MALADIES INFECTIEUSES AIGUËS
Dans les pages suivantes, les causes et les symptômes des maladies sont exposés en phrases brèves et hachées, pour plus de brièveté. On pourrait s'étendre plus longuement et avec profit sur les diverses phases des maladies étudiées. Mais ce que nous en disons suffit pour en donner une idée cla're et précise. En général, nous ne suggérons que les traitements qui peuvent être donnés à domicile. Les numéros renfermés dans cette section renvoient à la description des traitements donnée au chapitre XVIII.
Fièvre Typhoïde.
Synonymes: — Fièvre muqueuse, fièvre cérébrale, fièvre chaude, fièvre adynamique.
La fièvre typhoïde, maladie infectieuse aiguë, causée par un microbe spécial, se caractérise par une fièvre intense continue, un mal de tête, la distension de l'abdomen, la constipation ou la diarrhée, et des éruptions rosées apparaissant sur l'abdomen et le dos.
Causes. — Les causes prédisposantes sont la digestion entravée, la faiblesse intestinale, erreurs de diète, huîtres, à la glace, malpropretés, voisinages malsains, surmenage physique et intellectuel, vie adulte précoce ; a lieu surtout en dessous de l'âge de trente ans. Elle est rare chez les enfants jeunes. File peut avoir lieu parfois chez les enfants très jeunes ou les vieilles personnes. La susceptibilité personnelle semble avoir quelque chose à faire dans cette maladie, car tous ceux qui sont exposés à cette infection ne la contractent pas.
Causes Déterminantes. — Une microbe spécial, appelé bacille typhogène, découvert par Eberth. En buvant de l'eau, du lait ou des boissons qui ont été contaminées par des matières fécales. L'eau contaminée est l'agent le plus fréquent de l'infection. La fièvre typhoïde causée par le lait, est due
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généralement à l'eau polluée qui a été employée à laver les pis de la vache ou à nettoyer les cruches à lait.
Symptômes généraux. — Une attaque graduelle, de la lassitude, de l'indisposition au travail, du mal de tête, du mal dans différentes parties du corps, des saignements de nez, la fièvre s'accroissant journellement jusqu'à ce qu'elle atteigne 103° à 104° F. vers le dixième jour, variant très peu pendant dix jours, la température du soir étant deux ou trois degrés plus élevée que celle du matin. Vers la fin de la troisième semaine la fièvre commence à descendre, ce qui prend encore une semaine ou dix jours. Perte de l'appétit, langue très chargée, brune ou crevassée, dépôt de nourriture, de tartre, de germes et de cellules épithéliales sur les dents. Généralement, les intestins marchent facilement, quoique la constipation se présente dans beaucoup de cas. Les selles peuvent être de trois à six par jour, elles sont liquides, répandent une très mauvaise odeur et sont de couleur ocre jaune. Le ventre est gonflé, douloureux lorsqu'on le presse avec le doigt. Il y a des gaz dans l'intestin. La toux est fréquente.
Symptômes Circulatoires. — Le pouls augmente en proportion de la fièvre. Il est rapide, environ cent, et plein. Pendant la seconde semaine il devient faible et plus rapide.
Symptômes Nerveux. — Mal de tête, la première semaine, suivi dans la seconde semaine par l'hébétude, la stupeur, souvent le délire, du reste assez calme. Pendant l'état le plus grave de la fièvre, le malade peut essayer de sortir du lit et de sauter par la fenêtre.
Figure. — Les joues peuvent être rouges la première semaine ; plus tard la figure est d'une pâleur singulière ; la physionomie est vague et sans expression.
Peau. — Des tâches rosées apparaissent du septième au dixième jour, ordinairement sur le ventre, puis sur la poitrine ou le dos. Elles viennent par séries, qui disparaissent après quarante-huit heures. Souvent il n'y que deux ou trois légères taches. Chaque tache est de couleur rose-rouge, et s'efface sous la pression du doigt. Au moment du maximum de
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fièvre la peau est ordinairement sèche. La transpiration est rare.
Symptômes Sérieux. — Fièvre au-dessus de 104.5° F., dérangement précoce du système nerveux, délire murmurant, avec tremblements, hémorrhagie et perforation des intestins, produisant la péritonite. L'hémorragie se produit dans environ trois pour cent des cas, et se reconnaît par un pouls très rapide et une chute brusque de la température, suivis de l'expulsion d'un sang plus ou moins noir. La perforation se révèle par une douleur soudaine et une chute de la température, suivie par une douleur vague dans le ventre. Parfois la mort survient, sans avertissement, et sans cause connue, connue.
Plusieurs cas de fièvre typhoïde sont de courte durée: de douze à quinze jours au lieu de trois à quatre semaines. Une rechute est commune dans de tels cas.
TRAITEMENT . — 1. Préventif. — Adoption de mesures qui permettent d'échapper aux maladies en général ; attention au régime et aux habitudes ; entourage sanitaire et hygiénique. "Le règne de la fièvre typhoïde dans une ville est en proportion directe avec l'insuffisance des égoûts et de l'approvisionnement de l'eau potable." Tout article qui est employé dans le traitement de la fièvre typhoïde dok être désinfecté de la manière la plus rigoureuse. Toute eau à boire et le lait devraient être bouillis.
2. Général. — Le Professeur Osier, en parlant de la fièvre typhoïde, dit: "Une diète régulière et de bons soins sont les choses essentielles dans la majorité des cas." Il dit encore, "Il a fallu longtemps à la profession médicale pour se rendre compte du fait que la fièvre typhoïde ne peut être guérie par des médicaments."
La chambre dans laquelle le patient se trouve doit être bien aérée et contenir le moins de meubles possible ; le lit de préférence doit être étroit.
Dès le commencement de la maladie le patient doit aller au lit, et renoncer à s'asseoir. Il faut faire usage du bassin et de l'urinoir. Au moyen d'un tube en verre courbé le ma-
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lade peut boire de l'eau et d'autres liquides sans changer de position, excepté sur les côtés.
Après avoir mangé le patient doit se nettoyer la bouche avec du jus de citron, ou de l'eau de canelle, à raison de quinze gouttes d'huile de canelle par verre d'eau.
3. Diète. — Au commencement de la fièvre typhoïde, un jeûne de vingt-quatre à trente-six heures ou plus, peut aider beaucoup à calmer les influences dévastatrices de la maladie. L'abstinence de toute nourriture pour quelques jours, ne prenant rien d'autre que du jus de fruits frais non sucré, ou mangeant des fruits frais, tels que des pêches, des pommes cuites au four, des prunes, des ananas, etc., aidera beaucoup à enlever le poison des intestins et réduira la fièvre. Si les fruits causent de la fermentation, évitez-les. La tendance est de nourrir trop dans la fièvre typhoïde. Il faut choisir la nourriture qui soutiendra le patient, se digère rapidement et facilement, laissera peu de résidu dans les intestins, et qui ne tendra pas à augmenter la croissance des microbes. Un tel régime se trouve dans les fruits, sans la pelure et les noyaux, dans les jus de fruits sans sucre ; dans les gruaux légers, tels que gruau d'avoine, de la fécule ou du gluten, ou du pain bien grillé. On peut aussi employer le jus de citron, d'orange, de limette, de mûre, de framboise et de raisins, tous sans sucre, des pommes râpées, pommes cuites au four. Le jus acide est désinfectant, et tend à diminuer la croissance bactérielle dans le petit intestin, — le siège de la maladie. Le lait est considéré comme la meilleure diète pendant la fièvre. Si on l'emploie, il faut en donner de deux à quatre pintes, à intervalles prévus, pendant les vingt-quatre heures. Le lait peut être dilué avec de l'eau (bouillie), de l'eau de chaux (à 25%,) ou de l'eau gazeuse. Quand on donne du lait au malade, il faut soigneusement surveiller les selles pour voir s'il n'y a pas de caillots. Le petit-lait est supérieur de plusieurs façons au lait doux, et plusieurs peuvent le prendre quand le lait ordinaire leur répugne. Le malade devrait boire beaucoup d'eau froide mais non glacée, et il ne faut jamais l'éveiller pour lui donner de la médecine, de la nourriture
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ou de la boisson. Cependant, quand la stupeur se prolonge trop longtemps il peut devenir nécessaire de déranger le malade pour lui donner de la nourriture à intervalles réguliers. Quand on donne du lait comme diète, il ne faut pas donner des fruits en même temps. Généralement les malades de fièvre typhoïde sont nourris bien trop souvent.
4. Bains. — (a) Un des moyens les plus efficaces de réduire la fièvre et de mettre le patient à son aise, est de l'éponger avec de l'eau glacée, de lui donner une friction et d'appliquer en même temps des compresses glacées sur la tête. (Voyez No. 126.)
(b) Le maillot mouillé froid est une autre bonne méthode pour combattre les effets de la fièvre. On peut encore le rendre plus efficace en arrosant le drap avec de l'eau, qu'on laissera évaporer. Si le patient n'aime pas le froid, une bouillotte d'eau chaude peut être appliquée en même temps sur l'épine dorsale. (Voyez No. 125.)
(c) Boire de l'eau froide. (Voyez No. 109.)
(d) Un bandage abdominal humide la nuit. (Voyez No. 128.) Des compresses froides ou glacées sur le ventre pendant le jour, alternant toutes les deux heures avec des fomentations pendant quinze minutes. (Voyez Nos. 126 et 110.
(e) Dès le commencement de la maladie, il est très bon d'appliquer des compresses très froides (Voyez No. 126.) ou des poches à glace (Voyez No. 139) sur le cœur pendant quinze ou vingt minutes trois ou quatre fois par jour. Cela réduira !a température, renforcera le cœur, et rendra le patient bien plus tranquille.
(f) Pour un fort mal de tête ou l'insomnie, appliquez une compresse froide sur le cuir chevelu après avoir mouillé les cheveux, faites la même chose à la nuque, et donnez un bain de pieds chaud pendant six minutes. (Voyez Nos. 126 et 111.)
(g) Si les traitements à froid lui donnent le frisson, donnez une friction chaude à 130° F. Celle-ci peut être plus efficace que le traitement à froid.
(h) Le lavement froid, /0 ° à 80 ° F. trois ou quatre foi;
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par jour peut être nécessaire quand la température est très élevée. Cependant il faut veiller à ne déranger le patient que le moins possible. Si le parient transpire, évitez tout traitement a froid. (Voyez No. 135.)
Si la toux est ennuyeuse, donnez des fomentations sur la poitrine pendant dix minutes, et faites suivre par des compresses froides à 60° F., couvrant avec une flanelle, changeant toutes les vingt minutes pendant une heure. (Voyez Nos. 110 et 126.)
La plupart des cas peuvent être bien soignés par un simple épongement froid, la vessie à glace ou les compresses froides sur le cœur, des compresses froides sur le ventre, et le lavement froid.
