‹ Le Havre-Maritime du 16e au 18e siècle. Avec préf. de Raphael-Georges LévyChapitre 9 sur 16 · CHAPITRE II Les origines · texte numérisé non relu

CHAPITRE II Les origines

Ce sont les côtes et les îles américaines comprises entre les tropiques qui retinrent de préférence l'attention des navigateurs. Ces îles parfumées où l'on recueillait les bois rares, les cuirs, le sucre, les épices ; ces terres où des forêts impénétrables peuplées d'animaux étranges, de myriades d'oiseaux multicolores, recouvraient des fleuves immenses qui prenaient, disait-on, leur source dans des pays fabuleux ; ces contrées où les sauvages, pour des objets de peu de valeur, apportaient l'or, l'argent, les diamants, les perles, le corail, enthousiasmèrent de bonne heure les aventuriers en quête de profits. La renommée s'en répandit vite et dès le commencement du

(1) L'action judiciaire avait été mise en branle par le procureur général du Parlement, saisi de plaintes de marchands du Havre et de Rouen, vraisemblablement espagnols. Sur sa requête, le lieutenant général de l'Amirauté de France au siège de la Table de marbre fut désigné pour procéder à une enquête et à une saisie conservatoire (Arrêt du 2 octobre 1613).

xvr siècle, quand les marins normands ne se bornent pas à enlever les navires venant des Indes (1), ils s'engagent à leur tour sur les chemins conduisant aux Eldorados.

Il n'est pas possible, en l'absence de documents certains, de préciser l'origine des navigations françaises vers le Nouveau Monde. Ce qu'on en sait c'est qu'elles sont sensiblement contemporaines des premiers voyages entrepris dans un but de découverte, de ceux de Colomb pour les Antilles et l'Amérique Centrale, de Cabrai pour le Brésil (2). Quatre ans après ce dernier, Binot Paulmier de Gonneville, parti de Honfleur sur VEspoir, de 120 tonneaux, dans l'intention d'aller aux Indes orientales, fut rejeté à l'ouest par une tempête et prit terre dans la partie méridionale du Brésil.

L'année précédente, c'est-à-dire en 1503, Ghristoval de Jaane coulait dans une anse nommée Paraguaçu, à la baie de Tous-les-Saints, deux navires français qui trafiquaient avec les indigènes.

Ce procédé radical d'écarter la concurrence n^était pas limité aux côtes brésiliennes. 11 était employé dans toutes les contrées situées au pourtour de la mer des Caraïbes. Les instructions données en 1514 à Pedrarias Davila, gouverneur de Panama, lui recommandaient spécialement d'attaquer et de châtier les Français qu'il rencontrerait dans les Indes occidentales (3).

11 n'y a pas à s'étendre longuement sur des faits que tout le monde peut trouver dans les ouvrages spéciaux. En ce qui concerne uniquement le Havre, ses marins furent, dès ses

(1) Une barque espagnole capturée par Jean Fain, l'un des capitaines d'Ango, et recoussée par les Portugais, était estimée 200.000 ducats. Elle contenait huit caisses pleines de corail et de perles, tiois coffres de lingots d'or, sans y comprendre les six à sept livres d'or de chacun des compagnons (Arch.comm. E E 83. Déclaration du 6 mai 1522). Un autre navire, venant de Galicut, pris en 1524 par la S;iZamaadrff, était chargé de poivre, de soie et d'éventails. (Arch. comm. EE 85, 1521-1525).

(2 En 1500. Les indigènes dirent àCabral qu'ils avaient déjà vu des hommes blancs et aux cheveux blonds aborder chez eux. Le navigateur portugais supposa que ces précurseurs étaient des Français.

(3) H. Ternaux-Gompans.A''o^ice historique sur la Guyane française. Paris, 1843, in-8, p. 5 et 7.

premières années (1), attirés vers ces contrées qui, si riches qu'elles fussent en réalité, le paraissaient davantage à travers le mirage de l'éloignement et les amplifications des audacieux qui en revenaient.

