CHAPITRE XXXII
Maladies de la Femme
Vulvite.
Inflammation des plis qui couvrent l'entrée du vagin et de l'urètre.
Causes. — Ecoulements irritants de l'utérus, malpropreté, grattage, masturbation, germes de pus, grossesse, emploi de la bicyclette.
Symptômes. — Gonflement, rougeur, sensation de brûlure, douleur intense, écoulement aqueux ou purulent, douleur en urinant, grande agitation.
Traitement. — Propreté; bain de siège deux ou trois fois par jour ; douches chaudes contenant un pour cent d'acide carbolique, une cuillerée à café pour une chopine d'eau, ou une douche d'acide borique, une cuillerée à café pour une chopine d'eau, deux ou trois fois par jour. Tenir les lèvres de la vulve séparées par un tampon d'ouate saupoudré de subnitrate de bismuth. Un onguent d'oxyde de zinc contenant deux pour cent de menthol procurera dans bien des cas un grand soulagement. En vue d'éviter toute irritation subséquente il est de la plus grande importance de se reposer le plus possible. (Voir Nos. 112, 132.)
Prurit vulvaire.
Démangeaison de la vulve.
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Causes. — Eczéma, présence de sucre dans l'urine, frottement des habillements, friction, veines gonflées, grossesse, irritation réflexe, écoulements irritants.
Traitement. — Même que pour la maladie précédente. Employez l'onguent et au cas ou ceci ne soulagerait pas, prenez un onguent d'oxyde de zinc avec trois pour cent d'acide carbolique et une drachme d'ichthyol.
Déchirure du Périnée.
La déchirure peut varier en dimensions variant d'une légère blessure jusqu'à une lacération complète allant du rectum à l'utérus. La grande cause de cette maladie est l'accouchement.
Symptômes. — L'utérus est lent à reprendre sa position normale, mal dans le dos, sensation de tiraillements, douleurs dans les ovaires, sensation de perte de soutien ; le vagin dépasse au moindre effort de la patiente à soulever un poids assez lourd ; lassitude, constipation. Beaucoup de symptômes nerveux peuvent se développer. Le déplacement de l'utérus est très commun.
Si on néglige pendant un temps assiez long une déchirure importante, la vessie, n'ayant pas de support, descend dans le vagin et forme un cystocèle, tandis que la force nécessaire à vider le rectum lui imprime un mouvement en avant dans le vagin et forme un rectocèle. Ceci est la cause des positions anormales que l'utérus prend.
'Traitement. — Le seul traitement efficace est l'opération; donnez des douches froides et chaudes et soignez autant que possible les selles par un bon régime.
Ménopause.
Synonymes. — Période critique ou âge critique ou retour d'âge ou cessation des règles.
Cette période est très variable d'unie femme à l'autre. Le changement peut se faire en quelques mois ou couvre une période d'années. La ménopause a lieu généralement entre la quarante-cinquième et la cinquante-cinquième année.
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Dans les climats chauds le changement se produit plus tôt. Il n'y pas moyen de prédire quand le changement se produira. Dans certains cas le changement se fait sans qu'il ait une grande influence sur la santé; dans d'autres, la femme souffre beaucoup et devient même invalide pour quelque temps.
Symptômes. — Règles irrégulières ou même disparition brusque. Après la quarantième année si les règles deviennent irrégulières, viennent un peu tard ou disparaissent un mois ou plus c'est un signe que le changement a commencé. Pendant cette période se produisent des troubles de la circulation et du système nerveux. Les femmes se plaignent de bouffées de chaleur, de sensations de chaud et de froid, palpitations du cœur, sensations d'étouffement, perte de toute ambition, dérangements mentaux, perte de la mémoire, mélancolie, abattement ; beaucoup de femmes deviennent très hystériques. Fréquemment la femme grossit pendant cette période. Un duvet apparaît parfois sur les lèvres et chez plusieurs femmes les désirs sexuels sont excités pendant cette période. La dyspepsie, l'indigestion et la constipation sont choses communes, la respiration est gênée.
