‹ Le hachichChapitre 19 sur 46 · CHanRLeEs RICHET. — Loc. cit, p · texte numérisé non relu

CHanRLeEs RICHET. — Loc. cit, p

l’état aigu jusqu’à deux heures du matin à peu près. Le lendemain et le surlendemain, les effets se font encore sentir et, trois jours après, toutes les fonctions d'attention et d’inhibition des idées ne sont pas encore revenues.

Les effets de l’ivresse hachichique que nous venons d'examiner, étudiés non plus d’après leur version poétique, mais d’après leur analyse scientifique, nous montre la part de bonheur que peut donner réellement la drogue verte et les déceptions qu’elle procure souvent. C’est en effet le rôle assez mélancolique du psychologue, non de détruire les illusions, non de redresser les mensonges vitaux de l'humanité, mais de montrer l'illusion detant de nos gestes et le délire systématisé d’une si large part de notre sagesse. L’ivresse hachichique cependant peut donner elle aussi un peu de bonheur ; mais ce bonheur sera dû surtout à l’auto-suggestion provoquée par le poison choisi et qui ne viendra qu’un instant, alors que les deux facteurs concorderont, verser à l’âme curieuse ou douloureuse la goutte vermeille de son baume d’exaltation.

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