Le vice-amiral Guyon Le Roy, seigneur du Chillou (2), vice-amiral de France, promoteur et constructeur du Havre, fut peut-être le premier des habitants de la ville naissante qui trafiqua au delà de l'Atlantique. Un de ses corsaires avait capturé en mer un navire de Gênes, le Saint-Antoine-de- Padone^ appartenant à Gaspar Genturione ; amené au Havre il fut adjugé de bonne prise. Un procès s'ensuivit et du Chillou fut condamné, par arrêt du Parlement, à restituer les marchandises et à des intérêts envers Genturione.

Pour s'en acquitter complètement il s'engagea, suivant une transaction homologuée par le Parlement, à rembourser ce qu'il restait devoir au cas où les navires qu'il avait envoyés aux Indes et au Brésil reviendraient avant un an (3).

Du Havre également partit en 1523 Giovanni Verrazzano pour rechercher un passage polaire vers les Indes du Gathay. Ne pouvant remplir sa mission à cause des tempêtes qu'il rencontra, il redescendit au sud. D'un rocher de Madère il s'élança à l'ouest, aborda la côte de la Floride, longea les côtes américaines, sillonna les eaux où gronde aujourd'hui l'emporium de New-York et, parvenu au 50*^ degré nord, prit sa route à l'est pour revenir à Dieppe.

La Normandie était prête à tracer au commerce français les voies des fécondes régions de l'Amérique tropicale. Elle avait des marins qui ne le cédaient à aucuns en intrépidité,

(1) Le Havre fut commencé en 1517. A la fin de Tannée suivante les travaux étaient déjà assez avancés pour offrir un refuge assuré aux gros bâtiments de la marine de guerre.

(2) Au sujet de ce marin, qui servit avec honneur sous Charles VIII, Louis XII et François I»% voir les quelques pages qui lui ont été consacrées dans les Documents relatifs à la, marine normande aux XV" et XVI" siècles, par Ch, Bréard et Ph. Barrey, publiés par la Société de l'Histoire de Normandie. Mélanges. Rouen, 1906, in-8, p. 224-229.

(3) Gosselin, ibidem, p. 40, et Ch. de La Roncière, ibidem, III, p. 237-267. Parmi ces navires figurait peut-être le Saint- Christophe, de 160 tonneaux, parti de Honfleur en 1522. Capturé par les Portugais, cependant en paix avec la France, il était estimé valoir avec ses prises 40 à 50.000 écus d'or. (Arch. comm. EE 83, 1522-1527).

en courage et en persévérance ; en eux bouillonnait toujours le sang des écumeurs Scandinaves. Ses marchands entreprenants étaient aussi prudents dans la préparation de leurs entreprises qu'obstinés à leur poursuite. Aux uns et aux autres il ne fallait qu'une chose pour fonder au delà de l'Océan un puissant domaine colonial et commercial tout à la fois: l'appui du pouvoir. 11 leur manqua.

Habilement les premiers beati possidentes avaient pris les devants. Ils avaient recouru à la plus haute autorité de l'Europe civilisée, à celle qui détenait des Ecritures le droit de lier et de délier sur la terre. En 1493, au lendemain de la découverte du nouveau continent, le pape Alexandre VI Borgia, traçant une ligne de démarcation à cent lieues à l'ouest des Açores, frappait d'excommunication tout étranger qui s'aventurerait dans les possessions hispano-lusitaniennes (1).

Aux foudres de saint- Pierre, les Espagnols et les Portugais allaient se charger de donner la sanction indispensable. Dès 1522, le roi de Portugal ordonnait à ses capitaines, sous peine de mort, de couler tous les navires français qui seraient rencontrés aux Indes. En 1540, Gharles-Quint lui donnait la réplique en prescrivant à ses marins de jeter sans merci nos équipages par-dessus bord (2).