Traitement. — Faire l'impossible pour maintenir la résistance vitale. Choisir le régime avec soin et veiller à ce que tous les organes éliminatoires soient en bonne condition. Exercices en plein air, nage, marche, excursions à la campagne, consommation copieuse d'eau, bains chauds, et épongement le matin tôt avec vigoureuse friction, sont autant de dispositions qui empêcheront la congestion locale et tendent à équilibrer la circulation. Evitez les gros soucis. La grande majorité des femmes traverse cette période sans suites graves et jouit ensuite d'une bonne santé.
Aménorrhée.
Il y a dans la vie de la femme trois périodes dans lesquelles elle n'a pas ses règles ; à savoir, avant la puberté, pendant la grossesse, et après la ménopause. L'absence de règles pendant toute autre période est appelée aménorrhée.
Causes. — Quand l'aménorrhée est due à quelque maladie
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aiguë, la nature emploie cette méthode pour éviter toute autre cause d'affaiblissement et il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter. Si l'aménorrhée est due à la grossesse, rien ne sera fait pour provoquer les règles.
L'hydrothérapie est le meilleur moyen pour rétablir des règles régulières. Le bain de pieds chaud pendant une demiheure et répété trois ou quatre fois par jour, au jour probable, est bien souvent tout ce qui est nécessaire. Le maillot chaud sur les hanches ou le pelvis, la douche à 104 degrés Fahr., employant de deux à trois gallons (de huit à douze litres) ; fomentations sur l'épine dorsale inférieure et sur la région inférieure de l'abdomen assureront une bonne circulation dans le bassin et provoqueront ainsi les règles. (Voir Nos. 111, 11 7, 132 et 110.)
Régler les selles par un bon régime sec et de fruits, et également si la chose est nécessaire par un bon lavement chaud au moment attendu.
L'absence de règles chez les femmes, quand elle n'est pas due à la fécondation, nécessite un traitement local et plus qu'un traitement local. Il y a des dérangements constitutionnels d'où il résulte que la santé générale doit être surveillée. Bien manger, vivre au grand air et éviter de rester beaucoup debout.
Dysménorrhée.
La menstruation pénible ne désigne pas la légère indisposition ressentie par bien des femmes. Il est toutefois difficile de tracer exactement la ligne de séparation. La menstruation normale n'est pas du tout douloureuse, mais de nos jours tant de femmes souffrent si fort et dès le commencement de la menstruation qu'elles considèrent cela comme le destin de la femme.
La civilisation moderne est la cause de cette situation. Il n'y a pas de doute que la façon moderne de vivre, de s'habiller, de porter des corsets et de lourdes jupes autour des hanches, qui reposent sur les organes délicats de l'abdomen, et les exigences de la société contemporaine, jouent un grand rôle dans la condition actuelle de la femme.
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De mauvaises positions, debout ou assise, ainsi que le manque d'exercice sont des causes fréquentes des maladies propres aux femmes. Des toilettes serrées, qui poussent l'utérus en bas, ou^ encore la pression de l'estomac et des intestins sur l'utérus, provoquent le déplacement de cet organe, qui, replié sur soi-même, soit en avant, soit en arrière, empêche l'écoulement des règles.
La douleur dans la dysménorrhée se localise juste audessus du bassinet sur les côtés. Dans certains cas la douleur est intense avant que l'écoulement ne commence et puis disparaît et dans d'autres cas la douleur persiste pendant toute la période. Parfois la douleur s'étend dans les membres et jusqu'aux épaules. A cause des caractères différents des douleurs ressenties et des symptômes présents, on a reconnu différentes variétés de dysménorrhée.
1. Névralgique. — Causes. — Toute condition qui a une tendance à produire une névralgie dans le corps telle que déchets retenus, élimination défectueuse, perte de sang, anémie, rhumatismes, la goutte, dilatation de l'estomac, consommation excessive de viande, de thé, de café et d'alcool.
