‹ Le hochet d'or;Chapitre 41 sur 111 · LES MAISONS SANS ENFANTS J · texte numérisé non relu

LES MAISONS SANS ENFANTS J

Il n'en est pas de plus meurtris, Ou que plus le silence accable, Que les cœurs des parents, surpris Par le coup d'un deuil implacable,

Cœurs dont les rêves écroulés Pour quelque céleste message Ont vu leurs anges envolés Gomme des oiseaux de passage!

— Telles étaient les visions Qui hantaient mes nuits de décembre.

Sous la lampe aux pâles rayons Vacillant aux murs de la chambre,

En ce morne et dernier moment De la jeunesse consumée.

Où le cœur dans l'isolement N'aspire qu'à l'épouse aimée...

Depuis, sous mon toit protégé, Avril a mis un nid de mousse; Un tout petit, un plus âgé Y gazouillent d'une voix douce :

Soyez béni deux fois, Seigneur, Que redoutait mon ignorance !

Merci pour mon double bonheur!

Merci pour ma double espérance!

Mais, Seigneur, si vous me donnez Les vrais trésors auxquels tout cède, Ah! jamais ne me reprenez Ces biens qu'à présent je possède!

Les regrets sont trop étouffants A perdre ce que l'on adore :

Quand on a bercé ses enfants, Sans enfants peut-on vivre encore?

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