Si le lavement ne donne pas de résultats, ou s'il est impossible de le donner, donnez une cuillerée à thé d'huile de ricin tôt chaque matin.
5. Désinfection. — Les selles peuvent être rendues inoffensives de la manière suivante : Faites dissoudre une livre de chlorure de chaux dans seize litres d'eau, et ajoutez un litre de cette solution à chaque selle, la laissant dans le vase pendant une heure. Tous les draps de lit et les habits souillés doivent être bien bouillis, et il faut avoir soin de tenir scrupuleusement propres tous les plats employés
Des douleurs excessives des intestins peuvent être calmées par des fomentations. (Voyez No. 110.)
Hémorragie Intestinale. — Repos absolu et la vessie à glace sur le côté droit, avec de la chaleur sur les jambes. (Voyez No. 139.)
6. Convalescence. — Pendant cette période le malade développe un appétit vorace, et des amis ne sont que trop contents de le satisfaire. Un patient ne devrait pas prendre de nourriture solide avant que la température n'ait été normale pendant dix jours. La viande et les œufs ne sont permis qu'après la première sema'ne. S'il y a tendence à la constipation pendant la convalescence, on peut faire usage du lavement. Toute excitation mentale ou physique doit être évitée soigneusement.
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l'influenza.
Le fléau de l'influenza espagnole s'est étendu sur le monde, des millions de gens sont morts sous son influence directe ou indirecte, et rien ne fait prévoir sa disparition dans un avenir immédiat.
La nécessité d'une information simple et pratique subsiste donc, tant pour prévenir la maladie que pour la traiter avec succès quand on en est atteint, et cette information peut être utile en vue de combattre ce fléau dans l'avenir.
Nature et gravité.
D'une certaine façon, cette épidémie agit quelque peu comme l'ancienne "grippe," quoique avec un caractère plus accentué et entraînant des conséquences et des complications plus sérieuses. Une vigilance prompte et raisonnée est le sûr moyen d'en combattre efficacement les ravages.
Apparemment, le monde médical n'a pu encore découvrir la cause, le germe de l'influenza espagnole, mais il est à présumer que l'infection est localisée dans les passages aériens de la bouche, du nez et de la gorge et est rejeté dans l'atmosphère par les aspirations, les expirations, les éternuements et la toux.
Chaque éternuement, par exemple, projette dans l'air une quantité innombrable de petites, grandes et microscopiques particules de salives et autres sécrétions, qui vont propageant ainsi l'infection. Il est même dangereux d'entrer dans une chambre occupée récemment par une personne contaminée. Nous savons tous que cela est vrai de la petite vérole, mais peu se doutent qu'il en est de même de l'influenza. Le fait seul de parler, même d'une façon toute normale, projette dans l'air de minuscules particules de salive contaminée qui, venant en contact avec les membranes muqueuses d'autres individus, sont capables de provoquer l'infection.
L'influenza, comme les fièvres et la petite vérole, est contagieuse et infectieuse. Le danger d'infection est plus grand au début de la maladie, quand des symptômes catarrhals (tels que éternûments, inflammation de la membrane muqueuse des
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yeux, du nez et de la gorge, et des écoulements du nez accompagnés d'une légère fièvre,) se manifestent. C'est alors qu'un isolement très stricte est de rigueur, et qu'il faut se tenir à distance du malade. Mais la difficulté est qu'au début, la maladie est très souvent traitée comme un refroidissement plus ou moins grave et bien souvent la vraie nature du mal n'est connue par le diagnostic qu'après une hausse de température, des souffrances et une faiblesse sans cesse grandissantes.
Déjà alors, plusieurs ont subi l'infection et la maladie s'étend rapidement dans les maisons, dans les magasins et dans les écoles.
L'influenza peut entraîner un grand nombre de complications, parmi lesquelles la pneumonie, qui est la plus fréquente et la plus dangereuse et qui est généralement accompagnée d'une congestion du sang dans les lobes supérieurs des poumons. Le sang ne se coagule pas, mais reste liquide, d'où les passages de l'air étant fermés, le malade meurt suffoqué.
L'influenza est incontestablement une maladie sérieuse mais ceci, loin de nous alarmer, doit nous inciter à travailler énergiquement en vue de sauver des vies humaines.
Premiers et derniers symptômes.
Comme il a été dit plus haut, l'influenza est souvent, à son début, prise pour un rhume et traitée comme telle. Généralement le patient a été atteint un ou deux jours avant que ses amis ou lui-même ne s'en soient aperçus.
Le premier symptôme est une légère augmentation de température qu'on peut remarquer à une certaine congestion des yeux et à la rougueur du visage. La fièvre peut atteindre jusqu'à 100 et 101 degrés Fahrenheit, avant que le patient sente la sévérité des douleurs qu'elle entraîne. Bien souvent il y a un léger mal de tête et un certain malaise aux repas. Le commencement est souvent un léger refroidissement, un resserrement de la poitrine, un dérangement urinaire tel par exemple que le fait de rester de cinq à vingt-quatre heures et plus sans uriner. Un engorgement de la tête et une sensation
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de vertige sont aussi parmi les premiers symptômes. Le début de la maladie étant également marqué par des éternuements et la toux, on fera bien de tenir pour suspects tous les symptômes d'un mauvais rhume. Pourtant il se peut que Ton ne constate aucun symptôme catarrhal, mais seulement une lassitude générale et de la fièvre.
Cette première période est celle où, par un traitement radical, on parvient le mieux à enrayer net le progrès de la maladie. Dans beaucoup de cas ceci empêchera les températures élevées et la guérison lente qui sont propres -aux cas déjà trop développés.
Les symptômes de la maladie, quand elle est bien établie, sont : douleurs du dos, nervosité, tendance à changer de position à cause des douleurs dans tout le corps et de l'impossibilité de rester longtemps dans une même position. Mal de tête, soit frontal, soit occipital, soit les deux, est fréquent. Il se produit une grande sensibilité des yeux à la lumière, ils se remplissent d'eau, le blanc des yeux est congestionné, le nez devient rouge, on tousse et dans certaines phases de la maladie une rétention d'urine a lieu.
Souvent le patient vomira de la bile et se sentira soulagé considérablement. L'affaiblissement est extrême et fréquemment il se produit des nausées sérieuses, la fièvre allant de 101 à 104 degrés Fahrenheit. Il est tout à fait exceptionnel que la température aille jusqu'à 104 ou 105 degrés. Tous ces cas sont le résultat d'une mauvaise élimination et nécessitent un traitement éliminatoire énergique. On rencontre la constipation plus souvent que la diarrhée. Le pouls est précipité, surtout quand la température est élevée. Pendant toute la maladie, il y a une tendance à être frileux. Quand cette tendance se développe, elle tend à faire augmenter la température. L'appétit est généralement bon ; de là le danger de trop nourrir le patient.
Comment éviter Yinjluenza.
Pour échapper à l'influenza, deux choses sont essentielles. Premièrement, évitez l'infection. Secondement, tenezvous en bonne condition de corps et d'esprit.
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Pour éviter l'infection, les points suivants sont à observer.
1. Evitez les personnes souffrant de rhumes, de mal de gorge, de refroidissement.
2. Ne vous mêlez à d'autres gens que quand c'est absolument nécessaire. Evitez surtout la foule dans les trains, dans les établissements.
3. Ayez les mains bien propres, ne les mettez pas à la bouche.
4. Evitez d'expectorer dans les endroits publics et tâchez que d'autres en fassent autant.
5. Le port d'un masque sur la bouche et sur le nez peut également être utile. Ces masques sont faits de quatre à six épaisseurs d'une mousseline ordinaire saturée d'un peu de listérine, ou même sans cela, quand on ne peut s'en procurer. Ces masques doivent être fréquemment désinfectés, soit en les faisant bouillir, soit en les lavant à l'eau et au savon.
6. Gargarisez-vous la gorge fréquemment tous les jours avec une solution saline. Une solution peu coûteuse et efficace est celle formée par une cuillerée à thé de sel de cuisine, dissout dans une chopine d'eau chaude.
7. Evitez de visiter les malades à moins d'être garde-malade ; prenez toutes les précautions possibles pour échapper à l'infection.
Quant à se tenir bien en bon état, les conseils suivants sont à observer :
1. Dormez et travaillez dans une atmosphère fraîche et saine ; restez au grand air autant que possible.
2. Prenez une nourriture simple et nutritive, ne vous permettez ni stimulant alcoolique ni tabac.
3. Evitez de vous refroidir le corps, et d'habiter dans des chambres ayant une température inférieure à 65 ou supérieure à y2 degrés Fahrenheit.
4. Tenez vos pieds secs et chauds. Les pieds humides nécessitent une attention immédiate. Les vêtements mouillés, de
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quelque nature soient-ils, sont dangereux et doivent être remplacés par des vêtements secs aussitôt que possible.
5. Rappelez- vous que le corps entier doit être lavé à intervalles réguliers, tout comme les mains et le visage.
6. Ne vous découragez pas. Il y a un Dieu qui s'intéresse à notre bien-être tant physique que spirituel.
Traitement.
Si vous êtes pris d'influenza, allez de suite au lit, si possible sous les auspices d'un médecin. Ayez abondamment de literie, et veillez à ce que la chambre soit bien aérée.
Pour le bien des autres, autant que dans votre propre intérêt, restez en quarantaine. Si possible, ne gardez qu'une personne près de vous et celle-ci devrait porter le masque décrit plus haut tout le temps qu'elle passera dans votre chambre.
Que la diète soit simple et légère.
Tous les plats, cuillères, savons, essuie-mains, effets d'habillements, mouchoirs, etc., dont vous vous servez, doivent être employés pour vous uniquement.
N'éternuez pas, ne toussez pas sans avoir devant la bouche un masque ou un mouchoir. Ces masques et ces mouchoirs doivent être fréquemment remplacés et ceux qui ont été employés doivent être brûlés ou désinfectés.
Dans cette maladie, on remarque une tendance constante vers la congestion interne et le froid externe. Ceci doit être combattu au moyen de bains de pieds chauds et de fomentations à la poitrine. Si les symptômes sont particulièrement la nausée et la tendance à vomir, on doit appliquer des fomentations sur l'abdomen. Chaque traitement doit être suivi d'une friction à l'hamamélis de Virginie ou avec une éponge fraîche mais pas froide. On prendra grand soin pendant toute la période du traitement que le malade reste couvert. Les bras et la poitrine seront toujours bien protégés.