Symptômes. — Douleur intense avec lancements se faisant déjà ressentir avant que l'écoulement ne commence et cessant souvent dès l'apparition des règles. La peau couvrant la partie inférieure de l'abdomen semble être dans un état de sensibilité excessive. Cette variété de menstruation douloureuse est également très épuisante. Je me rappelle un cas si violent, qu'il provoqua le délire. Habituellement, on ressent aussi des maux de tête.
Traitement. — On soulage lfe mieux les douleurs en donnant des fomentations aux parties douloureuses et sur la colonne vertébrale. (Voir Nos. 110.) On peut prendre avant que l'écoulement ne commence un bain de siège chaud ou un maillot chaud sur les hanches. (Voir Nos. 112 et H7.) La chaleur humide ou sèche procure un soulagement considérable. Donnez un lavement à 110° F. et irrigation du vagin à 102° F. Ceci calmera beaucoup. (Voir Nos. 135, 132.) La patiente se tiendra tranquille. Si la douleur est très intense
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et continuelle on la soulagera par dix grains de phénacétine, qui est moins épuisante que la douleur ; habituellement pourtant si les traitements sont bien donnés l'emploi de ce médicament devient inutile.
Entre deux périodes de menstruation la patiente veillera à ce que les selles soient régulières et journalières, que la peau soit tenue en activité par un ou deux bains chauds par semaine et épongement froid tous les matins. Le régime doit être bien réglé.
2. Congestlve. — Dans cette variété, les organes pelviques sont congestionnés et une douleur d'une nature lancinante se manifeste. La congestion est plus intense quand il y a des adhésions dues à des inflammations antérieures ou à un déplacement de l'utérus, habituellement vers l'arrière.
Symptômes. — Maigre écoulement, douleurs intenses, mal de tête, bouffées de chaleur à la figure, peau sèche et chaude, sensation de lourdeur dans le bassin, douleur en se promenant, même entre les périodes, vessie très irritable.
Traitement. — Repos, du froid à la tête, de la chaleur aux pieds. Si l'utérus s'est déplacé vers l'arrière replacez-le dans sa position normale et maintenez-le au moyen de tampons. Ceci soulagera très souvent. Il est également bon de se tenir de temps en temps et pendant quinze minutes avec les genoux ramenés vers le menton ou bien dans une position accroupie. La patiente prendra la position genou-pectorale, soit sur un lit soit par terre. Un maillot chaud autour des jambes et des hanches deux ou trois fois par jour et un bain de siège chaud sont également très bons pour atténuer la douleur. Des fomentations de courte durée sur la partie inférieure de l'abdomen ont souvent donné de bons résultats. (Voir Nos. 116, 117, 111 et 110.)
3. Mécanique. — Provoquée par la tension en avant et en arrière de l'utérus, par des tumeurs, par l'étroitesse du canal du col de l'utérus ou par un hymen non perforé. Cette forme de menstruation pénible est très commune parmi les femmes non mariées et celles qui n'ont pas encore eu d'enfants.
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Symptômes. — Le sang s'accumule dans la cavité de l'utérus et quand il atteint un certain point il est projeté avec bouillonnement ; on ressent en même temps une douleur soudaine et intense comme des coliques, ou même des crampes. Ceci peut se répéter plusieurs fois ou même continuer pendant toute la période.
Traitement. — Correction de l'obstruction, nécessitant l'intervention du docteur, habituellement le grattage devient nécessaire.
4. Membraneuse. — Dans cette variété la femme expulse à chaque crise une grosse membrane formant le moule de l'utérus. Les douleurs commencent avec l'écoulement et accroissent en intensité jusqu'à ressembler aux douleur ressenties lorsqu'on est en travail d'enfant. Ceci est dû aux contractions de l'utérus quand celui-ci expulse la membrane soit entièrement soit en partie.
