LES ESCLAVES D'AMOUR
Le religieux, en apprenant les craintes des grands Radogk eut un tressaillement joyeux, assez bizarre en la circonstance, et se rendit dans la partie du palais réservée aux époux de Syta. Cette construction ressemblait à une forteresse, car on avait supprimé, avec un soin jaloux, ainsi que pour les gynécées de femmes, tout ce qui pouvait permettre aux jeunes hommes, enfermés là, d'être vus et de voir au dehors. Avec les murs élevés, les tours et les cours intérieures de ce logis, encastré dans les édifices, les esclaves d'amour de la Très-Haute n'avaient nulle communication
avec les autres hommes. Au coucher du soleil, on leur permettait de monter sur les terrasses, de chanter, en s'accompagnant de divers instruments, et de réciter des poèmes erotiques, dont le plus ardent avait parfois le don de toucher le cœur de la souveraine.
Ces beaux esclaves, occupés tout le jour à s'épiler, se parfumer et se parer de tissus précieux, étaient, comme presque tous les hommes d'Ahmehnagara, d'une ignorance extrême. Ils ne connaissaient, à part les règles amoureuses du Kama-Shastra, que l'usage des différents objets nécessaires à leur existence, et, encore, ne les appréciaient-ils que sous les transformations que leur avait fait subir l'industrie.
Les salles qu'ils occupaient étaient somptueusement garnies, à la manière hindoue, de tapis, de nattes, de larges et moelleux divans, aux housses de soie et d'or. Les murs, en marbre blanc et vert, fouillés au ciseau et plus déchiquetés que de la dentelle, présentaient des clous de pierreries, assemblés en losanges ou en étoiles.
Des draperies lourdes, mêlées d'argent et d'or, séparaient les pièces, qui s'éclairaient par le haut, à travers des vitraux verdâtres dont la teinte douce alanguissait les regards.
Les époux secondaires de la Ranie fumaient nonchalamment, étendus sur les coussins, et tous étaient d'une grâce accomplie et irritante: longs yeux estompés de sourma, cheveux, savamment nattés ou épandus sur les épaules, lèvres charnues à l'éblouissant sourire. Ils montraient des formes de jeunes dieux, à la fois sveltes, nerveuses et robustes, des mains aux ongles plus polis que l'agate, des pieds fins et cambrés, gemmés jusqu'à la cheville. Un réseau de pierreries leur couvrait les reins, et des tatouages délicats de différentes teintes couraient sur leur poitrine et leurs bras.
Les six Grands Maris les choisissaient avec soin, les voulant aussi bien doués au moral qu'au physique, d'humeur gaie et de santé parfaite. Ils étaient le vrai luxe de la souveraine, et elle venait souvent s'asseoir au milieu d'eux pour se reposer des soucis du pouvoir.
A l'entrée des six Grands Radogk et du vieux Brahme, tous les maris se levèrent respectueusement pour le salut d'usage.
Ils portèrent leur main à leur poitrine, en inclinant le front avec grâce et dignité.
— Que l'Etre suprême soit avec vous ! maris de la Divine, et avec toi, Aracknaï, serviteur du temple aimé d'Issouara, dirent-ils gravement.
Les granichy firent un petit signe protecteur et bienveillant aux esclaves d'amour, et prirent les coussins précieux qui leur avaient été réservés.
Arachnaï, s'étant assis un peu peu à l'écart, invita les Radogk à s'exprimer librement sur le sujet de leurs craintes.
— Voici, dit Paraçou : Notre adorable Syta est, ce matin, d'une humeur étrange. Elle a refusé nos hommages et n'a point voulu nous accorder l'audience habituelle. Elle est seule dans sa chambre, où elle repose sur son grand lit comme une victime destinée au sacrifice de l'aswamedha !...
— Elle est allée hier à la Sakty, dit le Brahme, hypocritement, c'est sans doute, la fatigue qui l'accable aujourd'hui.
— Non, fit Soulabatka, nous avons l'expérience des fatigues de la Très-Aimée. Ses yeux expriment autre chose que ce que tu crois... Nous connaissons les fièvres heureuses de la Ranie, Jamais elles ne l'ont empêchée de visiter ses éléphants sacrés et de porter des friandises à son lion favori Yassoub. Vêtue de sa simarre chamarrée d'or sur la ceinture emperlée, avec le grand cordon de saphirs au travers du sein, elle passe chaque jour la revue de sa Garde royale et s'occupe des intérêts de l'Etat, car elle se montre sage et avisée en toutes choses. Nous t'affirmons, Aracknaï, que notre Divine est singulière, ce matin.
Le brahme eut un rire aigrelet qui surprit les Grands Radogk, malgré leurs préoccupations pénibles.
— A-t-elle parlé à quelque fakir durant la Sakty?...