Dans le cas où il y aurait une haute température et une rétention de l'urine il faudra employer des maillots complets ou des bains. Appliquez de préférence de l'eau froide sur la tête au moyen d'une vessie à glace. Dans les cas plus graves, les
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compresses froides seront appliquées sur la région du cœur. Ces traitements feront presque toujours baisser la température d'un à quatre degrés et soulageront la souffrance. Dès le début, de grandes quantités de liquides chauds seront servies au patient ; des soupes passées au tamis, du bouillon, de la limonade chaude, du jus de fruit seront servis à discrétion, ceci aidant à l'élimination du poison sécrété par les germes. Ces poisons provoquent les douleurs, les souffrances et l'extrême affaiblissement. Si cette élimination peut être maintenue au moyen du traitement expliqué ci-dessus et répété fréquemment, le patient sera délivré de cette sensation de prostration, des souffrances, des douleurs, et la guérison sera plus rapide.
Si une pneumonie s'est développée, la température sera modérée par l'application de compresses froides sur la poitrine, immédiatement après chaque traitement expliqué ci-dessus. Renouvelez les compresses dès qu'elles perdent leur fraîcheur jusqu'à ce que la fièvre disparaisse. ' On prendra grand soin à ce que le malade soit bien couvert tout le temps, tout en aérant la chambre et en maintenant une température modérée, excepté pendant le traitement, qui se fera portes et fenêtres closes, afin de préserver le patient de courants d'air.
La manière d'appliquer les traitements notés dans les paragraphes précédents est expliquée et illustrée dans ce livre au chapitre intitulé : "Les remèdes de la nature" commençant à la page \4y. Le bain de pieds chaud est expliqué aux pages 158 et 159; les maillots complets aux pages 161 et 162; les compresses froides, à la page 168.
D'autres traitements similaires sont exposés dans d'autres parties de ce même chapitre. Le chapitre suivant : "Comment soigner les malades", peut également être utile à celui qui peut se trouver dans la nécessité de soigner un malade.
Convalescence.
Sauf en cas de complications, la guérison de l'influenza doit se faire dans les deux à sept jours. Ne sortez pas du lit aussi longtemps que la température n'est pas normale le matin, à
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midi et le soir. .11 vaut mieux rester dans la chambre pendant quatre jours après que la température est devenue normale et éviter tout travail. Aérez bien la chambre et, en sortant les premières fois, habillez-vous chaudement en vous protégeant surtout la poitrine, les membres et les pieds.
Pendant la convalescence, on constate une transpiration presque continuelle et une tendance à prendre froid; c'est là que git le danger d'une seconde infection, notamment la pneumonie. Les conséquences de cette infection sont si fréquentes qu'il devient téméraire de sortir trop tôt.
Pour stimuler une bonne circulation du sang, faites-vous donner chaque matin par votre garde-malade une bonne friction froide sur la peau ; employez pour cela une mitaine rugueuse en poil chèvre ou en une matière similaire qu'on trempe dans de l'eau froide. Frictionnez rapidement et vigoureusement l'épiderme et séchez très vite. Faites cela le matin tôt dans une chambre bien chauffée. Ce traitement, bien appliqué, ne prend pas plus de cinq minutes, et donne des résultats supérieurs à bien des médicaments. Une douche alternativement froide et chaude donne de meilleurs résultats encore.
C'est une erreur que de rationner la nourriture après avoir eu Tinfluenza. Le malade perd de huit à dix livres pendant les trois ou quatre jours de fièvre et, à moins que l'activité stomacale n'ait été dérangée considérablement, dans la plupart des cas on peut prendre une nourriture plus ou moins abondante après la fièvre.
Une bonne diète est la suivante : légumes, fruits, du pain de bonne qualité, des céréales bien bouillies, du beurre, de la crème, des œufs, du lait de beurre, et surtout des aliments laxatifs, tels que des fruits frais, prunes, figues et du son mélangé aux aliments.
Beaucoup de malades ont la digestion très lente après la maladie ; pour ceux-ci une diète plus stricte est à conseiller ; évitez par exemple: les pâtisseries, les friandises, les aliments cuits et les légumes grossiers, tels que : des choux et des oignons. Ces malades doivent' être soumis à l'application jour-
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nalière de fomentations chaudes dans la région de l'estomac et du foie.
Si les nerfs sont ébranlés, entraînant une fatigue constante, une "reconstitution" spéciale est nécessaire en vue de prévenir le développement de conditions chroniques, telles que toux chronique ou bronchite chronique. Dans ces cas, il faut soigner par une bonne nourriture et beaucoup de repos, et voir si les organes éliminatoires du corps fonctionnent régulièrement. Des jours et des semaines peuvent s'écouler avant que l'on puisse reprendre son activité normale ; toutefois ceci ne doit pas être une cause d'impatience, le système nerveux devant forcément accumuler de nouvelles réserves d'énergie ; le convalescent prendra surtout l'air autant que possible.
En plus de la friction froide tous les matins, on donnera le soir avant le coucher des fomentations sur l'épine dorsale suivies d'une friction à l'huile. En plus de ceci, une friction au sel sera donnée une ou deux fois par semaine (voir page I7I).
La Fièvre scarlatine.
Cette maladie excessivement contagieuse est caractérisée par une fièvre intense, un pouls rapide, une éruption écarlate et d'ordinaire des symptômes très marqués dans la gorge.
Causes. — Elle survient le plus souvent entre l'âge de deux à sept ans ; une seconde attaque est rare. La contagion est habituellement transportée par les effets, les habillements, la nourriture, le lait, la literie, les livres, les lettres, les jouets, les chiens, les chats : elle peut se transporter par les mains et par les cheveux. La maladie est surtout contagieuse pendant la période de desquamation, alors que la rougeole, par exemple, est très infectieuse à son début. L'incubation varie de quelques heures à sept jours.
Symptômes. — Il y a plusieurs variétés de fièvre scarlatine ; mais pour simplifier nous ne donnerons que les symptômes importants.
Le début est habituellement soudain et violent. Une maladie grave et même fatale peut se développer en quelques
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heures. Il y a habituellement un frisson ou une série de frissons, des vomissements, parfois des convulsions ; la fièvre monte rapidement à 104 et 105 degrés en un ou deux jours, reste uniforme pendant trois ou quatre jours et tombe lentement, le pouls restant très rapide ; la durée de la fièvre est de sept à dix jours. Il devient difficile et douloureux d'avaler ; la langue est chargée d'une couche blanche avec des points rouges ; en raison de sa ressemblance avec une fraise, on la nomme ''langue de fraise". La perte de l'appétit, la constipation, une faible urine contenant Souvent beaucoup de sédiment et qui est très colorée, sont les symptômes de la maladie. ,
L'Eruption. — L'éruption est d'un rouge écarlate et apparaît à la fin du premier jour ou le second jour au cou, sur la poitrine et sur le visage; elle s'étend rapidement sur tout le corps, et disparaît de la même façon par desquamation. La desquamation commence vers le sixième jour. Dans la majorité des cas, la couleur écarlate apparaît d'abord sur les amygdales et sur la gorge. Souvent on ne tient pas compte de ceci.
Complications. — Inflammation de l'oreille moyenne, inflammation des reins, qui est très sérieuse et doit être soignée à temps ; maladies de cœur, inflammation des glandes, chorée.
Pronostic. — La mortalité est de cinq à quarante-quatre pour cent.
Traitement. — Considérant le traitement de cette maladie, le Professeur Rotch, de l'université Harvard, dit: "A mon avis, les médicaments sont employés dans une trop grande mesure dans les cas bénins de scarlatine. Je sens que je puis parler avec quelque autorité à ce sujet ayant pris comme règle, et cela pendant des années, de comparer les cas traités par mes collègues avec des médicaments avec mes propres cas traités sans médicaments." La fièvre scarlatine a sa propre limite et ne saurait être enrayée. L'enfant doit être isolé du reste de la famille et aucun étranger ne doit être admis auprès de lui. Donnez-lui une chambre ensoleillée et bien ven-
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tilée; enlevez-en les meubles ou objets inutiles; repos absolu; régime liquide ou de fruits. (Voir Fièvre typhoïde.) Traitements chauds comme suit: un bain chaud, épongement chaud, maillot chaud ou maillot au drap mouillé pendant une heure. (Voyez les numéros 113, 119 et 125.) Ces traitements, isolés ou réunis, enrayeront l'éruption. Tenez de la glace dans la bouche pour combattre le mal de gorge et les vomissements. Si possible le patient devra se gargariser avec de l'eau froide ou avec la solution suivante toutes les deux heures : acide carbolique, un drachme ; listérine, une once ; une cuillerée à café dans un demi-verre d'eau. Si l'enfant est trop jeune pour gargariser, nettoyer la gorge avec des tampons d'ouate hydrophile en employant la solution ci-dessus. Brûlez les tampons employés. Un bon gargarisme est composé d'une partie de peroxyde d'hydrogène avec cinq parties d'eau.
Appliquez des compresses froides sur le cou, changez-les toutes les quinze minutes pendant une heure et des fomentations quatre fois par jour; réduire la température au moyen de lavages à l'éponge avec de l'eau froide, du maillot froid, du bain gradué; de. toutes façons, adaptez la température aux conditions individuelles. (Voir Nos. 119, 125.) Quand l'éruption apparaît complètement, enduire le corps deux ou trois fois par jour d'huile d'olive, de vaseline carbolisée, de beurre de cacao. Cela adoucira la peau, abrégera la durée de la desquamation, et empêchera la propagation de la maladie par les écailles détachées. Journellement un lavement à 90 degrés sera donné. Si l'enfant a de huit à dix ans l'eau n'aura que 80 degrés. (Voir No. 135.). L'enfant sera gardé au lit jusqu'à ce que l'écaillement soit déjà bien avancé. Ceci peut durer de quatre à cinq semaines. L'écaillement sera plus rapide si l'on donne un bain chaud et une friction au savon tous les soirs ; mais on ne peut faire ceci que quand toute trace de fièvre a disparu. Une contravention à la diète telle que le fait de manger de la viande et autres aliments lourds peuvent entraîner la maladie de Bright et des maladies organiques du cœur.
On fera bien de tenir les enfants en chambre pendant plusieurs semaines si le temps est froid ou humide.
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L'inflammation de l'oreille se traite le mieux avec une douche chaude à 105 degrés, puis en appliquant un linge chaud et sec. Je n'ai jamais constaté des complications de l'oreille quand le gargarisme était fait proprement et que l'enfant évitait de se moucher. (Voir No. 134.)
Désinfection. — Le plus grand soin sera pris de désinfecter les effets et habillements employés ou souillés, ainsi que les plats. Quand l'enfant est rétabli il sera épongé vigoureusement avec une solution de sublimé corrosif 1/3000, puis immédiatement après à l'eau pour éviter toute irritation de la peau. Tous les effets seront bouillis et la chambre désinfectée en y brûlant trois livres de soufre par mille pieds cubes après avoir au préalable bouché toutes les ouvertures. On peut encore frotter les murs, le plafond, la charpenterie, le mobilier avec, du pain puis passer sur le tout avec la solution de sublimé corrosif 1/5000.
La désinfection peut empêcher la propagation de cette maladie. Le formaldehyde est employé pour fumiguer les chambres.
