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CHAPITRE XVII

La Guérison divine.

101. S'il est une chose dont la profession médicale peut être fière à juste titre, ce sont les triomphes signalés de la médecine préventive durant le siècle dernier. Dans les pays civilisés, les causes de maladies ne sont plus considérées comme des manifestations surnaturelles de la colère du Tout-Puissant, déversant la vengeance sur les individus, les villes et les nations. Des épidémies, des maladies, et des morts qui, il y a deux cents ans, étaient attribuées à la sorcellerie, aux mauvais esprits et au "mauvais œil", et qu'il fallait conjurer par des incantations, des enchantements, des amulettes et des médailles bénies, sont actuellement considérées par les savants et même par le peuple comme étant simplement la conséquence de la violation de la loi naturelle.

Un nombre considéra-

On peut voir une blessure se guérir d'un jour à l'autre.

Le Guide de la Santé.

ne

ble de morts qui sont attribuées à la Providence ne sont en réalité que le résultat de l'ignorance, de la négligence et de la malpropreté. Mais si les épidémies résultant de la saleté déciment plus comme autrefois les nations civilisées, on constate une augmentation a larmane de maladies résultant de la bonne chère, d'erreurs de régime, de manque d'exercice et de ten sion nerveuse. L'hygiéniste aujourd'hui, s'il peut se réjouir des victoires du passé, doit donc avoir l'œil ouvert sur les maux qui restent à combattre.

La plupart des maladies qui affligent la race humaine à notre époque sont évi tables. Et cependant, quoique certaines épidémies aiguës aient été enrayées et dépouillées de / leur horreur, il n'en

reste pas moins vrai que la pneumonie, la diphtérie, le cancer, la foh'e, qui sont des maladies chroniques, vont en augmentant. Les erreurs de régime, la gloutonnerie, l'usage habituel des boissons alcooliques, du thé, du café et du tabac, les vêtements anti-hygiéniques, les excès sexuels, les ex"gences déraisonnables de la vie mondauie, la course folle aux honneurs et à la richesse, avec tous les maux qui l'accompagnent, voilà autant de sources prolifiques de maladies. Ces excès ont pour effet d'abaisser à tel point la résistance vitale, que le corps devient une proie facile à tous les maux. La cause réelle des maladies est en nous et non pas en dehors de nous.

Mais si les maladies proviennent des passions humaines, il n'est pas moins vrai que les guérisons viennent de Dieu.

guéri.st>ait les lépreux.

La Guêrison divine.

Ses amis le descen curent par le toit.

Cette vérité, aussi évidente que l'autre, est moins généralement reconnue.

Il n'y a pas de vie dans l'univers, qu'elle soit végétale ou animale, qui ne remonte à une source unique: la puissance créatrice. Et comme il n'y a qu'une source de vie, il n'y a qu'une source de guêrison : la puissance divine. C'est à cette puissance unique qu'il faut attribuer toutes les guérisons qui ont eu lieu sur la terre depuis la création du monde.

Dans sa vanité, l'homme attribue volontiers à . . des causes naturelles les phénomènes naturels qu'il comprend en totalité ou en partie, et ne laisse à la puissance divine que ceux qui lui demeurent mystérieux. On dirait que nous nous plaisons à limiter l'exercice de la puissance souveraine de Dieu.

On comprend mieux aujourd'hui que dans le passé le procédé de réparât1' on qui s'accomplit dans les tissus de l'homme après une maladie ou un accident ; mais ce procédé est non moins l'œuvre de Dieu que telle guêrison instantanée qui nous laisse stupéfaits. "Car, dit un apôtre, ses perfections invisibles, son éternelle puissance et sa divinité sont, depuis la création du monde, rendues visibles à l'intelligence par le moyen de ses œuvres."

