‹ Le haut commandement des armées allemandes en 1870: (d'après des documentsChapitre 16 sur 25 · III. — CONSIDÉRATIONS D*ENSEMBLE · texte numérisé non relu

III. — CONSIDÉRATIONS D*ENSEMBLE

Telle est bien la conclusion qui s'impose après un examen, fait sans passion comme sans parti pris, des événements du 18 août. Si elle écorne un peu le renom de grands capitaines que, dans la joie de leur triomphe inespéré, les Allemands ont un peu abusivement attribué à Moltke et à Frédéric-Charles, si elle ne permet de classer ces deux hommes célèbres que dans un rang fort au-dessous de Napoléon et de Turenne, du moins elle met en pleine évidence la puissance de certains facteurs moraux, dont sans doute la valeur n'a jamais été contestée, mais qui ne s'étaient pas encore révélés à ce point comme des compensateurs du génie. Je veux parler de l'énergie et de la volonté.

Celles qui ont animé les Allemands furent constantes, prodigieuses, admirables. Elles effacent le souvenir de leurs inconséquences, de leurs tâtonnements inexcusables, de leurs témérités inouïes. Elles compensent, et au delà, l'insuffisance des ordres de Moltke, ses erreurs d'appréciation; celles, tout à fait inexplicables, du prince Frédéric- Charles; enfin, l'absence presque complète d'une direction générale, qui constitue la différence essentielle entre cette bataille et l'une quelconque de celles qu'a commandées Napoléon. Elles suffisent donc à justifier le triomphe de nos adversaires, en montrant par quoi ils l'ont réellement mérité. Conséquemment, ce n'est point leur faire injure, ni les

diminuer en aucune façon, que de rattacher leur victoire à ses causes véritables, et de restituer à cette journée légendaire sa physionomie exacte. Ily a ea là, en fait, une lutte obstinée entre la volonté d'une part, et Tinertie de Fautre; entre l'action et la passivité, entre des troupes qui marchaient et d'autres qui restaient obstinément immobiles; mais Ton n\ peut rien découvrir qui, de près ni de loin, ressemble à une manœuvre se développant avec sûreté et méthode, en conformité d'un plan prémédité. Le généralissime — Moltke, en la circonstance — esquisse un projet d'attaque sur la droite ennemie, sans d'ailleurs savoir où elle se trouve, et il en confie l'exécution à la IP armée, la I" formant pivot du mouvement: Il entend donc que cette dernière se bornera à occuper l'ennemi devant elle et livrera ce qu'on appelle un combat de front.

Cependant, l'offensive téméraire de Steinmetz, à cinq heures, ne lui inspire aucune mesure préservatrice; il ne songe pas à en empêcher le retour; et quand, deux heures plus tard, le roi renouvelle cette offensive en l'aggravant, il laisse faire, se contentant d'une protestation muette et de la méditation d'un désaveu tardif. Serait-ce donc, comme l'a écrit G. Gilbert, que « sa pensée semble flotter aux deux extrémités du front ennemi », et qui' veuille « essayer, par un revirement qui le condamne, d'obtenir sur notre gauche le résultat trop lent à son gré par ailleurs (1)? »

i) Essais de criticfue militaire, p. 251,

La bataille est engagée depuis plus de cinq heures, et lui, qui est censé la commander en chef, il ignore encore, et l'étendue du front ennemi, et ce qui se passe là où il n'est pas. Il apprend cependant que la droite française s'étend au delà de Saint-Privat ; mais cette nouvelle ne lui dicte aucune décision nouvelle, aucune velléité d'intervention. Il reste là, mécontent et inquiet, sans avoir l'air de se douter qu'il est le chef supérieur, le maître effectif de l'heure, et qu'il lui appartient de tout diriger, de tout connaître, de tout ordonner. Il assiste, anxieux et désolé, à l'assaut manqué du II* corps, puis il s'en va, croyant la bataille perdue...

