‹ Le harem de SytaChapitre 3 sur 29 · LE SERPENT · texte numérisé non relu

LE SERPENT

Par ce matin lumineux et embaumé, Syta chassait l'antilope. Toute la cour d'Ahmehnagara, en voitures traînées par des buffles, en palanquins, ou à dos d'éléphants et de dromadaires suivait la Ranie dont le cheval blanc, couvert d'un filet de perles, galopait dans les hautes herbes. Des panthères et des léopards, enchaînés, les yeux bandés, avec des demi-masques de velours vert apparaissaient sur des chars, deux par deux. Dès qu'un troupeau d'antilopes se présentait, on cherchait à l'éparpiller, puis, les carnassiers, rendus à la liberté, sautaient sur la croupe

des bêtes, les saisissaient au cou et les renversaient.

Syta, sous les voiles légers qui baisaient et nacraient sa chair, couvraient et découvraient ses jambes, aimait les courses folles dans les forêts pleines d'ombres mystérieuses. Parfois, elle s'égarait à dessein, demeurait de longues heures dans la douceur des branches, croisées au-dessus de son front. Puis, le soleil descendait; une poussière de lumière, aux tons de cuivre et de rouille, tombait des lianes géantes, ensanglantant les calices qui s'ouvraient comme des bouches avides pour aspirer les premières brises.

Syta repartait, la lance appuyée sur la cuisse, prête à se défendre contre l'attaque des fauves. Elle chevauchait dans le chaos des éboulements, dans l'enchevêtrement des fougères géantes, semées de lèpres délicates, d'un jaune d'or ou d'un gris argenté. Des clameurs d'oiseaux de proie aux ailes sombres, des gémissements de tourterelles roses et des appels de perruches huppées, grandes mangeuses de miel, frappaient ses oreilles. Elle

frissonnait, lorsqu'un papillon géant frôlait sa joue ou que le fil d'une araignée bleue se suspendait aux orfèvreries de ses tempes. Le sabot doré de son cheval écrasait les leuillesphyllias qui couraient dans la mousse et les corolles vivantes, gorgées d'insectes, dont les pétales se contractaient.

Descendant de cheval, elle allait plus avant dans l'ombre violette, frôlant des buissons d'arbustes vénéneux qui agitaient des aigrettes diamantines, des gousses roses, suspendues comme des battants de clochettes sous les feuilles arrondies, des coupelles charnues, avec un bouton pâle, semblables à des seins de vierges.

Les narines minces de la Ranie palpitaient doucement; elle allait vers l'inconnu, vers la vie ou la mort, et le hennissement affolé d'Ackbé, attaché à l'orée du bois, l'emplissait d'une crainte délicieuse.

Les plantes, souvent, affectaient des formes fantastiques de dieux hindous; elles dressaient des bras menaçants, des tentacules livides et gluantes aux tons de chairs corrom-

pues; des corolles vénéneuses translucides dardaient leurs étamines comme des prunelles de sortilège, ouvraient, au fond de leur calice, une bouche sanglante armée d'un aiguillon charnu. Sur les branches, d'autres fleurs s'accroupissaient, gélatineuses, molles comme des méduses, et des larmes de poison en tombaient au moindre contact.

Mais Syta, par ce beau matin lumineux et embaumé, écoutait au loin une voix grave qui psalmodiait les stances à Para Pouroucha, et les sons descendaient en elle comme des ondes de miel:

« 0 Dieu des suprêmes caresses! daigne accepter mon invocation! Que ton souffle pénètre en moi, comme celui du jeune amoureux qui se pâme sous les premiers baisers de sa maîtresse!

« Adoration à Brahma! »

— Adoration à Brahma! répéta la Ranie dans un soupir, et, soudain, ses prunelles chavirèrent, elle poussa un grand cri et roula sur le sol.

