‹ Le haut commandement des armées allemandes en 1870: (d'après des documentsChapitre 6 sur 25 · BATAILLE DE REZONVILLE 1. LE GÉNÉRAL CONSTANTIN D ' A L VENSLE BEN · texte numérisé non relu

BATAILLE DE REZONVILLE 1. LE GÉNÉRAL CONSTANTIN D ' A L VENSLE BEN

La bataille livrée le 16 août 1870 par un peu plus de deux corps d'armée allemands et quatre brigades de cavalerie contre Tarmée française que commandait Bazaine, constitue, malgré la minime proportion des forces ennemies engagées par rapport à leur effectif total, l'acte décisif de la guerre.

Une victoire remportée par nous sur les plateaux de Gravelotte — et tout autre que Bazaine l'eût sans doute obtenue complète — mettait les armées du roi Guillaume, alors éparpillées en un dispositif invraisemblablement dispersé, dans la plus fâcheuse posture, qu'aggravaient encore les difficultés du terrain et le cours de la Moselle orienté par leur travers. La défaite, au contraire, nous privait d'une partie de nos lignes de manœuvre, réduisait de façon très sensible le réseau des voies de communication avec l'intérieur et risquait de nous rejeter vers le nord, c'est-à-dire la Belgique, ou tout au moins sur la place de Metz.

On sait que cette dernière solution n'était pas

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pour déplaire au commandant en chef de l^armée du Rhin, que fascinait déjà Tattirance invincible des murailles. Elle ne lui apparaissait pas, en tout oaSy avec ses conséquences inéluctables d'annihilation et de mort.

Cette bataille, cependant, fut absolument le résultat du hasard. Ni le généralissime allemand, qui transportait paisiblement ce jour-là son quartier général de Herny à Pont-à-Mousson ; ni le commandant de Tarmée engagée, prince Frédéric- Charles, ne l'avaient escomptée ou prévue. L'i^n et l'autre ignoraient la situation exacte de nos forces. Quant à celles-ci, ballottées au gré d'un commandement débile et incertain, qui non seulement ne cherchait pas à se procurer un renseignement quelconque, mais même faisait fi de ceux qui par aventure lui parvenaient, elles se mouvaient par masses compactes, d'une allure lente, irrégulière et gênée, sans se douter qu'à quelques kilomètres, sur leur flanc, s'avançaient des bataillons épais, animés d'un furieux esprit d'offensive et prêts à se jeter sur elles avec l'impétuosité du taureau.

Le choc de Rezonville a été bien réellement le fait d'une des surprises stratégiques comme l'histoire des guerres en enregistre fort peu d'aussi complètes; mais il faut convenir que, si l'état-major allemand dut être un moment assez déconfit à la brusque découverte d'une situation militaire imprévue, il sut, par contre, se tirer de ce mauvais pas grâce à une énergie peu commune, et à sa notion très nette des principes essentiels de la

guerre 9 que nous avions oubliés dans des triomphes trop facilement obtenus.

On se rappelle que la bataille de Borny avait été livrée à Tinsu du grand quartier général. Le roi et Moltke ne furent informés de ses résultats que fort tard dans la nuit. Peut-être cependant s'étaient-ils doutés de quelque chose, car, « à partir de six heures du soir, on avait bien entendu, à Herny, le bruit du canon dans la direction de Metz, ou plutôt de faibles échos atténués par les accidents do terrain et les bois intermédiaires (1) » • Mais il ne semble pas qu'ils aient attaché autrement d'importance à ces indices, pourtant caractéristiques, puisque, à cet heure-là même, ils envoyaient à la IP armée, dont le quartier général était à Pont-à- Mousson, un ordre disant en substance que, a les observations faites par la I" armée devant Metz n'ayant pas tiré au clair la situation de ce côté,... l'aile droite de la H" ne bougerait pas le lendemain, mais que, pour tâcher d'y voir plus clair, il serait indispensable de pousser, avec toute la cavalerie disponible, de fortes reconnaissances sur la rive gauche de la Moselle vers les routes entre Metz et Verdun, et de les faire soutenir, dans la direction de Gorze et de Thiaucourt, par les corps d'armée ayant franchi la Moselle les premiers. »