Désormais, et jusqu'au moment où, sous les coups de Richelieu, l'Espagne laissera de lassitude tomber ses prétentions au monopole des mers américaines, une lutte implacable les ensanglantera. Passé la ligne des amitiés ce sera en tout temps la guerre avec les horreurs d'une époque où la vie humaine compte pour bien peu. La violence, hélas ! est génératrice de la violence. Aux traitements barbares dont nos équipages sont victimes répondront des représailles aussi atroces. Champions de la liberté des mers, deux Normands la revendiqueront avec la rude franchise des marins et avec toutes ses conséquences brutales : La mer, déclarent-ils, n'appartient à aucun prince plus avant que la balle du canon

(1) Le Père Du Tertre, dominicain, donne un extrait du texte de cette bulle dans son Histoire générale des Isles de Saint-Christophe, de la Guadeloupe, de la Martinique et autres dans l'Amérique. Paris, 1654, in-8, p. 30-31.

(2) Ch. de la Roncière, ibidem, III, p. 278 et 300.

peut aller (1) ! Autant dire qu'entre le ciel et Teau le seul droit qui vaille s'écrit à coups de canon.

Les armateurs du Havre, de Rouen, de Dieppe, de Ronfleur et des ports normands en relations avec l'Amérique, furent les premiers à supporter le poids de l'exclusivisme de nos rivaux. Mal instruit par des conseillers à l'âme vénale, tiraillé entre ses inclinations et les exigences de sa politique extérieure, François 1" oublia qu'il avait précédemment demandé ironiquement à voir l'article du testament d'Adam qui l'excluait d'une partie du monde. De concessions en faiblesses il se laissa imposer les volontés de son adversaire, et son successeur, un moment, l'imita (2). Jusqu'à la crise religieuse qui énerve l'autorité royale, ce sera sous une autre forme : le « Ne nous faites pas d'affaires ! » dont le xvi* siècle n'a malheureusement pas gardé le monopole.

Toutefois le bon plaisir royal n'est souvent qu'une formule de chancellerie. L'action gouvernementale est impuissante dans bien des cas à neutraliser les ferments d'indépendance qui persistent dans un royaume insuffisamment centralisé ; ses rouages ont encore trop de jeu; ses agents sont désarmés devant les résistances qu'on leur oppose et ils sont accessibles à bien des influences. Les marchands connaissaient le moyen de faire oublier ces défenses réitérées et il n'est pas sûr d'ailleurs que les infractions aient été désavouées autrement que par des protestations de pure forme. Gomment en juger autrement quand on trouve, en 1546, dans une flotte de 28 navires quittant le Havre à destination du Brésil, l'un d'eux au moins appartenant au personnage auquel incombait précisément le soin de faire respecter les interdictions royales, l'amiral d'Annebault lui-même (3).

Je suis tenté de voir dans cette expédition l'origine de la fête brésilienne donnée à Henri II au cours de la visite qu'il fit à Rouen en 1550. Peut-être avait-elle eu une première

(1) Factum pour Jacques Barc et Charles Fleury, cité par M. de La Roncière, ibidem, IV, p. 424.

(2) Défense du 20 octobre 1547 d'aller aux terres du roi de Portugal.

(3) Gh. de La Roncière, ibidem, III, p. 303.

répétition au Havre, sur la place publique quia gardé pendant plus de deux siècles le nom de place des Cannibales (1). Quoi qu'il en soit cette exhibition des habiles metteurs en scène rouennais frappa vivement l'esprit du monarque.

Au reste, si impérieuses que fussent, dans la lettre, les défenses royales, elles ne paraissaient pas gêner outre mesure les armateurs normands, à en juger par le nombre des navires sortis des ports de Normandie pour les parages prohibés (2).

Le spectacle qu'il avait eu sous les yeux détermina Henri II à rompre avec les tergiversations antérieures, dont le plus clair résultat, tout en compromettant l'intérêt et la dignité du pays, était d'obliger nos marins à se transformer en contrebandiers. Sur son ordre, l'hydrographe havrais Guillaume Le Testu partit de Dieppe en 1551, ayant comme inslructions de reconnaître les côtes du Brésil et d'en dresser la carte. H aborda le long d'un îlot boisé situé près du cap Saint- Augustin, à l'entrée de cette rivière de Saint-Domingue dont on verra plus loin le nom figurer souvent dans les armements du Havre. 11 y subsistait encore les vestiges d'un fort et de pêcheries d'où les Portugais avaient été chassés par les marins havrais (3).