La Rougeole.
Voici une des maladies des plus communes dans l'enfance. Les signes, les symptômes, le cours et les complications de la rougeole sont très uniformes. Cette maladie n'est pas à craindre comme la fièvre scarlatine ; et cependant, quand elle fut d'abord communiquée aux sauvages par des voyageurs, elle y fit tant de ravages que plusieurs de leurs tribus furent presque dépeuplées.
Causes. — Le poison est transmis par les habillements ou par l'air, car il est très diffusible. La rougeole comme la grippe et autres maladies infectieuses ne respecte que l'hygiène et une bonne santé.
La saleté, la crasse, le manque de soleil, une ventilation défectueuse, un sang pauvre ne peuvent qu'encourager et favoriser la maladie. L'infection est associée aux sécrétions nasales et bronchiales, ce qui est cause de sa grande puissance infectieuse au début de la maladie, et cette infection peut
Fièvres et Maladies infectieuses. 233
s'exercer de trois à quatre jours avant que l'éruption ne commence. La rougeole vient le plus souvent entre l'âge de un à cinq ans. Une seconde attaque est très rare.
L'incubation, soit le laps de temps entre l'infection et l'apparition des premiers symptômes, est de quinze jours.
Symptômes. — Des frissons, des éternuements, des sécrétons nasales croissantes ; les paupières sont rouges, les yeux pleurent, la lumière devient pénible, toux, expectoration, perte de sang par le nez, l'enfant est fiévreux, agité, nerveux; la température monte à 102 et 104 degrés pendant l'éruption. Elle se maintient pendant quelques jours puis tombe en quelques heures. On ressent des maux de tête, des douleurs dans le dos, dans les membres, la langue est chargée, les lèvres sèches, l'appétit manque, des nausées et des tendances à vomir, constipation; les glandes du cou sont gonflées, souvent le dérangement des bronches est très marqué.
L'éruption. — Celle-ci apparaît habituellement le matin du quatrième jour mais elle peut se produire le troisième ou le cinquième jour. Elle se manifeste par des points de la grosseur d'une tête d'épingle légèrement surélevés, d'un rouge foncé ou nuancé de bleu, se montrant d'abord au-dessus des tempes, près des oreilles ou sur le menton et le visage, puis se répandant rapidement sur tout le corps. Ces petits points se rencontrent, et forment des croissants.
L'éruption de la rougeole apparaît habituellement d'abord sur la membrane muqueuse de la bouche sous forme de points blancs sur un fond rouge. Ceux-ci sont appelés "signés de Koplik". Ces points apparaissent un ou deux jours avant les points rouges mentionnés ci-dessus, on les voit d'abord en face des molaires. La tendance à l'éruption dans la rougeole est de former des tâches. Au bout de deux ou trois jours l'éruption commence à disparaître et l'épiderme tombe par petites écailles. Pendant la desquamation il y a un peu de fièvre. Dans la rougeole noire il se présente une hémorragie de la peau et des membranes muqueuses. Cette variété est caractérisée par une prostration extrême. La rougeole, s'il n'y a pas de complications, se poursuit comme suit : de dix à
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quinze jours d'incubation, une invasion de trois jours, trois jours de progrès, trois jours de déclin.
Complications. — Pneumonie catarrhale, pneumonie croupeuse, tuberculose, inflammation de l'oreille moyenne, ulcération de la cornée, inflammation de l'œil, catarrhe gastro-intestinal.
Traitement. — La maladie a sa limite naturelle et ne saurait être enrayée; il s'eln suit que le traitement est purement symptômatique. Placez le patient dans une chambre bien aérée, isolée, la température étant de 65 à 7O degrés. La chambre sera bien éclairée mais les yeux seront protégés avec verres fumés ou un paravent; sinon ils pourraient être gravement atteints. Si les yeux ne peuvent être protégés convenablement, gardez la chambre dans l'obscurité, ceci ne constituant toutefois qu'un pis aller. Il faut exiger le repos absolu au lit et une diète liquide ou de fruits. Ne faites pas de traitement froid au début; si l'éruption est lente à paraître, appliquez une douche chaude à l'éponge. (Voir Nos. 113, 115, 119.)
Si l'éruption disparaî prématurément, appliquez le traitement chaud, enduisez bien la peau de beurre de cacao ou de vaseline. La toux ne nécessite en général pas de traitement spécial.
Si pourtant la chose devient nécessaire appliquer un maillot sur la poitrine, employer un pulvérisateur contenant soixante graines de camphre et autant de menthol dans quatre onces d'albolène. Si la toux devient grave appliquez des fomentations pendant quinze minutes puis des maillots sur la poitrine que l'on laissera toute la nuit. Ce traitement peut être répété plusieurs fois par jour. (Voir Nos. 110, 118.)
Jusqu'au moment où l'éruption apparaît, combattez la fièvre au moyen de bains chauds ou de bains chauds à l'éponge. Nettoyez les yeux avec une solution d'acide borique : dix grains par once d'eau, et enduisez les paupières de vaseline. Pour les maux d'oreilles, appliquez le traitement comme dans la fièvre scarlatine; pour les irritations gastriques, les vomissements, usez de la glace, de l'eau chaude, de l'eau calcaire;
Fièvres et Maladies infectieuses. 235
pour les maux de tête, des compresses froides. (Voir No. 126.) La constipation étant la règle, appliquez un lavement à 90 degrés. (Voir No. 135.) Quand l'éruption apparaît et que la température reste élevée, donnez un lavement à 80 degrés trois fois par jour et épongez avec de l'eau froide.
Dans bien des cas, la rougeole est si bénigne qu'à part la diète et le repos, il y a peu de chose à faire. Evitez surtout le froid pendant la convalescence.
Petite vérole.
Depuis l'introduction de la vaccination, la petite vérole n'est plus redoutable comme il y a cent ans.
Causes. — La petite vérole est une des maladies les plus malignes parmi les maladies contagieuses. L'historique de la maladie prouve que presque tous ceux qui y ont été exposés ont été atteints s'ils n'étaient pas vaccinés. La petite vérole se contracte à tout âge mais est surtout fatale à la jeunesse. Habituellement une attaque protège l'individu contre toute récidive. Toutes les sécrétions et excrétions sont infectieuses.
Symptômes. — La période d'incubation est de dix à quinze jours. La maladie débute par un frisson, une hausse rapide de température allant jusqu'à 103 ou 104 degrés F., une prostration très accentuée, perte d'appétit, vomissements, insomnie, une grande agitation, des maux de tête très douloureux, des souffrances aiguës dans le bas-dos, un pouls rapide, une respiration ascendante ; la fièvre se maintient élevée jusqu'au troisième ou quatrième jour, puis elle tombe de plusieurs degrés se maintenant pourtant encore jusqu'au huitième jour; la seconde hausse de température est proportionnée à l'éruption. La constipation se manifeste. Au début, on confond aisément la maladie avec la grippe.
Depuis ces dernières années la maladie n'est plus très grave dans la majorité des cas et le patient ne se sent même pas assez malade pour se mettre au lit. Cette variété est même très souvent confondue avec la petite vérole volante.
L'éruption. — Celle-ci apparaît usuellement le troisième ou quatrième jour et traverse différents stages. On la voit d'à-
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bord sur le front, le cuir chevelu, la face, les poignets, puis elle s'étend sur tout le corps. Vers le sixième jour, ces taches rouges deviennent des boutons, puis de petites cloques dont le hquide, d'abord transparent, se transforme en pus vers le septième ou huitième jour. Les pustules se confondent, le pus dégage une odeur désagréable, puis forme des croûtes qui se détachent progressivement, à partir du quinzième jour, laissant le patient plus ou moins défiguré. La maladie ne laisse pas de traces si le derme, ou peau intérieure, n'est pas atteint. Parfois les bronches et l'œsophage sont attaqués.
Complications. — Bronchites, pneumonie, inflammation de l'œil et de l'oreille moyenne, furoncles, crevasses et paralysie.
Traitement. — Isolation complète du patient, vaccination des autres membres de la famille, repos au lit, chambre bien aérée, température d'environ 65° F., boissons froides, limonade, eaux carbonisées, diète de fruits, gruaux, lait doux, lai*. de beurre; réduire la fièvre avec des maillots froids, applications froides à l'éponge, lavements froids. (Voir Nos. 125, 119, 135.) Nettoyer les yeux avec une solution saturée d'acide borique ; soigner la gorge avec un pulvérisateur contenant une solution faite de trente gouttes d'acide carbolique, d'une once de glycérine, et de trois onces d'eau, (on peut également se gargariser avec cette solution) ; ou bien employer une solution d'albolène contenant trente grains de camphre, autant de menthol et une once d'albolène.
Pour éviter les marques. — Parfois ceci est tout à fait impossible. On dit pourtant qu'une chambre obscure atténue les marques. Un des remèdes les plus efficaces est formé par le mélange d'une once de glycérine et d'une demi-once d'ichthyol. Eviter les frictions. Ne touchez pas aux plaies. Placez un drap rouge aux fenêtres et protégez le malade par des paravents rouges. Si le visage ou d'autres parties font souffrir, des compresses chaudes d'acide borique suivies de compresses froides que l'on remplace dès qu'elles sèchent atténueront de beaucoup les douleurs. Des essuie-mains trempés dans l'eau puis tordus et appliqués sur le corps réduiront la fièvre et le patient s'en sentira d'autant mieux. (Voir No. 126.)
Fièvres et Maladies infectieuses. 23y
Vaccination. — A défaut de médecin toute personne intelligente peut vacciner. Les instruments nécessaires sont en vente. Choisissez pour la vaccination une place juste en dessous du muscle de l'épaule. Lavez bien avec de l'eau et du savon, frottez avec de l'alcool. Avec l'aiguille en acier qui fait partie de l'instrument, grattez un espace d'environ le quart d'un pouce carré. Ne faites pas saigner, mais grattez assez pour arriver à la chair vive. Frottez bien le vaccin sur la plaie et laissez sécher. Couvrez la partie du bras blessé avec un pansement de gaze antiseptique. Evitez de toucher la partie blessée et l'instrument avec les doigts. Si le vaccin agit, un petit bouton apparaîtra le troisième jour el passera par toutes les phases d'une plaie active.
Petite vcrtole volante.
Voici une maladie très contagieuse, caractérisée par une longue incubation, une légère fièvre, une éruption de courte durée. Il n'y a jamais de complications.
Causes. — Maladie de l'enf anoe, n'a rien de commun avec la petite vérole, récidive très rare.
Symptômes. — Légère fièvre, éruption apparaissant le second ou le troisième jour, caractérisée par des boutons rouges sur le front, la face, le corps, très espacés, se remplissant d'un certain fluide au bout de quelques heures ; cette maladie dure habituellement une semaine.