Elle a été gagnée cependant, mais à son insu et sans qu'il y fût pour quelque chose autre que son ordre incomplet de dix heures et demie du matin ; sans que le commandant de l'armée qui venait de vaincre y fût pour davantage. Et ce dénouement inespéré, ce dénouement qui sauvait, lui, le roi et Bismarck, il ne l'apprend que fort tard dans la nuit, alors que les ordres sont déjà prêts pour une reprise désespérée de la lutte, dès l'aube du lendemain. Il s'est trouvé, heureusement pour sa renommée et pour la gloire des armées allemandes, deux hommes avisés, qui, ayant seuls compris la manœuvre dont il n'avait tracé qu'un croquis sommaire, ont substitué leur action à la sienne, et, faisant acte personnel, ont réalisé son rêve, tout seuls, en dehors de leur chef immédiat, comme par une sorte d'illumination spontanée. La qualité des

troupes, leur nombre aussi, et surtout ractivité générale, ont fait le reste, ayant été, il faut bien le dire, puissamment aidés par la défaillance prodigieuse du commandement français.

Je n^écris point ces choses avec la pensée misérable de ternir Téclat d^une incontestable victoire. Nous n^aurions pu prétendre la remporter nousmêmes que si, à tant d'incohérences et de fautes, nous avions opposé, sinon un peu d'habileté, du moins une volonté égale à celle de nos ennemis, et si surtout le commandant en chef de Tarmée française avait apporté à le riposte la même obstination qu'il a mise à éviter tout ce qui pouvait y ressembler. Il serait donc absolument puéril de chicaner à l'armée allemande le succès que nous lui avons abandonné, non point certes gratuitement — il lui coûtait plus de 20,000 hommes, — mais délibérément, et de faire intervenir le hasard dans une solution qui, le mérite des combinaisons militaires mis à part, se justifie très suffisamment par des considérations plus concrètes. Mais il faut cependant détruire la légende qui a fait de cette bataille une sorte de type sur lequel doivent se modeler celles de l'avenir ; il faut dégager sa physionomie réelle des embellissements qui l'altèrent, et, tout en reconnaissant en elle une esquisse assez vague de la tactique de combat future, accorder aux facteurs déterminants de son dénouement extraordinaire la part prépondérante qui leur revient.

La situation insolite où se trouvait l'armée française, face à ses communications naturelles et au

territoire qu'elle devait défendre, Bazaine Tavait Youlue et cherchée. Ayant encore, au moment de sa prise de commandement, la faculté entière d'opérer une retraite rapide sur les côtes de la Meuse, ou ailleurs, il avait, par sa lenteur coupable et l'impropriété de ses ordres de mouvement, laissé Tennemi le rejoindre et le tourner. Après la bataille de Bomy, où il aurait pu bousculer la I" armée allemande, et où il s'était contenté de la contenir, il avait poursuivi, comme à regret, le mouvement qui devait l'éloigner de Metz, et, en imposant à la marche de ses troupes des entraves peut-être voulues, il avait encore retardé leur retraite, sans se soucier des progrès que, dans le même temps, les Allemands réalisaient sur son flanc.

Puis était survenue la journée du 16, où, par une chance inespérée, l'occasion était venue s'oÉfrir à lui de réparer d'un coup tous les désastres du début, de ramener dans nos rangs l'espoir et la confiance, et de ruiner à jamais les espoirs d'enveloppement stratégique que Moltke caressait encore, au moment précis! où les combinaisons imprudentes du prince Frédéric-Charles semblaient s'ingénier à les anéantir. Cette occasion, il la dédaigna. Il ne voulut pàë Vairiôré, quatid cela lui était si facile, et, toujours hypnotisé par l'attirance des murailles de Metz, il y ramena son armée, tout étonnée que le courage admirable qu'elle venait de dépenser n'eût abouti qu*à une reculade, dont il lui était impossible de s'expliquer les motifs.