Revenu en France après une traversée mouvementée. Le Testu signala à Henri II la magnifique situation de la baie

(1) C'est aujourd'hui la place du Vieux-Marché, mais elle portait déjà ce nom de Cannibales antérieurement à 1553.

(2) Voici en effet, d'après Gosselin, les navires dont il a retrouvé la trace au tabellionage de Rouen pour le Brésil et la Guinée. En 1539 la Madeleine est de retour à Fécamp du Brésil et de la terre des Cannibales ; en 1541 la Perrine, de la Bouille (petit port situé sur la Seine en aval de Rouen), pour le Brésil et la Guinée; l'Espérance et le François, pour la Guinée; la Marye ^ la Fleurye,la Bonne- Aventure, la Marye, la Loyse, pour le Brésil; en 1542, la Madeleine, de retour au Havre du Brésil et de la Guinée ; en 1543 la Catherine, en voyage au Brésil et au cap des Trois-Pointes ; en 1544 l'Autruche^ partie de Granville pour le Brésil ; en 1546 la Bonne-Aventure, de Quillebeuf, pour le cap des Trois-Pointes et le Brésil; en 1549 la Salamandre, pour le cap Vert et le Brésil, la Trinité et la Blanche, pour le Brésil ; en 1553 la Prumerolle, pour la Guinée; en 1554 la Mule, pour la Guinée et le cap des Trois-Pointes; en 1564 la Marie et le Saumon, dans lesquels est intéressé un marchand havrais, Guillaume Berry, pour le Brésil à Tamont.

En 1557 Jacques de Cauquigny, de Fécamp, passait procuration aux fins d'affréter son navire, la Serpente, de 200 tonneaux, à ce même marchand pour faire le voyage du Brésil (E. de Fréville, ibidem., p. 445-446).

(3 Ch. de La Roncière, ibidem, IV, p. 11-12.

de Rio-de-Janeiro (1). Le Roi confia au vice-amiral Durand de ViRegagnonle soin d'y jeter les bases de la France antarctique. La flottille mit à la voile du Havre en juillet looo et arriva à destination le 10 novembre suivant.

Installé d'abord sur l'île qui porte aujourd'hui son nom, Villegagnon y établit le fort Goligny, qui croisait ses feux avec une batterie de deux pièces placée sur le rocher du Ratier (2). Sur le continent il fonda la bourgade de Henry ville.

On sait que malgré le renfort de trois navires envoyés du Havre l'année suivante, sous la conduite de deux pilotes, l'un de Harfleur, Jean de Meun, l'autre de Ronfleur, Jean Humbert, l'entreprise échoua, victime de cette épidémie morale qui pendant plus de trente ans allait accumuler tant de ruines.

11 en fut de même, pour des raisons différentes, de l'expédition armée au Havre en 1562, sous la direction de Jean Ribault et de René de Laudonnière, pour coloniser la Floride (3). Reprise, après l'expulsion des Anglais, par Laudonnière, qui menait avec lui trois navires havrais, l'Elisabeth, le Breton et le Faucon, dont étaient maîtres Jean Lucas, Michel Vasseur et Pierre Marchant (4), renforcée en 1565 par une escadrille équipée aux frais de Coligny, elle eût finalement un sort tragique. La plupart des marins et des colons furent égorgés par les Espagnols « non comme Français mais comme Luthériens (5) ».

(1) Dans son voyage de circumnavigation Magellan y avait relâché en 1519.

(2) Les bancs de sable situés devant Villerville, sur la rive sud de l'estuaire de la Seine, portaient déjà et ont conservé les noms de Ratier et des Ratelets.

(3) Il existe encore au Havre un vestige linguistique qui se rattache peutêtre à cette expédition. La partie sud-est de l'avant-port a conservé le nom de Floride qu'elle portait déjà au xvi" siècle. — On écrivait généralement Fleuride. — Je n'ose affirmer cette origine car dans la toponymie de l'époque la Floride avait une signification moins localisée que de nos jours et s'étendait jusqu'à Terre-Neuve. 11 n'est pas rare de voir désigner un navire comme allant à la pèche de la morue sur les côtes de la Floride.