Rappelons, pour l'éclaircissement de ceci, que, le 14 au soir, tandis que la I" armée (Steinmetz) stationnait aux abords du champ de bataille, la IP

(1) Cahoinajl de Widdern, la Crise de Vionville,

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(Frédéric-Charles) avait trois de ses corps (111% IX* et. XII*) échelonnés le long de la route de Sarreguemines à Pont-à-Mousson, entre la Nied française et la haute Seille, afin de pouvoir soutenir la 1*''' armée au cas où les forces françaises Tauraient sissaillie, comme on pouvait encore le craindre. C'était là ce qui constituait Taile droite, avec la G" division de cavalerie, portée en observation au sud de Metz. Quant à Taile gauche, elle comprenait la garde, à Dieulouard, et le X* corps avec la 5* division de cavalerie, à Pont-à-Mousson, où était le quartier général. Les IV* et II* corps stationnaient, en deuxième ligne, sur la Seille et vers Faulquemont. L^ordre de Moltke ne parvint au prince Frédéric- Charles que vers minuit. Mais ce dernier, dès six heures, en avait donné un autre qui se trouvait en contradiction formelle avec celui du souverain, puisque, d'après sa teneur, toute Tarmée, sauf le IX* corps, devait le lendemain continuer le mouvement en avant vers la Meuse. On voit quel manque absolu d'entente provoquait Téloignement abusif du grand quartier général, et quelles conséquences funestes pouvaient entraîner de pareilles divergences dans l'appréciation d'une situation pourtant bien facile à définir, si l'on eût bien employé une nombreuse cavalerie qui semblait ne servir à rien. Moltke croyait l'armée française encore tout entière, ou à peu près, sur la rive droite de la Moselle, et prête à donner un coup de boutoir h Steinmetz. Frédéric-Charles la supposait au contraire déjà en retraite vers la Meuse, et ne

songeait qu'à Ty devancer, et tandis que le premier tirait en arrière, Fautre entendait au contraire pousser de Tavant. Ce sont là de ces discordances qui risqueraient de déparer la magnifique ordonnance de la Relation officielle. Aussi celle-ci s'est-elle gardée de les signaler, ou même d^ faire la plus discrète allusion.

Arrivons maintenant aux événements qui furent la conséquence de ces ordres divergents. Ils étaient parvenus tous deux, et presque simultanément, au commandant du IIP corps, qui stationnait à Allémont, à 18 kilomètres au sud-est de Metz. C'était le général Constantin d'Alvensleben qui devait, le surlendemain, récolter tant de gloire et dont la belle figure militaire mérite plus qu'une simple mention.

Né en 1809, il avait à cette époque tout près de soixante-deux ans. C'était un homme d'une distinction charmante, en qui l'expérience et le caractère s'alliaient à une grande noblesse de sentiments, à la courtoisie la plus parfaite et à une captivante simplicité. Comme tous les chefs de l'armée allemande, ou à peu près, il sortait de l'état-major, mais avec de nombreux passages dans les troupes. En 1860, chef de section au ministère de la guerre, il avait pris une part importante à la réorganisation de l'armée prussienne, accomplie sous les auspices et grâce à la ferme volonté du prince-régent, depuis Guillaume I", et celui-ci s'était empressé de lui témoigner sa particulière sympathie en l'appelant dans le corps de la garde, où il commanda d'abord le régiment de grenadiers Empereur-

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Alexandre, puis la 1" brigade, qu'il conduisit brillamment, en I8669 sur les champs de bataille de Soor et de Sadowa, enfin de la 1" division. Il avait été, dès le début de la guerre de 1870, mis à la tête du IIP corps, que le prince Frédéric-Charles venait de si vigoureusement entraîner. Il déploya, dans cette terrible journée du 16 août, des qualités militaires de premier ordre : courage, sang-froid, esprit de décision et de vigueur, ténacité admirable, d'autant plus méritoires qu'il souffrait, parait-il, de maux de tète atroces (1). Mais il était de ceux chez qui l'âme dompte le corps et dont la confiance inébranlable commande le succès. Dans la brillante pléiade des généraux qui ont porté si haut la puissance de leur pays, Constantin d'Alvensleben occupe une place à part, et c'est un devoir pour l'historien qui peut s'abstraire un instant de tant de souvenirs pénibles, de saluer en passant la mémoire de cet admirable soldat (2).