5. Ovarienne. — La douleur, qui est sourde, est limitée à l'un ou l'autre côté, et peut s'étendre dans les cuisses, dans la poitrine et aux épaules. Les seins très sensibles, les règles sont presque toujours irrégulières. Les ovaires sont très sensibles à la moindre pression; en examinant ceux-ci on constate qu'ils sont souvent déplacés. La patiente est découragée et ressent de la douleur en marchant.
Tra'tement. — Sera le même que celui recommandé pour la dysménorrhée névralgique et congestive.
Vaginisme.
Sensibilité excessive de l'entrée du vagin accompagnée d'un spasme du muscle sphincter du vagin. Il est difficile de donner la vraie cause de cette maladie.
Traitement. — Bain de siège chaud, irrigation chaude de l'entrée du vagin que l'on fera au moyen d'une seringue. (Voir Nos. 112 et 132.) Dilatation graduelle mécanique de l'entrée du vagin.
Vaginite.
Inflammation de la membrane muqueuse des parois du vagin.
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Causes. — Grossesse, gonflement, injection d'irritants, masturbation, extension d'une inflammation des organes génitaux extérieurs.
Symptômes. — Rougeur, gonflement, la membrane muqueuse est sèche d'abord, puis humide, finalement il y a un écoulement de matières purulentes. Il y a une douleur cuisante, une sensation de lourdeur, mal de tête, et même une légère fièvre.
Traitement. — Repos au lit, éviter toute excitation. Les parties sexuelles extérieures seront gardées dans un état de propreté irréprochable. Des douches chaudes à 110° F. procurent le plus grand soulagement et hâtent la guérison. (Voir No. 132.) On emploiera de grandes quantités d'eau sous faible pression. Une douche chaude à 112 degrés d'une solution saturée d'acide borique (une cuillerée à café d'acide borique pour une chopine d'eau) ; ou une douche chaude au bichloride à 112° degrés Fahr. (une partie de bichloride pour mille parties d'eau) peuvent être employées avec bon résultat. Une douche salée, une cuillerée à café de sel pour un litre d'eau, est également très bonne, une fois par jour. Le bain de siège chaud est excellent pour soulager la congestion. (Voir No. 112.) Les applications d'ichthyol sont salutaires. Des maillots chauds sur les jambes et le bain de siège chaud soulageront promptement en attirant le sang dans d'autres parties.
Inflammation de l'Utérus.
L'inflammation de la matrice peut être une simple condition catarrhale ou peut être due à une infection par germes de pus, suivant dans bien des cas l'accouchement ou l'avortement. Une inflammation simple vient souvent à la suite de froid ou de pieds mouillés.
Symptômes. — Les règles sont abondantes et s'il y a la moindre inflammation il est probable que l'écoulement sera suivi de leucorrhée.
Si l'inflammation est due à une infection il se produira des frissons et de la fièvre, mal de tête, et des douleurs intenses dans l'utérus, ressemblant à des coliques. Il se produit égale-
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ment une élimination de mucus, de pus et de sang. La membrane muqueuse de la cavité de l'utérus est congestionnée, enflée et présente une surface granulaire.
Traitement. — Douche d'eau à 115 degrés, suivie d'une douche au permanganate à la même température, contenant deux cuillerées à café d'une solution saturée de permanganate de potassium pour un litre d'eau. (Voir No. 132.) Des lavements chauds, tout en agissant sur les intestins, viennent également en contact immédiat avec l'organe atteint d'inflammation, faisant ainsi l'office de douches ou irrigations chaudes. (Voir No. 135.) Si l'inflammation est aiguë un maillot chaud sur les jambes et des compresses sur la partie inférieure de l'abdomen amélioreront l'état de la patiente. (Voir Nos. 116 et 126.) Le bain de siège chaud est une autre mesure très utile. (Voir No. 112.) L'application locale d'ichthyol, une partie pour quatre parties de glycérine, sur un tampon d'ouate soulagera l'organe congestionné. On enlèvera ceci le lendemain et on donnera une douche chaude au patient.
