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CHAPITRE PREMIER

Le Chef-d'Oeuvre de la Création.

Les amateurs d'art entreprennent de longs voyages pour aller visiter les antiques ruines de la Syrie ou de l'Egypte. Longtemps ensevelies sous leurs décombres, des cités endormies y révèlent encore aux regards des colonnades, des obélisques ou les restes de temples autrefois célèbres, construits il y a des milliers d'années. De gros volumes illustrés, représentant des années de travail, nous décrivent les beautés et les merveilles de l'architecture égyptienne, étrusque, vénitienne, grecque, byzantine et romaine. A/vant et depuis Montesquieu, le mystère qui plane sur ces ruines fameuses a toujours exercé une étrange fascination sur les imaginations.

L'édifice peut-être le plus étonnant de l'antiquité, fut le temple de Salomon. Une des merveilles du monde aussi longtemps qu'il subsista, cet édifice attirait les visiteurs des extrémités de la terre. Construit de pierres de dimensions fa«

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buleuses, d'une architecture imposante, il était orné intérieurement de bois de cèdre et de pierres précieuses, et enrichi de parois d'argent et d'or. Une armée d'ouvriers consacrèrent sept ans à le construire ; et, fait extraordinaire, on n'y entendit jamais, durant toute sa construction, le bruit d'un marteau, d'une hache ni d'aucun autre instrument de fer.

Et cependant il existe un édifice dont l'architecture et la beauté laissent loin derrière elles la splendeur du temple de Salomon: c'est le corps humain. Saint Paul l'appelle le "temple du Saint-Esprit," et cela après avoir déclaré aux philosophes athéniens que "le Dieu qui a fait le monde et tout ce qu'il renferme", "n'habite point dans des temples faits de main d'homme."

Les ruines d'Egypte et de Babylone ne remontent guère qu'à trois ou quatre mille ans, tandis que 'édifice que nous appelons le corps humain date du commencement du monde. Mais il ne s'est, depuis lors, conservé qu'en se reproduisant sans cesse. Depuis six mille ans qu'il existe, ce temple a traversé des orages formidables a u dehors et des incendies destructeurs audedans ; il a subi les assauts de la superstition, d e ^ignorance e t des passions les plus féroces. Et

st. runi déci«r«:t aux p™"*»- )*$W néanmoins, quelles d'Athènes que "le Dieu qui *J yf > i ^ a créé le monde et tout ce qu'il y O U e détérioré renferme, n'habite point dans les } * 1 temples faits de mains d'hommes".

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qu'il soit aujourd'hui par les effets du temps, il reste encore un monument d'une beauté et d'une symétrie incomparables.

Trop longtemps, une fausse notion, une notion païenne des rapports entre le corps et l'âme a porté les philosophes à considérer le corps humain comme un objet méprisable, comme le siège du mal et des passions, et digne seulement d'être maltraité et mortifié. D'autre part, un grand nombre de personnes font du corps humain un objet d'adoration. Il est temps de revenir à des idées plus saines et plus pratiques, et d'envisager notre organisme pour ce qu'il est, le chef-d'œuvre de la création, l'"image" du Dieu vivant, un dépôt sacré à conserver et à utiliser à la gloire de son Créateur.

Un cadavre est considéré comme un objet digne de respect, même par des tribus non civilisées ; et c'est une infraction aux lois de la guerre de mutiler le corps d'un soldat tué sur le champ de bataille. Avec quel plus grand respect ne devrait donc pas être traité un organisme débordant de vie et d'intelligence, et prouvant d'une façon incontestable qu'une puissance divine en fait mouvoir les plus secrets ressorts !

Le diamant, la plus étincelante des pierres précieuses, n'est que du carbone crystallisé, c'est-à-dire à l'état absolument pur ; de même, le corps humain formé par la main de Dieu avec la poussière du sol, puis doué de vie et d'intelligence, est devenu, par le procédé créateur, le chef-d'œuvre de la nature. Il se compose d'éléments transitoires, ayant autrefois servi à d'autres êtres, ma,is transformés en matières cérébrale, osseuse, sanguine et musculaire. Le même Dieu, qui prend le carbone ordinaire et en fait un superbe diamant, prend de l'argile, la pétrit, la façonne, lui communique son souffle, et en fait un candidat à l'immortalité !

