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Les plantes et les animaux, aussi bien que l'homme

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Le Guide de la Santé.

tirent leur nourriture de la terre. Job, il y a des milliers d'années, disait déjà : ''Le pain sort de la terre." David, de même, écrivait plus tard :

Dieu fait croître l'herbe pour les troupeaux, Et les plantes pour l'usage de l'homme ; Il tire le pain du sein de la terre, Et le vin qui réjouit le cœur de l'homme.

79. Le règne végétal est la source primaire de nos aliments ; et c'est de lui que la plus grande partie du règne animal tire directement sa nourriture. Les animaux sont la deuxième source de nos aliments, et cela seulement depuis que l'homme tomba de son état d'innocence et de perfection.

Les plantes alimentaires renferment les éléments essentiels de la nourriture de l'homme, tels que les protéides, les amidons, les graisses et les sels. Les éléments nutritifs nécessaires au corps sont au nombre de cinq ou six seulement, mais la varié. é de leurs combinaisons ainsi que de leurs arômes suffit à satisfaire toutes les nécessLés physiologiques de notre organisme.

Les arômes de nos aliments ne possèdent aucune propriété nutritive connue. Ils échappent à l'analyse, et n'ont probablement été créés que dans le but de stimuler l'appétit et de répondre à tous les caprices du goût. Ces caprices, quand l'appétit n'a pas été perverti, représentent souvent des besoins

instinctifs auxquels il est facile de satisfaire précisément grâce à la richesse de la nature.

11 faisait croître, l'herbe."

C'est ainsi qu'à certains moments, le corps demandera des aliments acides, ou des aliments doux ou salés, ou encore des

Nos Aliments.

aliments gras, ou des aliments à base de protéides ou d'amidon. En règle générale, il est parfaitement loisible de suivre ces inclinations naturelles. On dit que dans certaines parties de l'Afrique où les légumes et les fruits manquent de sel, les naturels font de grands voyages pour s'en procurer, et offrent même de l'or en échange, poids pour poids. Ce n'est là qu'un exemple démontrant que les cellules ouvrières connaissent leurs besoins. Il est prouvé que lorsque les aliments sont naturellement riches en sels et en minéraux, le corps à l'état normal ne demande pas ces éléments.

Chez les animaux et les insectes, où les instincts naturels dominent, cette sélec.ion naturelle joue un grand rôle. Il est très rare qu'on voie les animaux prendre des aliments vénéneux ou autrement dangereux.

Des habitudes alimen aires fixes, remontant à des mois et à des années, ne doivent pas être changées brusquement, et cela pour la raison que les organes digestifs, habitués à former certains sucs, ne peuvent les produire avec de nouveaux éléments sans avoir eu le temps de s'y adapter. Les coolies chinois, qui se nourrissent principalement de riz, et les Lapons, qui s'alimentent essentiellement de graisses, ne s'en trouvent pas plus mal pour cela. Mais les uns et les autres menant une existence plutôt animale, qui exclut l'effort mental. Ni l'un ni l'autre de ces régimes ne conviendrait aux races qui se livrent à une haute activité mentale. Plus est grande l'activité mentale, et plus les goûts varient d'un jour à l'autre. Sans s'abandonner aux bizarreries d'un appétit perverà, et dont il faut se défier, une règle qu'on peut suivre avec confiance, est celle qui consiste ^S^êTVS^

la terre.

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à se rapprocher le plus possible de la nature. Par exemple, si vous vous mettez à table par une chaude matinée d'été, au lieu d'une nourriture forte en nitrogène, telle qu'un bsefsteak ou des œufs sur le plat, la nature demandera quelque chose de plus léger, des frui s par exemple. Et ce régime conservera au corps une certaine fraîcheur. Par contre, en un jour d'hiver, après avoir été exposé au froid, votre corps demandera une alimentation forte en éléments caloriques. Heureux celui qui sait interpréter ses sensations, distinguer l'instinct physiologique des clameurs de l'appétit perverti, et qui, obéissant au premier, sait faire taire le second.

Classifications des Aliments.

80. Tous nos aliments peuvent se diviser en deux grandes classes : les aliments à base de nitrogène ou d'albumine, et les aliments à base de carbone, ou hydrocarbonés.

