‹ Le guide pratique de la santéChapitre 59 sur 91 · CD O · texte numérisé non relu

CD O

ai

-eu

eu ^

Ih

Fièvres et Maladies infectieuses. 259

lancinantes dans la poitrine. L'expectoration est généralement abondante. L'examen au microscope, par un bactériologiste, révèle la présence du microbe tuberculeux. Des dérangements de la digestion se produisent, accompagnés d'amaigrissement, d'affaiblissement, de pâleur au visage, remplacée dans l'après-midi par l'inflammation des pommettes ; élévation de la température à heure fixe, sueurs nocturnes, pouls rapide et hémorragie des poumons. Ce dernier symptôme est souvent le premier qui réussisse à alarmer le patient. La tuberculose des intestins provient probablement des crachats avalés.

Traitement. — 1. Mesures préventives. — Comme nous avons affaire à une maladie infectieuse, il faudra veiller tout d'abord à ce que les serviettes en papier recevant les crachats soient déposées dans un réceptacle attaché au lit et livrées au feu. Le patient doit être averti de ne pas cracher sur le plancher ou sur le trottoir. Un tuberculeux marchant sur la rue, et crachant à droite et à gauche, est un être plus dangereux pour le public qu'un aliéné armé d'un fusil chargé. Il faudra bannir le lait et la viande provenant de sourdes suspectes. Une mère tuberculeuse doit cesser de nourrir son enfant. Les autres membres de la famille peuvent se garantir de cette affection redoutable en veillant sur leurs habitudes, en évitant les rhumes selon les instructions données plus haut, en évitant les excès de toutes sortes, et en se conformant à toutes les règles hygiéniques relatives à l'alimentation, au sommeil, à la ventilation, à l'exercice en plein air et surtout au soleil.

Une personne menacée de tuberculose devrait, si possible, renoncer à dormir en chambre et installer son lit sous une tente munie d'une plancher ou sur une galerie en partie fermée. Dormir au grand air devrait être un plaisir et non une punition, et cela plus encore en hiver qu'en été. Le patient qui ne s'inquiète pas de guérir n'a qu'à rester jour et nuit dans sa chambre.

Une chose indispensable pour la personne qui a une tendance à la tuberculose, devrait être )e développement de la

Le Guide de la Santé.

poitrine ainsi qu'une alimentation abondante en nitrogène et en corps gras.

2. Mesures générales. — Il est souvent impossible au patient de quitter son foyer ou de changer de climat. Dans ce cas, il faudra le placer dans les meilleures conditions possibles, l'encourager à vivre au grand air, et à s'y livrer à quelque occupation facile.

S'il est trop faible pour marcher, il faudra l'exposer au soleil pendant tout le jeur, soit sur un pliant, soit sur une chaise-longue. Cette mesure sera plus efficace que toutes les autres réunies. Un tuberculeux enfermé dans un logement sombre, humide, mal ventilé, à très peu de chances de guérir. Des bains de soleil ou simplement l'exposition du thorax malade aux rayons du soleil est d'une valeur inestimable.

3. Alimentation. — Un grand rôle est joué par l'alimentation dans le traitement de la phtysie. Aussi longtemps que l'appétit se maintient, il y a lieu d'espérer. Pour cela, il faudra bannir le thé, le café, les boissons alcooliques, les conserves au vinaigre et les épices, qui finiront par détruire la digestion. Tous les mets doivent être bien préparés et servis d'une manière appétissante. Chaque individu chosira les mets qui s'accordent le mieux avec son état. Céréales, fruits, œufs, laitage,

devront former une partie importante du menu. Si le malade désire de la viande, on choisira la meilleure qualité de bœuf.

4. Hydrothérapie. — Les traitements hydrothérapiques ont donné les meilleurs résultats dans le soin des tuberculeux. L'eau stimule la circulation du sang, active l'action des poumons, améliore l'appétit, facilite l'ass(imilation des aliments, augmente l'activité de la peau et des rognons, réduit la fièvre, arrête les sueurs nocturnes, diminue

Prenez des exercices spéciaux pour développer les muscles des épaules et de la poitrine.

Fièvres et Maladies infectieuses.

la toux et les expectorations, et stimule les centres nerveux.

Avant tout, encouragez le malade à boire beaucoup d'eau par petites quantités et à de courts intervalles. Le meilleur de tous les toniques nerveux, c'est la friction froide accommodée aux forces du patient. On pourra la donner deux ou trois fois par jour.

