‹ Le guide du voyageur à PoitiersChapitre 28 sur 32 · LES HALLES · texte numérisé non relu

LES HALLES

St-Lnc à la Pierre-Levée , se tiendrait dorénavant, ainsi que oella du Oaréme , dans les halles de Herbert Berland, atee droit à^kos"

ttlage.

De la faiiiilU^ l^erlnnd , les halles passèrent à Jean Mérichon, conseiller et maître des comptes du roi , époux de Jeanne Berland* Rebâties en 1454, elles furent la sources de nombreux procès^ en raiaonde Parbitaire qui régnait dans la taxation des baoes. A eette époque, la foire de la Ht-Garéme durait d^ft boit Jours; celle de St-Luc, trois Jours seulement. Les halles étaient divisées en deux parties affectées aux merciers et aux drapiers.

Le licf des Halles passa à la famille de Montbrou , ijai inaiiage avec Giiyonnc Mérichon, en 14(J6. Brûlées en partie en 1529, puis en 1572, rétablies par Itené lirochard en i699, avec les droits Tésultant de rétablissement de deux nouvelles foires aux Jours de saint Simon (38 octobre) et de saint Nicolas (6 décembre), créées par lettres patentes du 28 septembre 1577 , elles passèrent, dans la famille de Goret, en 164e Adjugées à la communauté des Hospitalières, le 21 janvier i704, au prix de 1 1 ,000 livres , elles ne furent point enclavées dans l'enclos de ces religieuses, sur l'opposition que fit le corps de ville à leur demande. En 1728, les Hospitalières affermèrent les bancs et boutiques au prix de liO livres, et en 1775 au prix do ;170 livres par an. Ën 1753 , quatre nouvelles foires furent établies, an 13 janvier, au lundi des Rogations , au 2e Juin et au l*' septembre , ce qui n'empéofaa pas le commerce de Poitiers de demander et d'obtenir, par ordonnance du 19 mars 1329 , une troisième foire de huit jours pour le 16 mai, Les plus anciennes sont encore les plus fréquentées. Au reste , à Poitiers coin nie partout ailleurs , les facilités des communications , jointes aux ressources qu'offrent les magasins de la ville , de mieux en mieux approvisionnés , tendent à annuler oomplétement ces .antiques réunions, où le commerce , fort restreint alors , était obligé de venir chercher un aliment à son activité. (V. le Mémoire de M. Redet eur}ee ff allée )

Les Halles, devenues propriété communale , ont été reconstruites en 1835, sous l'administration de M.Hét^naultde Lapparent , maire de Poitiers. Elles ont coûté 100,000 fr. , et sont actuellemeat aUermées 8)410 fr*

HOTEL DEd HALL£S.«~HaSPlTALtà]IIS.

Hôtel des Halles. — Derrière les halles, qui étaient protégées sur leur façade par une tour et un pavillon, se trouvait Yhùtel des Halles, qui avait ete habité par les seigneurs de ce flef , ei dans les derniers temps par les gouverneurs de la viUe; sa cimé-irttf et âtrueêure le meUani hors dtinsuliê et en sewnié contre Ue émoUon» poj/ulavres*

Sur Qoe partie de remplacement de cet hML, qui apparteMlt depuis 1704 aux DoepHalièies, ee trouve aoiJoiiTdlinl étaUi le Minage.

Ho<ipitallères. — A côté , sur la gauche , se trouvait le con^ vent des Hospitalières. Ces religieuses s'étaient établiee à Poitiers le 9 octobre ei elles doDoaient leure eoint au\ maladeè de THètel-Dieu. Ayaut aoqnia en 1666 leur malaen de la me des . Trois^Filliers^ elles s'y retirèrent » et ce fût alors que des dames de eondUion, comme on disait en ce temps^là , olfHrent aux pan* vres de rHôlel-Dieu les soins touchants de leur ardente charité. Parmi elles, on cite avec éloge Mesdames de Chaume et de la Gagnerie. Une petite porte sculptée, encacîée dans le mur audessus du niveau du sol, indique l'entrée extérieure de la cliapeUe des Hospitalières. L'eoclos de ces religieuses comprenait ml espaee immense entre la rue des Xroû-Piiim et^la rue des Haules-freUUs , dont une partie eàt oceapée maintenant par Té* tabUssement dit de la Grand^Maisim» Les Hospitsdilèfes leee* valent et soignai^t gratuitement les pauvres malades du sexe, et tenaieal en outre un pensionnat pour l'éducation des jeunes demoiselles. Elles sont aujourd'hui, comme nous l'avons vu (p. 145], établies sur le plan Saint-Didier. Pendant la terreur , le couvent des Hospitalières devint iino prison de suspectes, L'aaitecge du Méridi^ et d'autres maisons voisines l'ont remplacé.