Le nitrogène est nécessaire à la vie. Les quatre cinquièmes de l'air respirable sont du nitrogène; ce gaz passe par nos poumons sans être utilisé ; il se borne à diluer l'air. Mais absorbé par les plantes, ce même gaz nitrogène sert à reconstituer nos os et nos muscles. Il n'y a pas de croissance possible sans nitrogène. Il est nécessaire à la réparation des pertes qui s'accomplissent dans notre corps. Les cellules cérébrales, osseuses et musculaires consumées dans nos tissus sont remplacées et reconstrui es par les aliments à base de nitrogène. Ces aliments sont le blé, l'orge, l'avoine, le maïs, la pomme de terre, les pois, les haricots, les lentilles, la viande, le lait, le fromage et les noix.

81. Le lait est un aliment reconstituant. Il renferme tous les éléments d'un aliment parfait. A lui seul il répond aux besoins du corps humain jusqu'à l'âge d'un an. Tous les animaux vivent de lait jusqu'à ce qu'ils soient capables de se nourrir eux-mêmes. Le lait est un bon aliment pour la plupart des enfants et même pour les personnes d'âge mûr; mais son emploi ne convient pas aux personnes souffrant de dyspepsie ou d'une dilatation ou prolepse de l'estomac. Aussitôt que le lait produit une langue chargée, il devrait être discon-

Nos Aliments.

contient tous les éléments d'une nourriture parfaite.

proportion

tiimé. La proportion d'albumine, de graisse, de sucre, de potasse et d'eau renfermée dans le lait en fait un aliment nourrissant. La grande et la seule objection qu'on puisse lui faire à notre époque, c'est qu'une forte proportion des bêtes à cornes est atteinte de tuberculose. Le lait pro venant d'animaux tuberculeux renferme un poison qui rend le corps suscepti ble à cette maladie.

82. Les œufs aussi servent à reconstituer les tissus. Les oiselets et les poussins qui grandissent dans l'œuf se nourrissent, jusqu'au moment de l'éclosion, de l'aliment renfermé dans leur coquille. Frais, les œufs sont

très sains et nourrissants. Le " blanc d'œuf est de l'albumine ; le jaune renferme une forte de protéides. Le jaune d'œuf contient aussi une proportion notable de graisse, un peu de soufre, de nitrogène et de fer. Les œufs digèrent le mieux quand ils sont pris crus ou battus en neige. Les œufs cuits durs ou frits sont très indigestes. La meilleure manière de bouillir un œuf est de le placer dans l'eau froide qu'on amène à l'ébullition ; ou de le jeter dans l'eau bouillante que l'on retire du feu et dans laquelle on le laisse reposer dix minutes.

Chez quelques personnes, les œufs sont un stimulant pour les organes sexuels. Ils doivent être proscrits dans les cas de fièvre. Il en est de même du blanc d'œuf dans le catarrhe intestinal.

83. Les animaux comestibles vivent, comme l'homme, des produits du sol. Leur chair renferme, il est vrai, du nitrogène et d'autres éléments nutritifs, mais ces produits s'y trouvent mélangés des poisons et des déchets qui se forment dans tout organisme vivant.

Dans le corps de la vache et du poulet, comme dans celui de l'homme, il se rencontre des cellules qui respirent, voyagent

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et travaillent, et qui, comme toutes les autres cellules, dégagent des poisons et des tissus brûlés.

La nourriture animale se compose de muscles, d'artères, de veines, de nerfs et de sang, dans des proportions variées. La viande consommée immédiatement après que l'animal est tué, est tendre. Plus tard, elle tend à se durcir. Conservée plus longtemps, elle redevient tendre, mais, cette fois, par le procédé de la décomposition. La chair de jeunes animaux est indigeste et malsaine.

Le bœuf est la plus nutritive de toutes les viandes, et c'est aussi la plus généralement consommée. Le meilleur bœuf renferme environ de vingt à vingt-deux parties de protéide, six parties de graisse, et soixante-douze parties d'eau.

La consommation excessive de la viande dans nos pays ne peut plus être ignorée comme un des principaux facteurs de maladie. Depuis une trentaine d'années, le cancer a fait des progrès alarmants parmi les peuples civilisés, tandis qu'il est plutôt rare parmi les tribus sauvages, comme aussi chez les peuples aux habitudes primitives. Des recherches prouvent que le cancer est comparativement peu fréquent dans les pays chauds et parmi les peuples qui se nourrissent plus spécialement de céréales et de fruits. Une alimentation trop forte enl nitrogène] est incontestablement une des causes des progrès de cette maladie.