Comme bien on pense, le bruit du canon de Borny n'avait pu le laisser indifférent. Il s'était entouré des renseignements nécessaires, et savait, lui, ce que les autres ne savaient pas. L'armée fran-

(1) Cardinal de Widdern, loc. cit.

{%) Le général d'Avensleben, qui avait conscience de sa valeur et de ses services, ne supportait pas toujours patiemment les taquineries administratives. Â la suite de certaines difficultés sur la nature desquelles on n'est pas édifié, il envoya, le 9 août 1872, sa demande de retraite à l'empereur. Celui-ci la refusa, en une lettre chaleureuse, mais qui ne put triompher de la décision du général. Alvensleben quitta définitivement l'armée en 1873, et mourut en 1892, à Berlin. (Cardinal de Widdern, passim.)

çaise était bien réellement en retraite, et le combat du 14 n'avait pu que la retarder dans un mouvement rendu déjà long et difficile par la traversée d'une ville. Si donc on marchait, — comme l'aurait voulu Frédéric-Charles, — on avait des chances de devancer Tennemi sur les plateaux de Touest, ou tout au moins de le prendre en flanc.

Aussi, bien qu'ayant un peu plus tard reçu du commandant de Tarmée avis formel des intentions du généralissime, il n'hésita pas à faire son choix, en obéissant à celui des deux ordres qui s'inspirait du sentiment d'activité dont il était animé luimême, car c'était à ses yeux le seul moyen de tirer parti du succès obtenu. « Nous savons vaincre, répondait-il aux observations de son chef d'étatmajor, mais nous n'avons pas su encore profiter de la victoire. Marchons! » £t, comme on lui parlait de responsabilité à engager, il se décida plus formellement encore, « car une de ses qualités essentielles était son goût prononcé pour la responsabilité w (1). Ce trait, rapporté par son chef d'état-major lui-même, suffît à peindre l'homme et le classe décidément parmi les forts :

A six heures et demie du matin, le 15, il écrivait donc à Moltke et à Frédéric-Charles la lettre suivante :

Les motifs pour lesquels le III« corps entre autres devait rester aujourd'hui sur ses emplacements étaient

(1) Dix-huitième Monographie de i'état-major allemand, citée par Ca-rdinal de Widdern.

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es suivants : h l'hypothèse que l'ennemi pût encore 5e trouver en force sur la rive droite de la Moselle et méditer un mouvement offensif; 2° la nécessité d'accorder un jour de repos aux troupes à la suite des dernières marches fatigantes.

Or, d'après les résultats du combat d'hier, il est peu probable que l'ennemi songe encore à prendre l'offensive . D'autre part, le corps d'armée n'a pas besoin d'un jour de repos, et Cidée fondamentale de la prochaine

opération est de franchir la Moselle tout en appuyant à

gcLuche.

Je propose donc de franchir la Moselle aujourd'hui

même, si du moins mes reconnaissances constatent

l'existence d'un pont à Pagny, ou si je parviens à en

construire un.

Et, en même temps, il mettait ses troupes en marche, sans plus s'inquiéter de savoir si son acte téméraire serait ou non approuvé. 11 jugeait que, dans cette phase décisive de la lutte, accorder à l'adversaire une journée de répit qu'on ne pourrait plus jamais regagner, était une faute, et il ne voulait pas la commettre. Sa hardiesse s'appuyait sur une connaissance exacte de la situation militaire, complètement ignorée de ceux qui, par grâce d'état, auraient dû en être informés les premiers; et, s'il risquait personnellement quelque bourrade, du moins était-il en droit de compter que les résultats promis à son audace suffiraient amplement à la justifier.