Si l'inflammation de la matrice est accompagnée de douleur ou d'une sensation de lourdeur, la patiente devra accepter le repos au lit pendant quelques jours comme partie indispensable du traitement, et elle évitera plus tard toute tension ou soulèvement de poids trop lourds. Le courant sinusoïdal est également très utile dans le traitement de la maladie.
Leucorrhée.
Dans cette maladie il y a un écoulement purulent de la matrice d'un blanc laiteux, qui ennuie considérablement la patiente. La résistance de la membrane muqueuse de l'utérus a diminué.
La leucorrhée n'est pas une maladie mais un symptôme. Elle est présente dans toute inflammation chronique de la matrice, du bassin et des ovaires, et dans la position anormale de l'utérus. Les déchirures dans le bassin sont une cause fréquente de leucorrhée.
Traitement. — Tous les jours irrigation à 115° F. ou plus chaud encore si la patiente peut le supporter. Prendre de quatre
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à huit litres d'eau à une petite pression. (Voir No. 132.) Les irrigations chaudes et froides ont une influence tonique sur l'utérus et le vagin. Prendre trois fois par semaine des bains de siège chauds, également des maillots chauds t froids, 65° F., sur les hanches. (Voir Nos. 112 et 11 7.) Les grandes douleurs dans le bassin et la fièvre seront soulagées par l'application d'un maillot chaud sur les jambes et des compresses froides sur l'abdomen. Si la patiente ne supporte pas le froid appliquez les fomentations. (Voir Nos. 116, 126 et 110.) On appliquera trois fois par semaine des tampons d'ichthyol et de glycérine que l'on laissera la nuit et que l'on enlèvera le lendemain. Des capsules vaginales contenant de l'acide borique, de l'alun, du thymol, de l'eucalyptol et du menthol rendent de grands services. : -v La leucorrhée indique en général une vitalité ébranlée et ne peut donc pas être guérie par un simple traitement local. Le système entier doit être remonté. Le repos est nécessaire. Le matin si possible on prendra un bain froid à l'éponge. Fomentation sur la colonne vertébrale et le foie, des frictions au sel, prendre de bonnes positions tant assis que debout, et éloigner toute cause d'émotions : tout ceci tendra à reconstruire la santé générale et à vaincre cette condition. Le régime sera l'objet d'une attention particulière ; on évitera tous les stimulants et on réglera les selles.
Le galvanisme est souvent une mesure très utile. On appliquera le pôle positif dans le vagin et le courant sera à peu près de 25 milliampères. Ce traitement sera donné trois fois par semaine sur la prescription du médecin.
Si la maladie persiste encore après avoir pris pendant quelques mois le traitement indiqué ci-dessus il faudra procéder à un grattage.
Inflammation du Bassin.
Terme général employé pour couvrir toute sortes d'inflammations locales telles que inflammation des ovaires, abcès des ovaires, inflammation des trompes de Fallope ou abcès dans ces trompes, inflammation des tissus autour de la matrice ou de la matrice même. Ces différentes formes d'inflammation
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constituent une grande partie des maladies de femmes. On peut toutes les faire céder sous un traitement commencé à temps, mais négligées, ces maladies deviennent destructives, dangereuses et parfois incurables. Une inflammation chronique peut parfois provoquer des tumeurs.
Les femmes qui ont soufïert pendant des années des maladies de ces organes peuvent par un traitement raisonné et des soins constants recouvrer leur santé primitive. Les différents médicaments qu'il y a de nos jours sur le marché et que Ton voit louanges par des annonces et des circulaires comme devant entraîner la guérison certaine de la leucorrhée, de l'inflammation de la matrice, etc. ne sont que des illusions. Les marchands de ces médicaments ont un champ riche et lucratif dans lequel ils peuvent opérer, sachant que peu de femmes ne sont pas atteintes de faiblesse pelvienne.
