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CHAPITRE XXIX

Maladies du Système Nerveux

La Douleur.

La souffrance est au corps ce que la conscience violée est à l'âme. C'est un des meilleurs "gare au danger" de la nature. La souffrance "est le fruit qui, insoupçonné, mûrit dans la fleur du plaisir qui le cache." Ce n'est que par des sens spéciaux que nous ressentons plaisir ou douleur, et à chaque sens qui apporte un plaisir quelconque est attaché le châtiment qui en punira l'abus. Il est difficile de déterminer la ligne séparant la douleur du plaisir, car ce qui est plaisir pour l'un est douleur pour l'autre. Toute sensation de plaisir poussée à l'excès devient douleur, car la trop grande tension d'un sens quelconque cause de la douleur. Celui qui considère les sens comme des serviteurs et les 'emploie sainement aura joie et bonheur. Mais s'il devient serviteur de ses sens, les lois de la nature s'en trouvent outragées, ses propres sens se retournent contre lui et deviennent ses persécuteurs.

La douleur nous est salutaire. Elle n'est pas un mal sans mélange, quand même elle constitue une punition pour toute transgression physique. Un trop grand abandon aux plaisirs de la table, l'abus du vin, le manque d'exercice, sont des plaisirs qui doivent s'incliner humblement devant les douleurs intenses provoquées par les maux de tête, les rhumatismes, la névralgie, et la goutt'e. Le glouton paie pour son intempérance, en souffrant les protestations indignées d'un estomac malmené.

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Il serait vraiment heureux pour maint gastronome qu'il eût toujours un estomac sensible, car ceux qui souffrent après avoir mangé, s'ils interprètent bien cette douleur, seront moins enclins à s'adonner encore à des abus. La douleur n'est pas seulement une dispensation mais même une compensation. Une correction bien méritée ne fera pas de tort à l'enfant; ainsi la douleur peut être envisagée comme une correction infligée par la nature. Avant que l'or puisse être purifié, toute la scorie doit être consumée. Les plus beaux caractères sont ceux qui ont été trempés par la souffrance.

Traitement de la douleur. — Le principe fondamental dans le traitement de la douleur est d'en supprimer la cause. De nos jours il y a une tendance alarmante, tant de la part du patient que du médecin, d'arrêter la douleur au moyen d'un narcotique quelconque et de n'en pas chercher la cause. La douleur est une indication importante et quand elle est dissipée brusquement par une drogue, la vie du patient peut être en danger.

Arrêter la douleur avec de l'opium, est comme tuer un chien de garde parce qu'il vous dérange dans votre sommeil quand il y a des voleurs aux alentours. Des drogues peuvent faire disparaître la douleur mais la cause subsiste.

Il est très rationnel de soulager la douleur en recherchant la cause. Si la douleur est due à une inflammation, on la soulagera le mieux dans les premières heures avec des vessies de glace ou des compresses froides, alternant de temps à autre avec des fomentations, puis plus tard des applications chaudes. Les douleurs localisées profondément ou dues à un empoisonnement ou à une irritation pourront dans la grande majorité des cas être soulagées par des fomentations et des applications très chaudes et par des dispositions aptes à attirer le sang vers d'autres parties du corps. Nous considérerons ce sujet sous des en-têtes séparés. ,

Mal de tête.

Le mal de tête est un symptôme et non pas une maladie. Comme pourtant c'est une des maladies nerveuses les plus fré-

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quentes, nous le considérerons séparément. Plus de cinquante pour cent des femmes, vingt-cinq pour cent des hommes et de dix à quinze pour cent des enfants sont sujets à des maux de tête. Les maux de tête vont en s'accroissant graduellement à travers les périodes de développement de la vie jusqu'à la maturité.