Le corps humain n'est pas seulement admirable par sa structure, par sa grâce, il l'est plus encore par ses actes, par ses fonctions pleines de mystère. Durant quelques heures un cadavre est aussi merveilleux par sa structure qu'un organisme animé. Mais la vie l'a abandonné ; il a perdu sa personnalité, son individualité, et partant son charme. Là où il y

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a organisme, il y a vie ; mais la vie est plus que l'organisme. Le mystère de la vie est le mystère de Dieu ; par conséquent, étudier les formes et les fonctions de la vie, c'est étudier les œuvres de Dieu.

On est surpris quand on réfléchit qu'un homme haut de six pieds, et pesant deux cents livres, est sorti tout entier d'une petite cellule. C'est pourtant la vérité. Et rien n'est plus fantastique à lire que l'histoire de cette petite cellule qui se multiplie, qui se dédouble, qui se combine avec d'autres

cellules, et qui bientôt formera un cœur, des poumons, un cerveau, un foie, des muscles, du sang, des os, jusqu'à ce qu'enfin on voie apparaître un corps parfaitement organisé et parfaitement symétrique.

C'est de ces cellules microscopiques que dépendent toutes les fonctions du corps, et ce sont elles qui en composent toute la matière. Elles diffèrent selon les tissus ou les organes qu'elles constituent. Telles sont les cellules hépatiques qui forment le foie ; les cellules du suc gastrique qui contribuent à la digestion de nos aliments ; et les neuf milliards de cellu- CeiMes fibreuses musculaires les qui entrent dans la composition

des artères de l'homme, agran- , . .,

dies 350 fois. du cerveau et de la moelle epmiere, et

que nous appelons cellules nerveuses. Ces dernières sont les ouvrières les plus intelligentes, c'est-à-dire les plus organisées du corps humain, car c'est grâce à elles que nous pensons, que nous raisonnons, que nous nous rappelons, que nous agissons, et que nous sommes conscients de notre existence.

A la vérité, dans tous les couloirs et dans toutes les salles du temple humain, nous rencontrons des groupes de cellules animées d'une activité fébrile, et travaillant avec un tel ordre

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et une telle intelligence, que l'on est forcé de se demander si elles n'agissent pas sous les ordres d'un Grand Architecte.

Ces cellules ouvrières sont les maçons et les charpentiers du corps. Elles travaillent avec une précision mathématique et une habileté consommée. Aussi longtemps qu'on les laisse travailler en paix, vous n'observerez ni bruit, ni clameur, ni perturbation dans leurs ateliers, no. 2. D'ailleurs, elles coopèrent toutes les u-

Dlaïlaucoup agrandie111116' neS aveC ^es autr'es avec un ensemble et

une harmonie magnifiques.

Dans toute la nature, il n'y a rien de plus admjrable qu'un corps humain bien charpenté, bien proportionné, harmonieusement développé, couronné par un visage rayonnant d'intelligence. Tel était l'homme à l'origine, lorsque, dans son innocence, il parlait avec son Créateur face à face. Tel qu'il est encore aujourd'hui, — après six mille ans de dégénérescence, — doué de facultés mentales et d'une conscience morale, son visage reflétant mille impressions et émotions diverses, l'homme dépasse toutes les autres créatures animées de la hauteur incommensurable de son génie. Nulle créature dans tout l'univers ne peut imiter ou reproduire le sourire humain. La main de l'homme, avec sa flexibilité, sa grâce, sa force, sa dextérité, est une merveille qui défie toute concurrence. Le pied humain lui-même est un chef-d'œuvre inimitable. Aussi la théorie, dite scientifique, d'après laquelle un être d'une architecture aussi consommée, d'une beauté aussi transcendante serait le résultat d'une interminable évolution, partie d'un organisme sans organes, inférieur au ver de terre et à l'éponge, apparaît au bon sens non seulement comme une insulte, mais aussi comme un attentat à la dignité du Créateur.

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