Traitement. — Repos au lit, diète légère, bien des fois il ne faut aucun traitement. Si pourtant l'éruption est grave appliquez le même traitement que pour la petite vérole.
Oreillons.
Synonyme. — Parotidite, ourles.
Maladie infectieuse d'une durée restreinte, symptômes bénins, et caractérisée par une inflammation douloureuse de la glande parotide.
Causes. — Elle survient isolément ou par épidémie. La maladie est contagieuse, propre aux saisons froides et à l'enfance, quoique les adultes puissent également en être atteints. *■
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Symptômes. — Au début, on a des frissons, 102 à 103 degrés de fièvre, maux de tête, manque d'appétit, douleurs névralgiques, douleurs en dessus de l'oreille, une sensation maladive. Les glandes en de'ssous des mâchoires sont gonflées. La gorge est rouge, l'ouïe est parfois affaiblie. Vers le huitième jour le gonflement atteint son maximum.
La maladie présente ce trait bizarre que parmi les hommes, elle a une tendance à attaquer les testicules, surtout si le patient est levé et ne garde pas une immobilité absolue.
Traitement. — Cette maladie demande peu de traitement. L'essentiel est qu'on se repose et se tienne au lit. Applications chaudes, fomentations, puis des compresses froides, poches chaudes, gargarismes toutes les heures avec de l'eau chaude contenant du sel, lavements chauds, diète légère, évitez les acides. Appliquez sur le gonflement une couche d'une solution faite d'une partie d'ichthyol et de deux parties de glycérine. (Voir. Nos. 110 et 126.)
Coqueluche.
La maladie se distingue par une toux provoquant une aspiration longue, pénible et bruyante, accompagnée d'un resserrement spasmodique des glottes.
Causes. — Cette maladie survient, soit séparément, soit en épidémie. Elle est très contagieuse pendant son début et est probablement due à un organisme. Les enfants de six mois à six ans y sont sujets, mais une attaque éloigne toute récidive.
Symptômes. — La maladie a trois stages: (1) Le stage catarrhal qui dure environ 10 jours ; (2) Le stage paroxysmal qui dure de trois à six semaines; (3) Le stage de déclin qui voit disparaître graduellement les symptômes. La maladie commence par un rhume ordinaire, éternuements, légère fièvre, écoulements du nez et des yeux qui vont en croissant jusqu'à atteindre un caractère convulsif. La toux est une série de toussements expiratoires qui fait perdre l'haleine, le visage est convulsé et bleui, le regard hagard, les veines gonflées ; la toux est suivie par une longue inspiration bruyante. Parfois au paroxysme de la maladie, l'enfant vomit, saigne du
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nez ou a les yeux injectés. Le nombre d'accès de toux peut varier de deux, trois, jusqu'à cinquante par jour. Si la maladie se prolonge il se peut que les poumons se dilatent et que l'enfant devienne une proie facile de la tuberculose. La maladie peut durer de trois à six semaines. Ne jamais considérer la coqueluche comme une maladie peu importante.
Traitement. — Parlant du traitement le Docteur William Pepper dit : "La vérité est que le traitement de la coqueluche n'est pas encore sorti de son état d'empirisme et comme tous les remèdes ont déjà été employés, appel est fait à tout autre traitement." Le Docteur Osier dit: "Le traitement médical est très peu satisfaisant."
L'élément essentiel est l'air frais, jour et nuit. Pendant la première période, l'enfant doit être mis au lit et isolé des autres enfants. Faire disparaître le crachat, habiller l'enfant de flanelle et le préserver de tout changement de température. La diète sera légère et nutritive. Fomentations sur la poitrine et la colonne vertébrale, douche froide à l'éponge le matin, (Voir Nos. 110 et 119 ), inhalation de vapeur, ou asperger au vaporisateur avec une solution de vingt grains de menthol et une once d'albolène ou une solution à deux pour cent de résorcine. Des œufs, de la viande, du thé, du café, les composés de ces substances sont à éviter. Le mucus peut être enlevé de la gorge de l'enfant avec le doigt que l'on couvrira de toile de coton.
Si la toux devient grave, laisser boire de l'eau à volonté, et en plus des fomentations toutes les quatre heures, appliquer des maillots sur la poitrine dans les intervalles. Le soir, un maillot que l'on laissera pendant une heure tranquillisera l'enfant et le fera dormir. (Voir Nos. 110, 118, 115.)
Pendant la convalescence, donner une nourriture abondante, beaucoup de lait, surtout de la crème, une friction saline journellement et des sorties à l'air et au soleil.
Diphtérie.
Ceci est une maladie qui afïecte la gorge et les passages aériens supérieurs avec une tendance à se propager.
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Causes. — La diphtérie est une maladie à germe et la cause provocante est le bacille de Klebs-Lôfrler qui ne se trouve que dans les écoulements poreux des membranes. C'est une maladie excessivement contagieuse et qui se communique rapidement d'une personne à l'autre. Cette maladie gagne du terrain d'une façon constante dans les grandes villes. D'après le Docteur W. G. Thompson, la diphtérie est fréquente parmi certains animaux, tels que les oiseaux de basse-cour, pigeons, veaux, porcs, chien et chat. L'infection est transportée dans les habillements, mouchoirs, jouets, livres ou en toussant dans la figure des autres. La propagation de la diphtérie est favorisée par les contraventions aux règles usuelles de l'hygiène, l'humidité, les maisons obscures, les caves renfermées, plombage défectueux, émanations des égouts et une baisse générale de la vitalité. Elle est très fréquente pendant l'hiver et le printemps. Les enfants en. dessous de six ans sont les plus exposés quoiqu'on puisse en être atteint à tout âge. Bien des fois, on prend un mal de gorge violent ou une angine grave pour une diphtérie et vice-versa. Bien des cas restés inconnus affectent tout un voisinage. On ne doit jamais laisser à l'école un enfant qui a un gros rhume, un mal de gorge violent ou qui est fiévreux.
Symptômes. — Le début est lent. On se sent agité, l'appétit manque, des nausées et des vomissements surviennent, la gorge est sèche et il devient douloureux d'avaler, la gorge fait mal, fièvre modérée qui monte rarement au-dessus de 103° degrés Fahr., le pouls est rapide et faible, il y a constipation, l'urine est rare et foncée, les glandes du cou sont gonflées et tendres; les muscles sont raides, les mouvements des mâchoires sont douloureux.
Examen local. — Vers le troisième jour une fausse membrane se forme sur les amygdales, sur le voile du palais et même à la gorge. Cette membrane est d'abord d'une couleur gris-blanc et devient finalement d'un gris sale ou d'un jaune sale. La membrane arrachée on aperçoit une surface crue et sanguine.
Si cette fausse membrane s'étend sur le larynx ou sur les
PLANCHE VII. Diphtérie.
Remarquez la membrane blanchâtre qui recouvre le voile du palais.
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passages nasaux antérieurs, les symptômes deviennent plus graves ; dans cette condition la mortalité est d'à peu près yS pour cent. Les symptômes sont très violents dans la diphtérie maligne, la prostration est grande. La diphtérie dure habituellement de dix à quinze jours.
Complications. — Pneumonie, bronchite, maladie du cœur, inflammation des intestins, paralysie des muscles de la gorge ou des yeux. La paralysie se présente dans plus de dix pour cent des cas venant pendant la seconde ou la troisième semaine de la convalescence.
Par suite de la grande quantité de poison sécrété par les germes, on constate, une dépression extrême. Ceci est une des raisons pour lesquelles la fièvre est si peu élevée. Le corps ne peut réagir contre les substances toxiques dont il est assailli.
Traitement. ■ — Le docteur doit être appelé de suite et de l'antitoxine sera donnée en grandes doses. L'isolation est d'une importance capitale dans cette maladie. Si possible rendre toute relation impossible entre l'enfant malade et les autres membres de la famille. Seuls le médecin et la garde-malade devraient avoir accès auprès du malade. La chambre doit être fraîche, pas au-dessus de 68° degrés Fahr., bien aérée, et dépourvue de tous accessoires inutiles. On suspendra aux portes donnant accès aux pièces contiguës, des draps de lit trempés dans une solution au cinq % d'acide carbolique ou dans du ' bichlorure de mercure, 1/1000. Un hygiéniste conseille de descendre les plats employés par le patient par la fenêtre ou de les garder dans la chambre où ils seront désinfectés et réservés à l'usage exclusif du malade.
La diète sera légère et nutritive, fruits, fruits glacés, gruaux, riz, lait et petit lait. L'enfant sera nourri à des intervalles réguliers de trois ou quatre heures. Les boissons froides acidulées telles que limonade ou jus d'ananas sont très recommandables. Si le patient ne peut prendre des aliments par la bouche, les lavements nutritifs deviennent nécessaires. (Voir No. 136.) Lavements journaliers a 90° Fahr.
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Si l'on craint une attaque de dyphtérie, parce que par exemple d'autres cas se sont présentés dans le voisinage, mettez l'enfant à la diète de fruit pendant un ou deux jours, faites un lavement à 106° degrés tout d'abord, suivi d'un maillot chaud une demi-heure, puis d'une courte application froide. Répétez le même procédé le lendemain. (Voir Nos. 135, 115 et 119.)
Donnez des fomentations sur la colonne vertébrale trois fois par jour pendant sept à dix minutes puis une friction froide, 80° degrés, si l'enfant à plus de deux ans. Ceci maintiendra le cœur et la circulation. Si l'enfant a plus de deux ans, appliquez des compresses froides à y0 degrés, sur le cœur trois ou quatre fois par jour pendant quinze à vingt minutes. On n'a pas besoin d'alcool dans cette maladie, il est même funeste d'en employer. (Voir Nos. 110 et 126.)
Traitement local. — Le fait de prendre assez fréquemment de la glace dans la bouche soulage la soif et réduit la congestion. L'application précoce et continue de compresses froides sur la gorge rend les plus grands services. Appliquez sur la gorge une vessie imperméable remplie de glace ou de la glace dans un essuie-main. (Voir No. 139.) Pour obtenir un résultat il faut que le traitement soit continu. Toutes les heures, pendant dix minutes, applications chaudes. Quand la fausse membrane s'est bien formée la glace n'est plus nécessaire et on appliquera des fomentations chaudes combinées avec des compresses froides que l'on changera toutes' les vingt ou trente minutes. Si l'enfant ne supporte pas le traitement froid, appliquez un traitement aussi chaud qu'il pourra le supporter. (Voir Nos. 126 et 110.)