Peut-être que, s'il eut eu affaire au terrible Steinmetz, il se serait mal défendu d'une hésitation permise. Cardinal de Widdern, à qui nous sommes redevables de tous ces détails, ne manque pas d'en faire

la remarqué, tant était bien connue Tombrageuse susceptibilité du commandant en chef de la I" armée. Mais il ajoute qu'avec Frédéric-Charles, il était plus facile de s'entendre. Le caractère bouillant et aventureux du prince n'excluait point, en e£Fet, une appréciation très juste et raisonnable des mérites de chacun. Il aimait, en ses sous-ordres, l'initiative, la volonté, le caractère, et savait fort bien les encourager. Aussi, au reçu de la dépêche d'Alvensleben, se borna-t-il à répondre que les instructions royales ne lui permettaient pas de souscrire aux dispositions prises par le IIP corps, « mais que cela ne l'empêchait pas de rendre hommage au sentiment qui avait poussé son chef à agir » .

Alvensleben dut s'arrêter. Malgré tout, s'il était satisfait dans son amour-propre, il persistait dans son opinion. Revenant donc à la charge, il exposa de nouveau tout l'avantage qu'il voyait à une action rapide, et, cette fois, il obtint gain de cause, le grand quartier général, mieux éclairé, ayant, sur ces entrefaites, donné toute latitude à la II* armée de continuer le mouvement en avant.

Voilà donc un commandant de corps d'armée qui, parce qu'il est sur les lieux et se renseigne, voit seul clair dans une situation assez confuse, dont la réalité échappe à la fois au chef de l'armée et au directeur suprême des opérations. Ce dernier, suivant une habitude prise, se tient à distance et y demeure obstinément. Il ne connaît que le 15 au matin ce qui s'est passé le 14, le danger qu'aurait pu courir l'armée de Steinmetz, et le résultat heu-

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reux qu'on doit à Tinertie de Bazaine. Et c'est seulement à midi et demi, ce jour-là, qu'il lance un télégramme avisant la II* armée de la retraite probable des Français! Jusque-là, croyant toujours à une attaque possible, il voulait maintenir la plus grande partie de ses forces dur la rive droite de la Moselle, ce qui aurait permis à Bazaine, pour peu qu'il apportât d'activité, d'opérer sa retraite sans encombre. Ce n'était certes pas la cavalerie allemande, si mollement conduite et si peu aventurée, qui eût été capable de l'en empêcher. La bataille de Rezonville, celle de Saint-Privat n'auraient pas été livrées. Nous aurions pu gagner les côtes de Meuse pour y attendre l'attaque, et peut-être qu'ainsi le sort de la guerre eût été changé, car, en raison de la paresse physique des deux inspirateurs de la stratégie allemande, a la souricière, comme on l'a dit, restait consciencieusement tendue, mais risquait fort de se refermer à vide '» (I). Alvensleben, par son activité, son coup d'œil et sa hardiesse, a seul permis de faire jouer à temps le déclic.

Si d'ailleurs Moltke, comme on vient de le voir, n'eut qu'une révélation tardive et encore vague de la réalité des événements, il faut constater^ à son excuse, que Frédéric-Charles, cependant plus rapproché du théâtre des opérations, et pourvu d'une cavalerie nombreuse (trois divisions), qui aurait dû l'éclairer de façon complète, Frédéric-Charles

(1) G. G. de la Nouvelle Revue, Essais de critique militaire. (Voy. Revue historique de l'état-major général^ III, 1903, p. 361.)

n'était pas mieux instruit. Il venait, en tous cas, d'aggraver, par des dispositions maladroites, le décousu initial d'une manœuvre qui devait être décisive, et que le grand quartier général, enfin au courant des choses, avait tardivement dessinée en termes d'une précision suffisante pour qu'il n'y eût plus aucun malentendu.

L'avantage obtenu dans la soirée d'hier (à Borny), écrivait Moltke, le 15 août, à six heures trente du soir, s'est produit dans des conditions qui excluent toute idée de le poursuivre. Ce n'est que par une vigoureiise offensive contre les routes de Metz et de Verdun^ par Fresnes et par Ëtain, que l'on peut recueillir les fruits de cette victoire. Le commandement en chef de la II* armée demeure chargé de conduire cette opération d'après sa propre inspiration, et avec tous les moyens dont il dispose (1).