Causes. — Exposition au froid, avoir les pieds mouillés pendant la menstruation, infection s'étendant du vagin dans l'utérus et de là dans les trompes et les ovaires ; la blennorhagie est une cause très fréquente, ainsi que des accouchements trop fréquents ; les fausses couches, l'infection venant à la suite d'accouchement, chutes, blessures, soulèvement de poids trop lourds, corsets serrés et le fait de porter trop de jupes suspendues à la taille, qui produisent par leur poids des positions anormales de l'utérus et des ovaires ; voilà autant de causes de la maladie.
Symptômes. — La douleur est un symptôme constant dans toutes les inflammations pelviennes. Si l'attaque est aiguë la douleur est habituellement intense. Si l'attaque est chronique la douleur est moins forte avec une hausse légère de température. On ressent un mal dans le dos, sensation de lourdeur et souvent l'aine est gonflée.
Ovarite.
Symptômes. — Douleur dans l'un ou les deux côtés, s'étendant dans la jambe ou dans le côté de la poitrine jusqu'à l'épaule. On ressent habituellement des douleurs dans la partie inférieure du dos. Et la souffrance augmente au moindre mouvement. Les règles sont irrégulières ou fréquentes et durent
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de huit à dix jours. Entre deux périodes la leucorrhée est ordinairement présente. Il y a une légère fièvre avec accélération du cœur, mal de tête, indigestion, constipation, besoin fréquent d'uriner. Si un abcès des ovaires se développe, la fièvre monte, le pouls est rapide, la patiente a des frissons et peut avoir un refroidissement sérieux, la peau est froide et moite, et la douleur est plus intense. La péritonite peut en résulter.
Si un ovaire enflammé se développe et tombe derrière l'utérus, le moindre mouvement des intestins devient très pénible ainsi que toute pression d'en haut. L'inflammation des trompes de Fallope donne lieu aux mêmes symptômes et nécessite le même traitement.
Traitement. — La patiente ira au lit et évitera surtout de se tenir debout. Irrigation chaude du vagin deux ou trois fois par jour à 110 ou 115 degrés Fahr. Employer pour ce traitement au moins quatre litres. La patiente se tiendra couchée sur le dos, les genoux relevés. Faire ceci pendant quinze à vingt minutes. Le lavement très chaud à 115° F. soulagera souvent de beaucoup l'inflammation pelvienne. Des maillots chauds sur les hanches une ou deux fois par jour, suivis de compresses froides, soulageront la congestion: et stimuleront le rétablissement. Le maillot chaud pour jambes avec des compresses froides sur l'abdomen donnera le même résultat. Prendre le soir pendant une demi-heure un bain neutre chaud, 98° à 94° F. La santé générale sera maintenue par des frictions froides ou des frictions avec un essuie-mains humide deux ou trois fois par jour. (Voir Nos. 132, 135, II7, 116, 126, 114 et 124.)
L'électricité rend des services appréciables dans bien des cas ou il n'y a pas de suppuration. Dans l'ovarite chronique l'ovaire peut devenir kystique. S'il y a une douleur constante dans le côté et la hanche, une opération est à conseiller. Bien des femmes qui pensent avoir une maladie des ovaires n'ont après tout qu'une appendicite aiguë ou chronique.
Le traitement local est parfois nécessaire: applications de glycérine et d'ichthyol sur un tampon, applications de
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teinture d'iode ou de tampons secs pour tenir la matrice en place.
Position anormale de la Matrice.
Il n'y a pas une seule et même position normale pour toutes les femmes, l'utérus étant un organe apte à se mouvoir pour s'adapter aux conditions existantes. L'utérus étant placé entre la vessie et le rectum varie de position suivant les conditions de ces organes. Les différentes positions défectueuses sont : antéflexion, position penchée en avant ; rétroflexion, position penchée vers l'arrière ; antéversion, renversement de l'utérus en avant ; rétroversion, renversement de l'utérus en arrière. On dit qu'il y a descente de la matrice quand celle-ci tombe en-dessous du niveau normal. Deux de ces positions peuvent être combinées.