Des applications locales peuvent se faire au moyen d'un vaporisateur, d'une douche nasale, de gargarismes, ou le badigeon. La forme la plus simple d'inhalation est de la vapeur imprégnée d'eau de chaux, ou en rendant l'atmosphère humide en brûlant de la chaux. La gorge peut éventuellement être aspergée au pulvérisateur ou tamponnée avec une solution saturée d'acide borique dans l'eau de canelle, ou une solution contenant une once de peroxyde d'hydrogène, deux cuillerées à
Fièvres et Maladies infectieuses. 243
café de glycérine, une demi-once ; on peut aussi badigeonner la gorge avec la solution suivante: menthol, dix grammes, toluol, trente-six grammes, teinture de chlorure de fer, quatre grammes, alcool absolu, soixante grammes. Si la maladie s'étend au nez, faire une douche nasale de listérine, une partie pour quatre parties d'eau ; une partie d'hydrogène pour six d'eau donnera le même effet.
En cas de maladie de cœur, indiquée par la peau, les ongles et les lèvres bleuis, donnez un maillot chaud de trois minutes suivi d'une friction froide. (Voir Nos. 115 et 124.) Gardez les pieds bien chauds ; répétez toutes les heures, en cas de nécessité. Surveillez soigneusement les reins, car de très sérieuses complications peuvent surgir quand même le patient semble beaucoup mieux. Un affaiblissement du cœur est une conséquence fréquente de la dyphtérie, et pour cette raison, le convalescent doit se tenir bien tranquille.
Si les glandes du cou font mal, les peindre à l'ichthyol ou à la teinture d'iode.
Après la guérison, la tête de l'enfant sera soigneusement lavée et la chambre désinfectée comme pour la fièvre scarlatine. On tiendra l'enfant à la maison au moins un mois après que tous les symptômes auront disparus.
Pneumonie.
Causes. — Cette maladie règne dans presque toutes les contrées. La pneumonie est une complication très commune de la grippe, de la rougeole, de la fièvre scarlatine, de la fièvre typhoïde et des méningites cérébro-spinales. Son développement est favorisé par toute condition affaiblissant, la vitalité, par exemple une nourriture pauvre, une mauvaise ventilation, les frissons quand on a chaud et qu'on transpire. L'alcoolisme surtout prédispose à la pneumonie. On est généralement d'accord pour dire que la pneumonie est une maladie infectieuse et est due à un germe spécial.
Danc cette maladie, on remarque une forte congestion des poumons surtout la partie inférieure du poumon droit. Le poumon entier peut être atteint et même les deux. La condition maladive des poumons est divisée en trois stages. Le
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premier stage est celui de la congestion, qui ne dure habituellement que quelques heures. Dans le deuxième stage le poumon est engorgé de sang, de fluides, de cellules sanguines, de germes, à tel point que plongé dans l'eau il irait au fond. Pendant ce stage, le poumon ressemble quelque peu à un foie, on le nomme stage d'hépatisation rouge. Le suivant est le stage d'hépatisation grise, qui laisse le poumon gris, le pigment du sang ayant été absorbé et le sang ne circulant pas librement. Ce stage peut durer de quatre à quinze jours. Ensuite les exsudations inflammatoires sont absorbées et le poumon retourne à sa condition normale soit entièrement, soit partiellement.
Symptômes. — L'attaque est soudaine, frissons suivis rapidement d'une forte fièvre. Parfois le patient se sentira malade pendant plusieurs jours, ayant des sensations frileuses, un peu de fièvre, des maux de tête, une sensation comme si la poitrine était oppressée. Les symptômes apparaissent : forte fièvre, 104 degrés, même 105, se maintenant jusque vers le septième ou le neuvième jour. Quand la crise survient, la température tombe rapidement et peut devenir anormale ; la respiration est pénible, rapide, superficielle et douloureuse, la souffrance au début est aiguë, la toux est parfois violente; l'expectoration rare au début peut devenir considérable la seconde semaine ; les crachats au commencement sont épais, tenaces, d'une couleur de rouille ou de sang; la figure est injectée, des crevasses se forment sur les lèvres et sur le nez ; il y a manque d'appétit avec constipation; le pouls va jusqu'à cent en battant fortement (une pulsation de cent et vingt est une cause d'anxiété pour un adulte) ; la peau est très chaude et sèche, ou baignée de transpiration pendant la maladie.
Complication s. — Pleurésie, maladie organique du cœur, méningite cérébro-spinale, tuberculose. Les autorités médicales sont d'accord pour dire que la pneumonie s'étend.
La mortalité est de vingt à quarante pour cent, et la mort survient le plus souvent entre le cinquième et le neuvième jour. Cette maladie est comptée parmi les plus dangereuses.
Fièvres et Maladies infectieuses. 245
Traitement. — La pneumonie, comme la rougeole, la fièvre scarlatine et la fièvre typhoïde est une maladie à limite naturelle et poursuit un cours bien défini, tout efficace que soit le traitement appliqué. Le Dicteur Osier dit : "On ne peut ni la faire avorter ni l'arrêter par un moyen à nous connu. Mfême dans les circonstances les plus favorables, elle finira abruptement ou naturellement sans qu'on ait administré la moindre dose de médecine."
Le repos absolu etst d'une importance capitale. Diète liquide consistant en fruit, jus de fruit, gruaux, lait de beurre, toast au lait, lait de poule et du bouillon. On nourrit plutôt trop que trop peu, et bien des vies ont été perdues parce qu'on n'a pas restreint l'appétit pendant la fièvre consumante.
Tout au début on donnera un bon lavement chaud de 110° degrés. Appliquer des compresses froides, 50 à 60 degrés, toutes les dix minutes, ou de la glace dans une vessie imperméable, ou dans un sac entre des essuie-mains, sur les parties affectées en alternant toutes les deux heures de fomentations de vingt minutes. (Voir Nos. 126 et 110.) Ce traitement sera suivi pendant vingt-quatre heures. Après ceci le traitement chaud est plus efficace et sera répété plusieurs fois par jour, alternant avec des compresses froides. (No. 126). Certains maladels ne supportent pas le traitement froid sur la poitrine. Dans ce cas appliquer de grandes fomentations sur les parties affectées, devant et derrière, pendant dix à vingt minutes selon le soulagement ressenti, toutes les deux ou trois heures et pendant les intervalles, appliquer des compresses à 60 degrés, que l'on changera dès qu'elles seront chaudes. On évitera de prolonger le traitement jusqu'à fatiguer le malade). Pendant la nuit permettre au patient de dormir autant que possible sans traitement. Si la douleur dans le côté est trop grande, serrer un bandage large de gaze autour de la poitrine. Appliquer ensuite le traitement sur ceci. De toute façon garder le lit bien sec.
La fièvre peut être contrôlée; par un épongement froid, par l'application d'essuie-mains froids et mouillés sur le thorax, que l'on changera dès qu'ils se réchauffent. Continuer
246 Le Guide de la Santé.
ce traitement pendant une demi-heure. (Voir Nos. 125 et!19.) Si les pieds sont froids, donner un bain de pieds chaud, eu encore mettre des fers chauds, des sachets chauds aux extrémités. Voir si le malade va régulièrement à selle. Pour les fièvres élevées, le lavement froid à 60 ou /0 degrés (pour un adulte de moins de soixante ans), toutes les quatre heures est un excellent moyen de réduire la fièvre. On le gardera pendant dix ou quinze minutes. Les maux de tête seront soulagés par l'application sur la tête de compresses glacées et un bain de pieds chaud. Si l'inflammation est du côté gauche, une vessie à glace (Voir No. 139) ou des compresses froides sur le cœur, pendant dix ou quinze minutes toutes les heures, empêchera l'influence épuisante de la chaleur environnante et de la circulation des poisons dans le sang. Le maillot de jambes chaud avec des applications froides sur la poitrine réduiront la congestion des poumons. (Voir Nos. 116, 126.) L'alcool est inutile pour traiter la pneumonie et diminue même les chances de guérispn pour le malade. Bien prendre garde que le patient ne se refroidisse pas. Soigner la ventilation et la température qui ne doit pas dépasser 60 à 65 degrés.
La crise! constitue une période critique pour le malade et le dénouement dépend beaucoup des soins donnés au patient pendant cette crise. Les symptômes de prostration sont souvent marqués par une température de 9y à 98 degrés Fahr. Dans ces circonstances, il est nécessaire de soutenir le malade par le traitement chaud, des lavements chauds, des bains chauds, applications sèches et chaudes, des fomentations sur la colonne vertébrale et des boissons chaudes. (Voir Nos. 135, 115, 110). On évitera une diète trop solide après la crise ainsi qu'une diète de viande ou toute autre nourriture stimulante.
Quand la crise est passée, le patient devrait avoir des applications froides et chaudes sur le poumon malade pendant quinze minutes, trois fois par jour, suivies de frictions froides. Ceci abrégera de beaucoup la période de convalescence. (Voir Nos 129, 124.)
Fièvres et Maladies infectieuses. 2Ay
Rhumatisme inflammatoire aigu.
Synonymes. — Rhumatisme articulaire aigu, fièvre rhumatismale.
Causes. — Exposition au froid et à l'humidité, refroidissement soudain du corps quand la peau est chaude, épuisement, climat froid, défectuosités dans le changement des tissus, influences nerveuses, usage excessif de viande, d'alcool, d'autres stimulants. Les principaux docteurs considèrent un germe spécifique comme étant la cause excitante de la maladie.
Symptômes. — L'attaque est soudaine, frissons, refroidissement, fièvre 104 °, 105 ° ou plus, mal de tête, langue chargée, mal de gorge, amygdalite, manque d'appétit, constipation, urine rare et colorée, douleurs dans les articulations qui vont en augmentant à chaque mouvement ; différentes articulations sont impliquées en même temps dans lesquelles il y a un gonflement et une inflammation notable ; la maladie peut également attaquer plusieurs articulations consécutivement ou passer brusquement de l'une à l'autre. Les genoux, les chevilles, les coudes sont le plus souvent atteints. La peau est chaude, couverte habituellement d'une sueur sure et acide. Cette maladie peut durer de quelques jours jusqu'à plusieurs semaines.
Dans la très grande majorité des cas, le cœur est affaibli par la fièvre et le poison, et une maladie organique du cœur s'ensuit.
Traitement. — Repos au lit. La chambre sera fraîche et bien ventilée. La diète est un facteur important dans le traitement. Fruits frais ou étuvés, jus de fruit, limonade, gruaux et céréales bien cuits donnent la meilleure diète. Lavement journalier froid. Toutefois au début de la maladie, on donnera un lavement chaud à 110 degrés, un bain de pieds chaud, puis appliquer une couverture chaude jusqu'à ce que le patient transpire copieusement, laisser continuer pendant à peu près deux heures. (Voir Nos. 135. 111 et 115.) Pendant qu'on donne ce traitement appliquer des compresses froi-
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des au cou et sur la tête. (Voir No. 126.) Le maillot à transpiration sera donné pendant les deux ou trois premiers jours. Faire suivre de frictions froides tout en évitant de refroidir le patient. (Voir No. 124.) Pendant la fièvre, quand le malade transpire, éviter tout traitement froid, mais frictionner souvent avec un essuie-main sec. Sinon quand la température est au-dessus de 104° le patient devrait avoir des compresses ou des frictions froides toutes les trois heures et des lavements froids, à 80 degrés, quatre fois par jour. Toutes les quatre heures, des compresses froides ou des vessies de glace seront appliquées pendant quinze minutes sur le cœur. (Voir Nos. 126 et 139.) Pour la nuit, envelopper la ou les parties inflammées dans une compresse froide, bien tordue, couverte de toile cirée ou d'une feuille de caoutchouc, Le tout enveloppé d'une ou deux épaisseurs de flanelle. Si le malade ressent des douleurs dans le dos, appliquer des fomentations pendant quelques minutes. (Voir No. 110.) Localement, on mettra les articulations dans des maillots chauds pendant vingt ou trente minutes, faire suivre de compresses froides et renouveler dès qu'elles se chauflent. Ceci soulage considérablement et arrête lies progrès de la maladie. Les compresses seront couvertes de deux épaisseurs de flanelle. (Voir No. 126.)
