Vésicule biliaire 10. Rate
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mais aussi et surtout chimique. L'action du suc gastrique ne s'exerce pas sur l'amidon, la graisse, ni le sucre. Elle commence la digestion des protéides tels qu'on les rencontre dans le gruau, le blé, le pain, le maïs, l'orge, les fèves, les pois, les lentilles, le lait, les œufs, les noix et la viande. La digestion gastrique n'est pas le dernier mot de l'opération. Elle prépare les aliments pour l'opération finale qui doit se faire dans l'intestin.
L'opinion populaire d'après laquelle l'estomac travaille autant pour digérer une bouchée de nourriture que pour un repas complet n'est pas fondée. Si c'était le cas, il se produirait dans l'estomac une grande perte d'énergie, ce qui serait contraire aux lois d'une bonne économie.
Les glandes qui sécrètent le suc gastrique en mesurent la quantité et la qualité suivant le volume et l'espèce de nourriture ingérée. Selon le professeur Pawlow, les cellules de l'estomac possèdent une sorte d'instinct. Ses expériences classiques sur la digestion, publiées ces dernières années, sont d'une lecture plus palpitante que celle d'un roman. Il a découvert que chaque catégorie d'aliments correspond à un barème précis de sécrétion par minute ou par heure, et que la qualité de la sécrétion dépend également de l'aliment à digérer.
Il démontre par exemple que l'action digestive la plus forte est celle qui s'exerce sur le pain, mais qu'elle possède un degré très bas d'acidité. La viande exige par contre la plus grande acidité, la plus grande intensité d'activité glandulaire, mais aussi une moindre quantité de suc gastrique. D'autre part, si la digestion du pain est plus longue, elle exige peu d'acide hydrochlorique par le fait de la présence de l'amidon.
C'est là une disposition d'une grande sagesse et d'une grande beauté, que l'on voit d'ailleurs démontrée par la nature. Les acides et l'amidon se combinent rarement dans lès fruits mûrs. Les acides et les protéides se rencontrent peu souvent dans les mêmes aliments, et quand c'est le cas, les protéides n'y sont que dans une proportion très minime.
Le même professeur démontre qu'une grande quantité de graisse dans l'estomac entrave la sécrétion du suc gastrique,
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et retarde la digestion des protéides ou aliments nitrogéneux. Les fèves, les pois, les lentilles ne doivent pas être préparés avec une grande quantité de graisse, de beurre, ou de crème. Ce fait est, lui aussi, enseigné par la nature. On ne trouve que très peu de corps gras dans les céréales. C'est le lait qui, de tous les aliments, exige la plus faible solution de suc gastrique et la moindre activité cellulaire.
• Comme dit le proverbe populaire : ''La faim est le meilleur cuisinier." Les investigations du professeur Pawlow le prouvent abondamment : "Nous sommes fondés à affirmer, dit-il, que l'appétit est le premier et le plus puissant stimulant des nerfs de l'estomac. . . . Un bon appétit équivaut à une vigoureuse sécrétion du suc le plus actif ; là où il n'y a pas d'appétit, ce suc brille par son absence." La nourriture placée dans l'estomac durant le sommeil y réside des heures entières sans être digérée. La digestion s'accomplissant sous le stimulant de la faim est dix fois plus rapide que quand l'aliment est ingéré sans cette influence. En un mot, un repas pris sans appétit est une masse inerte1 introduite dans le corps.
Il y a plusieurs moyens de stimuler l'appétit et la digestion. Quoi de plus raisonnable, quoi de plus agréable et de plus naturel que de manger à des heures régulières, dans une chambre spéciale, sur une table proprement mise et avec goût, entouré de sa famille ou de ses amis, dont la conversation fera le charme du repas ! L'effet de ces; auxiliaires sera de bannir de la pensée tous les sujets étrangers aux plaisirs de la table. Quand l'esprit est distrait par les contrariétés, les soucis ou le poids des affaires, l'envie de manger diminue, et c'est bien heureux, car cet état mental a pour effet de restreindre la sécrétion du suc gastrique et d'en altérer la quantité. L'heure du repas devrait être une heure de détente mentale et physique. Un esprit serein et content est le meilleur auxiliaire de la digestion.
Les aliments restent dans l'estomac de une heure à trois et quatre heures ou davantage, selon la digestibilité des aliments, l'état de l'estomac et la condition mentale du sujet.
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Plus il y a d'acide dans les aliments, plus ils mettent de temps à sortir de l'estomac ; par contre, plus ils contiennent de graisse, plus vite aussi ils passent dans l'intestin, qui est le troisième atelier, celui où l'élément nourricier reçoit les derniers apprêts avant d'être absorbé dans le sang.
Ateliers du Finissage.
67. La digestion des aliments s'achève dans le petit intestin ou intestin grêle. Cette dernière opération est la plus mystérieuse de toutes.