Antéflexion de l'utérus. — Dans ce cas l'organe est replié sur soi-même vers l'avant. Très fréquent parmi les femmes non mariées.
Symptômes. — Menstruation douloureuse, la douleur ressemblant souvent à des coliques se localise juste devant et audessus du pubis et précède l'écoulement. Celui-ci peut se faire rare et parfois la patiente éprouve des besoins fréquents d'uriner. Le col de la matrice est petit et penché en avant de telle façon que l'écoulement normal se trouve être empêché. Parfois cette obstruction peut provoquer une inflammation de la matrice. L'antéflexion est souvent une cause de stérilité.
Traitement. — Le traitement est purement chirurgical. Le col de la matrice doit être ouvert et l'utérus même sera soumis au grattage. La grossesse rectifie toujours cette position. Pour soulager temporairement la douleur pendant la menstruation voir traitement de la dysménorrhée.
Rétroflexion et Rétroversion. — Ces deux conditions sont habituellement combinées. Dans la première l'utérus est penché en arrière sur le col de la matrice, tandis que dans la dernière l'organe est dirigé vers l'arrière au lieu de vers l'avant. Habituellement il repose sur le rectum. Ceci est souvent ap-
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pelé par erreur descente de matrice. L'utérus est poussé en arrière quand la vessie est tendue.
Causes. — Grossesses fréquentes, déchirure du périnée, chute soudaine, accompagnée d'une rupture d'un ligament, débilité musculaire, jupes lourdes autour des hanches, pression abdominale et constipation.
Symptômes. — Mal dans le dos, sensation de lourdeur dans le bassin, douleur dans les membres, épuisement, abattement, impossibilité de lever même un poids léger, la marche est pénible, et rester debout est très fatigant. Il y a irritation du rectum et de la vessie. La plupart de ces symptômes disparaissent quand on se couche. La menstruation est douloureuse et habituellement la patiente est atteinte de leucorrhée. La fécondation devient parfois impossible.
Traitement. — S'il n'y a pas d'adhésion qui retienne l'utérus penché. en bas, la patiente trouvera souvent un soulagement notable en se tenant une ou deux fois par jour pendant quinze minutes ou jusqu'à ce qu'elle soit fatiguée dans la position accroupie sur les genoux. Ceci permettra à l'utérus de tomber en avant ; tandis qu'en reprenant la position debout les intestins tombent sur l'utérus et le maintiennent en place.
Des douches vaginales chaudes soulageront la douleur et la leucorrhée. Surveillez les selles par un régime réglé et au besoin par des lavements chauds.
La patiente qui souffre de positions anormales des organes pelviens consultera un médecin. Le seul moyen rationnel pour replacer la matrice dans sa position normale est une intervention chirurgicale. S'il s'est produit une déchirure à la suite d'un accouchement, des soins appropriés seront donnés immédiatement. Bien des femmes tout en ayant des déplacements de la matrice vers l'arrière n'en éprouvent aucun inconvénient.
Une femme souffrant d'un déplacement pareil et qui ne peut pour l'un ou l'autre motif se soumettre à une opération devra nécessairement s'abstenir de tout travail exigeant des soulèvements fréquents et lourds et encore de se tenir debout trop longtemps. Faire le nécessaire pour maintenir et améliorer
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l'état de santé général, corriger les mauvaises habitudes, soi, dans les toilettes, soit dans les positions debout ou assise, et régler le régime.
On ne pourra jamais corriger une position anormale de l'utérus par quelque drogue ou médicament que ce soit.
Cystite on Inflammation de la Vessie.
La cystite est une inflammation de la vessie soit aiguë soit chronique. La forme chronique est la plus commune.
