XA GENESE DU « MUFLE
Qu'est-ce, en effet, que ce « beau parti » rêvé pour leurs enfants par les parents de la noblesse et de la bourgeoisie ?
Les gagnants de la loterie étant mis à part, les riches se divisent en deux catégories, ceux qui ont hérité de leur richesse et ceux qui l'ont gagnée, les riches héréditaires et les parvenus. .
En général le riche héréditaire présente toutes les atrophies du parasitisme. Se sachant pour toujours à l'abri du besoin, il n'exerce, en vertu de la loi du moindre effort, aucune de ses facultés. Par le « repos au sein de l'abondance » son cerveau s'atrophie comme les ailes des oiseaux insulaires, comme les yeux des animaux des cavernes, comme le cerveau du mouton, du porc ou du bœuf soumis à l'engraissement, chez lesquels la capacité crânienne est toujours infé-
rieure à celle de la variété sauvage, la différence allant jusqu'à ii8 centimètres cubes. Les sens perdent de leur finesse, la mémoire de sa capacité et de sa retentivité, Tassociation des idées de sa variété et de son étendue, le raisonnement de sa justesse, la volonté de son énergie : le lièvre se mue en lapin et laisse tomber ses oreilles.
Le riche héréditaire ne développe que les organes qui lui procurent du plaisir. C'est !e plus souvent un jouisseur, un imbécile et un paresseux. « L'animal qui trouve sa vie devant lui, sa crèche toujours pleine d'aliments substantiels, qui n'a point à se déplacer devient comparable à un parasite. Il se meut sans vivacité, se fatigue vite ; en général son tempérament est lymphatique et son caractère doux^ ». C'est le portrait du bon bourgeois.
Très souvent aussi le riche héréditaire est un dégénéré', victime de l'intoxication de ses parents, gorgés de viandes, saturés d'alcool et de nicotine, voués à l'arthritisme par l'inaction musculaire.
(i) Comevin. Traité de zootechnie générale, Paris, Baîllière, i8qi, p. 3i5.
(2) F. Galton et A. Loria. Élite psycho-physique et élite économique f i®' congrès d'eugénélîque, 191 2.