On vint donc se ranger, sans y avoir été forcé

par rien, puisque les routes du nord-ouest ëtaieoi encore libres, sur les hauteurs du Point-du-Jour, de Moscou et de Saint-Privat. Était-ce pour y livrei une bataille défensive? La conception n'était peut être pas des plus heureuses, mais elle pouvait cepeadant s'admettre, à la condition qu'on se préparât ie: moyens de passer à l'offensive quand le momeoi serait venu. Dans ce cas, il fallait organiser mieuj les positions de combat, les couvrir par des avant postes, et surtout disposer les réserves générales à proximité du point probable où elles auraient à intervenir (1). Bazaine ne fit rien de tout cela.

11 se retira à son quartier général, laissa Tennemi accomplir en toute tranquillité les mouvements préparatoires d'une attaque générale, et, quand celle-ci se dessina enfin, il feignit de n'y attacher aucune importance, comme, en réalité, elle n'en avait point, puisque lui était décidé déjà à ramener ses troupes plus en arrière encore, à l'intérieur même du camp retranché de Metz (2). Ceci prouve que, dans sa pensée, le mouvement rétrograde accompli le 1 7 août répondait à un parti pris d'inaction, d'abdication même. Par là était évidemment perdue d'avance toute chance de ressaisir la fortune et d'infliger à l'ennemi un échec décisif.

(1) J'ai essayé d'indiquer, dans mon 4*^ corps de V camée <î< MetZf p. 201 et suivantes, quelles eussent été les dispositioos à prendre si l'on avait voulu réellement aboutir à un acte décisif.

(2) On sait que, dès la veille, Bazaine avait fait reconnaître, par le colonel Lewal, les emplacements déHnitifs qu'il voulait Mfigner à son arjmée.

Et il le fit bien voir pendant la bataille, à laquelle il n'assistait même pas (1). Il ne connut rien des assaats dramatiques du ravin de la Mance, ni de la situation critique où, par deux fois, les imprudences de Steinmetz jetèrent la r** armée. Une simple brigade aurait suffi, avec quelques escadrons, pour mettre celle-ci en déroute, et, cette brigade, le maréchal Tavait sous la main, puisque, à quelques centaines de mètres en arrière, deux divisions de la garde attendaient, frémissantes, qu'on leur donnât Tordre de marcher. Il laissa sans secours nos 2" et 3* corps, et ceux-ci, qui avaient dû engager jusqu'à leur dernier homme, durent se borner à des contre-o£Fensives partielles, hâtives et trop courtes d'haleine, qui ne produisirent que des résultats éphémères ou de petits avantages incomplets.

Il laissa aussi sans secours — et là il fut plus criminel encore — le malheureux 6* corps, malgré les appels désespérés que lui avait adressés, par trois fois^ le maréchal Canrobert. Cette histoire lamentable est bien connue. On sait comment, avec cette apathique indolence dont il était coutumier, mais où, ce jour-là, il se dépassa lui-même, il répondit aux officiers qui venaient, le cœur serré et presque les larmes aux yeux, lui annoncer

(i) Entre trois heures trente et quatre heures, il quitta Plappeville et gagna le mont Saint-Quentin^ où il pointa quelques pièces , en manière d'amusement. De là, il alla au col de Lessy d'où il envoya à Bourbaki l'ordre de faire rentrer la garde. {Revue historique de Fétat-major général, III, 1904, p. 117.) Il rentra chez lui à sept heures, au moment même où, devant Saint-Privat, coDunen9ait l'attaque suprême qui devait décider de notre sort.

rimminence du désastre : a La retraite derait se faire demain; elle se fera ce soir, voilà tout!... n t comment, jusqu'à la fin, il refusa obstinément de se servir de la garde pour empêcher Técrasement de$ troupes qui défendaient Roncourt et Saint-P rival Pareil exemple, on peut l'affirmer, n'a jamai; été donné par un général en chef. Cette inditférence épaisse, cet effacement prémédité, joiQ6* à la tendance déprimante d'une direction vacillante, avaient achevé de tuer dans l'armée française les instincts offensifs qui y étaient si puissants encore quelques années auparavant, avant que de déplorables stratèges ne l'eussent empoisonnée de leurs théories funestes sur les « bonnes positions " et l'invincible efficacité du feu. Elle était comme anesthésiée par la tactique passive qu'on lui imposait, contrairement à ses tendances naturelles, contrairement à son tempérament, et, sous l'action d'un commandement qui devenait suspect à force d'être indolent, les ressorts de son énergie un à un se brisaient. Il ne lui restait que sa bravoure, toujours la même, mais une bravoure résignée et sans élan.