C'est aux environs des Halles que se trouvent situés la plupart des hètelSy aniMrges et restaurants qui vous oflUront leur gr»* clause liospitalité... « en iNiffanC », comme dît RaMals. Plus tard, nous changerons bien aussi cela. Et lors(iue, tout ctanL à tous et rien à personne, chacun pourra, en vertu du droit à la vie, demander à chacun le pain , le vin , l'eau » le (eu > la ciuiusauEe » la

LIES laOlS-PiLlERS* 203

vêtement» le lit « la yie enfin , aanf à se Toir refuser» en verta dn

priocipe de la liberté individuelle, toutes ces eboses que ehaeun ne sera point forcé de produire pour chacun, ohl alors..* oompre-

ncz-vous?... Eh Lien! alors, vous auiez tout... ou rien, pour rien; alors, vous n'aurez plus besoin d'argent pour aller à Vhôtel de France, 01 à Vhôtel des TroiS'Filièrs, ou à Vhôtel de VEurope, ou au Coq-Hardi; mais, par exemple, alors le Coq-Hardi, VhôUl des IroU'PUiers, Vhôtel de France et Vhôtel de VEw rope feront pndlMd»lement de triste cuisine... s'ils font de la cuisine.

Mais alors aussi vous aurez une forte compensation , vous ne

serez pas entouré, pressé, bousculé , alun i par cet empressement culinaire qui fera revivre bientôt , si la police ne s'en mêle, le supplice réser?é naguère aux criminels de lèze-majesté vous ne redouterez plus récartélement. Vous ne craindrez pas non plus les couleaoi^.. de ces héritières des saines traditions de Ghàtellerault, qnl Tons poursuivent aujourd'hui de leur acier menaçanti comme au temps du pauvre Golnits, ce voyageur allemand de 1631 , auquel les Châtelleraudaises imposèrent leurs produits, de par la loi (vell i i e\ Ltc,i; U est vrai que par .-s^slènie de pondération, la Constitution aura établi le droit au travail y et alors, en vertu de ce droit ex lege*., vouâ vous en tirerez comme vous pourrez.

Reprenons l'histoire de nos mononMots, ce sera heaneoop plus clair» même pour ceux dont Thistoire est ia plus obscure.

l«M Tr^MNllMik ^ La rue des Tn^Piliere tire son nom

de l'hôtel qui se trouve situé à l'embranchement de la rue du i'elit-Bonnevea\i. Cet hôtel est fort ancien et Thibaudeau prétend qu'il ^ avait là autrefois une des portes de ville. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'en novembre 1256 , Guillaume Gressin , habitant de Poitiers, fait don aux abbé et monastère deLu^n d'un hébergement appelé les Filiers^Gauihier4 En 1443» un procès antre l'Ë- . glîse de Luçon et celle de Sidnt-Hilaire fixe les droits de chacune des églises, et en 1468 , Thètel est affecté à la personne de VAqua* fins de l'église de Luçon. En 1522 la ville ordonna la construction de la grande i ue , tendant des Ti Qù-Filiers à la porte de la

ANCIBNIIV KAGHAlfnifB

Tranchée. Cette rae s'appelait autrefois , jusqu'à la rue de la Bau- 1110» roc de la Messagerie , parce que la messagerie était établie visà-vis des Trois-Pilier s. Comme vous le voyes » la spéeialilé de ces lieuic n'a pas changé avec les révototions.

C'est encore là qu'aboutissent « comme à un centre obligé , les voitures publiques , les messageries qui vous ont conduit dans nos murs et qui vous emmèneront bientôt loip de ia cité dont vous vous faites l'iiôte [lassager.