L'ichthyol étendu sur les articulations ou sur de la gaze et appliqué sur les articulations, soulage également. Des compresses d'une solution saline très chaude soulagent énormément dans beaucoup de cas. L'huile de pyrole appliquée sur les articulations et bien couverte de coton, puis de flanelle, fait un excellent pansement pour la nuit.
Parfois la douleur est si grande que le moindre mouvement d'un doigt ou d'un membre produit des souffrances atroces. On agira donc toujours avec une extrême douceur en soignant le patient. Quand celui-ci emploie le bassin pour selles, que deux personnes l'assistent. L'encourager à consommer beaucoup d'eau.
Pendant la convalescence, le patient sera très prudent de ne pas se lever, s'asseoir, ou se promener trop tôt. Le cœur est
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très faible après cette maladie et tout excercice même celui de s'asseoir trop tôt peut être cause d'une maladie de cœur non seulement sérieuse mais même permanente. On se surveillera en ce sens pendant plusieurs mois. Une attaque de rhumatisme aigu prédispose une personne au rhumatisme chronique ; il faudra donc éviter la viande, le café, le thé et tout autre aliment azoté.
Apppliquer les mêmes principes de traitement à la fièvre de soleil qui est plus fréquente sous les climats tropicaux.
Erysipèle.
Causes. — Maladie excessivement contagieuse qui est due à des germes dénommés Streptococcus erysipelatis. Elle suit souvent les couches ou toute autre maladie qui diminue la vitalité. Les germes de l'érysipèle sont dispersés partout et les personnes qui ont quelque abrasion de la peau y sont très susceptibles par inoculation. La maladie se présente souvent par épidémie.
Symptômes. — Dans la plupart des cas, la maladie apparaît sur la figure près du nez et de l'oreille. La peau rouge vif est très gonflée, ferme au toucher et a une limite bien définie.
La maladie commence par les symptômes de la fièvre : mal de tête, frissons, manque d'appétit, constipation, un peu de fièvre, un picotement dans la partie affectée. La fièvre est de 102° à 103°, parfois le gonflement est tel que les yeux sont complètement fermés. Les glandes du cou sont dilatées et enflammées et peuvent même percer. La fièvre dure habituellement de quatre à six jours et tombe subitement, la rougeur disparaît, le gonflement s'efface. Parfois l'inflammation peut s'étendre au cerveau ou dans la bouche, les deux cas étant très sérieux. L'érysipèle est parfois fatal aux gens faibles et âgés, il est surtout sévère pour les alcooliques.
Traitement. — Avoir soin que la maladie ne s'étende pas. Le repos absolu est nécessaire. La maladie a sa limite naturelle. Bien des cas guérissent sans le moindre traitement, mais la négligence est dangereuse. La diète consistera principale-
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ment en fruit et en gruaux. Un bon lavement sera donné tous les jours. Réduire la fièvre avec épongement froid ou chaud. Des compresses glacées peuvent être appliquées le premier jour sur les parties affectées, ou elles peuvent être teintes avec 50 pour cent d'ichthyol dans de la vaseline et couvertes d'un morceau d'étoffe. Ces parties peuvent également être baignées dans une solution saturée d'acide borique, ou des compresses au sublimé corrosif à 1/5000 peuvent être appliquées. On dit que du collodion appliqué sur les limites de l'érysipèle empêche l'extension de la maladie.
Des compresses froides à 60 degrés peuvent être appliquées sur les compresses d'ichthyol. On peut encore peindre le visage avec le composé suivant : Ichthyol, deux drachmes ; éther, un drachme; collodion, cinq drachmes. Laver journellement et recommencer. Une garde-malade soignant un cas d'érysipèle nef peut s'approcher d'une femme en couche.
Dysenterie.
La dysenterie est une maladie inflammatoire du gros intestin, souvent d'un caractère infectieux, caractérisée par un état catarrhal de la membrane muqueuse, par des ulcérations, des pertes de sang, du mucus, pus et des coliques excessivement douloureuses et violentes. On considère la dysenterie comme une des plus graves épidémies connues. Dans les tropiques on la considère comme plus dangereuse que le choléra ; pendant la guerre civile aux Etats-Unis, elle causa plus de morts que les balles et les obus.
Causes. — La maladie se présente le plus souvent pendant l'été et l'automne. Les changements brusques de température sont des causes qui y prédisposent. Elle vient à tout âge. Les dyspeptiques y sont surtout sujets. Cette maladie est provoquée par une nourriture pauvre et insuffisante, une nourriture irritante, des fruits verts, la consommation d'eau stagnante, la crasse, une ventilation défecteuse, une dépression mentale, constipation constante ; une certaine forme de
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dysenterie est provoquée par un parasite dénommé Ameba coli.
Symptêmes. — 11 y a plusieurs variétés de dysenterie, mais pour abréger nous en donnerons les symptômes ensemble. La diarrhée est le symptôme le plus constant. L'attaque peut se faire subitement ou venir graduellement avec une violence croissante. Le malade doit aller de quinze jusqu'à cent fois par jour à selle. Au début elles consistent surtout en mucus, en sang et en matière fécale. Plus tard elles deviennent comme une masse gélatineuse plus sanguine. Il y a une disposition constante à faire des efforts inefficaces pour soulager les intestins. Ceci est le caractère le plus douloureux de la maladie. Il y a une légère fièvre et des maux de tête. La langue est chargée et humide ; plus tard elle devient rouge et vitreuse. On perd l'appétit et la soif est intense. Parfois la prostration est grande, l'abdomen est sensible, et le patient souffre de coliques. Pendant que la maladie progresse l'amaigrissement et l'affaiblissement s'accentuent.
Complications. — Péritonite due à la perforation des intestins par ulcération ; l'abcès du foie est fréquent sous les tropiques, rare pourtant dans les pays à climat tempéré. Paralysie par suite d'inflammation des nerfs.
Pronostic. — Dans la dysenterie catarrhale ordinaire, les prévisions sont bonnes ; la guérison survient en une semaine. Dans la forme maligne la mortalité est très grande. Les enfants, les vieux et les débiles y succombent rapidement. Les rechutes sont nombreuses.
Dysenterie chronique. — Elle suit habituellement toute attaque aiguë. Le symptôme principal est la diarrhée ; si celle-ci est constante il s'ensuit une émaciation et un affaiblissement marqués.
Traitement. — Le patient aura le repos absolu, et emploiera l'urinai, de lit. Au début, soulager les intestins en prenant une forte dose d'huile de ricin (une ou deux cuillerées de table) ; faire suivre d'un lavement donné très lentement, les hanches du patient étant surélevées. Ne rien manger pendant un ou deux jours. Si la maladie couve depuis plusieurs jours
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éviter les purgatifs. Les coliques et douleurs abdominales seront traitées au moyen de grandes fomentations de quinze minutes, suivies de compresses froides de plusieurs épaisseurs de gaze, tordues dans de l'eau à 60 degrés ; changer toutes les vingt minutes et cela pendant deux heures; répéter ensuite les fomentations (Voir Nos. 110 et 126.) Ce traitement peut se faire presque constamment. Pour la nuit mettre une ceinture humide. (Voir No. 128). On réduit la fièvre le plus efficacement par un épongement froid et par l'application d'eau chaude accompagnée d'une friction rapide et superficielle de la peau. Appliquer souvent de copieux lavements à 100 degrés ; le lavement froid à 60 degrés est peut être plus agréable. Si le rectum est si sensible qu'un tube ne peut y être introduit mettez-y d'abord un petit morceau de glace. Parfois même de petites injections d'eau glacée soulageront beaucoup. Laisser boire le patient à volonté, mais pas d'eau trop froide, ceci stimulant les mouvements intestinaux. Ne rien prendre pendant les vingt-quatre ou trente-six premières heures. La diète consistera en eau d'orge, eau de riz, gruaux de gluten, jus de fruit frais sans sucre. N'employez pas de fruit avec la peau ou les pépins. Le jus de mûre sauvage ou d'airelle convient le mieux. Donnez-en plusieurs verres par jour. Pendant la convalescence ne pas adopter trop tôt une diète azotée. La nourriture sera bien mastiquée et absorbée très lentement. La prétention que les malades ayant la diarrhée doivent éviter de manger des fruits est dénuée de toute base scientifique. La pulpe des fruits sera évitée ainsi que les jus de fruits sucrés ; mais ceux mentionnés ci-dessus sont en général très bien supportés. Ils ne seront pourtant pas donnés avec une diète de lait et d'œufs. Ne prendre aucune matière grasse pendant la période aiguë. Les graisses ou huiles telles que huile d'olive pure sont bonnes pendant la période chronique de la maladie. Dans toutes les formes sous lesquelles la diarrhée peut se présenter, éviter de boire de l'eau très froide pour la raison exposée ci-dessus. Boire de l'eau chaude.
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Fièvre des marais.
Variétés. — (a) Fièvre intermittente dans laquelle il y a une période de froid, de chaud et de transpiration. Le paroxysme peut survenir la même heure tous les jours, tous les deux jours, ou tous les quatre jours; (b) fièvre rémittente appelée parfois fièvre des jungles; une forme de malaria dans laquelle la fièvre est présente tous les jours ; (c) fièvre pernicieuse.
Causes. — La maladie est due à un parasite qu'on appelle le "plasmodium de Laveran" d'après le nom du savant qui le découvrit en 1880. Cet organisme pénètre dans le corps avec l'eau que nous buvons et des investigations récentes prouvent que les moustiques transportent le parasite et nous le transmettent par leurs morsures.
La maladie est très commune pendant l'été et l'automne. Les causes qui y prédisposent sont les saisons humides et pluviales surtout dans les tropiques, les nuits froides et jours très chauds, un terrain bas et mal drainé, des régions marécageuses, une végétation luxuriante avec des déchets de matières végétales, car toutes ces conditions favorisent le développement des moustiques. Les touristes traversant des régions pareilles sont très exposés à la maladie. Lors de la guerre de Cuba et des Philippines, on a constaté que dans les régiments où toute l'eau consommée était au préalable bouillie, et où des précautions étaient prises contre les morsures des moustiques, très peu de soldats eurent la maladie.