La nourriture originelle de l'homme et des animaux est formulée dans les paroles suivantes : "Et Dieu dit (à l'homme) : Voici que je vous donne toute herbe portant semence à la surface de la terre, et tout arbre qui porte un fruit ayant semence, pour servir à votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture." Les céréales et les fruits pour l'homme, les herbages pour les animaux : voilà le menu primitif idéal, parfait. Dans le plan de Dieu, aucun être ne devait sacrifier la vie d'autres êtres pour subsister.

Dans le paradis de Paul et Virginie, on prenait, dit Bernar-

Nos Aliments.

din de Saint Pierre, des "repas champêtres qui n'avaient coûté la vie à aucun animal."

Chaque livre de nourriture manufacturée par les plantes exige de deux à trois cent livres d'eau. L'eau est pompée par les racines dans les profondeurs du sol et refoulée dans les branches et les feuilles, qui croissent sous l'action combinée du soleil et de l'air. Il en résulte que lorsqu'on s'alimente de végétaux, on absorbe de la lumière, et on emmagasine de l'oxigène, du nitrogène et de l'eau distillée, à l'état absolument pur.

Nul procédé humain n'est capable de fabriquer un aliment. C'est l'élément mystérieux de la vie dans la plante qui produit cette merveilleuse transformation, et l'homme n'a jamais pu lui arracher son secret.

C'est dans le laboratoire du sol que s'accomplissent les plus mystérieux procédés du monde végétal.

Les céréales, les noix et les fruits sont des magasins de vie et de force à l'état pur et sans toxiques d'aucune sorte. Tandis que la viande, prise dans les meilleures conditions, n'est qu'un aliment de seconde main. L'albumine, le nitrogène et les corps gras renfermés dans la viande ont tous été d'abord extraits des plantes par l'animal. Or il en est des aliments de seconde main comme des vêtements et des meubles de seconde main : ils ne sont ni si propres ni si durables que ceux qui sortent de la manufacture.

Les aliments hydrocarbonés sont ceux qui renferment des éléments propres à Maintenir la chaleur du corps. C'est le carbone qui se consume dans la houille ou le bois en

**IVX

La vie les fait croître de la yraine à la plante.

Le Guide de la Santé.

combustion, et c'est également le carbone qui se consume dans l'assimilation des aliments.

Les aliments carbonés renferment de l'amidon, du sucre ou de la graisse. La plupart de ces éléments sont fournis par le règne végétal.

On trouve l'amidon dans le riz, les pommes de terre, le

froment, l'avoine, l'orge, le seigle, le maïs, le tapioca, dans

plusieurs espèces de noix, notamment la châtaigne, et dans

plusieurs légumes. Les aliments amylacés (à base d'amidon)

les plus utilisés sont le riz et la pomme de terre. On

*ÊÉ£. voit ainsi que

dans les deux grandes class e s d'aliments, ce sont les aliments tirés du règne végétal

Les céréales contiennent de l'amidon. n 11 i orédomi-

nent, et qu'en outre ils renferment tous les éléments de nutrition nécessaires à la vie et à la santé.

Toutes les plantes, sauf les noix et les olives, sont pauvres en graisse. L'avoine en renferme à peu près six pour cent ; le maïs contient quatre et soixante-seize centièmes pour cent de corps gras ; l'orge, deux et douze centièmes pour cent ; le froment et le seigle, chacun un et sept dixièmes pour cent ; le riz en a moins d'un pour cent, tandis que le millet en a cinq pour cent.

Par contre, les plantes alimentaires renferment de un à vingt-cinq pour cent de protéides (ou nitrogène). Mais dans la plupart, c'est l'amidon qui prédomine, et elles sont riches en sels minéraux, surtout la potasse, les sels de sodium et les phosphates. En outre, on rencontre des quantités appréciables de fer dans le froment, les fraises et les tomates.

On trouve des aliments soit dans la semence, soit dans la racine, soit dans la tige des végétaux.

