‹ Le haras humainChapitre 11 sur 55 · LE DEVELOPPEMENT DE L HOMONCULE · texte numérisé non relu

LE DEVELOPPEMENT DE L HOMONCULE

Le développement de rhomoncule commençant par le centre, on voit successivement apparaître dans V utérus de la femmç :

l'amibe,

le radiolaire,

le ver simple,

le ver composé (avec ses zoïdes se formant successivement à Textrémité postérieure du corps, son cœur constitué par la réunion de deux vaisseaux dorsaux d'où partent cinq paires d'arcs aor tiques, ses deux fossettes auditives et ses deux vésicules oculaires),

le ver-poisson,

le poisson,

le poisson amphibie (avec ses 38 protovertèbres, ses quatre nageoires en forme de palettes, sa queue deux fois plus longue que ses nageoires postérieures, ses maxillaires,

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sa langue formée par la réunion de deux mamelons, ses cinq paires d'arcs branchiaux, ses quatre paires de fentes branchiales, son bourgeon pulmonaire bifide, sa double fossette olfactive, sa crête de Wolf, sa vessie, ses oreillettes et sa rate),

le poisson-reptile,

le reptile (avec sa dépression nuchale, son axis à apophyse odontoïde, son sternum, ses cinq doigts réunis par une membrane natatoire, ses cinq orteils dont le gros est opposable, ses anses intestinales, ses houppes branchiales — les fentes branchiales ayant disparu — , son larynx à arythénoïdes, son cœur à ventricule cloisonné, ses fosses nasales entourées d'une capsule et séparées par une cloison cartilagineuse, ses muscles oculaires, ses paupières et ses conduits lacrymaux),

le monotrème,

le marsupiau (avec ses ossifications dans Toccipital, le vomer, l'os malaire, les maxillaires, les vertèbres, le sternum, l'omoplate, le fémur, le tibia, le péroné, son os central de carpe, ses phalanges, son coude tourné en arrière, son genou tourné en avant, sa scissure sylvienne, ses poils^ ses glandes séba-

tl HÂtikS HUMAiNi C^r^An]i>

céefBy son scrotum, ses deux utérus, ses deux vagins, ses mamelles sans mamelon),

le lémurien (avec ses ossifications dans le sphénoïde, les os propres du nez, lunguis, le cornet inférieur, le marteau, renclume, rétrier, le sternum, Fischion, le pubis, le radius, les métacarpiens, les métatarsiens, les phalangines et les phalangettes du pied, son humérus torse, son os central du carpe soudé au scaphoïde, son cerveau à grandes cornes postérieures, son pli calcarin, sa scissure de Rolando, sa vessie ne dépassant pas la hauteur du rectum),

le catarrhinien ,

Tanthropoïde (avec son astragale ossifiée, ses sillons prérolandique, frontal inférieur, interpariétal, frontal supérieur, occipital inférieur, ses plis accessoires et ses poils rares) .

C'est seulement une ébauche de ces êtres qui apparaît, parce que le développement d'une couche de plastidules arrête le développement de la couche sous-jacente et substitue une forme plus récente à celle qui se dessinait, comme une figure d'artifice se substitue à celle qui la fit déflagrer.

Après avoir parcouru la phase de singe, '" lonculé, devenu l'enfant, reproduit

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rhomme sauvage, Vhomme barbare, ses aïeux et enfin ses propres générateurs. Il reproduit d'abord les caractères congénitaux de ceux-ci, puis ceux qu'ils ont acquis depuis leur naissance jusqu'au moment du coït fécondant.

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Nous avons vu que rhomoncule du père se combine avec celui de la mère pour constituer Tenfant. C'est ainsi, par exemple, qu'un blond et une brune engendrent un enfant qui aura la barbe blonde du père, les cheveux noirs de la mère et des yeux hétérochroïques.

L'hérédité ne produit donc pas le semblable, mais l'analogue. Il n'y a pas reproduction, mais combinaison.

L'être humain est hermaphrodite à un moment donné de ' son évolution fœtale, comme le ver dont il provient, puis, vers le deuxième mois, le sexe apparaît. Or, d'après Thury, dont je partage la manière de voir, c'est la plastide génératrice la plus énergique qui impose son sexe.