La victoire du 16 laissée inachevée ^ l'iacompréhensible retard du 17, l'obscurité actueUe d'une situation qui s'annonçait menaçante sans qu'on la devinât entièrement, toutes ces préoccupations^ s'ajoutant aux fatigues et aux tristesses d'une longue retraite, exerçaient tant sur les esprits qo^ sur les corps leur action dissolvante, en provoquant une sorte d'inquiétude vague et de pénible

abandon. Aux espoirs renaissants de Borny, à la martiale vigueur de Mars-la-Tour succédait maintenant une apathie presque générale, faite d'indifférence et comme de renoncement. Il semblait qu'on fût las de dépenser en pure perte son sang et ses peines, et qu'on attendit sans émotion les derniers coups de Tennemi. Réveillées brusquement par le canon, nos troupes vaillantes retrouvèrent cependant leur vieille ardeur, et opposèrent rapidement aux projectiles la muraille de leurs rangs compacts. Mais elles ne parvinrent pas à secouer l'influence funeste de cette espèce de malaise qui les tenait affaissées, et, abandonnées aux attaques furieuses de l'ennemi, elles ne surent puiser dans leurs sentiments militaires que l'héroïsme d'une admirable résistance, non l'audace des ripostes foudroyantes et des contre-coups décisifs (1) .

Quand on connaît cet état psychologique, on s'explique pourquoi le 6* corps n'a point achevé la garde prussienne, après l'avoir réduite à l'état de débris. Certes, comme ils l'ont avoué eux-mêmes, les Allemands pouvaient s'attendre, à tout instant, « à voir l'ennemi prononcer un vigoureux retour offensif et culbuter sur Sainte-Marie-aux-Ghénes les lignes sans consistance de l'assaillant. Chose singulière, rien de semblable ne se produisit (2). » Et cela se comprend de reste. Pour que les troupes de Canrobert, à qui ne restait plus aucune réserve et qui étaient à peu près certaines de n'en point rece-

(1) Voir mon 4* corps de V armée de Metz, p. 223 et suiv.

(2) La Guerre franco-allemande, I, p. 834.

voir, eussent foncé sur leur ennemi décimé; pou que leur cavalerie, qui comptait une brigade à. peine. eût chargé à fond, sans regarder en arrière {l)A eût fallu que tout ce monde fût animé de la même furie que ceux de Malakoff, de Magenta et de Solferino; furie qui, malheureusement, nWait survécu ni aux premiers désastres de cette guerre mal engagée, ni aux leçons timorées des amateurs de belles positions. La garde prussienne eût été sans doute anéantie comme elle devait l'être, si, avant sa mésaventure, il n^ avait pas eu la bataille de Spicheren, défensive aussi celle-là; celle de Rezooville, qui dérivait du mode abstentionniste, et surtout les mouvements incohérents des 14, 15 et 17 août. Après ces journées fatales, et l'espèce d'énervement qui en était la conséquence, il ny avait plus à espérer que Télan instinctif des soldats pût corriger encore la torpeur irréductible dont presque tous les généraux semblaient frappés. Un seul homme eût été capable de galvaniser ces âmes détendues, en donnant l'exemple d'une activité constante et d'une opiniâtre volonté : c'était le commandant en chef, Bazaine. Le malheur a voulu que, de tous, il fût celui qui en avait le moins.

C'est donc lui qui porte seul, et qui portera éternellement, la responsabilité de cette défaite, où la fortune de la France a définitivement sombré. lia,

(1) Quelques escadrons de chasseurs d'Afrique se déployèreni et esquissèrent une attaque, qui d'ailleurs cessa presque aussitôi qu'entamée.

pour la seconde fois, dans cette journée funeste, abandonné la victoire, qu^il tenait dans sa main. Que les Allemands s'enorgueillissent de l'avoir remportée à coups d'hommes, et grâce à la puissance souveraine du sentiment d'action qui les animait tous, c'est leur droit, et nous aurions mauvaise grâce à ne pas reconnaître que leur amour-propre est légitime.