84. Les graines alimentaires se divisent en deux catégories : les céréales ou les grains et les légumineuses ou plantes

Nos Aliments. IO7

à gousse. Les céréales tirent leur nom de Cérès, la déesse du blé des anciens. On trouve les céréales dans tous les pays des zones tempérées et même torrides. La consommation du froment, de Forge et du seigle remonte à une hau'.e antiquité.

85. Le blé ou froment occupe le premier rang parmi les céréales. La valeur nutritive du blé ou de toute autre céréale dépend du sol qui la fait croître. Certains blés de Russie renferment jusqu'à vingt-et-un et cinq dixièmes pour cent de nitrogène.

La pelure extérieure du blé, faite de cellulose, est indigestible. Elle est enlevée par le procédé de la mouture et prend le nom de son. Directement en dessous du son se trouve la partie la plus nutritive du blé, à savoir le gluten. Le blé contient plus de gluten qu'aucune autre céréale, et c'est ce fait qui lui donne sa supériorité pour la fabrication du pain. Le seigle vient ensuite comme quantité de gluten. L'avoine et le maïs sont pauvres en gluten, ce qui les rend impropres à la panification. La farine de pain complet renferme une plus grande proportion d'éléments nutritifs que la farine blanche. Une mouture excessive lui enlève une partie de son gluten, de sa graisse et de ses sels.

86. L'avoine est riche en nitrogène (protéide) et en graisse. On ne peut convertir la farine d'avoine en pain. L'albumine de l'avoine est très stimulante. On s'en aperçoit facilement quand on en donne aux chevaux et même aux porcs. L'avoine est riche aussi en soufre, en phosphate, en magnésie et en chaux, ce qui en fait un excellent aliment réparateur.

Les Ecossais en font leur plat de résistance dans le repas du matin. De l'Ecosse, cette coutume s'est introduite aux Etats-Unis et dans d'autres pays. Le lexicographe Johnson ayant fait l'observation malicieuse dans son Dictionnaire, que l'avoine était en Angleterre l'aliment des chevaux et en Ecosse celui du peuple, l'historien Macaulay, qui était Ecossais, lui répondit que c'était sans doute là la raison pour laquelle les chevaux anglais étaient supérieurs aux autres chevaux et les Ecossais physiquement supérieurs aux autres peuples.

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L'avoine trempée dans l'eau en fait une boisson rafraîchissante en été. Une autre propriété de l'avoine, c'est que, prise à une certaine dose, elle devient laxative. Les bouillies d'avoine sont des aliments d'une grande ressource dans les cas de fièvre, les troubles gastriques ou les maladies d'intestins. Comme aliment, l'avoine demande une cuisson prolongée. L'avoine et le maïs étant des aliments producteurs de chaleur, ils sont très utiles en hiver.

La température du corps doit être maintenue à 98.6 °, été et hiver, que l'on habite les pays froids ou à l'équateur. En hiver, une grande partie de la chaleur du corps se dégage de le peau et des poumons, tout comme celle d'un calorifère ou d'un radiateur. Si l'on ne portait pas de vê ements en hiver, la déperdition de chaleur serait si grande qu'on en mourrait.

Il est donc nécessaire de manger davantage en hiver qu'en été. Le corps demande alors une plus grande proportion d'aliments producteurs de chaleur, tels que la graisse et l'amidon. Ces aliments donnent beaucoup de chaleur et d'énergie, ce qui nous permet de résister au froid et d'y travailler. Deux extrêmes sont à signaler dans l'alimentation d'hiver : celui qui consiste à consommer trop d'aliments gras et celui qui consiste à en prendre trop peu.

La science ne confirme pas l'idée que plus la nourriture est grasse, plus elle est substantielle, et que le régime dit "maigre" soit une privation. Un adulte exige une once et demie de graisse, quatre onces de protéides, et de quinze à vingt onces de nourriture hydrocarbonée ou à base d'amidon en vingt-quatre heures. Cette quantité peut être diminuée à condition que les aliments soient mastiqués à fond.

87. Les noix sont riches en graisse, et cela sous une forme qui en rend l'assimilation facile. Les corps gras se retrouvent dans les olives mûres, le lait, le beurre, le fromage, les œufs et la viande.

88. Les plantes légumineuses sont plus riches en éléments nitrogénés que n'importe quel aliment. Elles sont riches en potasse, en protéides, en chaux, en soufre et en phosphore.

Nos Aliments.