Si le mâle est sain, vigoureux, voisin de

rage mûr, bien nourri et 'assez ardent pour que ses spermatozoaires ne vieillissent pas dans les vésicules séminales S il aura des chances de produire un mâle.

Ainsi s'explique T autorégulation des sexes. Plus les femmes sont nombreuses par rapport aux hommes, comme après les guerres, plus ceux-ci coïtent fréquemment, plus leurs spermatozoaires sont frais et plus ils ont de chances de l'emporter sur l'ovule dans la lutte pour le sexe.

Au contraire le spermatozoaire vieilli, ayant vécu plusieurs mois dans la vésicule d'un homme malsain, faible, mou, . trop jeune ou trop vieux, fatigué ou malade, a des chances de produire une fille.

De même un ovule aura d'autant plus de chances de donner naissance à une fille qu'il appartiendra à une femme saine, vigoureuse, énergique et que le coït aura eu 'lieu peu de temps après l'ovulation, qui est contemporaine des menstrues. On conçoit que, si les hommes sont en petit nombre, comme après les guerres, les femmes coïte-

(i) Le spermatozoaire ne doit être nitrop vieux, ni trop jeune. Autrefois on recommandait aux hommes la continence pendant trois jours pour engendrer des garçons.

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ront rarement et- auront, par conséquent, moins de chance d'être fécondées à cette époque favorable.

Au contraire Tovule d'une femme malsaine, faible, molle, trop jeune ou trop vieille, fatiguée ou malade aura peu de chances d'engendrer une fille.

Voici quelques faits qui plaident en faveur de la loi de Thury.

I. — Un coq adulte et de jeunes poules engendrent surtout des coquets ; un jeune coq et des poules adultes surtout des poulettes.

II. — Un bélier ou un taureau fatigué par le coït engendre surtout des femelles. Le taureau Beaumanoir II (ferme des Hubaudières, Indreet-Loire), d'un tempérament plus mou que celui des vaches qu'il fécondait, n'engendra que des femelles.

III. — Une jument ou une femme épuisée par de * fréquentes grossesses engendre surtout des mâles.

IV. — Les Européens fatigués par le séjour dans les pays chauds et mariés à des femmes indigènes ont plus de filles que de garçons.

De ce que les plastidules sexuelles d'un générateur l'emportent sur les plastidules sexuelles de son partenaire il ne s'ensuit pas que les plastidules de ses autres organes

soient également victorieuses dans la lutte chimique qui s'établit entre elles. Un fils peut ressembler à sa mère et une fille à son père. Si Ton en croit Tadage « chien de chienne, chienne de chien », confirmé pour plusieurs espèces y compris l'espèce humaine par Girou de Buzareingues, Albrecht Haller, Karl Burdach, Antelme Richerand, Jules Michèle t, cette hérédité croisée serait même la règle. Ce serait un cas particulier de la grande loi du balancement des organes, la plastide génératrice qui emploie toute son énergie à reproduire son sexe n'en possédant plus assez pour imposer ses autres caractères.

D'après Girou de Buzaringues, l'hérédité croisée est d'autant plus complète que le père ressemble davantage à sa mère, ou la mère à son père.

Cet auteur distingue les cas suivants :

i** Le père ressemble à son père.

Dans ce cas il transmet ses formes presque également à ses fils et à ses fiHes.

2"" Le père ressemble à sa mère. Dans ce cas il transmet les formes de son père à ses fils et moins souvent à ses filles.

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3*" La mère ressemble à sa mère.

Dans ce cas elle transmet ses formes à ses fils et à ses filles.

4° La màf'e ressemble à son père.

Dans ce cas elle transmet les formes de sa mère à ses filles et moins souvent à ses fils.

La mère léguerait spécialement à ses enfants sa sensibilité tactile et sa sentimentar lité \

Certains sujets imposent avec une constance remarquable leur ressemblance à leurs enfants des deux sexes ; on les appelle les bons raceurs. Un verrat craonnais, dont parle Cornevin, transmettait si fidèlement ses caractères qu'il produisit, avec une truie berkshire de pelage noir, 12 porcelets mâles, blancs et de type craonnais. Les fameux taureaux Hubback et Favourite, auxquels on doit la race durham, ainsi que la vache Duchesse, qui perpétua ses éminentes qualités laitières, étaient des raceurs exceptionnels.

(i) Girou de Buzareingues •. De la génération. Paris, Huzard, 1828.

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