— Nous l'ignorons, soupira Naudamii,
nous savons seulement que l'un de ces enchanteurs lui a jeté un sort.
— Oui, appuya Doudouma-Lovi, depuis la dernière chasse à l'antilope le mal est dans son cœur.
— Il faut, dit le Brahme après avoir paru se plonger dans de longues réflexions, lui donner pour mari ce religieux qu'elle aime et qu'elle désire.
— Nous ne demandons pas mieux s'écrièrent les six Radogk, mais ce yoghi est introuvable, et nul ne sait son nom.
— ■ Ah! fit Soulabatka, sois persuadé Aracknaï que nous ne voulons que le bonheur de l'Incomparable Syta ! et qu'il n'est pas d'effort que nous ne tentions pour mettre entre ses bras l'amant qu'elle s'est choisi!... des maris, dignes de ce nom, ne doivent-ils pas se dévouer entièrement à la satisfaction de la Très- Aimée?... Mais nous avons visité tous les temples d'Amehnagara, toutes les maisons fleuries où vivent les Fils de joie, tous les yajasala où s'immolent les animaux sacrés!... Ni les brahmes de Kanda-Swany, qui sont ce-
pendant au courant de toutes choses, ni les Hommes de volupté, ni les sacrificateurs n'ont pu nous donner le moindre renseignement. Ce yoghi charmeur est sans doute un solitaire de le backti, et il sera bien difficile de retrouver ses traces.
Doudouma-Lovi poussa un profond soupir:
Il était très épris de la princesse, et, plus que les autres maris, souffrait de ses rigueurs.
— Un religieux ne pourrait-il détruire le charme qui enveloppe notre Divine? demanda-t-il,
Aracknaï hocha la tête tristement, mais une lueur passa dans ses yeux jaunes, pareils à ceux des félins.
— Les fakirs s'entendent parfois avec les esprits maléfiques pour envoûter les victimes qu'ils ont choisies. Mais l'audace est grande de s'attaquer à la princesse!...
— Il nous faudrait, dit Naudamû, un sujet parfaitement beau et vierge encore pour consoler et distraire Syta de son caprice.
— Hélas ! soupira Biskourmi, nous avons ici les jeunes hommes les plus accomplis
d'Amehnagara et des contrées lointaines.
Quelques-uns n'ont point encore approché la Ranie, et ne savent de l'amour que ce que nous leur en avons enseigné.
II serait bon, je crois, déclara le Brahme, d'amener l'âme de l'envoûtée à une union intime avec l'Etre suprême. Elle y arrivera par la contemplation, l'extase et la connaissance du Mystère sacré. La femme, vous le savez, est supérieure à l'homme; elle possède, dans tout notre beau royaume, une autorité sans égale, car on vénère en elle les attributs mère de la divinité. Les vierges des temples, instituées en l'honneur de la trimurty femelle, Brahmy-Lakmy-Sakty conservent la dignité suprême. Il serait facile de choisir, parmi elles, une créature de channe et de douceur capable de soigner et de guérir notre souveraine. Mais quel homme, même élevé dans le mystère du temple, aurait assez de science, d'éloquence passionnée et de persuasion pour se faire entendre!... Nous avons à lutter contre les esprits malins du naraca et, sans doute, le Charmeur qu'ils ont choisi dans l'accom-
plissement de leurs desseins pervers, est-il un androgyne, un être surnaturel!
— La situation «est grave! soupira Ruman- Bibi. Alors, Vénéré, tu n'y vois aucun remède?...
— Je vous offre les vierges de la trimurty. Mais les Grands Maris semblaient bostiles
aux projets du Brahme.
— Non, dit Soulabatka, si notre Très-Aimée goûtait aux félicités qu'enseignent les prêtresses de la trimurty, elle n'en voudrait plus connaître d'autres, et le remède serait pire que le mal!
« Envoie-nous, Aracknaï, un de ces beaux jeunes hommes destinés au temple, qu'on nourrit de miel et de lait, qu'on fait macérer dans les baumes et qui sont vierges d'âme et de corps. Nous le mettrons dans le lit de Syta après l'avoir instruit selon les livres de la volupté sainte.
Aracknaï croisa ses mains sèches sur sa poitrine.
— Ce que vous me demandez est grave, car cette victime d'amour devra être immolée
après l'initiation, et nos jeunes disciples, vous le savez, se font de plus en plus rares. Un vent de folie a soufflé sur toutes ces consciences frêles qui n'aspirent qu'à la liberté pour se livrer à la femme. Nous ne possédons que six hommes de pureté et de beauté parfaites.
— Montre-les nous. Mais, sont-ils vraiment aussi immaculés que tu l'assures?...
— ' Oh ! ils ignorent tout de la vie, et ne connaissent que les mystères sacrés que se transmettent les yoghi dans le silence des temples.