C'est à cette catégorie qu'appartiennent les puis, les fèves et les lentilles. La table suivante, préparée par Bauer, montre la liait e valeur nutritive de ces aliments:

Légumineuses

Eau

Protéides

Graisse

Amidon etc.

( iellulose

Potasse

Puis . . .

Fèves . .

Lentilles .

Froment .

Les légumineuses sont enveloppées d'une peau excessivement coriace qui est indi^estibl?. I/mr cuisson exige pltt-

Les légumes sont très riches en fer.

sieurs heures et peut être facilitée en les trempant dans l'eau durant la nuit. Pour rendre leur diges.ion plus facile, il est nécessaire de décortiquer les fèves et de servir les pois et les lentilles en purée. Le haricot ou la fève et la lentille sont les légumineuses les plus fortes en valeur nutritive.

La pomme de terre est un aliment de première nécessité. Kl le contient vingt pour cent d'un amidon qui est le plus digestible de tous. Mais elle en contient moins cependant que le riz, les pois, les fèves ou les lentilles. Etant pauvre en aliments nitrogénés, il est nécessaire de la combiner avec d'autres aliments à base de nitrogène. La graisse et l'amidon se digèrent mieux ensemble que la graisse et les protéides. On mange la pomme de terre bouillie ou cuite au four. La mode de frire de minces pelures de Domines de terre crues, comme

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elle se pratique dans les hôtels, ou de frire des pommes de terre bouillies doit être déconseillée comme entravant sérieusement la digestion de ce précieux tubercule. La partie la plus nutritive de la pomme de terre se trouve directement sous la pelure.

Les pommes de terre sucrées ordinaires, l'arrowroot, le tapioca et le sagou rentrent tous, quant à leur composition, dans le même groupe d'aliments.

89. La tomate, quoique appartenant à la catégorie des fruits, s'emploie comme légume et comporte une grande variété de préparations. Elle sert surtout à rehausser le goût des autres aliments. Son acidité provient de l'acide oxalique. Le fait qu'elle contient du fer en fait un article excellent pour les personnes pauvres en sang.

Les Fruits et les Noix.

90. Le grand Architecte est artiste aussi bien qu'ouvrier. Chacun des aliments destinés primitivement à la reconstitution du corps, pris dans son état naturel, possède une beauté qui lui est propre. Examinez un grain de blé ou de maïs, seul ou symétriquement placé sur l'épi. Voyez la pomme

aux teintes roses, la poire dorée, la prune aux reflets violets, la pêche au coloris velouté, 1 e s tranparences éclatantes du raisin: chacun de ces fruits divers a sa forme, sa couleur à lui, et chacun d'eux est un chefd'œuvre.

Mais il y a plus: chaque fruit a son arôme et son goût particulier. On trouverait difficilement une personne qui n'ait pas son fruit de prédilection. En cas de ma-

Quel régal!

Nos Aliments. 111

ladie ou de perte de l'appétit, c'est généralement aux fruits que l'on a recours. La nature elle-même suggère le fruit comme l'aliment le mieux adapté pour aider aux cellules ouvrières à ramener la santé et à restaurer l'appétit.

La plupart des fruits se compose en majeure partie d'eau. L'eau de chaque fruit a sa saveur et sa couleur propre. Le jus de fruit est l'eau la plus pure et la plus rafraîchissante qu'il soit possible de trouver, distillée qu'elle est par l'alambic mystérieux et incomparable de la Nature.

A part leur eau parfumée, les fruits renferment de l'acide et du sucre. Les fruits les plus doux contienent eux-mêmes de l'acide. Ceux qui en contiennent le plus sont l'orange, le citron et le limon.

Un fruit peut être à la fois doux et acide. La douceur du fruit est due à la présence du sucre de raisin ou sucre de fruit. Quand un fruit est mûr, il renferme d'habitude plus de sucre que d'acide. Vous pouvez ajouter du sucre à du jus de citron jusqu'à en faire un sirop, mais l'acide n'en est nullement altéré.

Le sucre naturel se retrouve à des degrés différents dans tous les fruits. Quelques-uns en renferment une forte proportion. Il y a également du sucre dans le miel, dans le lait, et surtout dans la betterave et dans la canne à sucre.