(Voyez le numéro 124.) Si le patient est trop faible pour supporter ce traitement, commencez par lui donner pendant quelques jours une friction à la main sèche; puis employez de l'eau tiède dont vous abaissez graduellement la température jusqu'à 54°.

Aussitôt que la réaction se fera rapidement, vous pourrez donner le maillot au drap mouillé, en plaçant \ le patient debout dans un seau d'eau

chaude. D'autres mesures Utiles SOnt S'il est trop faible pour marcher, il

, , . faudra exposer le patient au soleil

les compresses chaudes a 1 épine dor- pendant tout u jour, sou sur un

, . . pliant, soit sur une chaise-longue.

Sale, a la poitrine et au foie. (Voyez , Cette mesure sera très efficace.

le numéro 110.) Ne pas donner de traitements chauds le soir pour ne pas encourager les sueurs nocturnes.

5. Exer\cice. — Il est de la plus haute importance de combiner l'exercice physique avec l'hydrothérapie. Mais si la fièvre est élevée, le patient attendra que ce symptôm'e ait pu être enrayé, et les forces augmentées. L'exercice en plein air doit être commencé avec modération, gradué selon que les forces augmentent, et poursuivi avec persévérance. La marche, les ascensions de montagne, la course à cheval sont des exercices d'une haute valeur. Ces exercices doivent être poussés jusqu'au point où le malade ressent une légère fatigue. Ce qui égale en importance les moyens indiqués plus haut, c'est la confiance, la sérénité, et la détermination de guérir.

Traitement de symptômes spéciaux. — (a) La Toux. —

262 Le Guide de la Santé.

Boire de petites gorgées d'eau au moment de se coucher. Applications chaudes et froides à la poitrine. Maillot de tronc. (Voyez les numéros 110 et 118.) On trouvera souvent du soulagement par remploi du nébulisateur ou vaporisateur (en vente à la pharmacie), employé avec la solution suivante:

Camphre Vz drachme.

Menthol V2 drachme.

Huile d'eucalyptus. V2 drachme.

Huile de canelle 20 gouttes.

Albolène 4 onces.

On peut utiliser aussi une cuillerée à thé de teinture de benjoin, placée dans une demi-pinte d'eau bouillante, dont on inhalera les vapeurs par un entonnoir.

(b) Sueurs nocturnes. — Epongez le corps à l'eau très chaude à l'heure du coucher. On peut aussi éponger à l'eau d'alun ou avec des parties égales de vinaigre et d'eau chaude. Friction froide tous les jours. L'épongeage du corps au moment de se coucher se fait avec la solution suivante :

Baume Pérou 15 gouttes

Acide Formique 80 grains

Hydrate de chlore 80 grains

Alcohol pur 3% onces

Il existe un ancien remède qui a donné de bons résultats, c'est le thé de sauge froid.

(c) Fièvre. — Si elle est élevée, le patient doit renoncer au travail musculaire et aux exercices, mais il doit vivre en plein air. Mesures toniques, frictions froides. (Voyez les numéros 124, 129, 130.)

(d) Hémorragies. — Le patient s'alitera et prendra la position demi-assise ; compresses froides à 60 sur la poitrine pendant deux, trois ou quatre heures, et courtes applications chaudes entre les épaules. Il n'y a que deux pour cent des malades qui meurent d'hémorragies.

(e) Perte d'appétit. — Traitements généraux, vie en plein air, exercice, confiance.

(f). Changement de climat. — Le meilleur climat pour

Fièvres et Maladies infectieuses. 263

les consomptifs est le climat sec, chaud, ensoleillé, combiné avec une altitude convenable. Bien des patients améliorent leur état en changeant de climat s'ils s'y prennent à temps. Mais ce changement aura peu de résultats si la détérioration du poumon a déjà commencé. On trouve d'excellents climats au Canada, au Colorado, dans la Californie méridionale, en Floride, au Mexique, dans l'Arizona et dans l'Europe méridionale.

Si l'on pouvait amener les patients à adopter des mesures rationnelles à la maisson, et à passer la plus grande partie de leur temps au soleil et au grand air, il ne serait pas souvent nécessaire de changer de climat. Les malades reçoivent des soins plus affectueux et plus intelligents à la maison que parmi les étrangers.

(g) Drogues. — On évitera les médecines, patentées ou non, les drogues et les "cures infaillibles" annoncées par les charlatans. Leur effet est nuisible. L'arsenic et l'opium empoisonnent le système, et ne font que diminuer les chances de guérison.

Page 1