L'intestin grêle est un tube musculeux de vingt à vingtquatre pieds de long, dont les circonvolutions s'entortillent dans la cavité abdominale. Le premier tronçon s'appelle le duodénum, du mot latin "douze". Garni d'une membrane muqueuse se composant de cellules ouvrières d'une grande activité, l'intestin grêle distille deux sucs : le suc pancréatique, sécrété par le pancréas, qui veut dire "pain doux", et la bile, qui vient du foie. Contrairement au suc gastrique qui est acide, le suc pancréatique est alcalin. Il aide à l'élaboration de l'amidon, des graisses et du sucre. La bile, de son côté, travaille dans l'intestin grêle, où elle contribue à transformer les graisses en savon, en véritable savon. Aux sécrétions digestives mentionnées, il faut ajouter les sucs intestinaux qui agissent sur les aliments.
Pour résumer l'action des diverses sécrétions du canal digestif, disons que la salive agit sur l'amidon, le suc gastrique sur les protéides, et les sucs intestinaux sur tous les éléments nutritifs.
Les sucs intestinaux sont chargés de réparer ou de compléter les actes digestifs qui n'auraient pas été accomplis en temps et lieu dans les autres ateliers du canal digestif. Par exemple, si le pain a été avalé sans être mastiqué ni mélangé de salive; si d'autres aliments ont été expulsés de l'estomac au moyen d'eau glacée sans y recevoir l'action du suc gastrique, qu'il s'agisse d'amidon, de sucre ou de graisse, c'est l'intestin qui en fera la digestion, si elle est possible.
Jusqu'ici, les aliments doux et le sucre sont restés intacts
Le Guide de la Santé.
depuis le moment où ils sont entrés dans la bouche. Ni la salive ni le suc gastrique ne les ont entamés. Ce n'est que lorsqu'ils ont passé le pylore qu'ils commencent à recevoir quelque attention. Leur^trop longue station dans l'estomac est cependant susceptible d'y créer des désordres.
La partie utilisable des substances alimentaires ingérées dans l'estomac s'appelle le chyle, qui est absorbé par la muqueuse intestinale et conduit dans les vaisseaux chylifères. Le canal thoracique porte le chyle dans la veine sous-clavière. Mais que se passe-t-il dans l'intestin?
La membrane muqueuse du petit intestin est garnie de huit ou neuf cent replis revêtus eux-mêmes de petites rugosités lui donnant l'apparence du velours, et appelées villosités. Ces villosités, au nombre de dix millions, constituant autant de pompes aspirantes et foulantes, sont chargées de chasser la nourriture liquide dans le sang, tout en lui faisant subir encore un changement mystérieux. Songez à ces millions de pompes se mettant à l'œuvre après chaque repas pour accomplir ce travail prodigieux, mais d'une manière si calme et silencieuse que vous ne vous en doutez même pas !
68. Cette section de la salle de finissage est pleine de merveilles. A l'intérieur des villosités, cinquante millions de bouches affamées et dix millions de pompes aspirent l'aliment liquide et le refoulent dans le sang et dans les veines lactées. Ouvrières microscopiques, elles travaillent avec un dévouement et une perfection au delà de tout éloge. S'il se produit quelque irrégularité dans leurs ateliers, ce n'est pas de leur
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Diagramme illustrant l'intestin grêle
et le gros intestin.
1. caecum; 2. appendice; 3. valve; 4. iléum; 5. côlon ascendant.
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faute. Si nous, qui sommes doués d'intelligence, accomplissions notre tâche d'accord avec les lois de la nature, qui sont les lois de Dieu, il y aurait bien peu de malades dans le monde.
Voilà quelques-unes des opérations étonnantes qui s'accomplissent dans le canal alimentaire ou appareil digestif, le laboratoire vivant installé dans le corps de chaque homme. Cette élaboration de nos aliments jusqu'à leur absorption dans le sang, commence dans la bouche, se poursuit dans l'estomac et s'achève dans l'intestin.
Absorbée par l'intestin, notre nourriture prend deux routes différentes. La plupart de la graisse passe dans les veines lactées, qui partent des villosités. Les veines lactées appartiennent au système lymphatique et transportent les graisses dans le sang veineux.
Par contre, les protéides, les amidons et le sucre entrent dans de petites veines qui vont s'élargissant jusqu'à ce qu'elles aboutissent à un gros organe, à un nouvel atelier, le foie. Ces éléments s'y infiltrent en subissant de nouvelles opérations, repassent dans les veines et montent au cœur, où ils rejoignent les corps gras.
69. Jusqu'à aujourd'hui, nul n'a pu découvrir quelle mystérieuse transformation s'accomplit sur la substance alimentaire dans la paroi intestinale avant d'être absorbée par le sang. Mais arrivée à ce point, elle fait partie de notre être. Le sang, qui est le véhicule de l'élément réparateur, la charrie à toutes les cellules ouvrières de notre corps, qui l'utilisent dans leur travail de reconstitution.
Cette dernière opération, qu'on appelle assimilation, est, elle aussi, un mystère dont aucun physiologiste n'a encore pu découvrir le secret. Devant la cellule, le rideau tombe : nous sommes sur le seuil de l'inconnu.
Ce miracle des miracles qui consiste à prolonger notre vie jour après jour par la transformation en sang du pain que nous mangeons est aussi extraordinaire que les guérisons de notre Seigneur. C'est une révélation permanente de la puissance et de la bonté de Dieu envers nous. Et cependant ce miracle est si commun, que personne ne songe à l'admirer.