Un serpent marbré de taches livides, de

l'espèce la plus dangereuse, se balançait audessus de sa tête, mollement, comme une liane agitée par la brise. D'un glissement voluptueux il se rapprochait du visage charmant, dardait sa langue vers sa bouche plus fondante et rouge que le fruit du bimba.

Au moment où il allait boire à cette coupe de félicité, un homme étrange tout de blanc vêtu, écarta les buissons, et, rapidement, étendit la main sur la Ranie. Le reptile fit entendre un sifflement léger, se replia, rampa vers le charmeur et se blottit sous son pied nu.

Syta avait rouvert les yeux, et son regard étonné se fixait sur l'homme immobile.

— Merci, dit-elle, je voudrais savoir ton nom pour te récompenser.

Fièrement il releva le front.

— Me récompenser de quoi?... Ici, les serpents et les fauves m'obéissent.

— Tu es donc semblable aux dieux?...

— Les dieux me sont favorables; ils m'ont révélé bien des mystères.

— Ah!... Alors, tu sais qui je suis?...

Il réfléchit un moment.

— Non. Il me faudrait pour cela lire ta destinée dans les lignes de ta main. Je vis dans la backti, et je répands partout la bonne parole... Mais, j'arrive de loin, et demain, je quitterai cette forêt pour n'y plus revenir.

La Ranie frissonna; il lui sembla soudain que la nuit l'enveloppait.

— Je ne veux pas que tu partes!

— De quel droit m'empêcherais-tu de suivre ma destinée?

Et l'homme darda sur elle son regard lumineux plus terrible que celui de l'aigle.

— Je ne veux pas que tu partes !

11 eut un rire ironique, s'éloigna d'un pas et montra le serpent toujours enroulé devant eux.

— Tous les êtres m'obéissent, dit-il, et je n'obéis à personne qu'à l'Etre suprême!

— Peut-être te soumettrais-tu à ma volonté, si tu me connaissais...

— Je ne désire pas te connaître. J'ai écarté les femmes de ma vie, car j'ai craint de souffrir par elles. J'appartiens à Indra, dieu de

l'air, et à Varouna, dieu des eaux. Toujours je voyage avec, aux lèvres, mes mentrams bienfaisants. Que ferais-je d'une compagne au milieu des dangers qui m'environnent et des luttes que j'ai à soutenir?...

— Tu sais quelle est la souveraine qui gouverne ce pays?...

— Elle a nom Syta; elle est charmante et son peuple lui reste soumis.

— N'aimerais-tu point vivre à sa cour?... Tu y montrerais ta puissance magiqu 3, et tu consulterais les astres pour le bien de tous. On n'aurait pour toi que de l'admiration et du respect.

La Ranie éprouvait sur l'inconnu la fascination de ses larges yeux humides et ses lèvres souriaient voluptueusement. Elle essaya de lui saisir la main entre ses doigts caressants et fiévreux.

— Viens, tu n'auras point à t'en repentiri Doucement, il la repoussa.

— En touchant ta chair, dit-il, j'ai deviné que tu étais la Reine. Je te remercie d'avoir daigné me choisir pour une si haute faveur.

et je consulterai les dieux avant de te répondre,

— Mais, tu me répondras?...

Le Charmeur eut un sourire énigmatique, ses yeux se voilèrent comme pour cacher sa pensée.

— Demain, je me présenterai à ton palais, et, quelle que soit la décision du Para Pouroucha, je te la ferai connaître.

Il siffla deux ou trois fois, et Ackbé, le grand cheval blanc de la Ranie, vint, en caracolant, se ranger près d'elle. L'animal courba même les genoux sous le réseau de perles qui lui battait le poitrail, et Syta, légèrement, sauta en selle, une jambe de ci, une jambe de là, à la mode des amazones d'Ahmehnagara.

— Que les génies de l'eau et du feu te soient favorables et qu'Indra te guide jusqu'à ton palais!...

Elle se retourna avant de disparaître sous les branches en fleurs.

— Ton nom? Dis-moi ton nom?...

Il hésita un moment.