Ncas pouvons voir d'un jour à l'autre la marche de la guêrison d'une blessure ; nous pouvons suivre d'une heure à l'autre les progrès d'un malade se relevant de la pneumonie. Nous lui donnons à manger et à boire, et nous lui administrons des traitements; nous pouvons analyser le sang de ses artères et constater son amélioration; en vertu de nos connaissances anatomiques et physiologiques, nous pouvons suivre en

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imagination le travail de reconstitution qui s'opère dans les tissus du malade. Au moyen d'un microscope, on a maintes fois constaté ce travail sur une grenouille vivante. Mais audelà du microscope, au-delà de l'imagination humaine, il est une mystérieuse puissance de vie, que nous ne voyons ni ne comprenons, mais qui opère la guérison et ramène la santé.

Cette parole de Dieu au peuple d'Israël : "Je suis Jéhovah qui te guérit," s'accomplit jour après jour, dans tous les êtres vivants. Si cette œuvre de guérison universelle et permanente s'arrêtait une seule heure, la vie disparaîtrait de dessus la terre.

Dieu "fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre sa pluie sur les justes et sur les injustes." De même, il guérit les honnêtes gens comme les fripons, et il ''donne à tous", bons et mauvais, "la vie, le mouvement et l'être."

Il y a plus : à l'être que Dieu guérit de ses infirmités physiques, il offre la guérison de l'âme, le pardon du péché, et cela d'autant plus volontiers que l'âme est supérieure au corps, et que la vie future est plus précieuse que la vie présente, qui n'en est que la préparation. On en a un bel exemple dans la guérison du paralytique par notre Seigneur. Incapables de le placer sous les yeux de Jésus, à cause de la foule qui entourait et remplissait la maison, ses amis le dévalèrent par un trou pratiqué dans le toit. Jésus récompensa leur foi en disant au malade :

"Homme, tes péchés te sont remis." Alors les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner et à dire : "Qui est celuici qui profère des plasphèmes? Qui peut remettre les péchés, si ce n'est Dieu seul?" Jésus, connaissant leurs pensées, prit la parole et leur dit : "Quelles pensées avez-vous en vos cœurs ? Lequel est le plus facile de dire : Tes péchés te sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche."

Pour leur prouver qu'il a la puissance de pardonner les péchés, Jésus exerce sur-le-champ sa puissance de guérison, et il rend la santé au paralytique : "Or afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les

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péchés : "Je te le commande, dit-il au paralytique, lève-toi. prends ta couchette, et va t'en dans ta maison." L'empressement que Dieu montre à guérir nos corps est donc simplement la mesure de sa bonne volonté à pardonner nos péchés.

Si l'homme est impuissant pour guérir la plus petite ecchymose, la plus simple blessure, il peut faire beaucoup, par contre, pour faciliter ou entraver le travail de la guérison. La guérison est favorisée par une nourriture convenable et saine, prise à intervalles réguliers et convenablement mastiquée ; par une abondance d'air pur respiré à pleins poumons ; par des exercices modérés qui fortifient les muscles et facilitent les éliminations ; par de copieuses rasades de bonne eau ; par une dose de sommeil et de repos b'en équilibrée. Durant le sommeil, le cœur se repose partiellement et le corps emmagasine des provisions d'oxigène, ce qui fait que la guérison et la réparation des tissus avancent plus rapidement durant le sommeil qu'à l'état de veille.

Ce qui accélère beaucoup la guérison, c'est l'équilibre mental. La bonne humeur et la confiance en l'avenir font des merveilles en fait de guérison. Un esprit serein, calme et paisible diminue la tension des nerfs et des vaisseaux sanguins ; en conséquence, le courant vivificateur accélère sa marche et coule sans effort, déchargeant partout la vie sur son passage. La bonté envers autrui, le désintéressement, la philanthropie fait, comme le dit un ancien prophète, "germer la guérison" (Esaie 58). Par contre, le doute et la mélancolie empoisonnent le sang, et affaiblissent le cœur. Si une frayeur soudaine et momentanée peut provoquer un frisson et rendre la peau v'squeuse, quel ne doit pas être l'effet désastreux sur la santé d'un état permanent d'inquiétude et de mélancolie?

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