercher un asile
sous le toit paternel.
A rétage qui domine immédiatement la frise , les huit arcades ou niches ciulrées renferment huit slaiites assises; l'étage supérieur contient six arcades renfermant autant de statues dehout«
Aux deux extrémités de cet étage» deux personnages décorés des attributs de l'épiscopat représentent sans doute saint Hilaire^
le grand docteur patron, et saint Martin» son disciple , le \ 1haiim;ilnrge des Gaules, qui fut pendant longtemps simple religieux, à Ligueé , près Poitiers , avant de monter sur le sit-^e de Tours. Puis à gauche de la fenêtre on «per(:oit saint Pierre, le chef des apôtres , au-dessous de lui saint Jean , le disciple bicnaimé » et saint Matthieu , placé le deuxième à droite. Ces trois personnages se distinguent aisément : le premier aux clefs , symbole de la puissance qui lui a été conférée par son divin maître » le second à ses longs cheveux , à sa forme féminine , le troisième au phylactère et au livre d'évangiles déroulé, qu'il tient dans ses mains, comme saint Jean, pour indiquer qu'ils réunissent au titre d'apùtre celui d'évangéliste. Les neuf autres statues représentent les neuf autres apôtres.
Puis» au-dessus de ces scènes religieuses et de ces personnages honorés par la piété des chrétiens, dans ce fronton triangulaire à pans coupés» décoré d'un appareil en disques et de Vapui^reUcn^ latum , brille, au milieu d'un ovale qui forme comme une sorte d'auréole glorieuse , le maître et dominateur de toutes choses , Jésus-Christ, entre le taureau , Taigle, l'ange et le lion , svmhoks des quatre évangeiistes , entouré de fleurs , d'étoiles , des astres du jour et de la nuit, des chœurs d'anges et de chérubins» <|ul c^èbrent son triomphe.
Ainsi » dirons-nous avec M« Lecointre» et nous ne pourrions mieux dire» dans ses différentes divisions» la façade de Notre- Dame nous montre » sculptée » toute une histoire de la religion»
NÛTRE-DAMB-LÀ- GRANDI.
depuis la faute orlglttella Jasqo'à la censommation ^a alèelaa*
Nous y voyong se dérouler, au pfemlar ordre, la chute du premier
homme, suivi du icgnc de l'orgueil cl du mensonge, puis les proinessefi iuccessives d*un libérateur, et la naissance d'un divin enfant qui ramène avec iui sur la terre la vérité et la misnicorde. Au aecood étage siègent lea» ap6tre6> coaUauateurs de l'œuvre di- Yine» elles saints pontifes» successeurs des apôtraa* Eufin» sur le fironton, iésus-Ghrist règne» et l'éTangile règne avec lui.
Ponr les populations lllatréea du moyen ftge, il y avait dans cette façade tout un cours d'instruction religieuse; et, si nous nous représentons toutes ces figures telles qu'elles étaient jadis, galonnées d'or, empourprées de vives 'couleurs , quel puissant etlet une pareille composition ne devrait-elle pas produire sur des esprits pleins de foi , auxquels elle rappelait sans cesse tout ce qu'ils devaieot croire , savoir et espérer. (V. la notice de M. LiO- GOintre, Jf^m. de la Soc» des AM* d» VOuest, 1849. }
A part sa riche façade » dont nous Tenons de décrire Tépopée ; à part son cloclier à toiture conique, à retraits appareillés en écailles de poissons , système suivi dans les clochers de Montier* neuf et de l'église abbatiale de Charroux , l'église de Notre-Dame de Poitiers n'offre rien qui exige une mention particulière. Par sa distribution , par sa nef à voûte en berceau , par son abside à Toûte en cul de four» par ses ooUatéraux étroits à voûtes d'arétas prolongés au pourtour du sanetuaire » par sa crypte de dimension restreinte » par ses piliers lourds et trapus , elle rentre essentiellement dans la catégorie des églises ordinaires des xi* et xii* siècles , et rien ne la signale, sous ce rapport , d'une manière spéciale à l'examen de rantiquaire.
Cependant, une restauration intérieure , intelligente, fait diiparaitre en ce moment une partie des tristes effets qui étaient de nature à provoquer le blâme des hommes de goût. Sous l'habile direction de M. Joly, architecte du ministère de Tintérieur» et grâce an sèle des paroissiens que dirige si hien un pasteur éclairé» les peintures retrouyées sous le hadigeon des siècles derniers » re* vivent plus brillantes et vont rendre à ce monument , qui s'y prête à merveille , son caractère primitif. La disparition du lourd rétable de l'autel » et de l'autel lui-même , la réfecion complète
des chapelles grecques , Tapplic^ition de vitraux dont le principal sera dû à rinépuisablc générosité du prélat émincnt qui gouverne le diocè>n , tout cela constituera bientôt, il faut rcspéror, un tout harmonieux, un ensemble parfait dans lequel la critique » si facile aujourd'hui , reculera impuissante et désarmée.
Après cet examen de reûaemble de notre monument , Tisltons « le dans ses détails*
Descendons ces quelques marches et sniTons la nef à droite..? Dans la 1" travée . n'apercevez-vous pas une petite colonne peinte en marbre et encastrée dans la ma(;onnerie ilu mur? — Un ccrur CBt sculpté au milieu , ot de ce cœur s'échappent phisieuih tir tirs.
Voici les souvenirs que rappelle ce petit monument mcomplct aujourd'hui. Laissons-les raconter à l'historien » dont le langage naïf les exprimera beaucoup mieux que nous ne saurions faire,
« On dit communément que le nom de ladite église fut changé pour le premier miracle qui fut faict en ladite église, par les mè^ rites et intercessions de la benoiste Vierge. Qui est que Tabbé de laditte église , auait un jeune nepveu , très dévot à la Vierge Marie . toutesfois au moyens de sa ieunessc, qui est volontiers portée à foli , s'acointa de quelque jeune femme, ce jeune enfant avant que s'approcher de la femme lui demanda son nom ; elle lui fit reaponse qu'on l'appeloit Marie. Lors il se recula d'elle, et luy dit» Marie mamie , pour la révérence de celle dont tous indigne portes le nom , je m'abstiendray de vous toucher , car elle est le miroir de chasteté ei la Mcrj^c des Vierges. Et de faict s'abstint de son împudicité, et eut une si merveilleuse contrition et dcsplaisir de son péché, qu'une faiblesse le print et s'esmeut le sang en son corps si très fort , qu'il mourut dedans une heure après. La pauvre femme, doutant de sa mort , et que si elle attendoit qu'il expirast, on lut pounroit imposer qu'elle l'avoit occis , s'escria : et à son cry vindrent des serviteurs , qui furent présents à voir trépasser ce teune enfant, après quMl eut reçu le sacrement de confession. Son onde fut advcrti qu'il cstoit mort près de cette femme Impudique, parquoy ue hachant luccidcnt , le Ht enterrer en terre propliane près de ladite église , ès doues du palais de l*oictiers qui est cacx)re3. Lesquelles doues sont à présent remplies de maisons , et an lieu ou est comme on dit, la maison de Maisonnier dit Péricault. Le