— C'est ce qu'il nous faut. Sans doute le disciple saura-t-il combattre l'envoûtement qui pèse sur les facultés de notre Divine...
Le Brahme ne répondit pas, mais un sourire satisfait passa sur ses traits ravinés par d'occultes orages.
Aracknaï, au fond du cœur, détestait la Ranie et toutes les femmes du royaume. D'accord avec les brahmes des temples de Kanda- Swany, de Bahwany, de Lakmy et d'Aluwihara il ne cherchait qu'une occasion de vaincre le pouvoir de la Matrice d'or pour lui
substituer celui du Symbole mâle. Les pratiques occultes du Charmeur lui étaient connues, et s'il feignait l'ignorance c'était pour mieux frapper, quand le moment serait venu. Déjà, dans certaines cérémonies religieuses, on négligeait le culte du nahamam qui ne se célébrait plus avec la pompe d'autrefois.
Aracknaï gémissait et se frappait la poitrine en signe de désolation, mais la joie, malgré tout, pétillait dans ses yeux.
Les esclaves d'amour s'étaient, de nouveau, inclinés sur le passage des six grands Radogk.
Les maris de la souveraine étaient si affectés qu'ils n'avaient point voulu toucher au vin de Lotus et aux œufs de scobali, confits au miel, que de jeunes garçons leur avaient offerts sur des plateaux d'ambre et de jade.
Hâtivement, ils soulevaient les portières soyeuses, s'engouffraient dans les abris de volupté, où les coussins, jetés au hasard, obstruaient la marche. Ils traversèrent, sans s'arrêter, la salle des fêtes et celle des festins, où d'immenses tables supportaient des fruits
et des fleurs au sucre arrangées avec art dans des plats précieux, des vins aux tons d'améthyste et d'émeraude, des lis dans des vases d'or et d'argent, délicatement gemmés et caboches. Des jets d'eau de rose, de jasmin et de tubéreuse jaillissaient des murs par les gueules de vingt lions de métal, et des esclaves, dans les galeries supérieures, se tenaient prêts à balancer, au-dessus des convives, d'immenses éventails de roseaux.
Un trône d'or, surchargé d'étoffes tendres aux fines broderies, attendait le bon plaisir de la Ranie qui partageait, parfois, le repas de ses époux secondaires.
Des enfants, aux voix pures, célébraient alors ses qualités adorables ; c'étaient de suaves harmonies dont certaines notes, très élevées, expiraient comme des soupirs de flûtes. Les instruments de musique étaient de trois sortes : à corde, à vent et à percussion ; ils offraient une assez grande variété de forme. Quelques harpes étaient montées de treize cordes; on en jouait des deux mains, et, parfois, en marchant, car elles étaient légères et
affectaient la forme de l'arc. Il y avait des sortes de lyres en écaille de tortue ou en noix de coco, des cymbales, des tambours en peau de serpent et des tambourahs. Les hommes cultivaient particulièrement le chant, et certains d'entre eux, qu'on avait opérés dans leur enfance, possédaient des voix extraordinaires, plus étendues et plus éclatantes que les plus belles voix de femmes.
Syta défendait à ses maris secondaires de lui parler d'amour; les garçonnets, aux trilles séraphiques, célébraient, durant ses étreintes, les extases de la possession, et la mélodie montait ou s'affaiblissait, se déchaînait en tonnerre ou expirait en gouttelettes de cristal, suivant toutes les phases de l'acte mystérieux.
Le couple enlacé savourait, en lui-même, le poème ineffable, sans qu'aucun effort cérébral en vint gâter le rythme savant, et le rêve, ainsi, s'alliait ineffablement à la réalité.
Seuls, les Grands radogk, plus instruits et plus cultivés, avaient le droit d'exprimer leurs sentiments, mais Syta leur préférait, sans le dire, ses amants silencieux.
LE NAHAMAM
Le brahme Aracknaï et les Radogk avaient gagné la partie du temple d'Issouara où les aspirants yoghi s'entraînaient à la méditation et à la prière. L'acte le plus important, pour eux, consistait dans la célébration des Mystères sacrés, et ils attendaient la révélation des vérités tenues cachées dans le secret tragique des sanctuaires et des tombeaux. Ces adorateurs du gardawabahya, ou lotus blanc, célébraient tout particulièrement le nahamam, dont on retrouvait les attributs sculptés à profusion sur les colonnes et les murs. La pierre et le marbre ont encore conservé ce symbole qui eut primitivement une impor-
tance plus grande que celle du lingam dans la religion brahmanique.
Ce n'est que plus tard que la croyance aux qualités bienfaisantes du nahamam fit place aux pratiques obscènes du culte de Siva. Suivant la mythologie indoue, l'univers est né d'un germe que l'Etre, existant par lui-même, a jeté dans l'onde, après l'avoir d'abord créé pour occuper les espaces infinis, et demeurer le réservoir de la vie organique:
(( Ayant résolu, dans sa pensée, de faire émaner de sa substance les diverses créatures, il produisit, d'abord, les eaux dans lesquelles il déposa un germe.