— Tu le sauras demain.

— A demain, alors, murmura-t-elle, à demain.

Et l'homme, à la haute stature, aux étranges prunelles de braise, rentra dans la backti, protégé par des milliers de reptiles dont les anneaux d'ocre et de cinabre couraient dans les branches.

AHMEHNAGARA

Ackbé, le grand étalon blanc, se dirigeait avec sûreté entre les fougères et les guirlandes retombantes des lianes. Le cliquetis des perles accompagnait la chanson des frelons, ivres de miel; et, des buissons d'or, des buissons de cuivre et d'argent enveloppaient, parfois, la petite Reine qui semblait une frêle Walkyrie dans les flammes de quelque dieu vengeur. Çà et là, des colosses, morts de vieillesse ou frappés par la foudre, inclinaient vers la terre leur tête chenue où nichaient des couples de colombes roses et d'oiselets piailleurs tiquetés de topazes et de rubis. Une

poussière de graminées enveloppait les écorces, dressant des aigrettes diamantines, des houppes de poudre micacée que traversait le soleil.

Syta rêvait à des choses très douces, fort loin, en vérité, de ses huit cents maris dont radoration agenouillée lui était importune. De même que les tyrans, aux gynécées peuplés d'épouses blanches, jaunes et noires, elle aspirait à d'autres caresses, librement offertes et reçues, dans quelque solitude délicieusement cachée.

La mignonne Ranie entrait dans sa ville, et tous, après avoir jeté un peu de sable sous le sabot doré de son grand étalon, inclinaient la tête jusqu'à baiser le sol, en signe de soumission et de respect, Syta avait ramené autour de son torse ses voiles déchirés par les lianes, et ses jambes nues, sous les gemmes des anneaux, pressaient plus nerveusement les flancs d'Ackbé qui hennissait d'aise.

Des femmes et des enfants lui jetaient des fleurs, des jeunes filles couraient derrière elle, dans l'espoir de poser leurs lèvres sur

un coin de sa chair, d'emporter un peu de sa beauté et de son parfum.

Toutes ces femmes étaient charmantes, avec leurs tatouages délicats, verts ou mauves, et les grands cercles de métal qui traversaient leurs narines. On ne gardait, d'ailleurs, que les plus belles qui, toutes, avaient plusieurs maris. Les disgracieuses, les chélives, les infirmes, à leur naissance, étaient enfermées dans de grandes potiches qu'on enterrait au seuil de la demeure, l'enfant morte devant protéger les moissons et attirer les bienfaits de Dourga sur le logis maternel.

Ainsi, tous les habitants d'Ahmehnagara étaient riches, n'ayant point à nourrir une trop nombreuse progéniture, et les épouses, avec sagesse et justice, distribuaient aux époux la besogne quotidienne.

A dix ou douze ans, chaque fillette songeait à se choisir un premier radogk. Chacune avait le droit de s'unir légitimement et consécutivement à quatre prétendants; elle pouvait, en plus, entretenir, selon sa richesse et son caprice, un nombre illimité de concubins.

Lorsque l'un d'eux avait cessé de plaire ou n'avait pas rempli à son honneur les engagements pris le jour de la première entrevue, on le renvoyait cultiver son champ avec une rémunération proportionnée à ses mérites. Le marché aux maris se tenait sur une grande place ce la ville, où les jeunes fdles, soigneusement voilées, faisaient leur choix sans trahir l'incognito de leurs démarches. Certaines, plus timorées, préféraient s'en remettre à la sagacité de quelque procureur dont l'unique fonction, bien connue à Ahmehnagara, consistait à aller, de maison en maison, à fréquenter les bains et à examiner les charmes secrets des jouvenceaux destinés aux joies de ces gynécées à rebours.