La meilleure qualité de sucre nous est fournie par les fruits et les jus de fruits. Les fruits verts renferment de l'amidon, mais pas de sucre. C'est par l'action du soleil que leur amidon est transformé en sucre. Oxidé dans le corps, le sucre y devient un élément d'énergie pour les muscles. Les fruits sont un tonique pour les muscles. Mais comme ils ne produisent pas autant de chaleur et d'énergie que les corps à base d'amidon ou de graisse, ils sont tout indiqués comme aliments rafraîchissants dans la saison chaude ou dans les cas de fièvre.

On se sert quelques fois du citron pour nettoyer le bronze. L'acide des fruits est un excellent désinfectant pour la bouche, l'estomac et les intestins. Un bon nombre de jus de fruits

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frais ont une action destructive sur les microbes. Les germes de la fièvre typhoïde périssent lentement au contact du jus de citron. Un excellent moyen de nettoyer, autant qu'il peut l'être, le canal digestif, consiste à se nourrir exclusivement de fruits pendant un jour ou deux. Ce système est très supérieur à l'emploi des drogues. Les jus de fruits rafraîchissent le sang et aident aux rognons à éliminer les poisons. Le citron et le limon exercent une excellente action sur le foie, bien supérieure à celle du calomel ou autres médecines, et ne laissent pas, comme celles-ci, des poisons dans le corps. Dans la malaria, aucun fruit ne rend d'aussi grands services que le citron et le limon. Tout cela prouve abondamment que les jus de fruits jouent un grand rôle dans la conservation de la santé.

Des fruits très nutritifs sont les bananes, les dattes, les figues et les raisins. La banane seule renferme davantage de propriétés nutritives que la viande. Son analyse chimique révèle des acides, des sels et de l'eau, quatre et huft-dixièmes de parties d'albumine, six de graisse, et sept de sucre. Cuite, elle devient très digestible.

91. Les dattes, comme les figues, sont riches en sucre; les premières en renferment jusqu'à cinquantehuit pour cent. Les unes et les autres sont laxatives.

92. Le raisin est peut-être le fruit le plus succulent qui existe. A l'exception des dattes, il contient plus de sucre que tous les autres fruits. Une livre et demie de bons raisins égale un œuf en valeur

Le raisin est un des fruits U~ plus succulents.

Nos Aliments. 113

nutritive. Le raisin renferme de l'acide tartrique, combiné avec de la potasse et de la chaux. La proportion entre le sucre et les acides dans le raisin de bonne qualité, est de vingt-neuf à un.

La "cure de raisin" consiste à manger de une à quatre livres de raisin par jour, en commençant par une demi-livre et en augmentant graduellement la dose. Elle est indiquée dans les cas de constipation, de dyspepsie et de tuberculose, et donne souvent d'excellents résultats.

93. Un des fruits les plus utiles à l'homme, c'est la pomme. Dans certains pays, on en fait une consommation considérable. On en compte plus de cent variétés. La fermeté de leur pulpe est due à une forte proportion de cellulose. Une certaine quantité d'acide malique les rend laxatives. Elles sont riches en pectine, ce qui parmet d'en faire une excellente gelée. Cuites au four ou bouillies, les pommes sont plus faciles à digérer et moins exposées à causer des brûlements d'estomac. Les pommes cuites au four sont indiquées pour les personnes qui souffrent d'acide hydrochlorique dans l'estomac. Dans bien des cas, un régime de pommes cuites et de zwiebacks nettoiera une langue chargée et guérira la constipation. Mais il ne faut pas manger des pommes après un copieux repas. Les poires sont moins acides que les pommes et rendent moins de services. Elles contiennent aussi de l'acide malique.

94. Les oranges, les citrons et les limons constituent une catégorie à part. Tous ces fruits renferment de l'acide citrique. Les oranges sures contiennent plus d'acide que les douces. La fibre blanche qui enveloppe l'orange est de la cellulose et ne doit pas se manger.

95. Beaucoup plus acides que les oranges, les citrons renferment de sept à huit pour cent d'acide citrique combiné avec une petite quantité d'acide malique. La valeur du jus de citron converti en boisson est connue de longue date, mais cette valeur est souvent plus que neutralisée par l'addition trop abondante de sucre. Le jus d'un demi-citron ou d'un

8 — P G Freneh

demi-limon pris une demi-heure avant le repas est le meilleur des apéritifs, et n'a pas les effets désastreux des bitters alcool1'ques. Les citrons rendent des services inappréciables dans les fièvres et dans les cas de rhumatisme.