C'était net, et l'homme le plus étranger au style militaire ne pourrait voir qu'un ordre formel d'engagement adressé à la II' armée tout entière, dans ce document qui doit se traduire ainsi : » Je ne connais pas la position exacte de l'ennemi entre Moselle et Meuse; je sais seulement qu'il a quitté ses positions antérieures et qu'il bat en retraite. Cherchez-le, vous avez assez de cavalerie pour cela, et attaquez-le avec toutes vos forces. » Frédéric- Charles comprit la chose tout autrement, et, au lieu d'infléchir son armée dans la direction de

(i) Ordre parrenu à dix heures trente du soir. Dès sept heures, Frédéric-Charles avait envoyé ceux dont il va être question plus loin. Il ne jugea pas à propos de les modifier.

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Touest, qu'elle suivait primitivement, vers celle du nord, c'est-à-dire vers les routes indiquées par Moltke, il se contenta d'y faire converger deux corps, le 111% qui eut ordre de gagner Gorze, et le X*, qui (ut dirigé sur Fresnes, à 20 kilomètres plus loin.

L'opération était scabreuse, puisque ce dispositif ne comportait aucune réserve à portée. Mais le prince avait son idée fixe. Il croyait n'atteindre, entre Metz et Fresnes, que des convois (1), et supposait que la bataille sérieuse ne se livrerait que sur les bords de la Meuse. C'est ainsi qu'au passage du pont de Champey, il criait aux soldats de la 6* division : a Pour pincer lés Français, il faut marcher rondement ce soir et demain matin (2). » Alvensleben, lui, estimait, au contraire, qu'il allait rencontrer autre chose que des convois. Aussi, bien que ses dernières troupes n'eussent atteint leur bivouac qu'à deux heures du matin, le 16, il les remit en marche dès cinq heures (3), en les faisant précéder par la 6* division de cavalerie. Le m* corps forma deux colonnes qui se dirigèrent respectivement sur Vionville, par Gorze, et sur Mars-la-Tour.

Pendant ce temps, l'armée française, ou du moins sa plus grande partie (4), campait sur le plateau de Gravelotte, entre le village de ce nom,

(i) Gabdinal db WiDDERif, loc, cit.

(2) Ihid.

(â) Ihid.

(4) Le 4* corps (Ladmirault) était encore sous Metz^ à Woippy.

Rezonville et Saint-Marcel. Elle avait passé la nui là^ après une marche pleine de difficultés et d* coups, et devait reprendre son mouvement da Taprès-midi. Mais on sait qu^aussitôt après le dép de Fempereur, qui désirait vivement la continua^ tion de la retraite sur Verdun, Bazaine avait donné contre-ordre, et fait redresser les tentes abattues depuis l'aube du jour. Tout le monde était au repos, sous la protection plus apparente que réelle de la division de cavalerie de Forton, qui bivouaquait un peu plus à Touest, près de Vionville. Aucune reconnaissance n'était faite; certaines rumeurs annonçant la proximité de l'ennemi avaient été taxées d'exagération, et leur intérêt semblait négligeable. En sorte que, bien qu'une distance de 6 kilomètres, à vol d'oiseau, séparât à peine les deux adversaires, ils s'ignoraient absolument l'un l'autre, le Français par insouciance et coupable quiétude, l'Allemand par inertie de sa cavalerie. Cependant, la 5* division de cette arme, qui battait l'estrade depuis vingt -quatre heures dans les plaines, au sud-ouest de Mars-la-Tour, avait échangé, la veille même, quelques coups de canon avec les troupes du général de Forton 1 Elle n'aurait donc rien dû ignorer de ce qui se passait devant elle et fut inexcusable de n'en rien dire.

Elle fut bien plus inexcusable encore en attaquant, le 16 au matin, la cavalerie française avec du canon. Elle aurait pu tomber sans crier gare sur des camps qu'aucune couverture ne protégeait, et

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