Mais, dans les très bonnes familles les jeunes filles n'acceptaient d'autre intermédiaire que leur propre mère, dont la sûre expérience ne faiblissait point. Coiffées d'une sorte de bonnet à oreillettes de métal qui leur donnait de vagues airs de chauves-souris, celles-ci s'informaient consciencieusement de la beauté et de la santé du prétendant, pei-

gnaient ses cheveux, qu'il devait porter longs, inspectaient ses dents et le grain de sa peau, réglaient la question de l'apport réciproque. L'épousée, en effet, payait à son radogk une certaine somme d'argent qu'il emportait avec ses coiffures et ses joyaux en cas de divorce.

Ce n'était pas une importante affaire qu'un mariage dans la haute société Ahmehnagaraise. Pourtant, les cérémonies, les fêtes préliminaires, les processions à dos c'j chameaux et d'éléphants, suivies des lingams d'or des temples, couronnés de fleurs, dans les chants et les danses d'un peuple joyeux, duraient plusieurs jours. La veille de la noce, les amis du fiancé l'épilaient soigneusement, oignaient son corps de baumes aux effluences aphrodisiaques, lui mettaient au cou les sept perles creuses de « l'union parfaite » pour chacun des baisers de la nuit!... La mariée ne recevait pas moins de soins, mais, accoutumée à ces cérémonies qui se renouvelaient souvent pour elle, elle n'en ressentait point une émotion aussi vive. Si pendant la nuit de

noces, le radogk moi.trait quelque indécision, elle pouvait le renvoyer dans sa famille, et le mariage se trouvait ainsi annulé sans autre forme de procès.

A l'abri de leurs remparts de montagnes qui, au nord, s'étendaient sur une double ligne et se fortifiaient du profond fossé creusé par la Nerbudda, ces régions du Dekkan avaient mieux résisté que les plaines au flot des invasions successives, et conservaient leur physionomie originale. N'est-ce point encore au sud des Vindhyas que l'on trouve les restes des plus anciennes populations de l'Inde?...

Dans cette terre ardente s'ouvraient alors des bouches d'éruption qui, de temps à autre, lançaient sur les villes leurs flots de lave. Mais des pluies abondantes faisaient renaître les végétations, redonnaient un essor singulier aux énergies agonisantes.

La mer recouvrait une grande partie de la plaine Indo-Gangétique, et les flots, toujours en courroux, battaient avec une violence inouïe le pied des montagnes qui entouraient

le pays comme une ceinture hérissée de pointes menaçantes.

Aussi, la Ranie était-elle maîtresse de sa ville, ceinte de murs épais et couverte de temples édifiés à la gloire de la trimûrti redoutable. Presque toutes ces constructions présentaient des façades de granit dans lesquelles étaient sculptés des animaux fantastiques et des figures enlacées de dieux et de déesses. Les Yaiasala, emplacements des sacrifices, se trouvaient dans beaucoup de carrefours, et Ackbé évitait soigneusement ces lieux de carnage où coulait le sang des béliers et des grands étalons blancs.

La Ranie descendit de cheval dans la cour du palais, encombrée d'esclaves et de gardes, puis elle s'engagea sous un premier portique qui abritait un taureau colossal en marbre rouge, orné de cornes d'or. De grandes niches, tout autour, protégeaient des personnages sacrés, terribles ou souriants dans des postures diverses. La vaste esplanade qui suivait était formée, sur les côtés, de galeries soutenues par des piliers monolithes, et, de

distance en distance, se dressaient des lingams géants, couronnés de roses. Chacun d'eux était le témoignage d'une incarnation de Siva. En bois ou en marbre, disposés sur des socles incrustés d'ivoire et de pierres précieuses, ils laissaient s'écouler, par de légères entailles, l'huile et l'eau parfumées, dont on les arrosait chaque jour pour honorer la divinité toute-puissante. Derrière ces galeries, un nouveau mur s'élevait, soutenu par des bœufs en granit, accroupis. Des éléphants sacrés erraient en liberté dans les cours. Ils étaient d'une nuance plus pâle que les autres et portaient de superbes anneaux de péridots et de chrysoberils à leurs défenses.