Causes. — Introduction d'une infection dans la vessie par un cathéter ou un autre instrument. Les refroidissements sont une cause commune. Par discrétion les jeunes filles et les femmes s'abstiennent parfois pendant des heures d'uriner. L'urine en s'accumulant tend la vessie et diminue sa résistance à la cystite. Des changements dans l'urine provoquent également la maladie, à savoir une urine qui a une réaction ou bien très acide ou très alcaline. Elle peut venir à la suite de l'accouchement ou provenir d'autres organes et est souvent provoquée par des drogues.
Symptômes. — La douleur qui est parfois très intense et peut atteindre des paroxysmes, est localisée au-dessus du pubis et s'étend dans les cuisses. Besoin fréquent d'uriner avec forte tension. Après des efforts prolongés la patiente ne perd quelques fois que quelques gouttes d'urine ; même après l'urination, le besoin d'uriner persiste. Il y a une très grande sensibilité au-dessus du pubis et souvent on constate la présence de sang dans l'urine. Parfois dans les cas aigus la patiente a des frissons et de la fièvre. Ceci est surtout le cas quand l'inflammation s'étend dans l'utérus et vers les reins.
Traitement. — Repos au lit. Bain de siège chaud, bain neutre ou maillot prolongé, maillot chaud de hanches ou du bassin, maillot chaud autour des jambes. Eviter d'avoir les pieds froids. (Voir Nos. 112, 114, 115, II7 et 116.) Nettoyer les intestins et boire beaucoup d'eau. La diète consistera en fruits, jus de fruits, pain sec ou grillé, lait écrémé ou lait de beurre. Le thé de graine de lin est excellent et il est bon d'en boire beaucoup.
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Si l'évacuation de l'urine est difficile, la patiente éprouvera souvent un soulagement dans un bain de siège chaud et urinera plus facilement pendant qu'une douche chaude est donnée aux organes génitaux extérieurs. Parfois il est nécessaire de soutirer l'urine au moyen du cathéter. Dans ce cas on trempera l'instrument pendant plusieurs minutes dans de l'eau en ébullition. Laver les organes génitaux extérieurs avec de l'eau et du savon, puis avec une solution saturée d'acide borique. Les mains de la garde-mlalade seront désinfectées et il est de toute importance que le cathéter ne vienne en contact avec aucune partie du corps excepté l'urètre. Séparez les lèvres avec le pouce et l'index. Le petit cathéter en verre est le meilleur dans ce cas-ci.
Dans la plupart des cas de cystite chronique l'irrigation de la vessie s'impose. Ceci ne peut être fait que par un médecin ou une garde-malade diplômée. Les instruments nécessaires sont : un cathéter en caoutchouc et un petit entonnoir en verre. Introduisez le cathéter et remplissez l'entonnoir de liquide en le tenant au-dessus du patient. Baissez l'entonnoir pour faire sortir le liquide. Quand on lave la vessie on se procurera toujours un cathéter doux que l'on introduira délicatement. L'eau doit être chaude et avoir une température de 100° F. Le liquide sera introduit lentement et pas plus d'une once à la fois avant de la retirer. On peut répéter ceci plusieurs fois pendant un traitement.
Solutions. — Parts égales d'eau bouillie et de solution saturée d'acide borique, ou permanganate de potassium 1/1000, ou l'hydrastine, une demi-once pour une chopine d'eau.
Irritation de la Vessie.
Cette condition est très fréquente parmi les femmes. Elle est souvent due à la nervosité, mais peut être également causée par une pression sur la vessie. La patiente doit uriner très souvent et souffre de pression et tiraillements sur le col de la vessie. Dans ces cas l'urine est habituellement très acide. Il n'y a pas d'inflammation.
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Traitement. — Boire de huit à dix verres d'eau par jour et manger beaucoup de fruits acides. Prendre des douches vaginales chaudes, des bains de hanches ou bains de siège chauds. Repos au lit pendant un ou deux jours et on facilitera le traitement en surélevant légèrement les hanches. Si l'irritation de la vessie persiste, il est nécessaire de consulter un médecin.