96. La fraise est à peu près le premier des fruits d'été qui viennent égayer notre table. On a dit que la fraise procure "un régal pur et sans mélange" ; elle n'a ni pelure, ni noyau qui vienne interrompre les délices du palais, et elle est si saine qu'on peut en manger jusqu'à satiété.

Elle contient de deux à huit pour cent de sucre, et possède une forte proportion de tous les sels minéraux contenus dans tous les autres fruits, ainsi que du fer. Riche en soude, elle est bonne pour combattre la goutte. Si la saison est pluvieuse, la fraise reste molle, est pauvre en sucre, et devient insipide.

Les personnes qui s'en privent par crainte de rhumatisme s'imposent un renoncement inutile, vu que les sels de soude de la fraise et d'autres fruits, ont pour effet de neutraliser les acides qui causent le rhumatisme.

D'autres fruits agréables et excellents en leur saison sont les pêches, les myrtilles, les framboises, et les mûres. Les jus de mûres (ou framboises noires) sont astringents et utiles dans les cas de relâchement de l'intestin, comme aussi dans les cas de fièvre.

9y. Les fruits très acides ne devraient pas être pris en même temps que la viande, le lait, les œufs ou

La terre est généreuse envers les aliments à base d'amidon. Il

l'hom me.

Nos Aliments. 115

vaudrail mieux se contenter presque entièrement de fruits à un repas que de faire des combinaisons qui ne sont pas recommandées par la nature. La nature n'allie pas l'amidon avec les acides, ni les acides avec la graisse, ni les acides avec les aliments nitrogénés, sauf dans de minimes proportions. La banane peut faire exception à ces règles. Les fruits devraient être pris à la fin du repas, vu que leurs acides arrêtent la digestion de l'amidon dans l'estomac, à moins de les mastiquer fruits et amidon, très soigneusement, ou encore de prendre son fruit une demi-heure avant le repas.

98. Bien des personnes s'imaginent que le fruit leur est nuisible et qu'elles ne peuvent le digérer. Cela provient souvent du fait que ces personnes ne le mangent jamais sans y additionner du sucre, même dans le cas des fruits en compote ou en conserve. Le sucre de canne employé sans mesure fait fermenter ou surir le jus de fruit dans l'estomac, et c'est alors que les inconvénients commencent. D'autres personnes prennent du fruit après avoir pris un copieux repas à la viande, aux pommes de terre, à la salade, autant d'aliments avec lesquels le fruit ne saurait faire une bonne combinaison.

Les progrès récents de l'industrie des fruits en conserve nous permet d'avoir toute l'année du fruit naturel, non confit ni préparé à l'alcool. C'est la nature qui nous a donné l'exemple et le secret des fruits en conserve. La ménagère la plus expérimentée dans la prépara' ion des conserves n'approche point en perfection le travail de mère Nature. Tout fruit mûr, tel que la pomme, la prune, la pêche, le raisin ou la cerise, n'est autre chose qu'un petit bocal ou une petite boîte à fruit, parfaitement scellée, et éliquetée par la couleur et la forme qui lui est propre. Un verger ou une vigne sont de vastes fruitiers de produits en conserve.

Le secret de la conservation des fruits consiste à exclure les germes qui pourraient déterminer la décomposition. Pour cela, il suffit soit de bouillir le fruit pendant quelques minutes dans le bocal, qui doit rester seulement à demi-scellé pendant l'ébullition ; soit de le faiie cuire dans un ustensile

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en émail et de le verser tout bouillant dans les bocaux, préalablement chauffés pour qu'ils n'éclatent pas en les remplissant. Le bocal, dans un cas comme dans l'autre, doit être parfaitement scellé avec des ronds de gomme neufs. Quand il est refroidi, il est bon d'en tremper la fermeture dans de la cire ou de la parafme liquide. L'opération est la même quand on fait usage de bouteilles fermées avec des bouchons de liège ; seulement il faut tremper préalablement ceux-ci dans de l'eau bouillante pour en détruire les germes.

D ''après un préjugé généralement répandu, les fruits ne devraient être servis que comme dessert, mais la générosité de la nature, qui nous en donne une si grande variété, indique que l'homme était destiné à faire des fruits son principal aliment.

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