Nous soupçonnons que ie mouton sculpté en relief sur la maison à gauche , au n" 59, près de la rue de la Traterse était une enseigne de boutique qui avait donné son nom à une partie de la rue des Trots-Piliers qu'on appelait rue du Mouton , près la rae de la Truie qui file. Ce dernier nom était enioore dû sans doute à une autre enseigne à laquelle on ne contestera pas du moins le mérite de l'originalité; ce n'est pas d'aujourd'iiui , vous le voyez, que ie charlatanisme a cherché les moyens d'exciter l'achalandage des pratiq... nous voulons dire des clients. Poursuivons.

ifjieteime li«8iMMiei>le. — La maison 86, située en face de la rae de la Baume et qui est actuellement occupée par un carrossier y rappelle m des essais de SI. de Blossac» intendant da Poitou * dont nous allons bientôt retracer les services. Ponr doter

la ville de Poitiers de l'industrie séricicole, il fit bâtir la maison que vous vi^yez. Ce devait être la Ma^;aaiierie. Les mûriers destinés à la nourriture des vers à soie étaient plinUes dans les terrains vagues qui garnissaient alors, des deux côtés, la rue do la Bannie , et dans Tintérieur des carrés de la promenade de Bleasac» Cet essai n'ayant pas réussi, le sueeesseur de M. de Bloesae » M. Boutade Nanteullyfitderenclos de la rue delaBaum^, à droite» un jardin botanique qui fat transférépar la révolution an jardin de l'Ecole centrale (collège royal) ; expulsé par le Lycée il se réfugia aux Pénitentes ; expulsé par le Séiuinaire, il demanda asile auprès des boulevards , et enfin il obtint une toute \)v\\lc plLioe dan<; un coin de la pépinière départementale d'où il faillit être encore cliassé par les mûriers que lui-même avait remplacés dans la rue de. la Baume. Restera-t-il bien où il est ?

La Magnanerie de M. de Blossae était tenoe parla fiualUe de won

LES CAPUGWS. — PWT-âÉJlINAiAE. 204

mattft d*h6tel dont le fllt s'est distiagaé pendant la réfolution an

service de plusieurs puissances étrangères par une bravoure brillante, et a conquis sur les champs de bataille le titre de baion et les plub glorieux insigops de l'honneur. (V. notre article sur le baron Cromrdy Dict. des Familles de ranciea Poitou^ i, i*'' »p. 124. )

MnBm C«p«ielM MiSMiMs MttMtoés^ire. — A rextréniité de la rue qu'en appelait alors Uni Booyent la Baume det Capudm et qui s'appelle aujonrd'liùi roe dê la Baume , à droite de cette

grande porte qui donne entrée dan^ une maison de bains publics (n" I), 36 trouvait le couvent des C apurins^XA existait Irts anciennement le cimetière de satfîfp Loul'cttej du noni de la sainte qui y a^ait été , disait-on, enterrée, r^iou^^ avons parlé déjà de cette sainte et de la légende qui s'y rapporte ( page 35)* Plus tard« une église s'âeva près de la tombe de la sainte^ aens le vocable de saint Grégoirt* Elle fut placée sons la dépendance de l'abbaye de la Trinité avant Itt9. En i607 ,les Cnfuctnt étant venus s'établir à Poitiers sur la demande el les inslaaecs de MM. de l'Ilùtel-de- Ville,cefutà Saint-Grégouequ'ils se placèrent. La première pierre des nouveaux b&timenU lut posée en 1610 sous la mairie de François TAiguiUier. L'église dont la première pierre fut posée par les membres du présidial , fut consacrée le Janvier I6ii par Mgr de la Rocbe-Pesay» évéqne de Poitiers.

Avant la révolution , ces reUgieui étalent au nombre^ douae» . Ils prêchaient beaucoup , servaient d'aumôniers à plusieurs communautés et étaient les directeurs de conscience d'un très grand nombre de fidèles. Détruit par la révolution, qui n'a laissé debout que le chœur des religieux, ce monastère occupait entre les rues des Capucins^ du Rempart de Tison et derrière le Pctit-'Séminaire le vaste enclos où se trouve actuellement le magasin à fourrages que notre orgueil déoore du Qom dUrsenai* C'est peut-être pour conserver à la postérité le souvenir des espérances déçues depuisi qui jadis firent croire un instant à la possession du magnifique établissement militaire dont la ville de Chfttellerault a le droit dTétre fière.

Le PeillHiéBàiiuare. — A l'eitrémUé de la rue de ce nom^

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