Ils nous permettront cependant d'affirmer que ce n'est ni au mérite des conceptions de leur généralissime, ni au coup d'oeil militaire de leurs commandants d'armée, qu'ils sont redevables de nous avoir battus. J'ai essayé de montrer par où ces conceptions étaient largement vulnérables, et que ce prétendu coup d'oeil ne s'est traduit par rien d'efiPectif. Les vainqueurs véritables ne sont donc ni Moltke, ni Frédéric-Charles, ni Steinmetz (1). Ce sont ces généraux ardents et plein d'audace, qui marchaient de l'avant hardiment, en agissant au mieux de ce qu'ils jugeaient être le développement logique de la pensée offensive à laquelle ils obéis-

(1) Le commandant de la I'" armée ne pardonna pas, parait-il, au prince Frédéric-Charles d'avoir été plus heureux que lui. II se plaignit amèrement de la concurrence déloyale dont il se croyait la victime, et en des termes tels que son renvoi, depuis quelque temps imminent, fut immédiatement décidé. On l'expédia en Allemagne avec la mission peu reluisante d'inspecter les prisonniers de guerre, et on lui retira le commandement de son armée, qui, pour le blocus de Metz, passa aux ordres de son rival. Furieux, Steinmetz écrivit un long mémoire justificatif, et demanda à le publier. Mais le roi lui en fit défense, en sorte qu'il mourut avant d'avoir vidé la bile qui depuis longtemps Tétouffait. (Voir F. HoEKiG, loc. cit., p. 319.)

saient tous. Ce sont ces officiers énergiques, qui avaient étudié la guerre, et savaient la faire avec adresse. Ge sont enfin ces soldats, à qui il faut rendre hommage, quand on les voit supporter, sans fuir, des sacrifices auxquels, seules, les troupes entraînées et solidement instruites sont capables de résister.

Ainsi donc, envisagé dans son rôle historique, le haut commandement allemand n^a rien qui puisse nous effrayer, car il a été manifestement au-dessous de sa tâche, et surtout au-dessous de son bonheur constant. Le commandement moyen paraît plus redoutable, parce que, souvent, il a corrigé les erreurs venues d'en haut. En serait-il encore ainsi dans Tavenir? Nul ne peut le dire. Mais nul ne peut douter non plus que Tincroyable insuffisance du nôtre^ à tous les degrés, n'ait constitué une exception unique, dont il n'est pas permis de préjuger le retour. Jamais plus un chef d'armée ne trouvera des auxiliaires pareils à ceux que Moltke a rencontrés dans l'inqualifiable anéantissement dont a souffert dès le début la direction des armées françaises, et surtout dans la complicité morale de rhomme, plus félon encore qu'incapable, qui a sacrifié à ses louches visées toutes les chances de succès que les événements lui offraient.

On a dit, et rien n'est plus exact, que le sort de notre pays avait dépendu d'une simple interversion dans la désignation des commandants en chef des deux armées françaises. Il est clair que si Mac- Mahon, qui était un brave soldat et un honnête

bomine, avait été placé à la tète de l'armée de IVIetz, il aurait certainement gagné la bataille du 16 août. L'eût-il perdue, d'ailleurs, que jamais Bazaine, commandant l'armée de Chàlons, n'eût poussé le loyalisme jusqu'à sacrifier sa renommée et sa fortune en allant se jeter dans le guêpier de Sedan. Ce qui revient à dire qu'en mêlant la politique aux choses militaires où elle n'a que faire, les partis qui ont imposé la nomination de Bazaine et exigé un peu plus tard de Màc-'Mahon qu'il allât le dégager à tout prix, ont prononcé notre arrêt de mort-

Et la morale de cette histoire est que si^ comme ils commencent à en convenir eux-»mémes, les Allemands doivent beaucoup à la chance, nous pouvons attribuer nos malheurs, pour une bonne part, à la fatalité.

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