LE CHANT DE L'ALOUETTE
Voici l'aube, Taurore blonde, Voici le soleil qui féconde
Le noir sillon :
Sois béni, sourire du Monde,
Premier rayon* I
Premier rayon du matin rose, Quappelle la fleur demi-close
Pour s'évaser.
Qui fais épanouir la rose
A Ion baiser !
Sois bénie, ô clarté vermeille, Que l'oiseau fête avec l'abeille,
Tout palpitant I La Nature entière s'éveille En te chantant!
Clarté que la Terre souhaite, Dès que tu brilles, l'Alouette,
Fille du jour, Va porter au ciel, doux poète,
L'hymne d'amour.
Comme tu fais, 6 blonde Aurore, Envoler une voix sonore
De chaque nid.
Ainsi chaque berceau t'honore
Et te bénit.
Dès que l'enfant te voit renaître, Sous les rideaux dès que pénètre
Ta poudre d'or, Son bleu regard vers la fenêtre
Prend son essor ;
Il s'agite sous la dentelle,
Ses bras ont des battements d'aile;
Suçant ses doigts, Il jase, comme une hirondelle
Au bord des toits;