« Ce germe devint un œuf brillant comme l'or, etc..
(Genèse de Manou.)
Ce germe est produit par l'union du lingam et du nahamam, les deux principes mâle et femelle de la puissance créatrice de Brahma. La poésie légendaire et religieuse représente ces deux organes de la génération sous les traits d'un jeune homme et d'une jeune fille, le dieu Nara et la déesse Nari.
(( Un baiser de Nara sur les lèvres de Nari, dit le poète Vina-Snati, et la nature entière s'est éveillée ! »
Il est certain, pourtant, que Nari a fait beaucoup plus que Nara, car celui-ci n'a eu que le plaisir de l'acte sans en avoir la douleur. Il était juste que la déesse d'amour fût honorée tout particulièrement, puisqu'elle enfanta dans les pleurs, alors que son divin amant n'eut qu'un geste voluptueux. Nari est véritablement la créatrice du monde, dont Nara ne fut que l'idée première, et les Indous agirent avec équité en lui vouant un amour sans mélange.
Moins sages et plus orgueilleux, les prêtres d'Egypte et de Grèce ne prirent aux religions primordiales de l'Inde que le culte du lingam, le culte mâle, qui devint celui du phallus et de Priape, dont on retrouve les symboles sculptés jusque sur nos cathédrales du moyen âge, œuvres inconscientes que l'ouvrier naïf continuait, sans se douter qu'il suivait une partie des traditions indo-brahmaniques !
Le nahamam, ou attribut féminin, se mon-
tre encore sur les murailles des plus vieilles pagodes, Eléphanta, Chelambrun, Djaggernat, et autres, bien qu'on ait cessé de lui rendre les hommages qui lui sont dus.
« Toute semence qui tombe dans la Matrice d'or, dit Soumati, contient en germe, les dieux, les cieux, les mondes et l'université des êtres. Gloire au Nahamam ! »
Couverts de longs voiles blancs, comme des vierges, les disciples de Vicra-Karma, dans une salle basse faiblement éclairée, récitaient des mentrams autour de l'objet de leur adoration. Trois, d'entre eux, montrant leurs chairs nues, dansaient lentement, les prunelles chavirées, les lèvres entr'ouvertes, comme en extase.
— Voyez, dit le Brahme aux grands Radogk, voici nos fils d'élection, les six perles blanches d'Ahmehnagara, ce qu'il y a de plus parfait sous le soleil et les étoiles !...
Les jeunes hommes du temple étaient, en effet, d'une beauté rare, avec des traits expressifs, des yeux noirs étincelants, des cheveux longs et lustrés, mêlés de cordelettes,
une peau d'une finesse et d'un poli merveilleux. Leurs mouvements aisés, nobles et gracieux avaient une harmonie sans égale.
— Oh 1 dit Ruman-Bibi, aucun des maris de la souveraine ne possède» autant d'attraits que ces serviteurs du temple, et notre Divine aura lieu d'être satisfaite.
— Aucun des amants que nous lui avons donnés, appuya Paraçou n'a cette distinction suprême.
— Elle oubliera son yoghi charmeur, déclara Naudamù et redeviendra l'adorable princesse qu'elle était naguère.
— Que Brahma vous entende ! conclut Aracknaï avec son sourire équivoque.
Les beaux disciples, prosternés, psalmodiaient cet hymne au nahamam, extrait du Nittia-Carma:
« O Nahamam!
« Tu es un calice de lotus immaculé, et lu reçois le germe divin de Brahma en une caresse profonde! Tu es l'aïeul de tous les êtres! tu es la pureté et la chasteté, la Ma-
trice d'or dans laquelle repose la puissance du dieu suprême!
« 0 Nahamam!
« Tu es fragile et fort comme la prière qui s'exhale d'une âme ardente, le parfum qui naît de la fleur, le baiser qui expire aux lèvres des amants! Tu es le Gangea sacré, le miel et l'amrita, l'essence de Ziaus, la mère des védas et des brahmes! C'est de ton sein qu'est sorti tout ce qui existe.
« O Nahamam! »
— 0 Nahamam ! soupirent les six Grands Maris, en se prosternant, à leur tour, devant le symbole de félicité suprême et d'éternelle fécondité.
Les disciples, encore fiévreux de leurs passionnés mentrams, s'étaient relevés et se tenaient immobiles devant le brahme. Celui-ci les nomma tour à tour, vantant leur adresse, leur ferveur et leur obéissance.
— Faites votre choix, (Conclut-il; les disciples de Vicra Karma appartiennent à la souveraine. Ils seront heureux de lui offrir le Gardawabahya de leur adoration et de leur chasteté.