Syta, ayant accepté l'aide de ses femmes, pénétra dans ses appartements par des portes composées de sept cadres successifs, en retrait les uns des autres. Le premier était en or et portait des fleurs de lotus merveilleusement fouillées, le second était en jade, le troisième en ivoire, le quatrième en fer noir avec des clous d'opales, le cinquième en argent, surchargé de pampres d'améthyste et

d'olivines, le sixième en cuivre incendié de soleils de rubis, le septième en cristal à facettes, caboche de pierres de lune.

On remettait en grande pompe la clef de ces portes à l'époux d'une heure ou d'une nuit, et il n'en franchissait le seuil qu'avec un violent battement de cœur.

La chambre de Syta était divisée en deux parties : l'une, d'un niveau plus élevé, contenait la couche, portée par quatre lions d'argent sous un dais diamantin plus fulgurant qu'un firmament d'été. De merveilleuses sculptures d'ivoire couraient le long des murs, et un réseau de pierreries à larges losanges les recouvrait sans les cacher, mettant, partout, des lueurs d'astres et de lucioles. La seconde partie de la chambre, dans laquelle on descendait par un escalier de six marches, formait une large piscine où les eaux d'amandes, de jasmin et de rose, jaillissaient par les trompes de douze éléphants d'argent, se croisaient, se mêlaient, répandant une fraîcheur exquise. Syta aimait à se baip^ner dans la vasque embaumée, sous les regards de ses fem-

mes, et, parfois, elle en appelait quelqu'une à partager ses jeux.

Ce soir-là, distraite et lasse, elle se laissa frotter de baumes, après les ablutions coutumières, souffrit que Lackmama, sa favorite, mêla de perles ses longs cheveux et tressa sur son front une guirlande de saligrams roses dont le parfum lui était agréable. Une gaze, plus fluide que l'onde du Hadamour, la source sacrée, fut enroulée autour de ses flancs et des oiseaux chanteurs furent lâchés autour de sa couche pour bercer son sommeil.

Lackmama, cependant, prit les ordres de sa souveraine.

— Quel est celui des Grands Maris que (u daigneras honorer de tes faveurs?... Les six premiers Granichy ont demandé de tes nouvelles. Seront-ils admis à ton auguste table?...

Lackmama ne posait cette question que pour la forme, car les six premiers époux, ou grands du royaume, assistaient toujours aux repas de la Ranie, prenaient part au conseil et donnaient leur avis dans les questions difficiles.

Ce que Salomon a écrit en proverbe sur le papyrus, pour l'édification du peuple hébreu, Syta l'a gravé sur un lingam d'or du temple de Kanda-Swany. On a retrouvé d'elle des inscriptions assez bien conservées. Cette petite Ranie était une artiste et une souveraine remplie de sagesse. Elle fut aussi une voluptueuse, mais, n'est-ce point encore un reflet de la bonté de Brahma qui voulut que le Yoni- Lingam fut le plus bel ornement de ses sanctuaires?... Or, la religion de Brahma, comme nul ne l'ignore, est la plus ancienne du monde connu, et Syta n'en apprit point d'autre.

Elle voulut, avant tout, une morale favorable à l'humanité faible et souffrante. Cette morale avait de la tolérance ; elle protégeait la vie de chacun, imposait la générosité, la reconnaissance, la bonté, l'aide mutuelle et l'aumône d'amour — toutes vertus qui doivent relever le genre humain, créé à l'image de Brahma, l'Etre suprême, mais trop souvent oublieux de son origine!...

La petite souveraine s'avérait encore plus éloquente que jolie, aussi les inscriptions de

son lingam d'or étaient-elles honorées dans tout le royaume. Mais, comme elle avait gravé à la base du cône symbolique que les droits des six maris légitimes étaient imprescriptibles elle n'osa point contredire Lackmama, et accepta de partager, selon la coutume, le repas six fois conjugal.

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