Presque toutes les femmes de nos jours ont un flacon à portée de main prêt à être employé pour combattre les maux de tête. Il est certain que par l'absorption de toutes ces mixtures inconnues, bien des maux de tête sont provoqués, car aucun médicament ne sait guérir le symptôme. Elles ne peuvent qu'atténuer quelque peu ou, agissant sur les centres nerveux et les centres du cerveau, rendre ceux-ci insensibles, sans toutefois supprimer la cause. Des milliers de remèdes sont de nos jours jetés sur le marché, qui sont un véritable fléau pour notre génération. Beaucoup parmi ceux-ci contiennent de l'opium sous une forme ou l'autre et sont des causes directes qui mènent à l'emploi d'e l'opium. D'autres contiennent de la cocaïne et sont tout aussi dangereux. Il faut absolument éviter tous ces remèdes. Un mal de tête soigné rien qu'avec une drogue en est seulement rendu plus fréquent, et quand le mal de tête est passé, il faut surmonter l'influence de dépression causée par la drogue. Bien des gens prennent des poudres pour maux de tête le soir, et ont des maux d'estomac le matin ou le jour suivant avec une perte d'appétit et une sensation de langueur. On paie par le contre-effet le soulagement temporaire ressenti. Il faut éviter les drogues qui sont censées guérir les maux de tête en quelques minutes.

Maux de Tête réflexes.

Causes. — Les maladies de l'estomac et des intestins sont une source de maux de tête. La suracidité de l'estomac, les fermentations et des poisons provenant d'aliments retenus ou décomposés, les fermentations intestinales, la constipation, la dilatation de l'estomac sont les causes d'un grand nombre des maux de tête survenant de nos jours. L'acidité croissante

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de l'estomac en irrite les parois délicates; la dilatation de l'estomac provoque une rétention des aliments, suivie d'une décomposition et absorption des poisons par le sang. Ceci à son tour irrite les centres nerveux du système sympathique ainsi que du cerveau. Les descentes d'estomac et d'intestins étendent les nerfs associés au plexus solaire derrière l'estomac et les fibres associées aux ganglions semi-lunaires et aux ganglions lombaires. Le mal de tête qui survient habituellement une ou deux heures après le repas indique une acidité et une dilatation croissante de l'estomac ou encore ces deux symptômes. Le mal de tête dû à la descente de l'estomac et des intestins s'améliorera beaucoup en faisant coucher le patient, les hanches étant légèrement surélevées. Un foie apathique accompagné d'une rétention de la bile ou d'une élimination lente de la bile est une autre cause de mal de tête réflexe. Les maux de tête dus aux maladies des organes de la digestion sont habituellement des maux de tête frontaux.

Les maladies de l'utérus et des ovaires sont les causes de bien des maux de tête parmi les femmes, surtout pendant que celles-ci ont leurs périodes. Ces douleurs réflexes sont habituellement ressenties au sommet de la tête.

Une tension de l'œil est une cause commune de mal de tête parmi les jeunes. Ces douleurs deviennent plus graves en lisant et sont souvent accompagnées de vomissement et de vertige. La douleur est intense aux tempes et derrière la tête. Les rhumes de cerveau provoquent aussi des maux de tête réflexes, ceci est indiqué par une douleur entre les yeux et au-dessus des yeux.

Traitement. — Faire disparaître la cause si possible.

1. Pour la constipation, prendre un bon lavement. Bien des maux de tête seront ainsi soulagés en quelques minutes. (Voir Constipation.)

2. Pour les dérangements gastriques, corrigez le régime, (Voir traitement pour Catarrhe gastrique.)

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3. Pour la dilatation de l'estomac, le soir laver l'estomac ou boire copieusement de l'eau chaude et vomir. (Voir traitement pour Dilatation.)

4. Pour la descente de l'estomac et des intestins, porter un support abdominal, ceci soulagera grandement. Fortifier les muscles abdominaux par des 'exercices.

5. Pour indigestion, laver l'estomac. Dans bien des cas, cela suffit. Si toutefois ceci ne peut se faire, buvez quelques tasses d'eau chaude et abstenez-vous de manger pendant vingtquatre heures. S'il y a constipation prendre un lavement chaud. (Voir Auto-intoxication page 431.)

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