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LA GENESE DU <( MUFLE

Si le riche fils de riches est d'ordinaire un imbécile, le riche fils de pauvres est en général un fripon. Pour s'enrichir à Theure présente il faut, en effet, exploiter une invention sans rémunérer suffisamment l'inventeur, l'ingénieur, le directeur de l'usine, les contre-maîtres, les employés et les ouvriers, anéantir ses concurrents par la ruse ou pressurer sa clientèle avec leur complicité. Si l'on est honnête et juste, il est difficile de s'enrichir.

L'union de deux médiocrités intellectuelles ou morales, voilà donc ce qu'est, en réalité, le a beau mariage », le « mariage de raison ».

L'État aggrave la situation, en patronnant ces unions désastreuses. Tout est absurde dans les lois qu'il a promulguées relativement à l'acte générateur. Il exige, jusqu'à 25 ans pour l'homme, jusqu'à 21 ans pour la femme, le consentement de la famille, dont le rôle consiste à réprimer les impulsions salutaires de l'instinct. Il s'oppose au mariage entre parents proches, alors que les unions consanguines permettent de conserver les types supérieurs. En cas de dissolution d'un premier mariage, il défend d'en

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contracter un second avant un certain temps, ce qui voue les intéressés à des coïts hasardeux ou à Tonanisme. Il oblige la femme à obéir à son mari, à habiter avec lui, à le suivre partout oii il juge utile de résider; il lui interdit de contracter, de s'obliger envers des tiers, de donner, d'aliéner, d'hypothéquer, d'acquérir à titre gratuit ou onéreux sans le consentement du mari, dont le despotisme légal n'est pas toujours justifié par la supériorité intellectuelle*

Ces unions sans amour et sans attrait entraînent l'avilissement de la race. « Quand les parents ont de l'aversion l'un pour l'autre, écrit Karl Burdach, ils produisent des formes désagréables ; leurs enfants sont moins vifs et moins dispos » ^

Cette forme désagréable, habillant un tempérament mou et un caractère maussade, c'est ce qu'on appelle le « mufle >>, le mufle décrit par Emile Zola, chanté par Laurent Tailhade^ dessiné par Hermann Paul.

Mal bâti, laid, grossier, brutal, lâche, plein de duplicité et de perfidie, le mufle est Tes-

(i) Karl Burdack. Traité de Physiologie. Paris, i837-i8âo, II, 279.

(2) Laurent Tailhade. Au pays du mufle. Paris, Vanîer,

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pèce la plus répandue dans Içs collèges, les lycées, les facultés, les salons, les bureaux et les comptoirs.

Les grands hommes qui, de temps à autre, surgissent de cette tourbe ne tardent pas à y replonger sans retour. Prosper Lucas remarque que les hautes qualités des fondateurs de races disparaissent presque toujours à la troisième génération et qu'elles ne dépassent jamais la cinquième. Le phénomène s'explique aisément. L'homme supérieur a besoin, pour produire une œuvré, d'être libéré du souci de gagner sa vie. Abandonné par l'État, conservateur par essence et qui à ce titre déteste les novateurs, souvent persécuté par lui, il épouse, non pas une intellectuelle, mais une héritièçe et ses enfants lui sont, de ce fait, fatalement inférieurs. Ceuxci se mésalliant à leur tour, le talent se mue en demi-talent, le demi-talent en quart de talent, jusqu'à ce que ces dégradations successives effacent les caractères de l'ancêtre. C'est ainsi que les grands d'Espagne sont devenus des avortons stupides et les nobles français des « plantes sèches et pourries », selon l'expression de l'un d'eijx, le marquis de Mirabeau 4

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Si la terre entière n'est pas peuplée de « mufles », cela est dû à leurs vices mêmes, la paresse qui entraîne l'atrophie de leurs organes génitaux, régoïsme et la vanité qui les conduisent à limiter le nombre de leurs enfants.

Dans nos jardins zoologiques, les perroquets, les oiseaux de proie, les singes, les ours et les éléphants perdent la faculté de se reproduire. Il en est de même du riche, qui mène à peu près le même genre de vie. D'autre part, pour que ^es enfants soient également des riches, il pratique le malthusianisme et Tavortement.

D'après Francis Galton, sur 3i familles anglaises élevées à la pairie à partir de i2i5, 12 étaient éteintes vers i83o et, sur 487 familles admises à la bourgeoisie de Berne de i583 à i654, il n'en restait plus que 168 en

« Les Français ont sur les autres peuples, écrit Henri d' Aimeras, une supériorité qu'on ne saurait, sans être injuste, leur contester : celle de payer beaucoup plus d'impôts. Cette situation les oblige, ceux du moins qui ont des principes d'économie, à restreindre les dépenses et ils commencent par la plus coû-

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teuse de toutes, Fenfant... On diminue le nombre des héritiers pour éviter le plus possible la dispersion de Théritage. » *

Etienne Canu ^ affirme qu'il existe en France cinq cent mille femmes sans ovaires et qu'on en a châtré près de quarante mille à Paris de 1880 à 1895. Le désir de ne pas avoir d'enfants est pour beaucoup dans la fréquence de l'opération.

(i) Henri d'Akneras. Le mariage chez tous les peuples, Paris, Schleicher, 1904, pp. i5o-i5i.

(a) Etienne Canu. Résultats thérapeutiques de la castration chez la femme. Conséquences sociales de cette opération. Thèse de Paris, 1896.

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intelligents que les autres. Leur supériorité est également affirmée par Girolamo Cardano, Lucilio Vanini, Pontus Heuterus, Le Camus, Virey, Demangeon, Martin Saint- Ange et Grimaud de Caux \

« Don Juan d'Autriche, écrit Alphonse de Candolle, était supérieur à Philippe II, Vendôme à Louis XIII et à Gaston d'Orléans. Le rôle des bâtards dans les faïnilles princières est remarquable quand on songe à leur petit nombre. Je citerai Dunois, le bâtard de Savoie, le prince Eugène, Vendôme, le connétable de Bourbon, Maurice de Saxe, tous fils ou petits-fils de bâtards, sans parler de quelques modernes ». "*

(i) Gaspard Martin Saint- Ange et Grimaud de Caux. Histoire de la génération de Vhomme, Paris, Cousin, 1837.

(2) Alphonse de Candolle. Histoire des sciences et des savants. Genève, Georg, 1878, p. 333.

LA PROGRÉATION RATIONNELLE Sg

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