Le parasite passe dans le sang, attaque les globules rouges et les détruit. Pendant un paroxysme des millions de cellules sont détruites. Comme le parasite pénètre dans le sang, il produit un poison qui contracte la circulation capillaire de la peau et des organes vitaux, et entrave les centres réglant la température du corps à un tel point qu'un soudain refroidissement se produit, moyen employé par la nature pour détruire le poison. Le seul moyen positif de diagnostiquer la
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maladie est l'emploi du microscope. Avec cet instrument le parasite peut être découvert dans le sang.
Symptômes. — (a) Fièvre intermittente. — Période de froid. — Le patient sent habituellement plusieurs heures à l'avance qu'il va avoir un refroidissement, par un sentiment étrange de langueur, de fatigue, de bâillements ; mal de tête, malaise dans l'estomac. Les frissons viennent d'abord dans le dos et les reins. Puis le malade tremble, les frissons deviennent plus violents, les dents claquent, les traits sont étirés, la peau présente l'apparence connue sous le nom de chair de poule et est très froide, les oreilles, le nez et les extrémités des doigts sont livides. Le patient demande constamment qu'on le réchauffe. Ces frissons peuvent durer de quelques minutes jusqu'à une heure et même plus.
2. Période de chaud. — La peau devient chaude, la figure est rouge, le foie et la rate sont congestionnés. Il y a un mal de tête aigu, irritation, agitation, la langue est sèche et chargée, la soif est intense, la constipation se manifeste, on ressent des douleurs dans le dos et dans les membres. Cette période dure d'une demi-heure jusqu'à trois ou quatre heures.
3. Période de transpiration. — Transpiration abondante et disparition de la fièvre. On transpire d'abord de la figure et du front. Les douleurs disparaissent ; le malade se sent épuisé et tombe dans un sommeil léger. Cette période dure de deux à quatre heures. Le paroxysme entier prend de six à douze heures suivant les cas. Pendant les intervalles, le patient peut se sentir tout à fait bien, mais il y a ordinairement un manque d'appétit, une certaine faiblesse résultant de la destruction des globules rouges.
Le maladie n'aura pas nécessairement des frissons; pendant le paroxysme, la rate est dilatée et sensible, le foie est gonflé. Des traces de fièvre apparaissent sur les lèvres. La maladie peut s'arrêter après dix ou quinze jours sans le moindre traitement.
(b) Fièvre rémittente des marais. — Survient dans les pays à climat tempéré et sub-tropical, surtout en été et en automne. Les symptômes sont irréguliers ; il peut y avoir des maux de
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tête, une langue chargée, perte d'appétit, constipation, une urine fortement colorée, fièvre, température allant de 104 à 105 degrés ; la peau est chaude, la face rouge, douleurs dans la tête et dans les membres. Les vomissements sont fréquents, et en quelques jours la jaunisse peut se développer par suite de la perte des cellules rouges du sang. L'examen du sang au microscope révèle la présence du parasite malarial.
On confond souvent cette variété de la fièvre des marais avec la fièvre typhoïde. Un diagnostic positif ne peut être fait dans l'un et l'autre cas qu'après examen du sang. La maladie dure habituellement une ou deux semaines.
(c) Frissons pernicieux. — Tous les symptômes sont graves. Il y a grande prostration ; dès le début la peau est froide, le pouls est faible, délire, stupeur, évanouissements et même des hémorrhagies des surfaces muqueuses du corps.
Traitement. — Faites toujours bouillir l'eau, dans les régions propices à la maladie. Eviter autant que possible les morsures de moustiques. Employez des moustiquaires, augmentez la résistance vitale par une diète bien raisonnée et par un bain d'eau froide journalier. On commencera le traitement pour le refroidissement et la fièvre dès qu'on les suspecte. Si par example on croit que l'attaque va se produire vers midi on prendra la température à sept heures et puis toutes les demi-heures. Une hausse graduelle indique que le frisson suivra si on ne s'y prend pas à temps. Dès que la température monte, commencer le traitement. Donner un lavement à 110 degrés. Faire boire de l'eau chaude autant que possible. Si la circulation dans le sang est bien conservée, le frisson peut être évité ou du moins rendu très léger et de peu de durée.
L'activité de la peau peut être maintenue par l'application vigoureuse sur la peau d'eau froide à 60 degrés au moyen d'un chiffon à gros grains ou d'une mitaine. (Voir No. 124.) Il sie peut qu'il soit nécessaire de répéter ce traitement tonique toutes les heures et même toutes les demi-heures. Bien faire attention que le patient ne soit pas exposé à des courants d'air. (Voir. No. 115.)
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A la première apparition de sueur sur la lèvre supérieure ou sur les sourcils, enlever graduellement les couvertures en évitant toujours les courants d'air. Pendant les intervalles entre les paroxysmes, fortifier la peau et augmenter la résistance vitale en donnant trois fois par jour une friction froide. Ne pas trop manger, ni boire ; éviter toute fatigue mentale et en général tout excès.
Pendant la période de transpiration on soulagera de beaucoup le patient en frottant fréquemment la peau avec un linge sec.
La quinine. — Cette drogue est considérée par les médecins comme étant la drogue spécifique pour la fièvre des marais. Elle aidera dans beaucoup de cas si elle est employée judicieusement. La quinine a une mauvaise influence sur les fonctions vitales du corps; elle arrête les mouvements des cellules blanches et les empêche de détruire les parasites néfastes. Elle diminue le transport de l'oxygène par les globules rouges, et diminue par le fait même la puissance du corps à résister à la maladie. Elle affaiblit les centres nerveux du cerveau et de la colonne vertébrale, diminuant ainsi la résistance vitale. Elle empêche la combustion du poison dans les tissus, et par ce fait invite la maladie. La quinine est un poison pour toute forme de vie; c'est un bon germicide, mais étant trop chère, elle n'est pas employée dans ce but.
Le sulphate de quinine agit très lentement quand l'acide hydrochlorique est absent de l'estomac, ce qui est presque toujours le cas quand il y a fièvre intense. Donné en trop grandes doses, la dissolution devient impossible et il passe dans le canal intestinal. La quininfe n'est soluble que dans une solution acide et sera donc donnée de cette façon. Si le foie est très congestionné la quinine n'aura aucune influence sur le corps et est de très peu d'utilité dans ce stage de la maladie. D'autre part nous constatons que le foie est toujours plus ou moins congestionné dans cette maladie. Quand on prescrit de la quinine pour la fièvre des marais elle peut être donnée en doses de deux à cinq grains en capsules toutes les demi-heures en commençant dès la première hausse de tem-
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pérature. Elle est très efficace quand elle est administrée dans une solution à deux pour cent d'acide tartrique.
Quant à la fièvre des jungles ou fièvre bilieuse, elle exige un repos absolu au lit. Le patient mangera des fruits et des graines. Activez les selles en donnant tous les jours un lavement froid. Réduire la fièvre en épongeant toutes les deux heures avec de l'eau froide ou en appliquant toutes les quatre heures le maillot mouillé, ou encore par des fomentations sur la région du foie et de la rate, suivies de compresses froides changées toutes les quinze minutes, et ce, pendant deux heures à la fois. (Voir Nos 135, 119, 125, 110, 126.) Ceux qui sont les victimes d'attaques répétées de fièvre des marais ont besoin d'un traitement bien comiplet, car aussi longtemps que le système est rempli de poison on ne peut espérer un bien grand degré de santé. Ils devraient pour bien faire chercher au moins pendant quelque temps un autre climat.
La Tuberculose.
Maladie infectieuse provoquée par le mirrobe appelé Bascillus tuberculosis.
La tuberculose est Tune des maladies les plus répandues. Elle est fréquente dans tous les pays, sous tous les climats, à tous les âges, et elle s'attaque à tous les organes et à toutes les parties du corps. Elle est très commune dans le bétail, chez les moutons, les porcs, la volaille, les poissons, les chiens, les chats, les rats et les souris. Les Indiens et les nègres y sont très exposés.
Cette terrible maladie entre pour un décès sur sept. Dans quelques grandes villes, surtout dans les districts populeux, elle représente un cas de mort sur quatre.
Causes. — La tuberculose n'est pas héréditaire, mais elle transmet une prédisposition. Le microbe de la tuberculose se cache partout : dans la poussière des tapis, sur les planchers, sur les murs, dans l'air, sur les routes, dans les chemins de fer, — partout, sauf au milieu de l'océan et sur les hautes montagnes. Si nous ne succombons pas tous à ce fléau, c'est grâce à la force vitale qui est en nous, et qui est capable de
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lui résister. On ne devient victime de la tuberculose que lorsque la force de résistance de notre système est affaiblie au point où les microbes réussissent à se multiplier dans les tissus.
Causes prédisposantes. — La dyspepsie, l'auto-intoxication, les excès du manger et du boire, une mauvaise alimentation, le surmenage, le manque d'exercice, une vie sédentaire, un travail mental exagéré, les pertes de sommeil, les excès sexuels, la masturbation, une mauvaise ventilation, le mauvais air et la poussière, le lait d'animaux tuberculeux, la viande tuberculeuse, des refroidissements fréquents et négligés, un état de faiblesse à la suite d'une fièvre, et le contact intime avec des personnes tuberculeuses.
Symptômes. — 1. Tuberculose a' gué. — Frissons, fièvre, douleur au côté, toux, expectoration, abattement, respiration pénible, couleur bleuâtre du visage, des doigts et de la peau, solidification du poumon. Pouls rapide et faible. La maladie peut devenir fatale en quelques semaines ou elle peut durer des mois entiers.
2. Tuberculose des glandes lymphatiques ou scrofule. — Se rencontre chez les enfants mal nourris et cela souvent à la suite d'une rougeole. Ce sont surtout les glandes du cou qui sont attaquées. D'abord elles s'isolent, puis forment une masse compacte et deviennent enflammées. Plus tard la suppuration apparaît, mais cette forme du mal occasionne rarement la mort.
3. Phtysie aiguë ou gallopantc. — L'attaque a lieu d'une façon soudaine, souvent accompagnée de frissons, de douleurs au côté, de fièvre, de toux, d'expectorations roussâtres qui deviennent ensuite épaisses et jaunâtres, respiration difficile, sueurs nocturnes, amaigrissement rapide. Au début, dette forme de tuberculose se confond avec la pneumonie. Elle dure de trois à six mois et se termine fatalement.
4. Tuberculose chronique. — Le début est lent. Les symptômes de cette forme de tuberculos'e sont bien connus. L'un des premiers, c'est la toux, d'abord sèche et rauque ; elle apparaît d'ordinaire le soir ou le matin. Il y a des douleurs