(4) Le 27 avril 1572 Pierre Le Marchand, capitaine pour le Roi en la marine du Ponant, donne procuration afin de recevoir ses gages de capitaine entretenu et une partie de la somme de 533 livres à lui encore due pour le voyage qu'il avait fait à la Floride en avril 1564.

(5) Au nombre des survivants des équipages de Ribault et de Laudonnière qui guidèrent Dominique de Gourgues, le vengeur de ce massacre, se trouvait, réfugié chez les sauvages, c'est-à-dire chez les indigènes, un mousse du Havre, Pierre Debray.

A cette date, les marins havrais avaient recommencé, si même ils les avaient jamais abandonnés, leurs voyages particuliers. En 1564, Jean Bontemps, du Havre, capitaine en la marine royale, perd dans un combat naval la Jeannette et ÏEspoii% en croisant près de Saint-Domingue. L'année suivante, son Dragon- Vert, chassé d'Elmina, en Afrique, va combattre les Caraïbes de la Grenade. Puis, escortant deux bâtiments pour Sierra-Leone, il est assailli près du cap Vert par une flottille portugaise et perd 74 hommes sur 80. Enfin, en 1571, pris par les Espagnols sur son Galion, il est écorché vif et ses gens tués à coups de couteau par des esclaves, à l'exception d'un petit garçon qu'un nègre, par pitié, sauva du carnage (1).

De ce résumé, extrêmement condensé et réduit à ses lignes essentielles, il découle bien que depuis leur découverte les marins normands et havrais fréquentaient assidûment les côtes américaines. Si peu de noms et moins de détails encore sont parvenus jusqu'à nous, il faut l'imputer à l'indigence des documents et non à la rareté effective des expéditions. Le tabellionage de Honfleur, si consciencieusement étudié par M. Bréard, est incomplet, et ce qu'en a tiré cet écrivain témoigne de ses hautes qualités d'érudit. Je n'ai pas de raison bien plausible de juger autrement l'œuvre de M. Gosselin. Mais pour Dieppe, pour Fécamp, pour tous les autres ports de la province qui armaient au long-cours, nous ne connaissons rien de précis sur cette époque.

En ce qui concerne le Havre, je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit plus haut. On ne peut toutefois n'être pas frappé

(1) Remonstrance, etc., et Gh. de La Roncière, ibidem, IV, p. 82. Cette épouvantable exécution dut être précédée de circonstances restées inconnues. Comme à peu près tous les capitaines de navires havrais, Bontemps joignait à sa qualité de capitaine marchand celle, plus lucrative et aussi plus aventureuse, de corsaire, et c'est probablement à la suite d'un combat suscité par une tentative de piraterie qu'il trouva la mort. Sa veuve, Colette Duhamel, nommée tutrice de ses enfants mineurs par ordonnance de la vicomte de Montivilliers en date du 28 mai 1571, eut en effet à défendre ses enfants dans un procès qui leur fut intenté par un ambassadeur, sans doute d'Espagne (Procuration donnée le 17 novembre 1571 à Richard Lye afin de poursuivre ce procès par devant les commissaires à ce députés par le Roi ou par devant le Parlement de Paris). Sa succession, restée indivise, ne fut partagée entre ses deux filles qu'en 1595.

de cette circonstance que les indications fournies par le tabellionage pour les premières années de cette étude attestent que la navigation transatlantique y était déjà fort active. C'est une preuve incontestable que ses débuts étaient lointains, — le même argument s'impose pour les autres navigations havraises, — ce que corroborent au surplus les indications contenues dans l'ouvrage si fréquemment cité de M. de La Roncière, ainsi que le choix fait du Havre comme port de départ des entreprises colonisatrices de Villegagnon, de Ribault et de Laudonnière.

Quittons maintenant le domaine de l'incertain et de la conjecture.

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